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PISTES DIGITALES

Libre comme l'art

Par Annick Rivoire

Le 21 janvier 2000


 

 

(1) copyleft.tsx.org, les 21 (de 19h à 23 h), 22 et 23/01 (de 15 h à 19 h), à Accès local, 15, rue Martel, 75 010, tél.: 01.47.70.12.00. Entrée «potlatch»: «Vous donnez quelque chose, vous repartez avec quelque chose.»

(2) www.syntac.net
www.avic.org
jodi.org

0100101110101101.ORG...

(3) La liste de diffusion hollandaise (avec archives en anglais) «nettime» (www.nettime.org) ou encore le forum de discussions fr.rec.arts.plastiques, accessible depuis le navigateur.

(4) www.calarts.edu/~ntntnt/ et, pour les chanceux qui seraient à Los Angeles le 9/02, 250 South Grand Avenue Downtown, LA.

(5) archee.qc.ca/
ar.php3?btn=texte&no=100

 

e modèle, qui prône l'économie du don, a de quoi hérisser les dirigeants d'entreprise. Le logiciel libre est cependant un sujet très sérieux qui mobilise informaticiens, théoriciens, économistes et juristes autour de la notion de création collective, de travail collaboratif en réseau et de gratuité. A la différence des programmes vendus dans le commerce, ceux-là sont «librement» diffusés avec leur code source (leurs secrets de fabrication), pour que tout un chacun puisse les copier, les modifier et les utiliser comme bon lui semble. Un modèle souvent appelé «copyleft», par opposition au copyright en vigueur sur les logiciels «classiques». «Le copyleft, c'est la liberté contre le libéralisme», affirme Antoine Moreau, artiste et co-organisateur de Copyleft Attitude, ce week-end à Paris, manifestation qui tente de rapprocher le monde de l'art et la planète des «linuxiens» (du nom du plus célèbre des logiciels libres, le système d'exploitation Linux) (1). Parce que «l'économie propre à l'art est une économie du don, du partage et de la valeur ajoutée à ce qui n'a pas de prix» et que, «sans le savoir, de nombreuses pratiques artistiques participent à cet esprit de copyleft», ajoute Antoine Moreau, sans doute l'un des plus actifs des «webartistes». Ce vilain mot recouvre des pratiques communautaires nées avec l'Internet, qui ignorent la notion d'œuvre, lui préfèrent la communication illimitée, et revendiquant «l'humilité de la création artistique, puisque le chef-d'œuvre, c'est le réseau».
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La «copyleft attitude» existe donc, mais elle n'est guère française pour le moment... L'internaute ira cliquer sur les sites étrangers, américains, hollandais et allemands, qui privilégient une interface sans clinquant, suivant l'éthique du Net qui oblige à une accessibilité maximum (plug-in et autres programmes développés seulement pour les derniers modèles d'ordinateurs en sont exclus) (2), ou encore s'inscrire à quelques listes de diffusion et forums (3). Les plus accros iront écouter Geert Lovink, théoricien des médias, activiste et membre d'Adilkno (la «Fondation pour l'avancement de la connaissance illégale»), interviewé par l'Institut californien des arts (Calarts) au musée d'Art contemporain de Los Angeles, le 9 février (4). A lire également, sur Archee, magazine électronique canadien consacré à la cyberculture, l'étonnante interview du webartiste Tilman Baumgärtel.

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