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A qui profite la Fédé?

Voilà une question qui a suscité une large discussion sur la liste de diffusion canoë-kayak. Pour ceux qui l'auraient raté, voici une synthèse:

Sommaire:
Jean-François lance le débat:
Pascal le suit...
Les deux Eric en rajoutent
Patrice prend la défense des cadres...
... les réponses à Patrice
L'avis d'un président de club ...
... celui d'un jeune compétiteur
L'avis de Stéphane, ou 'quand l'EDF s'en mêle'... et les réponses à Stéphane
Histoire vécue, ou l'expérience d'un club
Un peu d'histoire, ou 'pourquoi il en est ainsi
L'avis d'un président de ligue... Et les réponse à cet avis
Qu'en pense un sportif de haut niveau?


Jean-François lance le débat:

De : Jean-François:

Bonjour à tous,

… Je vais alimenter ce petit sujet polémique de mon grain de sel : … la relation que nous entretenons tous plus ou moins avec notre chère fédération Affûtez vos claviers, j'attends vos réactions! Il ne suffit pas de se plaindre, il faut agir maintenant!

En effet, je lis ici et là :

- ce n'est pas le CKI de la fédé qui remplacera CKM si il disparaissait surtout pour les non compétiteurs. (Eric)

- Le manque en fait, c'est que la FFCK n'ait pas encore le sien (sauf pour la course en ligne) et ne propose QUE son 3615-Canoë-machin-pas-à-jour-à-3-dollars-la-seconde. (Pascal) <

Pour moi qui ne suit qu'un brave quidam intéressé par l'eau vive sans soucis de compétition, je dois dire que j'ai du mal à me reconnaître dans les structures fédérales voire de clubs. Car les priorités des uns et des autres vont dans le même sens.

1 - Premier sujet de fâcherie : la gestion de la diversité Il n'y a qu'à lire le CKM (eh oui, on y revient) n° 145 p75 et y lire les objectifs de la fédé, pour lire que la priorité est la course en ligne. Pourtant nous avons des champions olympiques de slalom en France et tous se sont battus pour la réintégration du slalom aux JO. Voilà une drôle de façon de valoriser et rentabiliser l'investissement tant de nos Athlètes que de la fédération qui y avait mis beaucoup de moyens.

Autre chose qui m'a étonné dans les objectifs de la fédération, c'est qu'il n'y est fait aucune mention de la diversité des pratiques et pourtant qu'est-ce qu'il y en a des manières de tenir une pagaie. Je cite en vrac : randonnée - course en ligne - slalom - descente - marathon - tourisme sportif - rodéo - haute rivière - nage en eau vive - raft - surf - merathon - kayak de mer. De même, il est caricatural que le rodéo soit représenté en France par une association indépendante des structures de la FFCK, même si bon nombre de ses membres sont des licenciés de la fédération compétiteur de slalom pour la plupart.

2 - Autre sujet de fâcherie : la compétition En lisant les lignes précédentes, j'espère que vous aurez tous compris que je n'ai rien contre la compétition. Par contre, là ou je ne me sens pas à l'aise, c'est qu'en tant que non-compétiteur, je ne me retrouve pas dans les actions de la fédération. Un exemple : j'ai passé quelques années en Normandie où était organisé le rassemblement Cap'Orne au mois de Novembre. Ce dernier était destiné à permettre à tous les pratiquants de découvrir l'Orne à différents niveaux d'eau et de naviguer suivant son aisance. C'était la grand-messe avec des centaines de bateaux. Les deux dernières éditions ont été annulées pour raison de sécheresse, or chose étonnante le critérium national de février n'a jamais été annulé alors que l'hiver avait été parfaitement sec. Une centaine de compétiteurs a plus de poids que plusieurs centaines de touristes.

3 - Que faire? Et pourtant, nul ne saura mésestimer le dévouement et l'implication d'un grand nombre de bénévoles qui consacrent beaucoup de leur temps à leurs clubs et à la fédération. Les moyens sont limités et il y est toujours plus facile de rester sur les tribunes pour critiquer que de descendre dans l'arène. Même si le fonctionnement de certains clubs est loin d'être satisfaisant, je considère comme essentiel de garder l'esprit associatif et de ne pas partir en ordre dispersé. Les clubs et la fédération ont un rôle fondamental à jouer dans l'établissement des règles de sécurité, la formation des pratiquants, la formation des moniteurs etc... Car en fait, c'est dans des clubs affiliés, dans des stages organisés par des comités et des ligues que pour la plupart nous avons appris à tenir une pagaie, à descendre une rivière à encadrer des groupes sur l'eau.

Je crois que la meilleure réponse que j'ai entendue au sujet de la fédération m'a été faite l'année dernière par un président de club : "la fédération est composée pour l'essentiel de bénévoles, et si tu veux qu'elle fasse autre chose, c'est à toi de le faire!" Et c'est bien là que le bas blesse. Nous n'avons pas forcément envie de nous investir dans une structure lourde et pesante qui nous imposerait de faire plus de réunions que de donner des coups de pagaies. Je trouve très judicieuse la remarque d'Eric : " Mais peut être est on mal représentés au sein des instances de NOTRE fédé. Alors qui se va se dévouer pour aller reprendre le flambeau à la comission tourisme??? j'attends." Entre une réunion et une descente de rivière, j'avoue que je choisis vite. Et ainsi, nous laissons le pouvoir à des gens qui parfois ne pagaient pas ou peu ou pas du tout, dont les intérêts sont différents des nôtres : le fiston fait de la compétition; le goût du pouvoir; le besoin de reconnaissance sociale; le plaisir de la réunionite ... Il ne faut pas s'étonner dans ces conditions que la situation ne change pas.

4 - Conclusion Ne croyez pas que je pense que nous ne soyons pas en droit de nous plaindre, mais ne nous comportons pas comme ces consommateurs dont nous nous moquions lors d'un thème précédent. Le fait de payer une licence ne nous pas le droit de réclamer, mais le le devoir de participer. Je sais très bien d'expérience qu'il est très dur notamment dans les clubs de faire bouger les choses, mais il n'y a qu'en faisant des choses ou en proposant des activités que nous pourrons drainer un peu d'attention sur nos activités. Je trouve pour ma part que cette liste de distribution peut être un excellent forum pour partager les expériences, faire des échanges entre les clubs et donner plus de force par le nombre à ceux qui voudront faire avancer les choses.

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Pascal le suit...

De : Pascal:

Bien sûr que la compétition et le tourisme de l'eau vive ne sont pas antinomiques, mais aujourd'hui les ressources semblent être en nombre fini et devoir être partagées. Admettons que la fédé négocie avec EDF un certain volume de lâchers à l'année, il faudra bien opérer une répartition. Ce que je ne sais toujours pas, c'est si les manifestations touristiques bénéficient de cette répartition ou s'il s'agit chaque fois de négociations locales n'impliquant pas d'effort fédéral.

EDF sponsorise la fédé et ses athlètes, tant mieux pour eux. C'est sans doute plus intéressant pour une entreprise de sponsoriser la performance que des manifestations récréatives à l'impact médiatique quasi nul; c'est pourtant bien EDF qui clame "on vous doit plus que la lumière" ? Des lâchers NON exclusivement réservés au sport d'élite, ça ne devrait pas être incompatible avec l'idée de service public.

Je suis d'accord avec JFD, la fédé c'est comme un club, on y trouve ce que les adhérents y mettent et si on n'y met rien... on y trouve ce que les autres ont y ont mis. Vu le nombre d'anciens athlètes de haut niveau là-bas et depuis le temps que ça dure... on peut se demander si notre (?) fédé est bien l'outil le plus approprié pour promouvoir la pratique récréative de l'eau-vive. Les américains, par le biais de l'AWA, arrivent à faire voter par leur Congrès des lâchers d'eau à seul but récréatif. Qu'est-ce qui nous manque pour arriver à obtenir la même chose ? Une industrie de l'eau-vive suffisamment forte ? Une reconnaissance de cette pratique récréative et de ses retombées économiques ? Quelqu'un sait-il d'où viennent les lâchers d'eau (maigrichons) qui se prolongent tout l'été sur les Dranses ? Est-ce négocié par la fédé ? Est-ce uniquement un résultat obtenu par les boites de raft locales ?

En tout cas, pas d'accord avec toi quand tu affirmes "C'est de toute façon grâce à la compète que notre sport sera mieux reconnu". Je pense justement que c'est très réducteur comme image: un sport d'élite. Et c'est en plus assez précaire, puisqu'une fois la reconnaissance acquise, les intérêts des compétiteurs (et des structures qui vont avec) évoluent non plus en fonction de ce qui a motivé initialement la pratique mais en fonction de la nécessité de survie médiatique, quitte à dénaturer l'activité (on transforme le fond en sprint, on simplifie le système de pénalité, ..).

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Les deux  Eric en rajoutent

De Eric F:

Salut Ô kayakistes & céistes de tous poils,

Bien vu, je vois qu'au sujet de la Fédé nous sommes au moins deux à nous faire la même réflexion quand à l'intérêt qu'elle porte au tourisme sportif et à ses rassemblements (donc à ses pratiquants) et les annulations vont bon train d'année en année, vrai aussi il me semble que les seuls meeting "haute rivières" maintenus sauf cas de déficit extrême en eau sont des initiatives hors cadre fédéral. Et si l'on peut comprendre qu'une fédé olympique doit favoriser la compète. Elle ne devrait pas pour autant négliger les autres pratiquants qui ne représentent pas qu'une petite part de ses adhérents. Mais peut être est on mal représentés au sein des instances de NOTRE fédé. Alors qui se va se dévouer pour aller reprendre le flambeau à la commission tourisme??? j'attends.

Ben oui c'est vrai ça à qui elle profite cette bon dieu de fédé? En tant qu'adepte du saute-cailloux ou casse-bateaux selon nos amis compétiteurs, que m'apporte ma licence,?? Un moment je me sentais redevable envers la fédé dans la mesure ou un de ses clubs m'avait initier à la pratique du kayak, mais à la réflexion il a quand même fallu que je fasse 2 clubs, car le 1er c'était compétition (exclusif descente, dans l'esprit c'est un peu le vélo de route), donc un gars de 28ans qui débarque en disant "moi ce qui m'intéresse c'est la rivière, mon modèle c'est Cirotteau et pas Goetchy",

Bon second club là j'apprend , mais seulement parce qu'un gars, pas moniteur d'ailleurs, se dévoue pour les touristes et que le bassin est libre de compétiteurs une partie de l'AM (maintenant c'est fini les touristes fin d'am, super l'hiver!). Donc en fait de redevable? oui mais envers qui (merci Dudu)? La fédé était là pour faire valoir les droits des pagayeurs devant les instances juridiques, cela a été vrai, mais maintenant, pour exemple la situation en Hte Loire, où un arrêté préfectoral, prive les kayakistes de magnifique parcours à l'époque ou ils sont en eau, et apparemment ligue et fédé semblent satisfait et pour cause ne sont touchés que les amateurs de rivières sportives, on a l'impression que depuis le vote de la loi sur l'eau, la FFCK a rendu son chef-d'œuvre et que maintenant elle profite d'un repos bien mérité même si ces quelques acquits sont constamment remis en cause au niveau local. Peut être aussi parce que le principal, les lieux de compète, a été préservé.

Dans le même ordre d'idée pourquoi avec notre super partenaire "EDF" à la suite de l'affaire du Drac ne pas avoir négocié des répondeurs sur tous les barrages de manière à ce que les touristes puissent profités des turbinages, hé bien non on irait plus tôt vers des interdictions de naviguer en aval de nombreux barrages, pourtant en v'la un truc qu'aurait été bien pour le tourisme sportif, et une raison de rester fédéré, donc de profiter de la fédé. Ouais en fait j'ai beau cogiter, je vois pas à notre niveau, hors compétition , à qui elle profite, peut être que pour le savoir il serait mieux de regarder vers le sommet de notre pyramide fédérale, peut être quelques un là-haut on envie que cela reste ainsi, il faut croire que peut être comptent ils plus sur un voyage à Sydney, que sur l'un d'entre nous pour la Gauley-river ou la Corse au printemps, pour les J-O au moins ils sont sur d'y aller dans la mesure ou ils décident eux même de la fonction qu'ils s'octroieront au sein de la délégation. Oulala, Eric tu vas mal , c'est vrai sur ce coup la j'ai l'esprit un peu brouillon, en fait le sujet me motive moins que CKM eux au moins je veux qu'ils durent, la fédé je crois qu'au fil du temps elle m'est devenue étrangère; "des propos pareils de la part d'un président de club, c'est une honte", "ouais , mais je voulais pas être président, et pis c'est bientôt fini, alors!!", "ben, pourquoi fini", "parce que je sais pas à qui profite le fait que je sois président, et pis je sais pas négocier à la mairie" , "ha , bon...", désolé je m'égare il s'agit là d'un dialogue interne au club , mais la question reste entière A QUI PROFITE LA FEDE??? allez au revoir et à bientôt

De Eric P:

Pour enfoncer encore le clou sur le maigre soutien que la fédération est en mesure de procurer aux pratiquants non compétiteurs:

La fédération n'est pas comme un club ou on trouve ce que les adhérents apportent, dans la mesure ou a ce niveau il y a un acteur supplémentaire, l'état qui soutient presque exclusivement l'activité de compétition (cadres techniques salariés, subvention "loto sportif" etc.) et ne juge une fédération que sur les critères des résultats en compétition.

Les seuls a avoir infléchi la tendance sont finalement les boites de rafts; elles ont par exemple obtenu que le cursus du diplôme de BE ne soit plus une pure formation d'entraîneur ; elles etaient en mesure de fournir du travail a un nombre conséquent de guides, connaissant correctement les techniques de sécurité en eau vive, quitte a être un peu léger en C1 de course en ligne (alors qu'il y a 10 ans c'etait le contraire!) De toute façon c'est le problème de tous les sports qui ont une double casquette, compétition et libre, dans certains cas ont peu choisir son camp, par exemple en ski, FFME pour la montagne ou FFS pour tortiller le cul entre des piquets, dans d'autre non.

Quant a l'effet magique et privilégies de la compétition comme vitrine d'un sport, honnêtement qu'est ce qui nous a pousse a mettre le cul dans un bateau a l'époque ou nous avons commence? les résultats de l'équipe de France au dernier championnat du monde, ou les souvenirs de Tintin en pirogue dans "l'oreille cassée", le spectacle de kayakistes en train de s'éclater au cours d'une descente de raft, la photo de Shaun Baker sur les pubs de son sponsor Sector ou le programme d'activité du club de CK ou de l'école de kayak de mer du coin...

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Patrice prend la défense des cadres

Patrice:

Bonjour à tous,

A qui profite la fédé ? Jean-François Dreux a relancé la vieille polémique, alors n'hésitons pas. Démasquons les profiteurs ! Par la Grande Gidouille, haro dessus !!!

Commençons par ces gens à qui la fédé offre un prétexte en or pour échapper aux mornes week-ends de jardinage : elle leur paie des séjours à Paris, avec voyages en 2ème classe SNCF s'il vous plait. Ils sont tellement contents qu'ils prennent des jours de congé pour ne pas en perdre une miette. En plus, on les invite au célèbre restaurant – cafétéria de l'INSEP où, les gros veinards, ils croisent, parfois, un ou deux athlètes qu'ils reconnaissent, et vous me dites qu'ils regretteraient le déjeuner -tarte-aux-fraises chez tante Yvonne. Les ingrats ! Des profiteurs, oui.

Et ceux-là que la fédé autorise, par grandeur d'âme, à user leur bagnole jusqu'à la corde pour découvrir de charmants bleds qui ne sont même pas sur une carte. Ils profitent du calme, de la tranquillité, du murmure de la rivière et, en plus, pour leur donner une contenance, la fédé leur met dans la main un chrono ou une liste de départ. Et tout ça parce que, bonne pâte, elle avait cédé à leurs avances et leur avait octroyé une date sur un calendrier. Vous croyez qu'il n'en abusent pas un peu, de la fédé. Des profiteurs, oui.

Et les autres qui se précipitent pour passer, nuitamment le plus souvent, des heures entières à discuter, au nom de la fédé oui monsieur, de l'avenir du monde et du reste (et de dieu dans tout ça) avec de prestigieux élus municipaux afin d'échapper aux sordides soirées familiales. Ils n'exagèrent pas un peu ? Reconnaissons pour leur défense que, quelque fois, ils sont obligés d'avaler des breuvages que la morale devrait réprouver. Mais quand même. Ne seraient-ils pas là, les vrais profiteurs de la fédé ?

Pas sûr, chez les autres non plus d'ailleurs. Mais alors, qui ?

En tout cas ce ne sont pas ces pauvres petits qui, du haut de leurs quelques centaines de balles de cotisation, sont obligés de naviguer tous les dimanches et d'attendre, parfois un quart d'heure, une navette de club dans laquelle plus personne ne retrouve rien parce que le mec qui conduit est incapable de ranger correctement. Ils sont contraints de se coltiner des remises des résultats en guise de berceuse de retour. Les pauvres. Heureusement il y en a qui choisissent la course en ligne et qui, donc, échappent à la torture de la navette. Mais c'est une maigre consolation. Et tous n'y ont pas droit. Il faut être du nord. Ceux qui sont au soleil sont condamnés aux rivières penchées. Pour eux la course en ligne est interdite, navettes obligatoires. Des profiteurs, tous ces gens-là ? Allons donc. Ils s'entraînent comme des damnés pour que leur maire puisse poser en photo avec eux dans le journal local.

Ce ne sont pas non plus ceux qui, du matin au soir, sont contraints de réfléchir, de penser, d'inventer, d'imaginer, d'innover, de rénover, de réinventer la façon dont on fait du bateau, tient une pagaie ou choisit son parcours. On ne peut pas profiter d'une structure qui vous impose un travail aussi pénible. Ce ne sont pas eux. Ce serait alors ceux qui, parait-il, peignent les pagaies en couleurs. Vous imaginez ce nouveau boulot ? En plus il y aurait six couleurs. Par laquelle commencer ? Chaque matin, ce doit être cornélien. Non, profiteurs, ceux-là ? Je n'y crois pas.

Mais alors, à qui profite la fédé ?

Serait-ce donc à ces mystérieux pagayeurs anonymes qui ne sont (ne rayez pas, il n'y a pas de mentions inutiles) ni dirigeant, ni compétiteur, ni moniteur, ni licencié, ni fournisseur officiel, ni membre d'honneur ou associé, ni quoi que ce soit d'autre, qui ont appris à pagayer tout seuls et qui ne naviguent jamais ni sur lâcher d'eau, ni quand il y a trop de monde, ni quand il y a un horaire établit à l'avance par quelqu'un, ni sur un parcours artificiel ou aménagé ?

Cornegidouille, ce serait trop fort ! Il y aurait donc des gens comme ça, naviguant comme au paradis, sans s'occuper de rien et sans qu'on ne leur demande rien ? J'en doute.

Mais alors. Est-ce à dire qu'elle ne profite à personne, cette fédé ? Ce serait pousser le bouchon un peu loin, peut-être. Cela reviendrait à dire qu'elle ne sert à rien.

Euh

Hein, qu'est-ce que j'ai dit ? J'ai dû me tromper quelque part.

Patrice

Ne faites pas cette tête-la. Je ne recommencerai plus. Enfin j'essayerai.


La réponse de Pascal à Patrice (les textes en italique sont les propos initiaux de Patrice)

Démasquons les profiteurs ! Par la Grande Gidouille, haro dessus !!!

Mea culpa. J'aurais du écrire: à qui profite le moins la fédé

Commençons par ces gens à qui la fédé offre un prétexte en or pour échapper aux mornes week-ends de jardinage : elle leur paie des séjours à Paris, avec voyages en 2ème classe SNCF s'il vous plait. Ils sont tellement contents qu'ils prennent des jours de congé pour ne pas en perdre une miette. En plus, on les invite au célèbre restaurant-caféteria de l'INSEP où, les gros veinards, ils croisent, parfois, un ou deux athlètes qu'ils reconnaissent, et vous me dites qu'ils regretteraient le déjeuner-tarte-aux-fraises chez tante Yvonne. Les ingrats ! Des profiteurs, oui ...

Etc. J'adore ce couplet (et la suite), ça me fait toujours bien rigoler. C'est invariablement le même dans la bouche des dirigeants bénévoles: ils sont des monstres d'altruisme et d'abnégation. Dans ce domaine comme ailleurs quand on prend l'initiative de s'engager dans une action c'est parce qu'on en retire quelque chose de gratifiant, sous une forme ou une autre. Ou alors c'est qu'on s'appelle Mère Thérèsa (et encore). Pas besoin donc de les élever au rang de martyrs pour apprécier (ou pas) leur action.

Mais alors, qui ? En tout cas ce ne sont pas ces pauvres petits qui, du haut de leurs quelques centaines de balles de cotisation, sont obligés de naviguer tous les dimanches et d'attendre, parfois un quart d'heure, une navette de club dans laquelle plus personne ne retrouve rien parce que le mec qui conduit est incapable de ranger correctement. Ils sont contraints de se coltiner des remises des résultats en guise de berceuse de retour...

Vrai, ceux-là sont d'authentiques profiteurs. Ils prendront néanmoins le temps de grandir pour constater que s'ils ont profités du système, celui-ci a profité autant d'eux pour se maintenir et se développer. C'est bon de savoir qu'il y a une justice.

Et tous n'y ont pas droit. Il faut être du nord. Ceux qui sont au soleil sont condamnés aux rivières penchées. Pour eux la course en ligne est interdite,

C'est vrai aussi ça. Bien que derrière un barrage, on trouve souvent un lac. Mais on en profite pas. Quel gâchis. Et quand on pense aux esquimaux qui n'ont même pas un spot de rodéo pour enchaîner 3 cartwheels, moi je dis, on devrait la fermer et avoir honte de naviguer dans un bonheur pareil.

Allons donc. Ils s'entraînent comme des damnés pour que leur maire puisse poser en photo avec eux dans le journal local.

Et réciproquement.

Ce ne sont pas non plus ceux qui, du matin au soir, sont contraints de réfléchir, de penser, d'inventer, d'imaginer, d'innover, de rénover, de réinventer la façon dont on fait du bateau, tient une pagaie ou choisit son parcours.

Et parfois contraignent ainsi les autres à changer leur activité préférée pour qu'eux-mêmes puisse rester dans la course (la leur). Pour le bien des premiers nous expliqueront-ils promptement. Pour que la fédé ait plus de poids donc plus de moyens, qui permettront de gagner plus de médailles, qui permettront d'avoir plus de moyen, ... (c'est d'ailleurs pour ça que les bateaux raccourcissent, on se mord la pointe arrière depuis si longtemps).

Ce serait alors ceux qui, parait-il, peignent les pagaies en couleurs.

On peut aussi y voir une façon de formaliser un système hiérarchique. Bon conditionnement à la compétition. Après on passe aux médailles (très important la couleur). C'est écrit en clair comme objectif de la fédé dans son annuaire 98: "Gagner des médailles". Pas trouvé de "Obtenir des lâchers profitant à tous les pratiquants"; la double page présentant le partenariat avec EDF fleure bon l'olympisme et le kevlar-carbone.

Mais alors, à qui profite la fédé ?

A tout le monde du canoë-kayak et des activités affinitaires, d'une façon ou d'une autre. Le constat que je faisais (et que j'entends de plus en plus souvent), c'est que la fédé ne traite pas de façon équitable (en terme d'intéressés) toutes les formes de pratique qu'elle recouvre. Mais je peux aussi me tromper: il doit me manquer des chiffres (comptables en particulier ...). En attendant certains ne se reconnaissent pas dans cette fédé et ne se licencient pas. Tu sais, ceux qui ne sont ...

ni dirigeant, ni compétiteur, ni moniteur, ni licencié, ni fournisseur officiel, ni membre d'honneur ou associé, ni quoi que ce soit d'autre, ...

dommage parce que à peine 30 000 face à 2 millions de pêcheurs.. Mais on s'en sortira: la pêche à la truite n'est pas (encore) discipline olympique.

Cornegidouille, ce serait trop fort ! Il y aurait donc des gens comme ça, naviguant comme au paradis, ...

Et le paradis en certains endroits, c'est quand les vannes s'ouvrent.

Mais alors. Est-ce à dire qu'elle ne profite à personne, cette fédé ? Ce serait pousser le bouchon un peu loin, peut-être. Cela reviendrait à dire qu'elle ne sert à rien.

Ca c'est du mauvais esprit Patrice, sans rire ;-)

Pascal.


La réponse de Patrice à la réponse de Pascal :

Bonjour à tous,

Hé Pascal, c'était de l'humour !!! Cornes au cul, vive le père Ubu !!!

Moi aussi, le discours du bénévole larmoyant - justificatif, ça me fait rigoler. Et le reste aussi d'ailleurs. Mea culpa itou : j'aurais dû préciser que "toutes les situations évoquées ne sont ni imaginaires ni fictives mais ont été entendues, vues et vécues." J'ai les noms comme disait l'autre.

Le sujet doit drôlement te tenir à cœur. Mon canoë en bois et moi, on ne compte pas trop sur les lâchers d'eau pour naviguer, mais je comprends et partage ta rogne. Seulement ma façon de l'exprimer était moins sérieuse.

En tout cas, ça me fait plaisir de voir que nous sommes entièrement d'accord sur tout, y compris sur l'accessoire : eh oui, j'ai mauvais esprit, j'ai une tendance prononcée à voir le côté dérisoire des choses que l'on veut nous faire avaler. Si, quand même, un petit détail nous sépare : pour moi, le paradis, c'est quand il n'y a pas de vannes. ;-)

A te lire.

Patrice


Réponse de Jean-François à Patrice

OUF,et Bravo Patrice, car je dois dire que ton message d'hier m'avait laissé complètement perplexe. Tu manies très bien la plume ou plutôt le clavier et tu maîtrises l'art de l'ambiguïté et de l'ironie comme un maître. En effet, ton message pouvait parfaitement se lire de deux manières totalement opposées. C'était soit comme tu le dis, vraiment ils en font trop, soit faudrait quand même pas oublier qu'il y a des mecs dévoués qui donnent beaucoup et vous faites ch... avec vos commentaires à la c.... Et je ne savais pas si c'était du lard ou du cochon.

Ceci étant dit, je vois que le débat a pris vive allure et je me rends compte que mon expérience n'est pas unique. En effet, cela fait maintenant 16 ans que j'ai pris pour la première fois un manche de pagaie et quand je vous lis, l'histoire semble se répéter, voire bégayer, hoqueter, et finalement avaler de travers. Car au cours de ces années, suite à des déménagements, j'ai fait trois clubs et je vais probablement m'inscrire sans trop d'illusion dans un quatrième à la rentrée.

Qu'ai-je vu au fil des ans? Des conflits de personnes, d'intérêts, de la violence physique et verbale (si, si, ...), des torpillages de camps d'été dans les Alpes, de l'incompétence criante, le goût du pouvoir, les accidents imbéciles, les accidents mortels etc ... Ca c'était dans les deux premiers clubs, car je m'y était pas mal investi, initiateur, encadrement de sorties, membre du bureau voire même vice-président (si si j'ai fait de la réunionite).Dans mon dernier club, je suis arrivé en disant : je veux bien participer mais pas de responsabilité, j'ai donné et j'en ai ma claque. On m'a pris comme j'étais, avec ma manip individualiste dans mon coin où certains me rejoignaient s'ils en avaient envie et quelques sorties clubs en sus. C'était un club bien, avec des défauts mais aussi de la convivialité.

Et bien, vous me croirez ou pas, j'y ai découvert que j'avais la maladie de communiquer mon goût du kayak. Non pas de manière formelle, comme dans les écoles de pagaie où je prends mon petit groupe que j'emmène faire des petits exercices sur un coin de bassin ou sur une rivière et après je l'évalue selon un barème, non définitivement non. Il y en a marre du modèle scolaire avec les bons points et les médailles en chocolat. Les titres et les responsabilités comme au boulot, les galons et les grades de capo chef qui emmerdent tout le monde, les courbettes et les compromissions. Il faut faire un chrono pour avoir une pagaie noire. Dites vous croyez que Avignon-Nimes, ils auraient eu leur pagaie noire à l'époque du Haut-Tarn? Moi, s'il faut faire un chrono, ça ma donne des boutons, parce que je suis trop mauvais en sport, et que j'ai jamais eu la moyenne. Je veux de l'informel, bordel. Mais je crains qu'il n'y ait en fait trop de formalisme, de formalités, est-ce devenu une administration? Il y a tellement de liens avec le ministère de la jeunesse et des sports!

Ma manière de voir le bateau, c'est : on pagaie ensemble, on s'échange des tuyaux, on aide les débutants, on écoute les grands, on observe les compétiteurs et leur chipe des trucs etc... Et on sort la bouteille qui va bien aux pique-niques etc... Ca devrait être ça la vie de club et de fédé. La convivialité, le partage et l'ENVIE DE FAIRE DES CHOSES. Ca doit faire rêver. Et vous, c'est quoi votre club ou votre fédé rêvé?

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 L'avis d'un président de club:

De Patrick:

Pour rajouter mon grain de sel...

Un peu d'historique:

- le club d'Annemasse a grandi en bon club fédéral axé sur la compétition, le slalom en particulier. Le club a été créé en 1970 et depuis 1971 nous avons toujours organisé un compète, voir deux la même année.

- dans les année 80 nous avons été jusqu'à 11 à participer aux championnats de France slalom ( je triche un peu je compte 2 équipier de patrouilles) et nous avons eu nos champions du monde, les frères Calori.

Dans cette période nous avons vu défiler beaucoup de monde qui désirait goutter aux joies du CK. Mais dans un club de compète en final il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus. Faire 500 bornes pour deux manches de 3mn faut être un peu frappé ( c'est un type qui a fait 10 ans de compète qui dit ça ... quelques années plus tard).

- Et puis l'équipe a commencé à se disperser ... en compète il y a eu des hauts et des bas ... de plus en plus de bas...

- Quelques années plus tard j'ai pris la présidence avec dans l'idée de rééquilibrer le club, développer une vie d'association en me disant que si les gens étaient bien dans cette association il aimerait se retrouver et faire des choses ensemble.

- avons acheté des canoraft, investi dans du matériel de nage, fait un effort sur le matériel de sécurité pour les sorties, créé un journal de club qui au bout de trois ans est toujours bien accueilli dans les chaumière du coin, planifié des sorties qui soient accessibles au débutant.

-état des lieux : une petite équipe de compète s'est maintenue ( les frères Bouvard en équipe jeunes - C2 slalom un C1 aux championnats de France). Nous organisons toujours notre compète annuelle. Nos ex champions du monde nous ont permis d'avoir un super local avec un bassin d'entraînement impeccable et les quelques compétiteurs qui nous restent permettent d'entretenir la légende et les subventions.

Mais en plus nous avons une vie de club très agréable. La vie du club est beaucoup plus active, "ça circule". Le parents viennent aux sorties, qui une fois en canoraft, qui une fois en nage ( c'est quand même plus facile en nage). Les débutants même très jeunes peuvent participer aux sorties toujours canoraft).

Que nous apporte la Fédé dans tout ça ? voyons ...

- de l'info; une association de canoë kayak a besoin d'info pour fonctionner et au travers des structures fédérales et au travers des autres clubs (fédéraux eux aussi) c'est finalement pas mal d'info qui nous parviennent.

- une structure pour la compétition. Ben oui il existe aussi des compétiteurs... Et pour un club au moment de discuter le bout de gras un compétiteur vaut un million de touristes. En fait pour les instances officiels du sport (COSF et Fédé en tête) le touriste n'existe pas il est transparent. Un touriste n'existe qu'au moment où il sort son carnet de chèque.

- une représentation nationale (problème des pécheurs hein !)

Et puis, c'est tout, enfin le reste ne me vient pas à l'idée... Qui a dit lâchers d'eau ?... les seuls que je connais en Hte Savoie sont ceux des Dranses, pour le raft ? Pourtant, il y a quelques milliers d'années, c'était avant les rafts, je me rappelle, on faisait note petite Dranses, l'été, sans trop s'inquiéter du niveau d'eau.

Je commence à bailler. Je continuerai peut être une autre fois. Faut que je vous dise que j'ai l'intention d'afficher la prose de la semaine de canoekayak@eauxvives.org  au club. Je me demande ce qu'ils vont en penser.

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L'avis d'un jeune compétiteur:

De Vincent B:

vous dites que la fédé est plus tournée vers la compète que le tourisme, et vous avez raison. personnellement, même si je suis jeune et compétiteur, c'est clair qu'une petite descente de rivière de temps en temps ca fait du bien. dans le club, y'a une grande majorités de "touristes", donc y'a souvent des sorties. de toute façon, faut choisir : ou tu reste dans le système de la fédé, et tu fais une "manifestation" de temps en temps, ou tu fais des sorties avec ton club, ton cd, ta ligue..., ou tu laisse tout tombé et tu prends ta voiture, ton bateau, et tu navigue avec des copains où tu veut quand tu veut ! mais ce qui est sur c'est qu'avec une fede comme elle est actuellement, ca pourra pas évolue : la plupart des gars qui y travaillent sont bénévoles, et s'en occupent presque pas... il faudrait une fédé professionnelle, ou trouve quelqu'un pour représente le tourisme sportif la bas...autant rêver : "Entre une réunion et une descente de rivière, j'avoue que je choisis vite." mais faudra bien que quelqu'un si colle, sinon tout le monde partira dans son coin : "si tu veux qu'elle fasse autre chose, c'est à toi de le faire!" y'a de quoi se pose des questions... le mieux serai que quelqu'un de la fédé s'exprime ici.

ceci dit, a vos claviers et a vos souris, le débat continue !

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L'avis de Stéphane, ou 'quand l'EDF s'en mêle'

De Stéphane:

salut à tous, a mon avis ca va foutre le bordel et je vais me faire pourrir, mais bon tant pis cela fais 10 jours que je vous "écoute" sans rien dire, mais la on s'enflamme un peu.

C'est clair que tout le monde a besoin de la fédé et vous les non compétiteurs, bien sûr qu'il n'y a que très peu d'action spécialement pour vous, bien sûr que vous passez toujours au second plan , mais le monde du ck est tout petit, et s'il n'y avait pas les petits jeunes de la compétition , c'est pas seulement une dizaine de rivières qui nous sereait interdit , mais toutes les rivières

Car comme cela a deja ete evoqué, c'est une histoire de tune, et il faut a mon avis être déjà bien content de se que l'on a et bien faire gaffe de ne pas perdre le reste trop vite, c'est pour cela qu'il ne faut peut être pas casser trop de sucre sur le dos de la compétition, car c'est la seule chose qui fait que certains daignent bien encore nous donner encore un peu de leur argent. la fédé est petite et elle fait se qu'elle peut , en gros elle survit.

Car EDF il en ont pas grand chose a faire de nous ,on leur cause plus de problèmes qu'autre chose. En faite même si cela ne tenait qu' a eux il lacheraient l'eau la nuit et tout ca ni vu ni connu et personne pour venir pleurer. A bientot certainement j'espère que cela ne sera pas exclusivement pour me faire engueuler salut STEF....


Réponse de Eric à Stéphane :

Stef, ne t'inquiète pas tes remarques ne foutront pas le bordel et tu ne vas pas te faire pourrir, jusqu'à preuve du contraire tout le monde ici respecte les idées du voisins. maintenant, quand à dire que notre fédé est petite et survie, hola, avec env. 25000 licenciés (chiffre qui pourrait augmenter beaucoup pour peu que nos dirigeants proposent quelque chose de concret au non licenciés), des locaux cleans, des salariés des permanents et budget conséquent (je ne dis pas bien répartit) alors non, une petite fédé c'est par exemple la fédération francaise de traineau & pulka où nous sommes moins de 1000 licenciés, donc très peu de subventions voir pas et pourtant des titres européens et mondiaux, et des athlètes qui se démerdent, des dirigeants bénévoles en fait une fédé gérée comme un club et qui ne profite pour l'heure à personne puisqu'il n'y a rien à prendre.

Quand au gentil monsieur EDF qui daigne nous donner (rendre) un peu de son (notre) eau, c'est promis sur ma prochaine facture je rajoute 100f pour tout le tracas que je lui cause.

salut


Réponse de Patrice à Stéphane

Bonjour à tous,

Je vous soumets deux tentatives de traduction. Je vais d'abord essayer de traduire ce que nous dit Steph. Première tentative donc :

Monsieur Le Dais Effe, merci et pardon. Merci de bien vouloir recevoir, alors que vous êtes si occupé à faire oublier vos énormes centrales nucléaires, quelques minuscules représentants fédéraux. Merci de bien vouloir entendre, alors que vous êtes si occupé à rédiger vos dossier d'implantation de barrages, leurs ridicules souhaits. Merci de bien vouloir autoriser, alors que vous êtes si occupé à noyer des kilomètres de gorges, la construction, en aval de votre futur barrage, d'un petit bassin pour le kayak. Merci de bien vouloir accepter, alors que vous êtes si occupé à trouver des itinéraires pour vos lignes à haute tension, d'ouvrir quelques heures de temps en temps les vannes de votre futur barrage. Merci de bien vouloir comprendre, alors que vous êtes si occupé à nous expliquer que vous nous devez plus que la lumière, qu'il nous faut de l'eau dans la journée parce que les rivières ne sont pas encore toutes éclairées la nuit. Pardon de vous remercier, parce que nous sentons bien que cela gêne votre modestie, de nous octroyer un peu d'argent. Et pardon pour tous ceux qui ne vous remercient pas. La Fée Dé.

Seconde tentative : traduction du bruit de déglutition lors de l'avalement d'une licence (pardon, d'une carte canoë plus) : AAAAAARRRRRRRRRRGGGGGGGGGGGGHHHHHHHHHHHHHH !!!!

A vous lire et bonne rentrée à tous vos petits. Patrice

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Histoire vécue, ou l'expérience d'un club

De: Jérome

Ceci est une pure fiction, toute ressemblance avec des personnes....

Il y a maintenant à peu près un an et demi un club x est atteint d'un mystérieux mal qui ressemble étrangement à ce qui transparaît dans ce débat qui anime (ça pour être vivante la liste est vivante !!!) ces colonnes depuis quelques jours.

- réunionnite aiguë (du genre tous les 3 jours pour fixer la date de la prochaine réunion)

- politique du club : on loue des ardechois pour faire de l'argent, et que fait-on de cet argent ? On achète des ardechois pour louer encore plus l'année prochaine et faire encore plus d'argent...Pour quoi en faire ? Je vous épargne la suite de la boucle...

- exemple de politique du club : on annule la veille un déplacement dans les Alpes prévu pour les COMPETITEURS (eh oui ça existe !) depuis près de six mois "parce que vous comprenez, des touristes ont réservé hier et qu'on a absolument besoin du camion".

- détail qui a son importance : le fils du président (qui est président parce que son fils fait de la compète (tiens, tiens) mais qui n'est lui même jamais monté dans autre chose qu'un ardéchois trois fois par an) n'est pas prévu dans ce voyage annulé.

- de la même manière, la quasi totalité des membres du comité directeur sont des parents de jeunes qui ont pris leur licence... pour rentrer au comité directeur !!! Quelqu'un a récemment parlé ici même de reconnaissance sociale. Je me souviens aussi de la très belle formule d'un CTR (donc payé par les "instances") me disant que quand les parents portent les médailles à la place de leurs enfants le club est foutu.

Je vous passe la suite des détails sur l'ambiance surréaliste et irrespirable sous peine d'y passer la nuit (je me souviens à la fin m'être changé sur le parking avec le reste du groupe de dissidents pour ne pas entrer dans le local) VOILA POUR LE COTE NOIR.

Suite de l'histoire : Le groupe de "dissidents", essentiellement formé de COMPETITEURS SE FAISANT PLAISIR décide de faire quelque chose (et notamment du bateau dans de bonnes conditions). Mais quoi ? Etant minoritaires il est impossible de faire chuter l'équipe en place. Et qui plus est l'état de "gangrène" est tellement avancé qu'on a plutôt envie de jeter le bébé avec l'eau du bain que de vider la baignoire !!! Partant du constat que nous avons des aspirations communes nous décidons de travailler sur un projet ensemble. L'un de nous à l'idée lumineuse de créer un club plus haut sur la rivière pour tout reconstruire sur des bases saines. Mais là il y a un problème de taille : un club c'est très compliqué à créer car on part de rien. Qui plus est quand aucun des fondateurs n'est électeur sur la terre d'accueil visée (euh pardon, "veine d'eau" et pas "terre"), et que l'on est parti les mains dans les poches de son ancien club (même pas une pagaie polyeth.)

Nous touchons au but : A QUOI SERT LA FEDE ?

- à rendre les gens crédibles auprès des élus qu'ils sollicitent pour leur projet (impossible de ne pas passer par eux) Notamment par les diplômes qu'elle leur a délivré.

- à conseiller et guider dans les démarches de création du club (un grand merci à nos deux CTR et à la direction de la ligue régionale)

- à mettre les gens en relation et en réseau (au fait qui édite le guide canoë-plus qui s'il n'est pas parfait a au moins le mérite d'exister ?) C'est aussi grâce à l'aide d'autres clubs (matos à prix cassé, voir même donné : un très grand club des Vosges se reconnaîtra) que nous existons aujourd'hui.

Résumons nous : un club est né d'une crise exécrable est vogue aujourd'hui dans une ambiance saine et conviviale, avec une vie associative très riche. Mais pour cela il a fallu que des gens dont le but premier est de faire du bateau (notamment en se faisant plaisir sur les slaloms régionaux voir N2 ) s'investissent dans un travail nettement moins exaltant que l'on appelle administratif. Tout cela a été possible parce qu'il existe un cadre institutionnel que l'on nomme FFCK. Je crois sincèrement que sans ce repère nous serions partis chacun de notre coté et aurions tous arrêté de pratiquer le sport que nous aimons (comme tout le monde sur cette liste). Tout ceci pour dire que rien n'est tout noir ou tout blanc et que les structures ou les institutions ne sont que ce que les gens qui les composent en font. Si la FFCK est loin d'être parfaite, elle est quelquefois (et même souvent je le crois) utile à des gens qui veulent naviguer : finalement cette histoire qui n'est pas une fiction en est la preuve tangible. Pour finir je voudrais dire que je suis heureux car Samedi c'est la seconde rentrée de la toute jeune histoire de mon club et que le téléphone a sonné toute la semaine. C'était des gamins qui s'inscrivaient et qui vont apprendre à faire du canoë et du kayak parce qu'un jour quelque part des gens sont descendus de leur bateau et ont lâché leur pagaie pour aller "sonner" les instances. Et vous savez quoi : ELLES ONT REPONDU ! Je ne connais pas encore ces jeunes mais je sais déjà que dans quelques mois ils me réveilleront un dimanche matin en foutant le bordel dans le gîte et me diront : "Réveille-toi aujourd'hui c'est la course". Parce que la compète ce n'est pas que les JO.

Tiens, en parlant de JO, une phrase de Frank Adisson qui est un COMPETITEUR (et un vrai celui-là !) me revient à l'esprit : "Si nous en sommes là, c'est parce qu'un jour nos grands frères se sont occupés de nous".

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Finalement, un peu d'histoire, ou 'pourquoi il en est ainsi

De Patrice:

Une autre manière de prendre du recul est de voir ce qui s'est passé avant. Donc, si vous avez la patience, voici, pour contribuer utilement je l'espère, un long rappel historique et quelques remarques.

Vous l'avez deviné, ce débat est vieux. Aussi vieux que la fédé. Pour être précis, le débat a débuté le 21 décembre 1932. Si, si, les archives sont formelles. Ce jour là, l'assemblée générale du Canoë Club de France (CCF) refusait d'examiner les conditions d'adhésion à la toute nouvelle Fédération Française de Canoë (FFC) au prétexte qu'elle se consacrait à la compétition et que, eux, étaient "touristes".

A ce moment, le CCF avait presque trente ans (déjà) et quasiment un millier de membres (!) répartis à Paris mais aussi dans plusieurs sections de province. A part le Touring Club de France qui représentait tous les touristes, c'était la seule autorité morale représentant des pagayeurs, la seule à se préoccuper de technique, de recherche sur le matériel, de documentation sur les rivières, etc. Le CCF fonctionnait à la fois comme un club, avec ses réunions hebdomadaires, ses sorties en groupe, son bulletin, comme une fédération en incitant ses diverses sections à progresser techniquement, à s'occuper de sécurité, et comme un lobby auprès des pouvoirs publics pour que la pratique du canoë soit la plus facile possible (essentiellement auprès des compagnies de chemins de fer pour que les canoës puissent être transportés par train à moindre coût, eh oui, c'était l'époque héroïque du chariotage de la gare à la rivière et retour).

Les canoeistes du CCF pensaient qu'adhérer à la FFC les noierait à terme dans la masse et que l'introduction de la compétition dans le club détruirait ce qu'on peut résumer par "l'ambiance du club", ce plaisir à se retrouver pour naviguer. Pourtant le CCF organisait depuis longtemps des compétitions. Mais c'étaient des compétitions d'adresse, de technicité. Ils faisaient du slalom, du canoë-ball. Ce dont ils ne voulaient pas c'était des courses de vitesse. Ils aimaient ce qui leur permettait d'être encore meilleurs en bateau et de pouvoir descendre des rivières encore plus difficiles. Ils rejetaient la compétition pure, brute, faite pour elle-même. La FFC était poussée par la fédé internationale. Il était difficilement concevable que la France ne participât pas aux compétitions ni aux regroupements internationaux. La FFC avait donc besoin du poids, du savoir-faire des touristes du CCF. Ce qui devait arriver, arriva : pour bénéficier des organisations de rencontres touristiques organisées par les fédés étrangères, les sections de l'Est et de la Moselle du CCF adhérèrent à la fédé internationale, puis le CCF participa à des compétitions officielles (de slalom), puis adhéra à la FFC qui était membre de l'IRK, devenue plus tard FIC.

La seconde guerre mondiale a un peu changé les habitudes de tout le monde, y compris celles des pagayeurs. L'individualisme est arrivé avec l'automobile. Le tourisme en canoë a survécu au sein de la FFC (devenue FFCK) grâce à Charles de Coquereaumont qui fut président du CCF, puis de la FFCK, puis de la FIC, et même à un moment de tout à la fois. 1964 et la médaille de Boudehen-Chapuis en C2 1000 a permis à la FFCK de mettre en place les structures que l'on connaît actuellement (centres d'entraînement, cadres techniques, etc.). En 1972, Munich, le slalom olympique et Peschier qui revient en héros. La FFCK devient une fédération olympique et sportive moderne. L'ancien président de la FFCK crée son magazine de canoë-kayak (un certain ckm) et le bulletin du CKCF (ex CCF), le fameux "La Rivière", coule l'année suivante. Les touristes entrent dans l'ombre des compétiteurs. C'était au début des années soixante-dix.

Triste histoire. Ce qu'il faut en retenir (c'est l'objet du débat actuel) c'est ce qu'apportait le CCF et voir ce que la FFCK apporte actuellement. Il ne s'agit pas de pleurnicher sur ce bon vieux temps (que je n'ai pas connu) mais, comme les besoins des "touristes" actuels ne sont pas très différents de ceux des anciens, de trouver où ça coince. Parce que personne ne se plaignait du CCF et qu'un certain nombre (de touristes du moins) râle contre la FFCK. Voyons donc : Le CCF tenait religieusement à jour une énorme documentation sur les rivières. Tous les membres en profitaient, par le bulletin, et chacun complétait par des récits, des notes Le CCF diffusait dans son bulletin, et lors des regroupements, des informations sur toutes les nouveautés techniques : techniques de navigation, nouveautés en matériel, etc. Le CCF défendait mordicus le droit à naviguer partout. Il a lutté sans répit pour que chacun puisse mettre son canoë dans un train et le retrouver là où il le souhaitait, quand il le souhaitait, en bon état et pour pas trop cher. Les compagnies de train publiaient des pubs spéciales canoéistes, ont aménagé des wagons, fait des tarifs spéciaux, et la SNCF a même tenté de publier une information hebdomadaire sur les niveaux d'eau des rivières. Ce fut un travail acharné de lobbying comme on dit maintenant. Et qui a payé (j'ai pris cet exemple parce qu'il me semble le plus similaire à nos problèmes de lâchers d'eau et de microcentrales).

La fédé a une délégation du ministère pour organiser des compétitions (attribuer des titres de champion de France et sélectionner une Equipe de France), pour définir les règles de sécurité (avalisées par le ministère) et pour former des moniteurs. Pour le reste, Rien n'est dit. Elle remplit très bien ses missions officielles. Le problème c'est que ça ne s'adresse pas à tout le monde. Nous autres, pagayeurs du dimanche, nous avons surtout besoin de ce que faisait le CCF pour ses membres : organiser la circulation de l'info, défendre notre envie de naviguer et susciter le débat pour que chacun progresse et découvre. Et c'est pas grand chose. Quand ça colle avec la priorité fédérale, tant mieux (vive la Vézère).

Conclusion insidieuse (maintenant je préviens) : a-t-on vraiment besoin que la structure administrative évolue pour cela ? Corollaire : n'existe-t-il pas déjà autre chose ? Et oui, vous avez deviné ! Merci Vincent pour ton eauxvives.org. En voilà une jolie "fédé", avec un joli nom. Y'a d'l'info. Si chacun s'occupe de mettre à jour et de compléter, on pourrait avoir vraiment une belle base de données. Y'a du débat. Pour ça oui. Y'a et y'aura plein d'autres choses. Faisons preuve d'imagination. N'attendons pas de la fédé ce qu'elle ne peut pas donner. Construisons un "CCF" moderne. La fédé saura bien en profiter. :-) Merci de votre patience et, à vous lire. Patrice

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L'avis d'un président de ligue

De: Philippe

Je vois que le sujet de la Fédé continue à alimenter cette liste de discussion.
Avant que la polémique ne retombe, j'avais envie de faire ma tirade, en espérant que vous aurez le courage de me lire jusqu'au bout.
Comme je l'ai dit en me présentant, je suis le président de la Ligue du Limousin (j'ai toujours un peu de mal à annoncer ce titre ronflant, mais bon c'est comme çà).
Il y a de çà quelques années, nous avons viré notre CTR (Conseiller Technique Régional, fonctionnaire Jeunesse et Sports représentant la Fédé dans la région, pour ceux qui ne sont pas familiers de la complexité admninistrato-sportive). Si, si, on l'a fait. Je n'en suis pas fier, mais apparemment, jamais çà n'avait été fait avant, peut-être même dans aucune autre fédération. Inutile de dire que la Fédé s'est employé à nous le faire payer pendant quelques années.
Je fus de ceux qui se sont dit "on déchire notre licence tout de suite, ou on attend encore 5 minutes ?". Et puis, vraiment, avec tous les problèmes qu'on avait pour gérer notre sport en Limousin, çà me gonflait trop de faire 1500 bornes pour aller à l'INSEP voir la Fédé présenter son nouvel organigramme, avec des départements administratifs et financiers, des départements machins ... : dans mon boulot, le vrai, on fait pas moins bien, mais on sait que la plupart des organisations ne servent pas à grand chose, sauf à désigner des chefs. Mais bon, je suis quand même aller un certain nombre de fois à l'INSEP écouter la bonne parole fédérale, et j'ai profité de la cafétéria des lieux.
Et puis ..., et puis le temps a passé, et nous avons eu à travailler avec la FFCK sur un sujet qui a fâché, fache, et fachera encore certains : les Championnats du Monde de Descente en 2000. Ils auront lieu, vous le savez peut-être, sur la Haute-Vézère, mais là n'est pas le sujet. Je que voulais dire c'est que les mecs de la Fédé avec qui j'ai bossé, surprise, étaient des mecs comme vous et moi, et pas des monstres froids de fonctionnaires bornés décidant par oukaze ce qui était bon pour le canoë-kayak. J'ai découvert des gars passionnés, qui bossent beaucoup, des mecs que les arrêtés préfectoraux d'interdiction gonflent plus que moi (moi, en fait, que l'on interdise certaines rivières où je n'irai jamais, çà me laisse relativement froid, et puis il faut bien que les pêcheurs vivent, et puis ils ont qu'à essayer en Limousin ... ). Bref, j'ai de l'estime pour certains de ces "fédéraux", élus ou cadres techniques, que j'ai trouvé compétents, ayant une bonne connaissance du terrain, et faisant au mieux leur boulot.
Là où je voulais en venir, c'est que, pour moi, l'investissement dans la vie associative, comme dirigeant ou autrement, a été d'abord une histoire d'estime et d'amitié : d'estime par exemple pour celui, fonctionnaire JS encore en activité, qui m'a appris à naviguer et à construire des bateaux en résine (je te salue Ambroise, même si je sais que tu as mieux à faire qu'à surfer sur Internet), d'amitié pour d'autres, compétiteurs généreux à l'extrême pour le bateau et pour les autres (je te salue aussi Domi, même si je sais que toi tu ne perds pas ton temps sur des listes de discussion à la con), d'amitié encore pour des BE, des "professionnels", qui aiment leur sport et aiment le faire découvrir (salut Pierrot, çà a été une de mes grandes satisfactions de dirigeant que de pouvoir développer mon club et ma base d'Uzerche, et de permettre à quelqu'un de crouter grâce à son sport).
Ce que j'ai lu sur cette liste, y compris les interventions les plus agressives, est souvent juste, du moins si on considère les choses sous un certain angle. Mais, au sortir de l'adolescence, il est bon de se méfier des jugements définitifs et catégoriques.
Il y a quelques salauds, beaucoup de cons, mais a priori ils sont équitablement répartis dans tous les milieux, c'est à dire qu'il doit y en avoir la même proportion chez les pêcheurs, à EDF, chez les amateurs de kevlar ou du polyeth ... .
Aimez vous les uns les autres et allez en paix ... bon là çà craint. Bien amicalement à tous, PhL

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Réponses à Philippe

De: Jean-François

Philippe,pour paraphraser Coluche, je dirais :"je ne suis ni pour ni contre, bien au contraire" et le sujet de ton titre "pour ou contre" ne me paraît pas adéquat. Le débat qui a lieu dans cette liste n'est pas contre la fédération, mais l'expression d'une insatisfaction par rapport aux lignes directrices de l'action fédérale.
Pour faire un résumé rapide, la fédération s'occupe très bien de lacompétition, elle arrive d'ailleurs à obtenir des résultats très satisfaisants. Mais qu'y a-t-il d'autre que la compétition à la F.F.C.K? La question est tout aussi valable au niveau de bien des clubs. Et la plupart des gens qui se sont exprimés de manière critique étaient comme par hasardd es touristes, des pratiquants de haute rivière et même des dirigeants de clubs. Mais leur point commun était que la compétition ne les intéressait pas et que de ce fait ils avaient le sentiment que leur activité n'intéressait pas du tout la fédération.
Pour organiser les championnats de monde de descente de l'an 2000 sur lahaute Vézère, pas de problème le fédération trouve des ressources. Pour le critérium de descente sur l'Orne pas de problème il y a de l'eau. Mais pourCap'Orne (désolé, j'y reviens), il n'y a pas assez d'eau.Le problème n'est pas d'être pour ou contre, mais à côté.
Et puis d'ailleurs, personne ne veut la disparition de la compétition mais qu'elle ne soit pas l'unique centre d'intérêt des instances dirigeantes. Il y a un vrai problème de gestion de la diversité. La solution est peut-être de créer une structure extérieure à la fédération qui rende visible ces attentes. Par exemple, le rodéo qui possède ses propres compétitions se développe dans une association qui échappe au contrôle de la F.F.C.K. Je crois qu'il existe la même chose pour le kayak de mer. Pourquoi pas une fédération de rivière sportive?

Réponse de Philippe à Jean-François

Comme cela a été dit, les ressources de la FFCK sont essentiellement (pour les 3/4 peut-être, mais il faudrait avoir les chiffres précis) des subventions Jeunesse et Sports, qui, par convention, doivent être utilisées pour la compétition et le haut-niveau. "La FFCK ne s'intéresse pas au CK loisir" : il y a une commission randonnée qui ne fonctionne pas parce que les gens qui y sont élus ne sont pas disponibles. Le problème est que ceux qui s'intéressent à la haute-rivière, au rodéo, ... soient représentés, mais, on l'a bien compris au travers des différentes discussions et c'est aussi ce qui fait leur charme, ce sont souvent des personnes que la réunionite, le poids de l'administratif, rebutent.
La FFCK n'a pas mis, et ne mettra pas, de moyens particuliers pour les Championnats du Monde 2000, sauf un peu de temps de cadres. Que le Cap'Orne soit annulé et pas un critérium est dommage, mais là c'est une question de gestion de la pénurie, donc de choix pénible. La plupart du temps, la FFCK fait des choix négociés avec les locaux (la Ligue locale). Je ne connais pas le dossier du Cap'Orne, mais il y avait peut-être d'autres critères que compétition ou pas (dates / pluviosité,... ).

Réponse De Patrice à Philippe

Philippe, tu sais bien que le centralisme démocratique n'est pas une dérive mais le fondement même de l'organisation du sport en France.
Quand une AG de club délègue à une AG de ligue des représentants chargés d'élire des représentants régionaux dont la mission sera de défendre, à l'AG de la fédération, les motions (voire les candidats) soutenues par la région, cela s'appelle du centralisme (parce qu'il y a des paliers, des niveaux qui écrèment) démocratique (parce que l'on vote à chaque fois).Ce n'était rien de plus qu'un constat. C'est sûr,le terme a mauvaise haleine.Les caractéristiques de ce système sont qu'il renforce les positions dominantes et qu'il gomme tout (ou presque) ce qui n'entre pas dans le moule. Il faut (faudrait) une grande vigilance, une grande attention de la part des responsables nationaux (bénévoles et professionnels), pour que cequi se passe en marge de la pratique majoritaire, en marge donc de la compétition, soit pris en compte. C'est ce manque-là qui fait que, par exemple, la production documentaire fédérale (écrits, vidéos) est inexistante pour les pratiques de loisirs. On attend encore les cahiers techniques raft, kayak de mer, wave ski. Et de la production grand public.Le même constat met en avant le fait que tout, en France, est organisé hiérarchiquement du haut vers le bas au sein d'une structure administrative. Remercions pour cela monsieur Colbert et son ensoleillé de roi. Merci monsieur Colbert !
Résultat : tout pagayeur qui veut avoir son mot à dire doit adhérer à la FFCK puis suivre la filière interne. Dans l'autre sens, la FFCK ne conçoit le ck que sous sa coupe.
En conséquence la fédé se prive d'un certain nombre de compétences : ceux que la réunionite et l'administratif rebutent, et réinvente parfois l'eau tiède. Exemple toujours tiré de l'article de S. Deltour ckm 145 déjà cité :"B- Concevoir et diffuser des bateaux adaptés à l'eau calme."
Le rôle de la FFCK ne serait-il pas plutôt de concevoir et de promouvoir des ANIMATIONS visant à augmenter, à améliorer la pratique en eau calme (etailleurs), à charge pour les fabricants, s'il y a besoin, de concevoir le matériel qui va bien.
A ce propos sais-tu où en est le fameux canoë qui devait tout révolutionner? A-t-il dépassé le stade des études préliminaires ?
C'est ce double constat qui me semble nuire au bouillonnement. C'est cela,pour moi, une machine à ensabler les initiatives. Et comme c'est structurel, pour parler comme les politiques, je me demande (sous différentes formes ;-) s'il n'est pas temps d'inventer autre chose, une autre manière de s'organiser, plutôt que d'attendre le grand soir du grand changement.

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Qu'en pense un sportif de haut niveau?

La plupart de ceux qui ont écrit sur la fédé sont du côté de la lorgnette "tourisme". A mon avis, vous confondez club et fédé. En effet, si un club est plutôt compét, ce sont les gens qui le composent qui donnent cette orientation, pas la fédé. Pour notre part, nous faisons partie d'un club où sur 45 licenciés, pendant 7/8 ans il n'y avait que Wilfrid et moi comme compétiteurs. L'un n'empêche pas l'autre, tous les copains en polyet sont nos meilleurs supporters. On y reviendra un jour !
Vous serez sans doute surpris d'apprendre que les compétiteurs râlent sans arrêt car ils trouvent que la fédé se tourne vraiment trop vers le tourisme. La fédé n'a pas de ressources propres, son fric vient du ministère. Si elle en obtient tant en % par rapport aux autres sports, c'est grâce à sa bonne réputation de sérieux, et à ses résultats en compét. Cet argent, loin d'y être redistribué, sert en partie à la vie fédérale, et la FFCK se tourne beaucoup vers la vie touristique. Les pagaies couleur, le guide canoë plus, les dépliants pour club et structures raft, le temps passé à défendre le maximum de rivière, à faire reconnaître les pratiquants occasionnels du kayak, à lutter pour des passes à kayak, à faire vivre les bassins et lutter contre les interdictions de naviguer édictées par des préfets qui voient 25 pêcheurs pour un kayakiste, ça nous concerne tous.
Or les compétiteurs, si ils sont contents de ça, voient ce qui se passe dans les autres sports, où le ministère donne de l'argent qui va à la compét, et la fédé a ses ressources qui proviennent de la pratique de masse et permettent de la développer, se sentent un peu floués.
Pour savoir comment développer ce nombre de licencié, rien n'est facile. On a cru qu'il suffisait de licencier ceux qui descendre occasionnellement l'Ardèche, ce n'est pas possible. En 92, on a cru qu'il fallait des médailles Olympiques, ça n'a pas suffit. En 96, le slogan était "l'or à Atlanta", rebâché sans cesse et avec pression, comme si la face du kayak allait en être changée, il n'en a rien été. Et maintenant, de plus en plus, c'est "à fond vers le tourisme, la randonnée, la pratique loisirs", et je ne sais pas si ça va marcher. La première chose serait peut être d'avoir des clubs accueillants, des vestiaires propres et pas mixtes, des moniteurs dans les clubs...
Enfin, si il y a un contrat avec EDF, les relations ne sont pas toujours faciles, et EDF impose une grande action vers la pratique grand public et la sensibilisation aux risques / sécurité (cf.. accident du Drac dont vous avez parlé), et se fout royalement de la compét pour l'instant. J'en suis le premier surpris.


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