|
Premier ministre
Ministère de la fonction
publique, de la réforme de lEtat et de la décentralisation |
DIRE
Délégation interministérielle
à la réforme de lEtat |
DGAFP
Direction générale de
ladministration et de la fonction publique |
RAPPORT DE SYNTHÈSE
des Programmes Pluriannuels de
Modernisation (PPM)
(RAPPORT PROVISOIRE AU 13 JUILLET
1999)
Téléchargement du rapport
SYNTHÈSE
des Programmes Pluriannuels de Modernisation
(PPM)
____________
Avertissement:
La présente analyse des PPM ne
porte que sur les documents reçus à la date du 13 juillet 1999. A cette date, un PPM
faisait encore défaut. Par ailleurs, plusieurs ministères navaient pas encore
terminé la consultation de leurs comités techniques paritaires.
Liste des sigles de ministères
utilisés dans le texte
Ministère |
Sigle |
|
|
Agriculture et pêche |
MAP |
Affaires étrangères et
coopération |
MAE |
Aménagement du territoire et
environnement (sauf DATAR) |
MATE-E |
Culture et communication |
MCC |
Défense |
MDEF |
Economie, finances et
industrie |
MEFI |
Education nationale,
recherche et technologie |
MENRT |
Emploi et solidarité
(secteur emploi) |
MES-E |
Emploi et solidarité
(secteur santé - solidarité) |
MES-S |
Equipement, logement et
transports |
MELT |
Intérieur et outre-mer |
MINT |
Jeunesse et sports |
MJS |
Justice |
MJUS |
SOMMAIRE
Avertissement
INTRODUCTION
1. LES CONDITIONS
DELABORATION DES PPM
1.1 Un
pilotage central bien organisé
1.2 Des
modalités de concertation interne et externe variables
1.3 Des
conditions d'appropriation par les services encore inégales
2. LE CONTENU DES
PPM
2.1 Lévolution
des missions
2.1.1 La
formulation des enjeux : un préalable à laction
2.1.2 Lanalyse
prospective : des difficultés de méthode
2.1.3 Les
besoins des usagers : une prise en compte diffuse
2.1.4 Une
hiérarchisation difficile des missions
2.1.5 Une
vision ministérielle qui doit se nourrir du terrain
2.2 Les
procédures de travail, les circuits de décision et lorganisation des services
2.2.1 Les
PPM, générateurs et prolongements des réformes de structures
2.2.2 Conception
des procédures ; laccent est mis sur les directives dobjectifs
2.2.3 Le
pilotage des services déconcentrés : une action prioritaire pour tous les ministères
2.2.4 La
montée en puissance des préoccupations juridiques et des affaires communautaires
2.2.5 Diverses
avancées dans les domaines de la prospective et de lévaluation
2.2.6 Etablissements
publics : lamélioration de lexercice de la tutelle
2.2.7 Peu
de propositions relatives au travail interministériel
2.3
La gestion des ressources humaines
2.3.1 La
gestion prévisionnelle : une démarche qui simplante très progressivement
2.3.2 Le processus de
déconcentration se développe
2.3.3 La formation
: un outil dadaptation reconnu
2.3.4
Lencadrement est perçu comme un enjeu majeur 
2.3.5 Un suivi plus personnalisé
2.3.6 La
nécessité de rénover les méthodes dévaluation
2.3.7 Le
développement de la mobilité reste un objectif à atteindre
2.3.8 La
transparence : un idéal et une nécessité pratique
2.3.9 Des insuffisances demeurent
2.4 Les outils et
méthodes de la gestion publique
2.4.1 Les procédures liées à la
préparation et à lexécution du budget
2.4.2 La
contractualisation : des progrès à lintérieur de chaque ministère mais des
interrogations sur le plan interministériel
2.4.3 Le
développement indispensable du contrôle de gestion
2.4.4 Le recours
progressif aux démarches qualité
2.4.5 La
déconcentration de la gestion des crédits
2.4.6 Lingénierie
publique ; une volonté de moderniser les pratiques
2.5 Les
nouvelles technologies de linformation et de la communication
2.5.1 Une forte mobilisation
des ministères
2.5.2 La
gestion des NTIC devient une condition essentielle de lexercice du service public
2.5.3 La
préparation à de nouvelles organisations du travail
2.5.4 Mais certains points
restent à préciser
2.6 La
cohérence des PPM avec le chantier de la modernisation de ladministration
territoriale
3. LA MISE
EN OEUVRE DES PPM
3.1 La
communication autour des PPM : une démarche en cours dorganisation
3.2 Les modalités du suivi
ministériel
3.3
Les chantiers interministériels
CONCLUSION
__________________________
ANNEXE 1
Circulaire du 3 juin 1998
ANNEXE 2
Sigles utilisés dans le texte

INTRODUCTION
Le gouvernement a défini, lors du
conseil des ministres du 5 novembre 1997 et du comité interministériel pour la réforme
de lEtat du 26 février 1998, les orientations à mettre en oeuvre afin " de
procéder à une profonde adaptation de lEtat et de poursuivre leffort de
rénovation de service public ".
Il a également arrêté la méthode
à suivre dans ces domaines et affirmé notamment :
la nécessité de lassociation
des personnels et de leurs organisations représentatives aux démarches de réforme
ainsi que de la consultation des différentes catégories des usagers.
la pleine responsabilité de
chaque ministère dans la définition et la réalisation des actions visant à
améliorer la qualité des services rendus par ladministration et son efficacité,
en cohérence avec les orientations arrêtées au niveau gouvernemental.
Dans ce cadre le Premier ministre a
demandé à chaque ministre, par circulaire en date du 3 juin 1998 (voir annexe 1),
détablir un programme pluriannuel de modernisation " outil
dimpulsion et de conduite du changement ".
Conçus pour une période de 3 à 5
ans ces documents ont pour objet de " déterminer les orientations stratégiques
du ministère, de formaliser une volonté collective et dassurer avec efficacité
les missions entrant dans ses attributions ".
Elaborés à partir dune
réflexion sur les missions de lEtat intégrant notamment les orientations
institutionnelles (construction européenne, décentralisation...) et les attentes des
usagers, ils doivent définir les principaux axes de progrès en matière de procédures
de travail et dorganisation des services, de gestion des ressources humaines,
doutils et de méthode de la gestion publique ainsi que de nouvelles technologies de
linformation et de la communication.
Lapplication des directives du
Premier ministre a donné lieu à un travail important dans chaque ministère, coordonné
avec les autres réflexions initiées au niveau interministériel principalement dans le
cadre de :
la modernisation de
ladministration territoriale de lEtat ;
la mise en oeuvre du programme
daction gouvernemental pour la société de linformation (PAGSI* )
;
la rénovation de la gestion des
ressources humaines
la programmation pluriannuelle des
dépenses publiques.
Le présent rapport établit une
synthèse des douze programmes pluriannuels de la modernisation ministériels reçus à ce
jour à titre provisoire ou définitif et présente successivement :
les conditions de leur élaboration
;
leurs points forts et leurs lacunes,
selon le plan proposé par la circulaire du 3 juin 1998 ;
les modalités de suivi et la mise
en oeuvre des actions envisagées au plan ministériel et interministériel.
LES
CONDITIONS DELABORATION DES PPM
Sur un plan général, on peut
affirmer que le pilotage de la demande au niveau central a été bien organisé et
quun effort a été réalisé pour la consultation des personnels principalement à
travers des comités techniques paritaires ministériels. En revanche, lavis des
usagers na été que marginalement sollicité ; de même un travail important reste
à réaliser pour lappropriation par les services et les agents des orientations
arrêtées.
1.1 Un
pilotage central bien organisé
Le pilotage de la démarche par les
administrations centrales a été confié, conformément à la circulaire du Premier
ministre, au haut fonctionnaire chargé de la modernisation. Les cabinets des ministres se
sont impliqués de manière variable, certains sen tenant à la définition des
orientations, de la méthode de travail et à la validation du document final,
dautres intervenant de façon notable dans la démarche. Ce pilotage a pu associer
les syndicats voire les usagers (cf. infra) ou passer par la solution plus conventionnelle
du comité des directeurs dadministration centrale (MES, MINT). Lorganisation
du pilotage a été le plus souvent mise sur pied pour lexercice. Dans certains cas,
elle préexistait (comité ministériel de modernisation au MELT, comité
" organisation - méthodes - prospective " au MAP, comité pour la
réforme et linnovation administrative au MDEF, comité de management au MAE ; cf.
encadré sur le MAP et le MDEF). Les rédacteurs du projet de document (chargé de mission
auprès du haut fonctionnaire de modernisation, parfois désigné spécifiquement, ou
comité de rédaction) se sont appuyés sur les contributions plus ou moins nourries des
DAC. Le plus souvent, des groupes de travail thématiques ont été constitués.
1.2 Des modalités de concertation interne et externe
variables
En termes de concertation interne, si
presque tous les ministères ont présenté lexercice dès lorigine aux
instances représentatives du personnel, quelques uns ont tenu à les associer à
lélaboration des PPM (MAP, MELT, MJS, MATE - E) ou à la définition de ses
orientations générales (MEFI). En fin de parcours, tous les comités techniques
paritaires ministériels ou équivalents ont été consultés sur les projets de PPM,
certains ministères en saisissant également les CTP locaux dont ils disposaient à
lexemple du MJS.
Lassociation des services
déconcentrés a été variable. Quelques ministères ont consulté les groupements
représentant les chefs de services déconcentrés (MELT pour les DDE, MAP pour les DDAF,
MATE-E pour les DDE, les DAF, les DRIRE et les DIREN, MJS pour les DDJS). Dautres
ont adressé le projet en phase terminale à tous les chefs de services déconcentrés
(MES - S pour les DRASS et les DDASS, MES - E pour les DRTEFP et les DDTEFP). Les préfets
et les ambassadeurs nont été associés que de manière individuelle et ponctuelle
à lélaboration des PPM du MAE et du MINT.
Sagissant des usagers et des
partenaires institutionnels de lEtat (collectivités locales, associations...), on
peut seulement relever la réalisation dune enquête dimage par le MAP et la
participation de membres de comités nationaux consultatifs au groupe de travail chargé
délaborer le PPM du MJS. Le MEFI sest pour sa part appuyé sur la dernière
vague denquête de son observatoire externe, datant de 1997 dans lattente
dune concertation plus vaste entreprise au second semestre de 1999.
MAP : UN TRAVAIL EN
PROFONDEUR
Le dispositif de préparation du PPM
du MAP a été particulièrement élaboré. Dès le mois de mai 98, le CTPM a été saisi
dun programme de travail sur 13 thèmes majeurs. Parallèlement, une enquête
dimage a été lancée ainsi quune étude sur les besoins spécifiques des
services déconcentrés.
Le MAP a donc tenté de répondre,
entre autres, aux questions suivantes :
- ministère des agriculteurs et des
forestiers ou ministère du monde rural ?
- ministère des champs et bois ou
ministère de lespace rural et du territoire ?
- ministère des produits de la mer ou
ministère de la pêche ?
- ministère des produits
agro-alimentaires ou ministère de lalimentation ?
Des groupes de travail ont été
constitués sur les thèmes susvisés et leurs analyses et propositions ont été
supervisées par le comité " organisation - méthodes - prospective "
existant au ministère depuis 1995 ; celui-ci réunit des cadres des DAC, des inspections
et des services déconcentrés. Quatre chargés de mission ont été désignés pour
rédiger le rapport, chacun dans un domaine particulier (missions, GRH, gestion publique,
NTIC). Deux inspections ont été diligentées : lune sur les questions
européennes, lautre sur les aspects juridiques. Les groupements (DDAF, DRAF,
enseignement agricole,...) ont été étroitement associés à lélaboration du
document final.
MDEF : LE PPM DANS LA CONTINUITÉ
DES TRAVAUX DE MODERNISATION
Héritier dun groupe de travail
" modernisation de ladministration " mis en place avec le
comité stratégique du ministère de la défense pour accompagner la réforme de la
défense lancée en 1995-96, le CRIA est une enceinte inter - directionnelle
détude, de proposition, dexpérimentation et de suivi des actions de
modernisation administratives du ministère.
Constitué par arrêté
interministériel du 22 juin 1998, le CRIA est présidé par le secrétaire général pour
ladministration et rassemble tous les mois des représentants de haut niveau des
forces armées, de la délégation générale pour larmement et des autres
directions du ministère. La DIRE participe à ses travaux. Dès juillet 1998, il a fixé
la méthode délaboration du PPM qui lui permettait de regrouper selon des axes
fédérateurs interministériels les multiples actions de modernisation quil avait
entreprises ou quil projetait. Un comité de rédaction a été constitué en
septembre. Une note de synthèse de 20 pages a été mise au point en détail par le CRIA
lui-même et présentée aux conseils supérieurs de la fonction militaire et des
personnels civils dès la fin décembre. Le document complet a été finalisé en
décembre en étroite collaboration avec la DIRE et transmis officiellement dès le 12
janvier 1999.
1.3 Des conditions d'appropriation par les services encore
inégales
Lanalyse des modalités
délaboration des PPM et des actions retenues permettent de mettre en exergue
quelques facteurs clés de succès pour leur mise en oeuvre. Elle souligne a contrario le
travail qui reste à réaliser pour faire de chacun de ces documents un " projet
partagé ".
On relèvera en particulier parmi ces
facteurs de succès :
la qualité du débat interne : plus
les conditions de préparation ont été progressives et collégiales, plus la mise en
oeuvre sera facilitée. Les modalités de suivi des PPM devraient en tout cas chercher à
compenser le caractère parfois cloisonné des points de vue émis, la réalisation des
projets pouvant conduire à un travail plus collectif ;
la volonté dune approche
très transversale : lobjectif de décloisonner les analyses, déviter une
approche par direction dadministration centrale, est nettement plus manifeste dans
certains PPM (MELT, MDEF, MAP, MES, MEFI dans une certaine mesure...) que dans
dautres ;
ladéquation des
objectifs choisis aux capacités daction du ministère : limportance
des objectifs est variable. Il faut reconnaître à juste titre que certains ministères
affichent de fortes ambitions même si lon peut parfois douter de la possibilité de
les mettre en oeuvre totalement. A linverse, dautres optent pour des objectifs
modérés, donc plus réalistes ;
la structuration des objectifs et
leurs interactions autour dorientations mobilisatrices : de ce point de vue,
certains ministères sont allés assez loin dans la recherche dobjectifs
fédérateurs comme le MELT ou le MAE (cf. encadré), ou le MENRT et le MEFI.
DES ORIENTATIONS MOBILISATRICES POUR
LE MAE ET LE MELT
Conscient de ses forces et de ses
faiblesses, connues tant de ses agents que de ses partenaires, le MAE a articulé
sa réflexion en traitant successivement :
les incidences de lévolution
du contexte international et des missions du ministère sur son organisation,
les pistes dadaptation des
méthodes de travail, à la fois dans les procédures traditionnelles et avec laide
des nouvelles technologies,
le parti à tirer des points forts
du ministère (son réseau à létranger et la qualité de son potentiel humain),
les objectifs de décloisonnement
interne et externe du ministère.
De même, le MELT a organisé
son document, non pas sur la base du plan de la circulaire, mais en déclinant chacune de
ses actions dans cinq grandes orientations pour la modernisation qui structure la
démarche, lui donne une finalité claire et devrait faciliter la mobilisation des agents
:
énoncer les grandes orientations
pour développer les démarches stratégiques afin de dégager des repères pour les
agents ;
mobiliser les personnels sur
certaines obligations de résultats ;
valoriser les personnels par le
développement des compétences et la reconnaissance des rôles et des responsabilités ;
améliorer lorganisation et
les méthodes de travail pour être plus réactif par rapport aux changements de
lenvironnement ;
adapter certaines missions et
organisations pour consolider les savoir-faire et améliorer la lisibilité pour les
interlocuteurs.
Les conditions de réussite dépendent
aussi des modalités daccompagnement de la mise en oeuvre des PPM. A ce
titre, certains ont déjà mis en place ou renforcé leur organisation de suivi et
dappui, en particulier dans le domaine du pilotage des services. Cela se traduit
parfois dans les textes dorganisation : création dune sous-direction de
lanimation des services et de la modernisation pour le MAP, dune
sous-direction de la déconcentration au MAE, dune mission de la modernisation au
MENRT, dun bureau de pilotage des SGAR au MINT, renforcement de la mission de
déconcentration et de modernisation au MATE, dune sous-direction de la
modernisation et de la prospective au MEFI...
Par ailleurs, sur quelques dossiers
sensibles, des ministères estiment que la mise en oeuvre de certaines actions est liée
à des avancées sur le plan interministériel (contractualisation et notation par
exemple).

2. LE CONTENU DES PPM
2.1
Lévolution des missions
2.1.1 La formulation des enjeux : un préalable à
laction
La plupart des ministères ont bien
exprimé les enjeux qui les concernent. Cette occasion a été souvent saisie pour mieux
expliquer les orientations du ministre à ladresse tout dabord des agents du
ministère eux-mêmes. Le plus souvent, ces enjeux ont été reliés aux grandes
priorités du gouvernement, comme la cohésion sociale, lemploi, la sécurité,
léducation et le développement durable, en exprimant également la nécessité
dune approche territoriale. Personnels, usagers et partenaires peuvent donc sy
retrouver et comprendre quelles sont les adaptations administratives nécessaires pour
améliorer lefficacité de ces politiques publiques.
VERS UN NOUVEAU MINISTERE DE
LECONOMIE, DES FINANCES ET DE LINDUSTRIE
Le MEFI est engagé depuis février
1998 dans une réforme en profondeur de ses modes dorganisation et de travail, dont
lobjectif consiste à améliorer le service rendu à lusager au coût le
meilleur, grâce en particulier à lutilisation généralisée des technologies de
linformation et de la communication, et au développement du travail en réseau.
Une première phase, lancée sur la
base du rapport remis par MM. Boisson et Milleron au début de 1998, vient de
sachever. Elle a permis en particulier dengager la rénovation du dialogue
social et de jeter les bases du travail en réseau, grâce à un effort très important du
développement des technologies de linformation et de la communication - création
dun intranet ministériel, développement dintranets interdirectionnels
régionaux...
La seconde phase, engagée en avril
1999, est structurée par trois orientations à lhorizon 2003 : créer un
correspondant fiscal et un correspondant économique - en particulier pour les PME-PMI -
uniques, et simplifier au maximum les obligations déclarations et le paiement de
limpôt pour les ménages.
Les conditions de la mise en oeuvre de
ces orientations font lobjet dune mission confiée par le ministre à M.
Champsaur, directeur général de lINSEE et à M. Bert, chef du service de
linspection générale des finances, à échéance de la fin de 1999.
La réforme touche par ailleurs à
lensemble des activités et services : elle induit un meilleur fonctionnement
collectif générant dimportants gains defficacité dont la répartition doit
profiter à la collectivité nationale, aux administrations, et au personnel du ministère
lui-même.
2.1.2 Lanalyse prospective : des difficultés de
méthode
Lappréhension prospective des
missions de lEtat a suscité des difficultés de méthode, déjà rencontrées dans
le cadre des travaux du rapport PICQ (1993-94) ou du lancement de la réforme de
lEtat en 1995 mettant ainsi en évidence une nouvelle fois limportance du
travail qui reste à réaliser dans ce domaine. Certains ministères avaient toutefois
déjà fait cet exercice (MDEF pour la réforme de la défense). Un effort significatif a
été fait dans ce domaine pour le secteur du travail, de lemploi et de la formation
professionnelle, avec le travail spécifique réalisé par lIGAS (cf. encadré).
UNE DEMARCHE ORIGINALE DE
PROSPECTIVE DANS LE DOMAINE DU TRAVAIL, DE LEMPLOI ET DE LA FORMATION
PROFESSIONNELLE
Dans le cadre de la préparation du
PPM du ministère de lemploi et de la solidarité, secteur travail - emploi, la
direction de ladministration générale et de la modernisation (DAGEMO) a fait appel
à deux membres de lIGAS pour mener une étude prospective sur lévolution des
missions dans ce secteur.
Malgré un délai très réduit qui
les a obligés à limiter leurs investigations, les auteurs ont pu apporter un éclairage
utile sur :
les facteurs déterminants de
laction du ministère à court terme (mondialisation des marchés, changements
technologiques et mutations de lenvironnement social et institutionnel) ;
lévolution prévisible des
missions du ministère ;
les changements attendus par les
services dans lexercice des missions.
A partir de cet éclairage et avec
laide dun consultant externe, les directeurs dadministration centrale et
des établissements publics concernés se sont réunis en séminaire en janvier 1999 pour
analyser lévolution des missions de lEtat.
On soulignera en particulier les
attentes en matière de responsabilisation des personnels, dévaluation et de
qualité des services rendus au public.
A quelques exceptions près, les
demandes des usagers nont pas fait lobjet dune démarche spécifique.
Toutefois, certains ministères ont réalisé une enquête dimage (MAP) ou se sont
appuyés sur des travaux récents (sondage qualitatif effectué mi 98, confortant des
enquêtes INED ou les travaux du CREDOC pour le MATE, sondage IFOP 96 pour le MCC,
enquête de lobservatoire externe de 1997 pour le MEFI). La mise en oeuvre des
actions relatives à la prise en compte des besoins des usagers (démarches qualité)
devra être loccasion de remédier à ce constat.
LA PRISE EN COMPTE DES ATTENTES DES
JUSTICIABLES
Engagé dans un vaste et ambitieux
programme de réforme judiciaire qui pèse lourdement sur ses services, le ministère de
la justice sest lancé plus tardivement dans la réflexion de synthèse et de
prospective nécessaire à ladaptation de son appareil administratif. Réformer le
fonctionnement de la justice, cest réformer lEtat, que ce soit au bénéfice
du service rendu au justiciable ou de lefficacité interne des services. Divers
projets récemment adoptés ou en cours illustrent cette volonté : meilleur accès au
droit, développement des guichets uniques de greffe, réforme de la composition et de
limplantation des juridictions consulaires, modernisation de la procédure civile et
recours accru au traitement pré - contentieux des conflits, accélération de la
procédure pénale, toutes ces démarches visent à améliorer la rapidité, la qualité,
la transparence et la sécurité des procédures judiciaires. Même les réformes de
portée constitutionnelle (réformes du conseil supérieur de la magistrature, des liens
entre la chancellerie et les parquets, de linstruction) auront pour effet de mieux
garantir les droits des citoyens à la conduite dune action judiciaire impartiale.
Cet ensemble de mesures emportera des
conséquences très significatives sur lorganisation des services judiciaires qui
devraient se traduire dans le PPM. Entrepris depuis quelques années, les efforts devront
être accrus pour renforcer les capacités de gestion des juridictions, recourir aux
nouvelles technologies de linformation et de la communication et améliorer le
pilotage administratif des juridictions et des services déconcentrés chargés de
lexécution des décisions de justice (administration pénitentiaire et protection
judiciaire de la jeunesse), notamment dans le domaine de lallocation des ressources
et du contrôle de leur utilisation. Mais toutes ces réformes ne seront réussies que si
les citoyens en perçoivent directement et concrètement les effets dans les contacts de
plus en plus complexes et fréquents quils entretiennent avec le monde judiciaire.
De nombreux ministères ont essayé de
clarifier leurs orientations stratégiques. Néanmoins, la hiérarchie entre les missions
est difficile à établir et les PPM analysent encore trop rarement quelles seraient
celles quil conviendrait dexercer différemment pour pouvoir renforcer les
domaines prioritaires.
Lélaboration des tableaux de
bord et surtout la communication que chaque ministère fera de son PPM devra être
loccasion de mieux présenter les priorités. Dès à présent, le MENRT a fait un
effort particulier de sélection de ses priorités en terme de missions et dactions:
lénoncé de trois défis
(légalité des chances, le renouvellement des savoirs et la maîtrise des outils
technologiques) ;
trois grandes orientations :
réaffirmer la présence de lEtat sur le terrain, développer linitiative des
organismes de recherche et des établissements publics et renforcer les rôles de
conception et de pilotage de ladministration centrale ;
deux axes majeurs de travail : la
réussite du mouvement de déconcentration de la gestion des personnels et le
développement de la contractualisation.
2.1.5 Une vision ministérielle qui doit se nourrir du
terrain
Certains ministères ont développé
quelques concepts interministériels (service public du sport, service public de la
culture, action extérieure de lEtat, action outre-mer...) et montré le nécessaire
développement de politiques publiques interministérielles (sécurité intérieure, lutte
contre lexclusion, ...). La multifonctionnalité de lagriculture pourrait
laisser entendre que certaines missions appellent une attitude ouverte vis à vis
dautres départements ministériels. Mais faute dune analyse du contexte
institutionnel, dun travail commun avec dautres ministères et des réactions
du secteur concerné, ces concepts restent encore peu opérationnels. Dailleurs,
dans une première étape, le décloisonnement est surtout attendu au sein même du
périmètre de chaque ministère et de ses établissements publics.
Par ailleurs, la prise en compte de la
nature interministérielle de certaines missions des services déconcentrés est
relativement inégale. Les orientations du MATE et du MAP illustrent, malgré quelques
différences dapproches, la volonté de mieux travailler ensemble et se traduisent
par des propositions concrètes (établissement dune charte et réalisation commune
de directives dorientation annuelles). Dans les domaines de la sécurité ou de
laction sociale, laction conjointe des différents services de lEtat
doit être réalisée sur le terrain face à leurs partenaires majeurs (contrats locaux de
sécurité, comités de coordination de la lutte contre lexclusion...). Cela doit
conduire aussi les administrations centrales à se rapprocher et à mieux travailler
ensemble.
2.2 Les procédures de travail, les circuits de décision
et lorganisation des services
2.2.1 Les PPM, générateurs et prolongements des réformes
de structures
Les PPM nont pas nécessairement
été conçus pour initier des réformes de structures. Néanmoins, les analyses conduites
dans certains dentre eux font largement écho à lexposé des motifs de
réformes récentes ; les cas les plus évidents sont ceux du MAE (réforme de la
coopération), du MDEF (réforme de la défense), du MEFI (regroupement des
administrations des finances et de lindustrie) et du MENRT (réforme de
lappareil éducatif). Le MES - S, le MAP ou le MJS ont lancé leur projet de
réorganisation de lensemble de leur administration centrale. Quelques propositions
de cette nature qui illustrent les PPM sont significatives dune volonté de
moderniser les pratiques :
meilleure prise en compte de la
fonction juridique (création dune direction au MDEF et au MEFI, dune
sous-direction au MELT et au MATE, dun service au MAP) ;
projets de services à compétence
nationale dans les domaines de la mer, de laviation civile, des constructions
navales, de létat civil, des services opérationnels de police, des pensions ;
création dune agence de
modernisation des universités et des établissements supérieurs denseignement et
de recherche ;
création dun centre
détudes et de prévision et dune délégation aux affaires internationales au
MINT, dune direction de la recherche, de lévaluation, des études et des
statistiques (DREES) au MES - S, dune direction de la stratégie, de la
programmation et de lévaluation (DSPE) au MAE; projet de création dune
direction des études économiques et de lévaluation environnementale au MATE.
Quelques projets portent également
sur les services déconcentrés, en relation avec les travaux interministériels animés
par la DIRE. Le MES - S a lancé des travaux sur lorganisation de référence des
DRASS et des DDASS permettant de mieux répartir les responsabilités entre les deux
niveaux territoriaux. Le secteur emploi du même ministère, en réaffirmant
limportance stratégique de léchelon régional, souhaite clarifier la ligne
de management entre les DRTEFP et les DDTEFP. Le MELT souhaite renforcer le rôle
dappui et de pilotage des DDE et des CETE par les DRE. La question est également
posée au MAP qui animera une réflexion sur les missions des DRAF. Le MEFI annonce le
rapprochement des DRIRE, des DRCE et des DRCA pour donner un correspondant unique pour les
PME et rappelle quil a engagé depuis quelques années la mise en réseau de
différents services déconcentrés relevant de ladministration des finances et
développé des fonctions dexpertise (missions dexpertise économique et
financière qui donnent notamment des avis aux préfets sur les projets
dinvestissements publics dans leur circonscription). Le PPM du MINT ne propose, par
contre, aucune évolution à court terme sur larticulation entre les niveaux
départementaux et régionaux de ladministration de lEtat.

2.2.2 Conception des procédures ; laccent est mis
sur les directives dobjectifs
Lorsque ce nest pas déjà le
cas (MJS, MES-S, MCC), la majeure partie des ministères comptent développer les
directives annuelles dobjectifs, le cas échéant sur le plan interministériel,
comme le propose le MAP pour les politiques quil met en oeuvre avec le MATE. Cette
démarche devrait entraîner une plus grande lisibilité de laction publique et un
fonctionnement plus collégial des DAC.
Parallèlement, des dispositions
seront prises pour limiter les circulaires " classiques " ou en
améliorer la qualité. Ainsi, le MCC remettra en vigueur le dispositif de visa préalable
par le Directeur des Affaires Générales (DAG) et le Directeurs des Affaires Financières
(DAF), le MATE les fera viser " à haut niveau ". Le MINT propose de
constituer un comité de coordination chargé dexaminer tous les projets de texte
conduisant à imposer des charges nouvelles aux préfectures. Au MDEF, la nouvelle
direction des affaires juridiques veillera à la qualité des études dimpact des
textes produits par le ministère. De même, au MEFI, la structure homologue doit assister
chaque direction dans lélaboration de ces études préalables qui précèdent
ladoption de textes législatifs et réglementaires
Le MEFI insiste tout particulièrement
sur la nécessité de renforcer le travail interdirectionnel. Les nombreux protocoles
daccord passés depuis quelques années entre les différentes directions sont
appelés à se développer encore. Le comité des directeurs, réuni mensuellement, est
présenté comme un véritable outil de réflexion stratégique transcendant les
cloisonnements habituels.
Dans le domaine de la simplification,
le MATE souhaite engager une nouvelle vague de mesures dont la portée doit être
précisée , le MCC a créé un comité ministériel de simplification et le MENRT
envisage de relancer la codification.
Dans le domaine de la déconcentration
des décisions administratives individuelles, le MAP envisage de faire un bilan du
mouvement engagé à lissue des décrets de décembre 97. Le MATE doit achever la
rédaction des directives correspondantes et le MELT pense déconcentrer
linstruction des projets routiers nationaux et lorganisation des examens du
permis de conduire.
Enfin, le MAE sest
particulièrement attaché à examiner comment pouvaient être revues en profondeur les
méthodes de travail préparatoires à la décision et à laction (cf. encadré).
LADAPTATION DES METHODES DE
TRAVAIL AU MAE
Le secrétaire général du Quai
dOrsay a animé pendant 3 mois un groupe de travail comprenant des agents de
catégorie A, B et C répondant à 4 objectifs :
- renforcer les facultés de réaction
pour répondre plus efficacement aux situations nouvelles : les capacités de prévision
des crises seront accrues (indicateurs et cartographie adaptés, cellules de veille,
calendrier triennal des conférences et négociations internationales); un réseau
dexperts externes sera mieux tenu à jour et des guides pourront être élaborés
pour tirer parti de lexpérience acquise dans des crises antérieures ;
- réfléchir à long terme pour
améliorer la capacité dinitiative et de proposition du ministère : seront mis en
place un comité stratégique trimestriel de prospective politique, un programme annuel
détudes, des télégrammes stratégiques mensuels ou annuels des postes ; les plans
daction des ambassadeurs seront recentrés sur la stratégie à 3 ans, examinés au
bout de 2 ans et à chaque changement politique dans le pays ; lapproche régionale
de la diplomatie sera encouragée entre les postes ;
- adapter la correspondance
diplomatique aux exigences contemporaines : sont annoncées la modernisation du
télégramme, la création dun outil de transmission pour documents banalisés, la
simplification de lélaboration par les postes et ladministration centrale des
dossiers de visite dans un pays ou dentretiens politiques, le développement des
notes de suivi avec échéancier et responsable ;
- faire évoluer le travail vers une
approche plus participative : le recours accru aux réunions de service élargies et
lassociation plus fréquente des rédacteurs aux entretiens politiques et aux
missions mobiliseront davantage les agents ; la rédaction systématique et à tous les
niveaux de mémentos pour le successeur facilitera les transmissions de compétence et les
intérims.
2.2.3 Le pilotage des services déconcentrés : une action
prioritaire pour tous les ministères
Le pilotage est, avec la GRH,
lun des thèmes les plus traités. La démarche, qui va de pair avec celle de la
contractualisation, porte sur les relations entre administrations centrales et services
déconcentrés ainsi que, parfois, les établissements publics, sur le développement des
projets stratégiques et le renforcement du rôle des inspections.
Plusieurs ministères disposent déjà
de structures ad hoc comme le MES. Certains réorganisent ou renforcent les services qui
assurent une mission de pilotage des réseaux déconcentrés : renforcement au MATE,
création dune mission dédiée au MCC ou dune sous-direction au MAP, sans
omettre les réformes du MENRT (service du pilotage des services académiques) ou du MELT
(DGUHC - mission territoriale) ou les adaptations sectorielles au MEFI (structures ad hoc
de pilotage à la direction générale des impôts ou à la direction générale de la
comptabilité publique). Ce dernier ministère manifeste le souci dune poursuite
" maîtrisée " du mouvement de déconcentration, les actions
concrètes correspondantes devant faire lobjet de plans daction en cours de
définition.
Parallèlement, la fixation
dobjectifs précis aux services déconcentrés dans le cadre dune démarche
stratégique est de plus en plus répandue. Lévolution du MELT, dont
lexpérience est la plus connue, le conduit, dune part, à étendre le
dispositif à tous ses réseaux, y compris techniques et scientifiques, mais aussi à
renforcer ses exigences : meilleure cohérence avec les politiques publiques, association
plus étroite des personnels et intégration des démarches - qualité. Le MES-S renforce
cet axe vis à vis de ses deux réseaux, notamment celui de laction sanitaire et
sociale.
Sagissant des administrations
centrales, cette obligation emporte des conséquences. Pour mieux piloter les ambassades,
le MAE se dirige vers la constitution de groupes " charnières " pour
les dossiers transversaux et consacre le principe des chefs de file. Le MINT propose dans
une première étape de renforcer la coordination du pilotage des préfectures avant de
modifier les structures qui en sont chargées. Le MELT introduit la notion de
" pilotage inter - directionnel " sur la base de chantiers dont la
liste est arrêtée annuellement par le ministre. Les protocoles daccord entre
directions du MEFI cités plus haut ont le plus souvent pour objet de coordonner et de
superviser laction sur le terrain de leurs services déconcentrés. En outre, au
MELT comme au MENRT, chaque direction dadministration centrale devra réaliser son
projet de service dont lobjectif sera, notamment, de développer les missions sur le
pilotage et lévaluation et daméliorer la performance de lorganisation.
Au MCC, chaque direction dadministration centrale fera validé tous les ans un
programme dactions. Les comités de directeurs inter ou intra - ministériels voient
également leur missions renforcées.
La nécessité de développer les
fonctions dappui apparaît en particulier au MENRT qui a institué une cellule de
consultants internes chargée dapporter une aide aux responsables de projets de
modernisation. Le MINT montera quant à lui un dispositif central de ressources en faveur
des circonscriptions de police pilotes choisies pour expérimenter la nouvelle
organisation de la sécurité de proximité. Parfois, le pilotage saccompagne
dun corps de doctrine spécifique ; de ce point de vue, les positions du MATE
devront faire lobjet de discussions approfondies avec les autres ministères
concernés (MAP, MELT, ...).
Enfin, déjà présent au MELT,
lintérêt est manifeste pour le développement de la fonction dinspection des
services au MINT, au MATE ou au MAP. Ce dernier souhaite, en effet, sur cinq ans, faire
procéder à linspection de lensemble des DDAF et DRAF.
2.2.4 La montée en puissance des préoccupations
juridiques et des affaires
communautaires
Le souci de renforcer la fonction
juridique, déjà illustré dans quelques réformes de structures (cf. ci dessus)
semble particulièrement prégnant pour certains ministères. Elle répond essentiellement
à laugmentation des contentieux pénaux impliquant des agents de lEtat
(notamment MINT, MES-E) et administratifs sagissant en particulier de la
transposition des directives européennes. La montée en puissance des problèmes
juridiques induits par la réglementation communautaire est manifeste au MAE et au MINT.
Il sagit, le plus souvent, de renforcer la compétence juridique par
lintégration d " hommes de lart " (par exemple,
MDEF dans le domaine de larmement ou au MAP), la coordination et lanimation du
travail des DAC, voire le développement de la formation et de linformation des
agents sur le sujet.
Le traitement des questions
européennes préoccupe naturellement le MAE qui réforme lorganisation de sa
direction de la coopération européenne, préconise le recours aux NTIC pour diffuser les
informations sur les questions communautaires à tous nos services en Europe, programme
des séminaires annuels de remise à niveau des spécialistes dans les postes concernés
et développe une politique de communication externe sur les positions françaises
adoptées au niveau européen. De même, le MELT compte veiller au repérage et à la
formation des agents responsables.
Dans le même ordre didées,
pour mieux coordonner la fonction internationale, le MCC envisage de créer
un conseil supérieur de la politique internationale, le MINT a constitué pour la
première fois une délégation aux affaires internationales et le MES réforme
lorganisation de sa délégation aux affaires européennes et internationales. La
nouvelle direction des personnels, de la modernisation et de ladministration du MEFI
a notamment pour vocation de promouvoir, pour lensemble du ministère, la prise en
compte de la dimension européenne et internationale dans le domaine de la gestion
publique. Enfin, le MENRT a créé EDUFRANCE dans le but de promouvoir loffre de
formation supérieure à létranger.

2.2.5 Diverses avancées dans les domaines de la
prospective et de lévaluation
Dans le domaine de la prospective,
les mesures sont structurelles ou fonctionnelles : programme daction approfondi au
MAE (cf. encart supra sur les méthodes de travail), clarification de lorganisation
des prises de commandes et création dun comité dexperts extérieurs au MELT,
effort significatif pour les programmes darmement et lanalyse économique au
MDEF, renforcement et meilleure coordination du programme annuel détudes au MAP,
création dun centre détudes et de prévision au MINT, dun centre
danalyse prospective à la gendarmerie ou dune sous-direction de la
modernisation et de la prospective au MEFI. Ce dernier ministère a par ailleurs demandé
à son comité des directeurs délargir ses travaux à la prospective et à
lévaluation, confiées auparavant, depuis 1991, à un comité ouvert sur
lextérieur.
Le développement de lévaluation
est présent dans la plupart des PPM, quil sagisse de renforcer ou de
créer les organisations ad hoc (inspection au MATE ou au MAP, directions centrales au MAE
(DSPE à la DGCID), au MES-E (sous-direction à la DARES) et au MES-E (DREES), comité
ministériel de lévaluation au MCC ou au MELT,...) ou de programmer les travaux de
façon transparente et pas seulement à lusage des cabinets (programmes annuels aux
MELT, MAP, MAE...).
Des préoccupations particulières ou
nouvelles peuvent être signalées :
le développement dune
évaluation des pratiques au niveau déconcentré avec la question posée du rôle des
inspections ;
la mise au point par le MCC de
procédures plus légères basées sur des indicateurs disponibles permettant des
évaluations plus fréquentes, notamment sur les programmes annuels des DAC ;
la proposition du MELT de rendre
publiques les évaluations ;
la nécessité dune
évaluation internationale et indépendante des organismes de recherche au MENRT.
Enfin, le renforcement des capacités dexpertise
économique et fiscale, utile aussi bien à la prospective quà
lévaluation, est particulièrement recherché au MATE, au MELT, au MDEF et au MEFI.
2.2.6 Etablissements publics : lamélioration de
lexercice de la tutelle
Outre le recours croissant aux
contrats dobjectifs ce qui est en soi un progrès incontestable (cf. infra : 2.4.1),
lexercice de la tutelle " au quotidien " des établissements
publics fait lobjet de certains efforts :
le projet de circulaire générale
du MES-S ;
la coordination de la préparation
des conseils dadministration au MELT ;
le développement des outils de
contrôle des délibérations et du budget (MATE, MCC) ;
létablissement au MCC
dun " cahier de suivi " pour chaque établissement accompagnant
linstruction de tout dossier le concernant ;
la formation et la requalification
des missions des agents représentant le ministère (MATE, MCC,
MES-S) ;
la mise en oeuvre de coopérations
fonctionnelles entre les CREPS et les services déconcentrés du MJS pour une meilleure
contribution de ces établissements aux stratégies régionales.
Au delà, certains ministères
cherchent à clarifier les relations avec leurs opérateurs externes non soumis à leur
tutelle (ainsi, le MES - E avec lUNEDIC, lACOSS ou le CNASEA, soumis lui-même
à la tutelle du seul ministère de lagriculture).
LE MJS DONNE DE NOUVELLES ORIENTATIONS
AUX CREPS
Le MJS souhaite que les CREPS
développent plus encore leurs missions de formation initiale et continue et contribuent
ainsi plus fortement à la politique du ministère, tant dans le domaine de
léducation populaire que dans celui du sport. Les CREPS doivent par ailleurs
intégrer leurs actions dans les stratégies régionales. Sen suivent des mesures
très concrètes :
- révision des textes réglementaires
pour adapter leurs missions et leur organisation ;
- modification de la composition des
conseils dadministration pour, entre autres, mieux intégrer la contribution des
partenaires locaux ;
- rationalisation du réseau des CREPS
( un par région) et amélioration des synergies entre établissements ;
- renforcement du pilotage central et
création dun comité inter - direction des CREPS;
- développement de coopérations
fonctionnelles avec les services déconcentrés ;
2.2.7 Peu de propositions relatives au travail
interministériel
Lamélioration du travail
interministériel est parfois citée (MELT, MAP, MATE). Ainsi, le MELT propose
détablir des règles de travail interne et de nouvelles méthodes de concertation
entre DAC qui permettent de mieux préparer les contributions du ministère au travail
interministériel. Ces règles donneront lieu à des recommandations de la part du haut
fonctionnaire chargé de la modernisation et de la déconcentration. Le MAE recommande de
relancer la dynamique du comité interministériel des moyens de lEtat à
létranger, notamment dans le domaine de lharmonisation des règles de
gestion. Il préconise par ailleurs le développement des procédures de coordination
interministérielle dans le domaine de la communication externe de lEtat en
direction de létranger. Enfin, le MINT souhaite renforcer le caractère
interministériel des divers offices de lutte contre la délinquance tandis que son
secteur en charge de loutremer veut développer sa capacité dintervention
interministérielle et la prise en compte des spécificités ultramarines par les
différents ministères.
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