La traduction de la bible en quelle version (par Jan Van Binsbergen)

Introduction
Faut-il traduire la Bible ?
Difficultés de traduction
C'est quoi une bonne traduction ?
Les versions bibliques en français.
Comparaison et échelle
Que choisir ?

Introduction

Ma réflexion personnelle sur le sujet que le titre de cet article exprime si bien ne date pas d'aujourd'hui. Chrétien engagé, lisant la Bible dès mon jeune âge, pasteur dans une église de tendance évangélique et, depuis quelques années, employé par la Société Biblique, je me suis souvent posé les questions qui me parviennent maintenant tous les jours, ou presque. " Quelle est la Bible la plus proche de la vérité? (alternativement: ... des textes originaux?) Pourquoi y a-t-il tant de versions différentes? Laquelle me conseillez-vous? "

Je vous apporte mon regard de chrétien enthousiaste et d'utilisateur de la Bible. Bien qu'ayant fait quelques études dans le domaine, je ne suis ni bibliste, ni linguiste. Je me référerais donc souvent à des ouvrages de 'plus qualifiés' que moi, mais je le fais en apportant mon plein assentiment aux opinions et avis exprimés.

Traduire la bible est nécessaire. Traduire la Bible est aussi une entreprise complexe. Quelqu'un a dit " une langue est un filet jeté sur la réalité des choses. Une autre langue est un autre filet. Il est rare que les mailles coïncident ". La langue étant la fibre même de notre culture et un des moyens par lesquels nous exprimons ce que sommes et ressentons, nous avons tout intérêt à disposer d'une Bible qui 'parle notre langue', donc d'une bonne traduction.

1. Faut-il traduire la Bible?

Toutes les Bibles en français dont nous disposons sont des traductions. Si vous lisez la Bible dans l'original, c'est que vous êtes un spécialiste de l'hébreu, de l'araméen et du grec. Pour que nous comprenions le message de Dieu, il faut donc que les originaux soient traduits. Mais a-t-on le droit de le faire?

Dans l'introduction de son livre " Une Bible en tant de versions! ", Alfred Kuen signale la différence de statut de la Bible et du Coran, ce dernier ne devant jamais être traduit mais toujours lu dans la langue sacrée des musulmans, l'arabe (Kuen, p. 10 - Références complètes des ouvrages cités dans la bibliographie en fin d'article). Mais Dieu a toujours désiré que son peuple comprenne sa Parole (Deut. 31.11-13).

On peut donc traduire le Bible. De fait, l'histoire du peuple d'Israël fait avant tout état d'une chose: quelle que soit l'attitude (réceptive ou non) de ce peuple au différents stades de son histoire, Dieu prend l'initiative de la communication. Dieu veut parler, même s'Il n'est pas entendu. La Bible se doit donc d'être traduite. On oublie trop vite que si nous, francophones, bénéficions de plus de 400 versions différentes de la Bible entière ou du Nouveau Testament (même s'il n'y en a qu'une douzaine qui soit couramment utilisées), la Bible entière n'est traduite qu'en 349 des 6.528 langues répertoriées dans le monde. On doit donc traduire la Bible: c'est toute la raison d'être des sociétés bibliques et d'associations telles que " Wycliffe "!

Mais faut-il encore de nouvelles traductions en français? Jean-Claude Margot (p. 14) et Jean-Claude Verrecchia (pp. 10-15) citent chacun au moins 6 raisons pour traduire sans cesse la Bible. Non la moindre, la découverte de nouveaux manuscrits hébreux et grecs qui permet de traduire à partir d'un texte de base plus sûr. Ainsi, Louis Segond n'a pas bénéficié pour sa version (1880, révisée en 1910) de la découverte des manuscrits de la Mer Morte en 1947. Un autre aspect est l'évolution constante de la langue française. L'exemple classique est la description de Jésus-Christ comme " le chef et le consommateur de la foi " (Héb. 12.2) dans la version précitée. Mais qu'est-ce qu'un consommateur à la fin du 20ème siècle?

En conclusion de ce point disons que, si nous avons établi la nécessité de la traduction biblique, et même de la traduction constante de la Bible, la multiplicité des versions bibliques ne doit pas nous dérouter. Une autre traduction biblique ne dit pas autre chose que notre traduction, ou que ce que Dieu a voulu nous communiquer. Une autre version le dit seulement autrement que la version que nous avons l'habitude d'entendre.

2. Traduire est difficile

Prenons un exemple à partir du français. Dans les expressions " monter à cheval ", " monter à Bruxelles ", " le ton monte " et " cela lui est monté à la tête ", nous utilisons chaque fois le même verbe mais il dénote des choses différentes. Si vous parlez une langue étrangère, essayez donc de traduire ces expressions. Vous vous apercevrez vite qu'il est impossible d'utiliser un seul mot pour traduire " monter " dans cette langue. Il en va de même avec le grec ou l'hébreu. Par exemple, le mot grec psyché peut se traduire, selon les cas, par 'âme', 'vie', 'moi', 'personne', 'tout le monde' ou 'être vivant' (Margot, p. 62). Une traduction qui rendrait chaque mot dans l'original par un même mot en français serait une mauvaise traduction, qui obscurcirait le sens des Ecritures et nous empêcherait de comprendre le message biblique.

Ce que nous venons de dire pour le sens d'un mot s'applique aussi aux expressions et aux phrases complètes. Ainsi, l'euphémisme anglais I have a frog in my throat, littéralement, " j'ai une grenouille dans ma gorge ", doit se traduire en français par " j'ai un chat dans la gorge ". Un exemple biblique: l'hébreu utilise souvent l'expression " le nez s'échauffe " pour signifier la colère. Il n'y a pas une Bible en français qui traduise littéralement cette expression! On pourrait multiplier les exemples de mots, d'expressions et de phrases de la Bible qui constituent autant de défis pour les traducteurs de la Bible.

Terminons ce point en mentionnant l'évolution, au cours du temps, de l'attitude des biblistes / linguistes quant à l'objectif de leur travail de traducteurs. Si, au début de ce siècle encore, les traducteurs s'attachaient à rester le plus près possible du mot à mot des textes originaux (en essayant même parfois de reproduire l'ordre des mots!), les traductions récentes reflètent le désir que le message soit entendu. Ainsi, " construire sa maison sur le roc " risque d'être mal perçu chez les peuplades où l'on construit toutes les maisons sur des pilotis. A-t'on trahi le texte original lorsque, dans une certaine langue africaine, on a traduit " se tenir à la porte et toussoter " pour " je me tiens à la porte et je frappe "? Dans beaucoup de pays africains, seuls les voleurs frappent aux portes pour vérifier que les propriétaires sont bien absents.

L'objectif de toute traduction, comme je l'ai déjà mentionné en introduction, est que le message biblique soit entendu. Dans le domaine de la traduction biblique, cet impératif précède tous les autres.

3. Qu'est-ce qu'une bonne traduction?

C'est tout d'abord une traduction qui a été faite à partir d'un texte de base correct (voir Kuen, pp. 108-114). Les versions du tournant du siècle, dont la Segond, se basaient sur des manuscrits récents (11e au 15e siècle) par rapport à ce dont nous disposons maintenant. " Il sera évident qu'une traduction ne peut être exacte que si le texte de base l'est lui-même ". D'après Kuen toujours, les traits caractéristiques d'une bonne traduction sont l'exactitude, la clarté et le naturel. " Le traducteur doit rendre le sens exact du message original. La traduction doit être claire et compréhensible. Le but du traducteur est de transmettre un message facile à comprendre. Elle doit aussi être naturelle. A la lecture, on ne devrait pas sentir qu'il s'agit d'une traduction, mais plutôt avoir l'impression qu'il s'agit d'un texte écrit dans un style naturel et usuel " (Kuen, p. 115).

Ceci nous amène au fait qu'il y a différentes méthodes de traduction, sujettes aussi à l'évolution des mentalités comme nous le disions plus haut. Les différences s'articulent autour de l'insistance sur la forme ou sur la fonction des mots dans une phrase. Une exemple d'abord. Si je vous dis " le ténor a chanté juste ", vous me comprenez sans peine. Mais si je rajoute " ...avant l'entracte ", la phrase a deux sens. Nous devons donc nous intéresser à la fonction des mots à l'intérieur de la phrase (dans l'original) pour comprendre ce que nous voulons dire. Dans ce cas spécifique, il faudra aussi voir le contexte (la phrase avant, celle d'après) pour savoir s'il faut comprendre la qualité du chant du ténor ou bien le fait qu'il ait chanté avant l'entracte. Une traduction qui s'attache à la forme est dite formelle ou littérale. Elle essaie de traduire en donnant une équivalence formelle. La traduction qui s'attache à la fonction des mots, qui s'intéresse d'abord à ce que cela signifie dans l'original (langue source) avant d'essayer d'en reproduire un équivalent dans la langue réceptrice, est dite traduction à équivalence fonctionnelle ou dynamique. Tous les livres cités dans la bibliographie traitent de ce sujet, le meilleur résumé se trouvant dans Fee, " Un nouveau regard sur la Bible ", pp. 31 à 32.

Un exemple: voici Ephésiens 1.4-5 traduit différemment selon les options du/des traducteurs.

Version littérale (équivalence formelle), exemple: Louis Segond 1910.

" En lui Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui, nous ayant prédestinés dans son amour à être des enfants d'adoption par Jésus-Christ, selon le bon plaisir de sa volonté, ... "

Version dynamique (équivalence fonctionnelle), exemple: Français Courant.

" Avant la création du monde, Dieu nous avait déjà choisis pour être siens par le Christ, afin que nous soyons saints et sans défaut à ses yeux. Dans son amour, Dieu avait décidé par avance qu'il ferait de nous ses enfants par Jésus-Christ; dans sa bienveillance, voilà ce qu'il a voulu. "

Notons certaines différences significatives entre ces deux versions:

a. Dans la Segond, les deux versets font partie d'une seule phrase qui ne se termine qu'au verset 6; il en résulte une construction très lourde qui reproduit formellement la complexité de la syntaxe grecque. En Français Courant [FC par la suite], au contraire, ces deux versets sont divisés en deux phrases plus compréhensibles (et une nouvelle phrase commence au verset 6).

b. Les divers membres de la phrase dans la Segond se succèdent dans un ordre très semblable à celui du texte grec, tandis que la FC change l'ordre des éléments lorsque ceci rend le message plus clair. Notez par exemple la position de 'avant la création du monde' et aussi de 'Dans son amour'.

c. Certains mots au sens obscur ou ambigu ont été remplacés par des équivalents plus courants: élus devient 'choisis pour être siens' (l'homme de la rue ne connaît élire que dans son sens politique); irrépréhensible, mot savant, devient 'sans défaut'; et prédestinés, mot technique, devient 'avait décidé par avance qu'il ferait...'.

Ainsi, en sacrifiant les détails de la correspondance formelle avec le grec, le FC rend finalement mieux le sens de l'original. Si vous désirez comparer des versions bibliques, un bon exercice est de lire l'entièreté de Romains 8 dans chacune d'entre elles! Plus avant dans cet article, nous allons d'ailleurs comparer sept versions bibliques.

La différence essentielle entre les versions dynamiques et littérales réside dans l'objectif des traducteurs: veulent-ils s'attacher 'à la lettre' aux textes originaux, quitte à rendre un texte obscur, ou veulent-ils que l'effet de cette version sur ses lecteurs soit semblable à l'effet qu'a eu ce texte sur ceux qui l'ont originellement reçus? Eugène Nida, considéré comme le 'père' de la traductologie moderne, déclare que " l'équivalence dynamique est la qualité d'une traduction dans laquelle le message du texte original a été transféré dans la langue réceptrice d'une manière telle que la réponse (la réaction) du récepteur à ce message soit essentiellement la même que celle des premiers récepteurs. "

4. Les versions bibliques en français.

Il sera impossible, dans le cadre de cet article, de donner un aperçu même minimal de toutes les traductions françaises et de leur histoire. Kuen en parle abondamment (pp. 32 à 46). Pour ceux qui se passionnent pour l'histoire de la traduction de la Bible en français, il faut mentionner Frédéric Delforge, La Bible en France et dans la francophonie, (Paris: Publisud / Société Biblique Française, 1991).

Je me limiterai à quelques faits marquants, des bornes si vous préférez. En 1530 paraît, de la main de Lefèvre d'Etaples, la première Bible entière en français. Cette version est basée sur le texte latin de la Vulgate. La première version basée sur les textes hébreux et grecs paraît en 1535 et est l'oeuvre de Pierre Robert Olivétan. Celle-ci sera maintes fois révisée: même la version dite d'Ostervald (1744) n'est en fait qu'une révision de la version d'Olivétan. Louis Segond termine sa traduction en 1880, mais la version qui porte son nom et que nous connaissons si bien (elle deviendra une des plus importantes versions protestantes des temps modernes) est en fait la révision qui paraît en 1910, un an après sa mort. La traduction de Darby, connue pour sa littéralité, date de 1885. Il faut aussi mentionner la version de l'abbé Crampon (1904), première version catholique réalisée à partir des langues originales. Le début du 20e siècle verra une explosion du nombre de versions bibliques en français, trop nombreuses pour les mentionner toutes.

Le choix des sept versions utilisées ci-après pourra être qualifié d'arbitraire car beaucoup d'autres versions sont utilisées et/ou sont attrayantes pour l'une ou l'autre de leurs qualités. Ce sont néanmoins celles qui sont les plus connues et les plus lues.

5. Comparaisons et échelle

Voici quelques échantillons de texte. Nous en avons choisis quatre, deux par Testament. Pour l'AT, un passage des Psaumes et un passage des Prophètes, pour le NT, un passage des Evangiles et un des Epîtres. Les sept colonnes portent, de gauche à droite:

1. LSg: Louis Segond 1910

2. BJ: Bible de Jérusalem

3. Col: Segond révisée 1978, dite " Bible à la Colombe "

4. TOB: Traduction Oecuménique de la Bible

5. FC: Bible en Français Courant 1982 (révisée en 1996)

6. BS: Bible du Semeur

7. FF: Version en Français Fondamental, dite " Parole de vie " (seuls le NT et les Psaumes sont disponibles pour l'instant).

a. Luc 1.28

  1. L'ange entra chez elle, et dit: Je te salue, toi à qui une grâce a été faite; le Seigneur est avec toi.
  2. Il entra et lui dit: "Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi".
  3. Il entra chez elle et dit: Je te salue toi à qui une grâce a été faite; le Seigneur est avec toi.
  4. L'ange entra auprès d'elle et lui dit : "Sois joyeuse, toi qui as la faveur de Dieu, le Seigneur est avec toi".
  5. L'ange entra chez elle et lui dit: "Réjouis-toi! Le Seigneur t'a accordé une grande faveur, il est avec toi".
  6. L'ange entra chez elle et lui dit: - Réjouis-toi toi à qui Dieu a accordé sa faveur: le Seigneur est avec toi.
  7. L'ange entra chez elle et lui dit: Réjouis-toi! Le Seigneur Dieu t'a montré son amour d'une manière particulière. Il est avec toi.

b. 1 Pierre 4.10

  1. Comme de bons dispensateurs des diverses grâces de Dieu, que chacun de vous mette au service des autres le don qu'il a reçu.
  2. Chacun selon la grâce reçue, mettez-vous au service les uns des autres, comme de bons intendants d'une multiple grâce de Dieu.
  3. Puisque chacun a reçu un don mettez-le au service des autres en bons intendants de la grâce si diverse de Dieu.
  4. Mettez-vous, chacun selon le don qu'il a reçu, au service les uns des autres, comme de bons administrateurs de la grâce de Dieu, variée en ses effets.
  5. Que chacun de vous utilise pour le bien des autres le don particulier qu'il a reçu de Dieu. Vous serez ainsi de bons administrateurs de multiples dons divins.
  6. Chacun de vous a reçu de Dieu un don particulier: qu'il le mette au service des autres comme un bon gérant de la grâce infiniment variée de Dieu.
  7. Chacun selon la grâce reçue, mettez-vous au service les uns des autres, comme de bons intendants d'une multiple grâce de Dieu.

c. Esaïe 9:1-2

  1. Le peuple qui marche dans les ténèbres voit une grande lumière; sur ceux qui habitent le pays de l'ombre de la mort une lumière resplendit. 2. Tu rends la nation nombreuse, tu lui dispenses la joie. Elle se réjouit devant toi de la joie des moissons, comme on pousse des cris d'allégresse au partage du butin.
  2. Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière, sur les habitants du sombre pays, une lumière a resplendi. 2. Tu as multiplié la nation, tu as fait croître sa joie; ils se réjouissent devant toi comme on se réjouit à la moisson, comme on exulte au partage du butin.
  3. Le peuple qui marchait dans les ténèbres voit une grande lumière; sur ceux qui habitaient le pays de l'ombre de la mort une lumière resplendit. 2. Tu rends le peuple nombreux, tu lui accordes de grandes joies; il se réjouit devant toi comme on se réjouit de la moisson, comme on pousse des cris d'allégresse au partage du butin.
  4. Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur ceux qui habitaient le pays de l'ombre, une lumière a resplendi. 2. Tu as fait abonder leur allégresse, tu as fait grandir leur joie. Ils se réjouissent devant toi, comme on se réjouit à la moisson, comme on jubile au partage du butin.
  5. Le peuple qui marche dans la nuit voit une grande lumière. Sur ceux qui vivent au pays des ténèbres une lumière se met à luire. 2. Seigneur, tu rends leur joie immense, tu fais grandir leur allégresse. Ils se réjouissent en ta présence comme on se réjouit à la moisson, comme on crie de joie en partageant le butin. (FC version 1982)
  6. Le peuple qui vivait dans les ténèbres verra briller une grande lumière: la lumière resplendira sur ceux qui habitaient le pays dominé par d'épaisses ténèbres. 2. O Eternel, tu fais abonder l'allégresse, tu fais jaillir une très grande joie et l'on se réjouit devant toi tout comme au temps de la moisson, ou comme on crie de joie lors du partage d'un butin. Français Fondamental: AT non encore disponible sauf Psaumes.

d. Echelle

On peut imaginer de placer les sept versions sur une échelle allant d'un extrême de littéralité à son opposé qu'est la paraphrase. Attention: cette représentation est arbitraire. D'abord, différents spécialistes placeront les ouvrages différemment sur la 'ligne'. Ensuite, telle version sera jugée littérale pour certains de ces aspects mais non pour d'autres! Eu égard à la conclusion qui suivra, nous pensons néanmoins que l'exercice mérite d'être effectué. Ce qui est surtout important, c'est de ne pas se focaliser quant à l'emplacement exacte sur cette échelle mais de comprendre où une version donnée se situe en général.

Traduction: équivalence

littérale dynamique paraphrase

<------------------------------------------------------------------------------------------------------------->

Darby LSg BJ Col TOB FC BS FF Parole Vivante

e. Psaumes 23.1-3

  1. L'Eternel est mon berger: je ne manquerai de rien. Il me fait reposer dans de verts pâturages. Il me dirige près des eaux paisibles, Il restaure mon âme, Il me conduit dans les sentiers de la justice, A cause de son nom.

     

  2. Yahvé est mon berger, rien ne me manque. Sur des prés d'herbe fraîche il me parque. Vers les eaux du repos il me mène, il y refait mon âme; il me guide aux sentiers de justice à cause de son nom.

     

  3. L'Eternel est mon berger: je ne manquerai de rien. Il me fait reposer dans de verts pâturages, Il me dirige près des eaux paisibles. Il restaure mon âme, Il me conduit dans les sentiers de la justice, A cause de son nom.

     

  4. Le SEIGNEUR est mon berger, je ne manque de rien. Sur de frais herbages, il me fait coucher; près des eaux du repos, il me mène, il me ranime. Il me conduit par les bons sentiers, pour l'honneur de son nom.

     

  5. Le Seigneur est mon berger, je ne manquerai de rien. Il me met au repos dans des prés d'herbe fraîche, il me conduit au calme près de l'eau. Il ranime mes forces, il me guide sur la bonne voie, parce qu'il est le berger d'Israël.

     

  6. L'Eternel est mon berger. Je ne manquerai de rien. Grâce à lui, je me repose dans des prairies verdoyantes, et c'est lui qui me conduit au bord des eaux calmes. Il me rend des forces neuves, et, pour l'honneur de son nom, il me mène pas à pas sur le droit chemin.

     

  7. Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien. Il me fait reposer dans des champs d'herbe verte, il me conduit au calme près de l'eau, il me rend des forces, il me guide sur le bon chemin, pour la gloire de son nom.

6. Choisir...

Choisir est quelque chose de personnel! Il est bien sûr utile de se faire conseiller et de s'informer: c'est d'ailleurs ce que vous êtes en train de faire. Mais une fois passée cette étape préliminaire, un choix s'impose. Pourquoi choisir? Parce que Dieu nous en a donné la capacité. Parce que les besoins et la faculté de compréhension des uns ne sont pas ceux des autres. Et parce que la question " quelle est la meilleure version " doit être complétée par " pour quel groupe de personnes " ou " pour quelle utilisation? " Par exemple, l'étudiant se fera une meilleure idée de ce que dit la Bible dans un tel passage en le lisant dans trois versions différentes au moins, situées à différents endroits sur l'échelle ci-dessus.

Nous vous livrons, tels quels, deux avis assez déterminés sur la question. La citation de A. Kuen est en rapport avec l'usage publique de la Bible en général et avec l'usage pour l'évangélisation en particulier. Le deuxième avis porte sur la 'meilleure' théorie de la traduction.

Si nous croyons que Dieu a, dans sa Parole, un message pour l'homme d'aujourd'hui, il ne faut pas lui offrir cette Parole dans la langue de ces arrières grands-parents qui vivaient au temps où Louis Segond a fait sa traduction. Il faut lui présenter ce message dans sa langue, tout comme les prophètes, Jésus et l'apôtre Paul ont employé la langue de leur contemporains pour leur transmettre le message de Dieu. (soul. auteur / Kuen, p. 78)

La meilleure théorie de la traduction est l'équivalence dynamique. Une traduction littérale est souvent utile comme seconde source; elle vous tranquillisera quant à la forme grecque ou hébraïque. Une traduction libre (paraphrase) peut également vous aider, en stimulant votre réflexion sur la signification possible d'un texte. (Fee, p. 32)

Ce qui est incontournable: l'importance de lire dans plusieurs versions. La Bible que nous utilisons pour notre méditation personnelle ne se prête peut-être pas pour la lecture publique. L'étude biblique peut difficilement se faire dans une seule version. Les enfants ont besoin de textes simples et il faut aussi faire des aménagements pour ceux pour qui le français n'est qu'une deuxième langue.

La multiplicité des versions bibliques ne doit pas être perçue comme un problème mais comme un privilège. A. Kuen à décrit cela comme le 'prisme des traductions', au travers duquel nous pouvons nous faire une idée de la richesse du texte original. Apprenons à voir cet arc-en-ciel de versions bibliques comme autant d'opportunités de saisir les aspects si riches et variés de la pensée biblique.

 

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