ÉPAULE D'OMBRE (EXTRAIT)
fuiteRené Bélance
Une île a dû déchoir sur le rouleau du nuage.Chercheur mobile ou coursier sans âge,il te fallait bien prévoir le mouvementdu moulin à queue qui broie le vent.Un œil viril qui jeûneUne main phallique tremblant sur l'obscureblancheur de la routeUn pied de verre dansant en l'airLe drap blanc se repose sur l'arbrevierge de toute mise en scèneEt la fièvre était une mission de propagandeet de reposet de contrainte par compensationet de mystère sans courage :l'éloge l'aumône image du diablequi tient le mépris de la beautépour un tour honorable.Cuisinière, le sel brûle sur le drap blanc,l'écho figure dans un miroir d'eau bouillante,sous l'inculpation d'alliance émotionnelle.Le sorcier endormiprocure une mission selon la loid'une science qui méprise l'équation :à la rigueur tu peux marcherdans l'aboulie des contes de fée.Sur le tabouret qui ne vivra qu'en mémoire,un sein était couché jusqu'à la limite d'une sève brûlantequi ne coordonne pas les fonctions de l'extase.Juste au moment rituelqui mène la lumièresur le dérèglement de ta jambe humiliéetu n'avais pas de couleur en frôlantles jeunes pistils exposés au déluge,tu ne cherchais pas la soifquand tu fis éclater les rideaux de la chambre.Une feuille déserte qui tremble de peur,Une barque de feu, une gorge froide,Une jambe libre et craintive,Sorcier, tu peux mettre l'espoir dans une marmite qui coule...René Bélance
sapriphage - numero 22 - juillet 1994