ÉPAULE D'OMBRE (EXTRAIT)
allure

René Bélance

Tu ne marches pas sur le sable au bout de mon
doigt. Le sillon des vagues efface les signes
gardiens du sommeil où ma langue allume
sans détour le cuir des palmes.
 
Rien ne germe sous la couvée d'eau des mois
glacés. Une main patère cuit à l'ablution de ta
gorge. À terme ou sans amarre nos bras font la
roue au soleil.
 
J'ai couru dans la poussière et léger acclamer
la fleur nouée qu'un rire abreuve à mon haleine.
Mille plis alarment la torpeur de ma nuit d'hivernage et tu parus Sirène brouillant ma
fièvre à la penne. Maint fruit carillonne au
jeu des porteurs d'eau du temple où bat ma peur
plus pieuse qu'un fauve

Or le printemps ne fait que changer d'aube à
l'oasis et mes bras entourent aveugles la nuit d'Agassou
 

René Bélance


sapriphage - numero 22 - juillet 1994