Les paraboles de Jésus

Pourquoi Jésus parlait-il en paraboles?

Il semble bien que le sens des paraboles n'était pas évident pour les disciples eux mêmes (Mat 13, 10). On peut donc se demander si les auditeurs de Jésus comprenaient le sens des paraboles. Pourquoi Jésus n'a-t-il donc pas parlé clairement? Ce que nous voyons encore maintenant, c'est que le message du Christ a bien du mal à passer. Et encore, quelle faible partie du message du Christ essayons nous de faire passer! Ce qui est clair, c'est que la plénitude du message du Christ ne peut être avalée d'un coup, encore moins être prise dans la figure sans y être préparé. Nous le voyons dans l'évangile de Jean quand Jésus commence à dire qu'il est le "Pain de Vie" : ses auditeurs ne comprennent pas, beaucoup de disciples le quittent (Jean 6, 41). Nous le voyons encore plus clairement quand les grands-prêtres décident de le faire tuer parce qu'il dérange. Jésus voulait donc nous ménager en parlant de façon voilée, pour ne pas nous confronter trop brusquement à une réalité que nous ne pouvions pas admettre. La prédication en paraboles fait assez d'allusions pour que nous finissions par comprendre, mais reste assez secrète pour nous ménager le temps de comprendre. C'est la miséricorde de Dieu que de nous réveler la Vérité, mais à doses "homéopathiques". Après tout, une telle façon de faire est dans la droite ligne de l'ancienne alliance où Dieu ne s'est révélé que progressivement.

Quel est le sens des paraboles?

L'homme est l'objet de la miséricorde de Dieu, qu'il soit brebis perdue, pièce égarée, ou fils prodigue (Mat 18, 12-14, Luc 15, 4-32). Dieu est un Père qui chérit beaucoup ses enfants et qui est prêt à tout pour les retrouver.

Le Royaume de Dieu est un comme une fête où l'homme est appelé. (Mat 22, Luc 14, 15 et suite). L'homme est donc confronté à une invitation de Dieu : tout risquer pour gagner le trésor qu'est Dieu, saisir l'occasion (Mat 13, 44). Pour cela, il faut être vigilant car l'enjeu est de taille (Mat 24, 45-51, Luc 12, 35-46, Mat 25, 1-13).

Le danger est grand pour l'homme de rater cette invitation et de tout perdre (Mat 13, 3, Marc 4, 1-20, Luc 8, 5). Le refus total serait une catastrophe (Mat 21, 20-36, Marc 12,1, Luc 20, 9).

Les paraboles ont-elles un intérêt?

Le grand avantage des paraboles est qu'elles sont pédagogiques. Elles ont une signification pour les plus jeunes, et elles gardent un sens pour les plus vieux, même si ils les ont entendues 100 fois. Elles restent en mémoire et elles nous parlent doucement de Dieu. Doucement provocantes, elles font avancer la réflexion. Elles nous interpellent : ne suis je pas la terre aride sur laquelle le semeur a semé pour rien? Ne suis pas le riche insouciant? N'ai-je pas enfoui le talent? Est ce que j'ai l'humilité du publicain ou l'arrogance du pharisien?

Les paraboles nous préparent donc à recevoir le message. Elles travaillent notre bonne volonté pour nous faire parvenir à la foi du disciple. Elles travaillent notre intelligence pour nous faire comprendre simplement les problèmes compliqués du salut du monde et du mystère de Dieu. Elles sont un sujet de méditation pour un coeur qui veut s'ouvrir à Dieu.

Y-a-t-il un sens encore caché au message de Jésus?

Non. Tout est dit dans les évangiles. Ce qui reste voilé dans les paraboles est explicité par ailleurs. Il n'y a pas d'enseignement secret du Christ comme veulent le faire croire certaines sectes ou gnoses. La Vie du Christ elle même éclaire ses paroles. Tout se tient. La parabole des vignerons homicides (Mat 21, 33-36) prend son sens au moment où les juifs (la vigne sacrée de Dieu) vont mettre à mort le Fils lui-même. Et en même temps, cette parabole nous aide à cromprendre l'envoi du Fils. Les évangiles sont un tout. Et il est heureux pour nous qu'ils contiennent des paraboles et des récits d'événements qui s'éclairent les uns, les autres.

Pour aller plus loin :

* le message du Pain de Vie : les sacrements.