N° 270
du 20/05/2003

Togo


Dahuku Pere
L’homme qui se place pour l’avenir

Dahuku Pere fut un des piliers du régime RPT, avant d’en calquer la porte, bien qu’il déclare à l’envi que son objectif premier soit de “réformer” le parti au pouvoir, le Rassemblement du peuple togolais (RPT).
Président de l’Assemblée nationale entre 1994 et 1999, ce n’est qu’en mars 2002 qu’il se décide à critiquer le régime, en publiant une lettre à l’adresse des dirigeants du RPT, en l’occurrence, le président Eyadéma en personne.
Avec des phrases du genre “ A quand donc la fin de la barbarie?”, Dahuku Pere entrait donc dans l’opposition, en formant un courant dit des Rénovateurs. Il entraîna dans sa disgrâce son ami le Premier ministre de l’époque, Agbéyomé Messan Kodjo, qui vit aujourd’hui en exil en France.

Dahuku Pere est né vers 1953 à Bohou dans la préfecture de la kozah. Professeur de lettres en 1975, il achèvera sa carrière administrative comme secrétaire général du ministère de l’Education nationale entre 1986 et 1990.
Sur le plan politique, Dahuku Pere prend ses premiers galons en 1987, en se faisant élire à la tête du Mouvement national de la Jeunesse, la JRPT (Jeunesse du RPT). De 1990 à 1991, il est ministre du Travail et de la Fonction publique et de 91 à 94, secrétaire général adjoint du RPT.

Il se présente sous les couleurs d’un parti dénommé Pacte socialiste pour le Renouveau (PSR), parti qui l’avait proposé déjà dans un premier temps comme candidat unique de l’opposition, mais en vain.
Il vient de recevoir le soutien de l’ancien Premier ministre Joseph Kokou Koffigoh (qui dirige la Convention des forces nouvelles (CFN)). Dahuku Pere affirme aujourd’hui qu’il a beaucoup de sympathisants au RPT, mais que ces derniers n’osent pas se déclarer, “étant donné qu’ils risquent immédiatement leur radiation ou l’exclusion de leur fonction.” Dans le secret des urnes, oseront-ils le faire ?

L’ancien article 59 prévoyait que le président était élu “pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois” et ajoutait qu’”en aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats”. Gnassingbé Eyadema, à la tête de l’Etat togolais depuis 1964, avait déjà été élu à deux reprises consécutives (1993 et 1998).


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