Premier dossier chaud : le minerval
22 septembre 2004 - Le Soir
Dès leur entrée en fonction, les nouveaux coprésidents de la Fédé (Fédération des étudiants de l'Université de Liège), Geoffrey Piette et Jean-Yves Pirenne, ont repris le combat mené par leurs prédécesseurs contre la hausse du minerval intermédiaire. Il existe trois taux de minerval : boursier (96 euros), complet (729 euros) et, entre les deux, intermédiaire (TI). Les universités francophones étaient libres de pratiquer ou non le TI, le solde étant alors pris en charge par leur service social. Jusqu'à ce que le décret (dit « Bologne ») de la ministre sortante de l'enseignement supérieur, Françoise Dupuis, redonne une existence légale au TI : le voilà non seulement rétabli mais c'est désormais à la Communauté française de le financer - l'université continue cependant de fixer les conditions d'accès. Au passage, le minerval intermédiaire a augmenté de 55 %, grimpant de 277 à 430 euros. Le perdant est l'étudiant car la Communauté ne débourse que 300 euros par bénéficiaire ; le gagnant, l'université bien entendu, qui réalise une économie substantielle. Prenons l'ULg : si, comme l'année dernière, deux mille de ses étudiants profitent du TI, ce sont quelque 800.000 euros qui resteront dans ses caisses. Dans quelle mesure cette économie servira bel et bien aux étudiants nécessitant une aide sociale quelconque ?, s'interrogeait la Fédé dans une note consacrée à ce sujet brûlant. Le problème est d'assurer une traçabilité claire des montants ainsi économisés par le service social de l'ULg. La Fédé n'a pas attendu de le savoir pour réclamer auprès des autorités académiques que le service social prenne en charge l'augmentation du TI pour les étudiants moins nantis. De façon à maintenir le statu quo côté étudiant tout en réalisant une économie côté université. Nous sommes en négociation avec le recteur pour arriver à un accord, indique le coprésident Geoffrey Piette. Quoi qu'il advienne, cet argent doit rester dans le budget du service social ! E. L.
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