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lundi 31 mars 2003


Bon, et j'avoue, il n'y a pas que le changement d'horaire en cause, cette *** d'alarme de voiture qui se met en route tous les quarts d'heures depuis 22 heures me donnerait presque envie de me livrer pour la première fois de ma vie à un acte de vandalisme radical.

Je n'avais pas envie d'eau, ainsi je me dirigeai vers la machine à café. Ma nuit fut brève en effet.
Mais quel échec !
La machine refuse mes pièces. Je m'énerve, imite l'ursidé, me tape la tête sur la machine et puis sur le bureau. Aucun effet.
Dépité, je me mets à travailler. Je pense à ce week end qui fut très animé, et auquel cependant semblait manquer une heure. Difficile de ne pas penser à un café !
Vint ce message : "Je suis malade, je peux pas travailler, tu vas me remplacer !" "Mais je suis déjà surchargé !" "Je suis alitée".
L'argument fait effet, je m'incline... Finalement, je reste tard là bas... travailler... travailler... travailler...

En alexandrins c'est vachement balèze quand même. Enfin, j'y arrive pas quoi...

GM ayant peu dormi
le samedi
Se trouva fort dépourvu
Quand le lundi fut venu
Pas un seul petit morceau
de café ni de gateau

Il alla crier famine
Chez la machine sa voisine,
Quelques grains pour subsister
Jusqu'à la journée nouvelle

«Je vous paierai, ma belle,
Avant midi , foi d'animal,
Intérêt et principal.»

L'automate n'est pas prêteur ;
C'est là son moindre défaut.
«Que faisiez-vous au changement ?
Dit-il à cette emprunteur.
Nuit et jour, jusqu'au dimanche venant
Je buvais, ne vous déplaise.
- Vous buviez ? j'en suis fort aise.
Eh bien : bossez maintenant.»

Quand le changement d'horaire provient alors que déjà vous trouvez vos nuits trop courtes.

Quand la machine à café est en panne alors que vous trouvez vos nuits trop courtes et qu'en plus ce week-end a eu lieu le changement d'horaire (qui d'une façon ou d'une autre vous a volé une heure de votre précieux sommeil).

Quand vous trouvez vos nuit trop courtes et vos journées de travail trop longue, que la machine à café est en panne, et que votre collègue vous annonce qu'elle est tombée malade et qu'elle sera absente toute la semaine ce qui va ajouter à votre surcharge chronique de travail (et donc à la longueur de vos journée) (et donc à la courtitude de vos nuits) (déjà trop courtes à votre goût).

Quand le lundi matin, vous pestez contre le manque de longueur de vos nuits (surtout celle cruciale de dimanche à lundi) (qui par ailleurs a été écourté par le changement d'horaire) (qui a eu lieu le samedi certes mais le samedi, ça ne vous gêne pas vraiment faut avouer), et que vous découvrez que la machine à café est en panne (alors que vous réviez d'un café) (parce que vous vous êtes réveillé en catastrophe) (à cause du changement d'horaire) (qui a eu lieu le samedi) (ce qui en soi ne vous aurait pas gêné si le dimanche n'était pas suivi d'un lundi), et qu'en plus votre collègue vous apprend qu'elle ne sera pas présente de toute la semaine (qui commence déjà pas bien parce que vous n'avez pas eu votre café du matin) (un jour où vous n'avez pas assez dormi) (à cause du changement d'horaire) (vous dites ça, mais faut bien avouer que bien dormir n'est pas votre fort), et que vous êtes en surcharge de travail chronique (avouons le, le changement d'horaire n'y est pas grand chose), vous vous dites que vive le mardi matin. (et la 35ième heure du mercredi après midi)


Mais en attendant travaillez.

1/ Quand le changement d'horaire provient alors que déjà vous trouvez vos nuits trop courtes,
2/ Quand la machine à café est en panne alors que 1/
3/ Quand votre collègue tombe malade et sera absente toute la semaine ce qui va ajouter à votre surcharge chronique de travail, alors que 1/ et 2/
4/ Quand tout ça(1/, 2/, 3/) arrive le même jour (celui de 1/),
5/ Quand tout ça (4/) arrive le lundi,

Vous attendez le mardi et le reste de la semaine avec impatience...

Il y a des choses que j'arrive à nier avec une facilité déconcertante. Mon réveil matin par exemple.

---
"seules les personnes médiocres peuvent briller au petit déjeuner"
O. Wilde

samedi 29 mars 2003


Attendre que la journée se termine, essayer d'écrire, sans succès, essayer de lire sans trouver la concentration suffisante. Réussir à grand peine à faire la cuisine. Manger sans grand plaisir. Errer sans trop de but, suivre les rues, au hasard, et se rendre compte que c'est toujours les mêmes qui guident cette errance. Attendre que le téléphone sonne sans attendre d'appel particulier. Juste un appel pour se prouver son existence. Marcher. Regarder. Regretter de ne pas avoir d'appareil.
Morne journée finalement.

Ce matin, au moment de la première gorgée de thé, je remarque un être étrange sur la table, qui me fixe avec attention juché sur ses deux pattes de devant et qui essaie de communiquer en remuant ses mandibules.
J'observe la scène un peu circonspect, puis je me rend compte qu'il sagit bien d'une fourmi. Je n'ai rien contre les fourmis, mais dans un appartement au premier étage en plein centre ville d'une proche banlieue parisienne, dans MON appartement, ça n'est pas possible. Ca ne peut pas durer.

De mes vingts premières années passées chez mes parents à la campagne, j'ai retenu quelques règles fondamentales sur les fourmis :

1/ Une fourmi n'est jamais seule,
2/ Une fourmi n'est jamais là par hasard,
3/ un fourmi est une redoutable découvreuse de sucre sous toutes ses formes qu'un oeil humain peu habitué à regarder des choses bien rangées ne voit pas.

En effet, les fourmis sont dans une quêtes perpétuelle de cet élément chimique d'importante stratégique qu'est le sucre, sous la forme de tâche de sirop, de confiture, de bonbons égaré sous un fauteuil, ou même d'un sucre en morceau que finalement vous n'avez pas mis dans votre café et que vous avez oublié là. C'est d'ailleurs là leur seule utilité, elles vous permettent de retrouver infailliblement le bonbon que vous avez laissé tomber derrière le canapé de la semaine dernière et que vous n'avez jamais réussi à retrouver. ELLES le retrouveront, faites leur confiance.

Plongé dans ces pensées, je regarde la fourmi qui semble s'être quelque peu lassée d'essayer de communiquer avec moi ce matin (preuve flagrante de son ignorance du monde dans lequel elle se meut, tous ceux qui m'ont fréquenté le matin savent parfaitement que c'est peine perdue que d'essayer de communiquer avec moi le matin). Elle est donc retournée vaquer à ses occupations à la recherche de la tâche de confiture (je l'ai repérée aussi).
Durant un instant, une bouffée de de sadisme une peu nostalgie me souffle une solution un peu vicieuse : je vais lui couper les pattes, ses copines la ramèneront à la maison, il y aura un conseil de famille entre elles et elles décideront d'abandonner mon territoire à cause de mon attitude barbare à leur égard.

Face aux multiples incertitudes que comporte ce plan et en dépit du fait qu'il aurait pu me rappeler certains souvenirs d'enfance, je décide pour une solution plus radicale.

La guerre est déclarée.
Unilatéralement.
Mais j'ai une bonne raison, l'invasion a été unilatérale aussi.

Je range et nettoie tous les éléments chimique qui pourraient constituer un élément de preuve contre moi (oui, c'est de la dissimulation de preuve, mais c'est la guerre : tout est permi).

Je déplace l'infanterie aspiro-mobile vers le champs de bataille, j'établi un lien logistique entre cette infanterie et la prise de courant, et j'attaque.
Sans aucun état d'âme.
Les pertes chez l'adversaire sont lourdes. Je porte atteinte directement au front, et afin d'infliger une défaite sans appel à l'adversaire, j'attaque également la chaine d'approvisionnement. Je la remonte. Je trouve enfin la faille sur ma frontière.
Une fissure dans le parquet. A travers laquelle on peut acceder à l'extérieur via l'arrière boutique du fleuriste qui me sert de voisin de dessous. L'accès à mon territoire par cette fissure dans mes lignes frontalières semble relativement aisé pour peu qu'on fasse moins de deux millimètres de long.

Je sens donc que le conflit risque de s'embourber et durer. J'avais sous-estimé leurs forces, leur nombre, et leur motivation à venir me voler mes usines de chimie sucrée.

Mais j'ai bon espoir, d'ici l'hiver prochain je les aurais toutes ou elles devront de toute façon partir définitivement. Le temps joue pour moi. En attendant, c'est la guerre, et elle risque d'être longue, à moins que je ne me décide à réellement utiliser des armes chimiques de destruction massive.

Finalement, il a tourné le dos et il est parti sans dire un mot. Sans se retourner. Pour de bon.

vendredi 28 mars 2003


- Et ça vous met pas en colère ?
- Mais ça me met en colère, mais qu'est-ce qu'on peut faire... rien du tout...

jeudi 27 mars 2003


Tellement longtemps que je n'avais pas écouté ça :

It's wonderful, it's wonderful, it's wonderful,
Good luck my babe, it's wonderful,
It's wonderful, it's wonderful, Idream of you ...
Chips, chips, da - du - du - du - du

mercredi 26 mars 2003


- Excusez moi, où sont les toilettes ?
- Derrière la porte où il y a un escalier dessiné dessus.
- Ah...

Je crois qu'un de mes collection de livres de poche préférés, c'est "Babel".
Après, c'est "GF", "folio" et "10/18"
Et puis "le livre de poche"
Et puis "presses pocket"
les autres ne valent même pas la peine d'être citée.

Je n'aime pas trouver un livre que j'aime dans une collection que je n'aime pas, j'ai l'impression d'une faute de goût.

Mais je suis bien incapable d'expliquer tout ça.

La société, c'est toi

Il pensait à toutes ces vies cabossées. Ces personnes dont la vie est foutue à 20 ans. Ces personnes qui se sont enfermées dans une cellule, réelle ou imaginaire. Ces personnes qui se sentent trop fatiguées pour avancer sans béquille, de bois ou chimique.

Hier soir, il a découvert que sa famille était pleine de ces personnes là.
Ca lui fait bizarre, il n'arrive pas à s'endormir. Il regarde le plafond en essayant de faire le vide. Il allume une cigarette.
Il regarde le plafond et il essaie de comprendre.

Il refait pour la vingtième fois de la soirée l'inventaire de ces vies cabossées. L'inventaire lui semble long, réellement très long.

Il regarde le plafond et se dit qu'après tout, cette famille doit être bien normale à sa façon.

mardi 25 mars 2003


On pourrait continuer à marcher ensemble, comme ça, et on n'aurait plus jamais peur de rien.

lundi 24 mars 2003


Avant, j'avais des certitudes, je pouvais tirer les enseignements d'un évènement avec un aplomb certain. J'étais capable de commenter l'actualité avec goût et sûreté, sans jamais écouter ce que je disais, de toute façon, je ne la suivait pas, ou peu. Je connaissais l'avenir.

Aujourd'hui, je n'y arrive plus, le coeur n'y est plus, et je regarde les autres affirmer avec effroi de quoi sera fait le monde demain. Avec effroi, parce que le doute n'est jamais présent, avec effroi, parce qu'affirmer une chose n'a jamais empêcher personne d'affirmer le contraire le lendemain sans que le monde ne sécroule, avec effroi de penser que j'ai pu être pareil, avec effroi, parce que je me dis que quoi qu'on m'affirme, je me dis que ça pourrait bien être pire.

Je regarde les gens parler avec ceritude, et je peux plus rien faire d'autre que regarder. Ca me prend tout mon temps, et jamais je ne m'engage, je ne peux pas, l'engagement me semble catégoriquement impossible. Tous les engagements.

Alors je regarde les autres qui s'engagent avec une peur mélée d'envie, parce qu'ils donnent cette terrible impression de vivre alors que j'ai l'impression de seulement d'assister à la vie.

C'est bien ça : assister à la vie.

J'adore le piano, mais je sais pas en jouer.

En fait, il faut bien se rendre à l'évidence, la fin de l'histoire est ratée, un peu mièvre et beaucoup trop clichée.

Peut être qu'à certains moments il aurait été plus sage que je me taise

Je ne sais pas comment j'ai pu oublier son prénom alors que c'est celui d'un Archange. Au féminin.

L’homme était assis, il regardait un peu dans le vide. Son visage était couvert de poussière. On pouvait y voir trace de larmes. Il avait pleuré certainement.
Il vit arriver l’enfant d’assez loin. Il l’a regardé arriver vers lui. Sans bouger.

L’enfant avançait lentement. Il titubait de fatigue, d’épuisement. Il ne savait pas où il allait. Il avançait, têtu. Il avait le visage couvert de poussière, et de sang séché. Il n’y avait pas de trace de larmes. Il n’avait pas pleuré certainement.

Quand l’enfant arriva à portée de voix, le vieux regarda ses cultures dévastées de s’être trouvées sur le passage des machines de guerre. Il les avait vu passer, aller vers l’endroit d’où venait l’enfant. L’homme s’était caché au passage des machines. Par peur. Par lâcheté un peu.

- Eh toi, où tu vas comme ça ?
- ...
- Tu sais pas parler ?
- ...
- Où tu vas, qu’est ce que tu compte faire par là ?
- Je veux tuer.
- ...

L'homme resta un moment sans rien dire. Son visage semblait fatigué. Peut être avait il déjà tué lui, difficile de avoir.

- Bien, mais d’abord, il faut que tu te laves, et que tu dormes un peu.
- ...

L’enfant se laissait faire. Il dormit. Le lendemain, il fallait recommencer à vivre. Les cultures. L’homme demanda à l’enfant de l’aider.

Les années passèrent. Les années passent vite. L’enfant était devenu un jeune homme, assez fort. Ils ne voyaient personne ici. L’homme regardait l’enfant, qui n’était plus un enfant mais un jeune homme, travailler. Lui se reposait. La présence de l’enfant lui avait laissé le temps de faire pousser des fleurs. Il regardait l’enfant, et il pensait qu’il ne l’avait jamais vu pleurer. Il ne l’avait jamais vu sourire non plus. Il ne parlait pas beaucoup. L’homme ne parlait pas beaucoup non plus. Cela ne le dérangeait pas.

Un matin l’homme se réveilla, et ne trouva plus personne chez lui. Il était de nouveau seul. Cela ne l’étonna pas. Il retourna travailler dehors. La vie continuait.

Quelques années plus tard, les années passaient vite. L’homme était assis, il regardait un peu dans le vide. Son visage était couvert de poussière. On pouvait y voir trace de larmes. Il avait pleuré certainement.

L’homme était vieux maintenant. Les années passent vite, mais elle restent implacables. L’homme était fatigué aussi. Fatigué de recommencer encore et encore. Il regardait ses cultures labourées par les machines de guerre qui étaient passées. il n'y avait plus de fleurs.

Il était assis et il regardait la silhouette tituber de fatigue, d’épuisement. Il reconnut l’enfant, qui n’était plus un enfant, mais un homme maintenant. Quand l’enfant était à portée de voix, le vieux demanda :

- C’est bon, tu es content, tu as eu ce que tu voulais maintenant ?
- …
- Va me chercher de l’eau dans le puit, j’ai soif, et je suis trop vieux pour ça.

L’enfant, qui n’était plus un enfant mais un homme, posa son fusil. Et il alla chercher de l’eau. Quand il revint, le vieux remarqua des traces de larmes dans la poussière. Il lui dit qu’il ne l’avait jamais vu pleurer. L’enfant pleura. Le fusil avait disparu.

Le lendemain, il fallait recommencer à vivre. Les cultures. Le vieux demanda à l’enfant de l’aider.

Les années passent vite et le vieux n’eut pas le temps de faire pousser des fleurs. L’homme l’enterra.

Quelques années plus tard, les années passent toujours vite, l’homme était assis, il regardait les fleurs qu’il avait faites pousser. Il sourit.

vendredi 21 mars 2003


Je me demande s'il y a des fleurs là bas. Et s'il y a des oiseaux qui piaillent.

J'ai oublié son prénom

Il courait après un fantôme qui courait plus vite que lui, alors forcément,
il s'essoufflait, d'autant que depuis le temps, à force d'attendre, il s'était mis à fumer.

Nous y sommes donc bien. Une "guerre humanitaire" où les frappes "ciblées" ont remplacées celles qui furent "chirurgicales" en d'autres temps. J'imagine que les prochaines seront "microspiques" avant d'enfin devenir infinitésimales voire homéopathétiques.

jeudi 20 mars 2003


Finalement quand j'y repense, il y a eu des bon moments pendant la recherche d'emploi, enfin des moments assez drôles a posteriori.

Je me souviens d'un grand moment de erplexité devant cette annonce : "envoyer votre candidature (CV + Lettre manuscrite) par mail à xxx@xx.xx"
Je n'ai pas su quoi envoyer. Je n'ai été retenu pour le poste.

Et l'autre :
"- vous attendez quoi d'une entreprise ?
moi, prêt à tout (vite une réponse), je dégainais (merde, trouve un truc, vite) mon argument fatal (pourtant c'est ultra-classique comme question tu devrais bien avoir quelque chose à dire non ?) sans aucun hésitation :
- ben...à vrai dire... une entreprise où tout le monde est sympa ? (c'est nul) (oui je sais n'en rajoute pas s'il te plait) (oui mais quand même là, t'as battu un record) (grmpf)
quoi qu'il en soit, c'est la seule fois où j'ai vu un recruteur perdre pied devant la qualité d'une de mes réponses. Je n'ai pas été retenu pour le poste.

Et cet autre encore, qui visiblement avait eu une soirée assez difficile la veille. Il me reçoit avec une demie heure de retard. Et j'adore poireauter dasn une salle d'attente où pour seule lecture il y a des brochures vantant que tout le monde est sympa dans l'entreprise en question (ce qui m'a permi de me conforter dans mon opinion). Bref, le mec arrive. Se pose sur une chaise. Pose ses pieds sur une autre chaise. Je débite mes salades sans grande conviction. Et au bout de quelques minutes, je me rend compte qu'il pique sévèrement du nez (la soirée a du être vraiment difficile). Je continue avec encore moins d'enthouiasme. J'ai vraiment l'impression qu'il dors pour de bon. Finalement, je préfère garder ma dignité, je mets fin à l'entretien, prétextant son retard. Je suis resté dans son bureau une quinzaine de minute. Je n'ai pas été retenu.

Il y a aussi eu ce test de logico-piscologique dans un cabinet de recrutement. Assez rigolo. Bref, des trucs à la noix (genre continuez la liste : 1 2 3 et ?). Puis d'autres questions assez bizarre. La recruteuse me dit qu'on va discuter les résultats... mmh vous avez l'air assez impulsif... Ah..;vous êtes réellement la première personne en 25 ans à me le dire, je suis ravi de l'apprendre... ah bon ? ...ben oui, s'il y a un exemple de mec pas impulsif, c'est bien moi... ah, bon ça a pas l'air de marcher terrible ce truc finalement, on va peut être s'arrêter là... Je n'ai pas été retenu.

Finalement, être retenu, à quoi ça tient...

"Tu vois bloga, si je t'ai un peu délaissé ces derniers jours, c'est pas parce que je t'ai oublié - que vas tu imaginer là ? - mais à cause de mon vieux clavier, impossible de le faire fonctionner.

Alors forcément, pour ne pas te vexer, Bloga, j'ai couru pour en acheter un, mais là, qu'ai-je donc trouvé ? Seulement des Microsoft Internet Keyboard, quelle infamie ! Toi qui ne jure que par mac et affiliés, je ne pouvais me résoudre à te faire subir cette logorrhée.

Mais tu sais, Bloga, là bas, devine sur qui je suis tombé ? Bon, tu trouveras pas alors je t'aide. Je tombe sur cette bonne vieille copine, Linepo, et oué !
Quand même, bien qu'un peu exité, j'ai pu raison garder et je suis revenu tester ce maudit clavier.

Mais là encore tu devineras pas -décidément faut tout t'expliquer bloga- un clavier microsoft branché sur un mac, ben c'est vraiment à chier !
Regarde, je mets en veille, et paf, c'est tout planté.
Alors tu vois bloga, au péril de ma vie, captain telex te fait remarquer, que son ancien clavier il a gardé et fait remarcher.

Je t'en veux pas d'avoir douté Bloga, mais je t'ai pas délaissé, retire toi tout de suite cette idée. D'ailleurs, pour prouver ma bonne foi, regarde, je t'ai laissé mes mains exposées. Maintenant tu peux toujours rêver."

J'aime bien ce que fait ce gamin.

Je crois que je pourrais faire un inventaire à la prévert de tout ce qui m'énerve quand j'utilise word, mais en beaucuop plus long.

Mais aujourd'hui, j'ai découvert que si on demande à word de corriger "versionning" il propose "vers-coquins". Finalement je l'aime bien des fois Word, il est facétieux comme tout, je me demande ce que va en penser mon client. Hélàs, je ne suis pas très joueur, j'ai décidé de mettre "gestion des versions".

Commencé l'idiot, de Dostoïevski.

Il voulait juste retrouver un peu de cette insouciance qu'il avait perdu en assistant avec impuissance à sa chute.
Il se disait que depuis la chute, il étais passé par tous les stades : le choc, le refus, la colère, le marchandage la dépression, l'acceptation, la sérénité. Il se disait que le fait de savoir que tous les deuils devaient bon an mal an se passer comme ça ne l'avait pas beaucoup soulagé.

mercredi 19 mars 2003


Je ne suis pas catholique
Je ne suis pas protestant
Je ne suis pas juif
Je ne suis pas musulmant
Je ne suis pas bouddhiste
Je ne suis pas sintoiste
Je ne suis pas indouiste
Je ne suis pas animiste
Je ne suis pas chamaniste
Je ne suis pas orthodoxe

Il eszt encore beaucoup de choses que je ne suis pas.

Elle semblait assez quelconque, comme ça debout dans le métro, à regarder le sol.
Puis il est entré dans la rame.
Puis son visage s'est littéralement illuminé.
Elle est devenue vraiement jolie comme ça dans le métro à sourire au monde.

Je pense que si je continue à empiler des tas de papiers comme ça, sur mon bureau, je vais finir par réussir à contrer l'effet open space.
Je n'aime pas les open space.

mardi 18 mars 2003


oui allo ?
quelques petits mots doux volent, comme d'habitude
rapidement la voix se tend
oui mais là j'ai l'impression que tu me prend pour un conne
la voix se tend, mais elle est publique, donc elle cherche à se cacher, tout dire sans rien dévoiler
oui mais je suis pas une conne tu comprend ça ?
on a l'impression que la voix va se briser, partir en sanglot à la prochaine parole, au prochain mot
la conversation continue, glisse vers des pentes plus anodines
oui, je vais au cinéma ce soir, avec ma mère
je vais voir ***
la voix cherche à se maîtriser, à se contenir, elle hésite entre sanglot et colère
la voix devient sèche
oui c'est ça, au revoir
le téléphone est raccroché d'un geste presque violent
le visage continue à regarder ce qu'il était en train de faire avant le coup de téléphone, comme si personne n'avait pu se rendre compte de rien, comme si personne n'avait rien pu entendre

...quelques minutes plus tard la voix avoue, rageuse
putain et ce connard qui rapelle pas...

Ce qui est drôle quand on y pense c'est que on demande à X de partir, sinon on défonce la porte. X dit que non, il n'en est pas question, il ne partira pas. Alors on répond que c'est pas grave, on aurait défoncé la porte de toute façon.
Tout ceci est d'une implacable logique.
On peut rien faire contre la logique.

Finalement, passé un certain degré de sérénité, ces personnes ont l'air de vivre un peu hors du monde.

De la fenêtre de mon bureau, je vois 3 arbrisseaux fleuris. La composition est étrangement symétrique. Les fleurs jaunes sont encadrées à leur droite et à leur gauche par des fleurs jaunes.
Mais de bleues il n'y a point, non...

Je pense que c'est toujours déconcertant de constater que les autres nous en veulent parce qu'on ne ressemble pas à l'image qu'ils se font de nous.

La guerre deux trois aura bien lieu.
Il fallait bien y compter.

Avec son éternelle litanie de communicateurs spécialistes en relai de propagande.

Je crains que le spectacle soit par avance assez désolant.

lundi 17 mars 2003


"La vérité pure et simple ? La vérité est rarement pure et jamais simple."

O. Wilde

"Cher monsieur,

En parcourant votre dossier, j'ai constaté que comme beaucoup de nos sociétaires, vous ne disposiez pas d'une protection complète contre le décès.

Pourtant je me dois d'attirer votre attention sur l'importance capitale de ce type de garantie. Au-delà de la douleur de ceux qui restent, cette protection est indispensable pour plusieurs raisons :

- Le décès peut survenir à tout âge. Les statistiques sont révélatrices : près d'un accident mortel sur quatre a pour victime une personne de moins de 40 ans (source inserm, novembre 2002).

- Les conséquences matérielles d'une disparition sont lourdes : comptes du défunt bloqués jusqu'au réglement de la succession, rais d'obsèques, droits de succession... sans oublier les charges courantes, qu'il faut bien continuer de payer.

- La sécurité sociale, et même votre éventuelle couverture décès à titre professionnel, sont généralement insuffisantes pour faire face à toutes ces dépenses. De plus, les fonds ne sont mis à disposition qu'au bout de longues semaines."

Je pense que je ne sais jamais quand j'ai fini, ce qui me laisse sans cesse une sensation d'inachevé.

Je pense qu'avoir l'alarme à l'oeil devrait permettre de rester alerte.

même pas mal
même pas peur

Sang blanc
Sans blanc
Sens blanc
Ensemble

dimanche 16 mars 2003


Jeune à cinquante ans et qui le serait toujours. Un jean noir, une chemise blanche largement ouverte sur une poitrine claire, une chevelure d'artiste, de fines lunettes rondes. Plus que cet habillement, l'illusion de jeunesse provenait de son art d'être toujours actuel. Ce qu'il disait en fait importait peu, car durant sa longue vie de diseur de vérité, il avait été maoiste, communiste, anticommuniste, libéral, antibourgeois vivant dans le quartier le plus bourgeois, avait défendu toutes les causes et leur contraire, mais surtout savait ce qu'il fallait dire pour se faire passer pour un contestataire, un révolutionnaire, une tête chercheuse, même en disant des banalités qu'il combatrait le lendemain


Andrei MAKINE - Requiem pour l'Est

Si vous aviez pris le TGV Paris Grenoble vendredi dernier en fin de matinée pour des raisons professionnelles, vous auriez pu avoir à subir la terrible agression du sandwich camenbert vers 12h30. J'en avais souvent entendu parler, mais en vrai, c'est bien pire.

Dans ce même TGV, vous auriez pu croiser à la voiture bar une bonne partie de l'équipe du stade français en déplacement à Grenoble pour un match le soir, et vous rendre compte que vous ne pesiez pas grand chose malgré votre poids somme toute honorable.

Toujours dans ce train, si vous aviez été assis à ma place, vous auriez pu vous faire éhontément draguer par la fille assise devant vous. Une jolie petite blonde, d'un an et demie environ assise sur les genoux de son père. La technique de drague consiste en une avalanche de sourire, de clins d'oeils et de regards en coin destinés à bien vérifier que vous êtes toujours en train de la regarder. Malheureusement, son père, sur les genoux duquel elle était assise s'en rendu compte de quelquechose, je n'ai donc pas pu conclure.

Finalement à propos d'anti, et à force d'écouter les gens expliquer ce qu'ils sont, ce qu'ils font et pourquoi ils le font, je me dis que la vraie phrase c'est "dis moi qui tu hais, et je te dirais qui tu es".

samedi 15 mars 2003


Les antis-machins et les antis-truc me gonflent profondément.


Le calcul de ce que j'ai pu laisser dans ce bar n'a fait qu'augmenter ma gueule de bois

jeudi 13 mars 2003


Mon banquier est bien la dernière personne dont j'apprécie avoir un message sur mon répondeur.

[sonnerie téléphonique]
- Oui allo ?
- Euh Odette ?
de ma voix la plus grave qui ne permet aucun doute :
- hum je crains bien que...
- Ah...bon
- Désolé

(une minute plus tard)
[Sonnerie téléphonique]
- Allo ?
- Toujours pas Odette ?
- Ben non
- Je comprend pas, c'est un numéro que j'ai enregistré dans mon portable depuis des lustres
- c'est vrai que c'est étonnant, mais qu'est-ce que vous voulez que j'y fasse moi ??
- bon....

(une minute plus tard)
[Sonnerie]
[Sonnerie]
[Sonnerie]
[Sonnerie]
[Sonnerie]
(répondeur)
(cinq minutes plus tard)
[Sonnerie]
[Sonnerie]
[Sonnerie]
[Sonnerie]
[Sonnerie]
(répondeur)

Message 1. Une voix assez grave, à l'accent du sud, un homme assez peu aimable :
- bon ben mon petit GM là, t'es pas Odette(!), donc tu vas me faire le plaisir de ramener le téléphone que tu as volé vite fait au commissariat, parce que sinon ça va mal aller pour ton matricule.

Message 2. Une voix de femme, un accent du sud toujours, l'air un peu fatiguée :
- Ici le commissariat de ***, nous vous invitons à ramener au plus vite le téléphone portable que vous avez volé au commissariat le plus proche de chez vous...blablablablablabla...

Les mystères insondables dela technologie.
Ceci s'est passé il y a quelques mois. Aujourd'hui, je ne sais toujours pas si c'était un canular ou non. En tout cas, je n'ai reconnu la voix de personne, et l'accent ne m'était pas spécialement familier.

Après plusieurs nuits passées sans avoir réussi à dormir plus de 4 heures, le fait d'avoir passé une nuit normale le laissait un peu désemparé. Il ne savait plus très bien s'il était réveillé où encore en train de rêver pendant son sommeil.

D'un côté on privatise, et de l'autre, on demande l'aide de l'état.
Mais c'est pas toujours du bon côté qu'on croit que ça se passe.

D'ailleurs sur le transport aérien : Il s'agit du mode de transport le plus polluant (consommation d'énergie, nuisances diverses), il sagit du mode de transport le plus cher au km, et de plus c'est un secteur très subventionné dans la mesure où les avions qui volent sont exonérés de taxes sur les carburants que payent tous les autres (à part les cyclistes pour des raisons obscures).

mercredi 12 mars 2003


- Lis moi un peu la 22, Gould.
- Je t'assure que tu devrais commencer par la première.
- Et qui a dit ça ?
- Elle a le n° 1, on commence toujours par le n° 1.
- Gould ?
- Oui.
- Regarde-moi bien dans les yeux.
- Oui.
- Tu crois vraiment que quand les choses ont un numéro, et qu'en particulier une chose a le N° 1, ce que nous devons faire alors, ce que tu dois faire, et moi, et tout le monde, c'est commencer précisément par elle, pour la bonne raison que cette chose est la n° 1 ?
- Non.
- Splendide.
- Laquelle tu voulais ?
- La 22..
- 22. La candidate est-elle en mesure de se rappeler la plus belle chose qu'il lui a été donné de faire quand elle était petite ?


Alessandro BARICCO - City

"L'humeur vagabonde, elle s'interroge"

Il se sent en cage, fabriquée par ses soins, finitions comprises.
Il se sent en rage, ruminée avec soin.
Il se sent en age.

Trop vieux, il abandonne, se détourne, oublie. Il se souvient que ça fait plusieurs nuits qu'il compte les heures à l'exeption de quelques unes, rares.

Peut être que j'aurais dû
certainement d'ailleurs

Aussi étrange que celà puisse paraître, j'ai égaré mon compte en banque.

- ça te dis qu'on se voit un de ces quatre ?
- oui, oui !
- quand ça ?
- Et bien...attend, je regarde mon agenda, disons...jeudi soir ?
- ok pour moi !
- bien, je note.

Finalement, le jeudi soir, il se dit qu'il n'avait pas envie de n'être qu'une simple ligne de plus dans son agenda, et décida de rester chez lui.

mardi 11 mars 2003


Le binaire balance beaucoup moins qu'une valse, ce qui est somme toute assez paradoxal.

Je me souviens cette fois là où j'avais espéré te séduire en t'invitant au restaurant. Et puis au moment de payer, le fameux trou de mémoire... euh, le code c'est... une fois... deux fois... dis, tu peux pas m'avancer steuplait ?
superclasse.

Ce qui permet de noter au passage que certaines personnes que j'ai pu rencontrer n'ont aucun sens de l'humour.

Je pense qu'il y a des matins où la panne de la machine à café est un sale coup porté au moral des troupes.

Je me souviens cette fois là, où j'avais été voir ce conteur africain dans un bar à Lille, et où il avait raconté ces histoires alors qu'on l'écoutait en buvant gentiment une bière.
Il racontait des histoires d'Afriques telles qu'on les attend un peu, ou du moins que je les attendais un peu, un peu naïves, assez jolies, plutôt légères. Il racontait, il sourait, il donnait l'impression d'être vraiment serein.
Puis la fin des histoires approchant, il nous dit à peu près ceci, toujours en souriant, l'air vraiment serein :

"Ce soir, je vous ai raconté des histoires. Ces histoires je les ai choisies comme ça parce que je vous sentait comme ça. J'aime bien raconter ces histoires. Pour terminer, je voudrais vous raconter un autre type d'histoire, parce que cette dernière histoire, c'est ma vie, mon combat, mon histoire."

Et il raconte son histoire, son histoire à lui, toujours en souriant, toujours l'air vraiment serein. Et son histoire se termine comme ceci :
"En Afrique, il y a des combats, j'ai combattu, fusil à la main, en résistance. Trois fois je me suis retrouvé devant le peloton d'exécution, et pourtant aujourd'hui je suis ici, devant vous. Donc, vous voyez, il faut toujours y croire"
Il sourit toujours. Il a toujours l'air serein.

Alors, quand on voit la gueule que tirent les gens dans la rue (et celle que je tire moi même certainement), merde alors.

lundi 10 mars 2003


A la caisse d'un supermarché, un jeune père et son très jeune fils.
Le père pourrait bien être plus jeune que moi.
Encore une fois le regard d'un enfant regardant un de ces parent m'émeut, par cette impression qu'il ne saurait y avoir de triche.
L'enfant a une révélation à faire, il hésite, tourne autour du pot, raconte tout et n'importe quoi, se rassure en posant des questions dont il connait par avance la réponse.
Puis, il hésite un peu et se lance :
"Papa, j'ai dit des gros mots à l'école."
Le père le regarde avec de gros yeux, et répond ce qu'il devait répondre. Assez justement. Sans fausse note.
Je pense que je serais bien incapable de trouver assez de spontanéïté pour répondre quelquechose de juste même pour une chose aussi insignifiante. Sans même parler du reste. D'ailleurs, je suis incapable de reconstituer ce qu'il a bien pu dire. Je trouve que parler à des enfants est une chose terriblement difficile.
Le fils un peu penaud mais rassuré effectue une dernière requête : "Tu le diras pas à maman hein ?"

Des esprits détestables et bornés, qui s'imaginent qu'une injustice par celà seul qu'elle est consommée, n'a aucune conséquence funeste, sont la peste des états. (...)
Une politique immorale s'applaudit d'un succès passager : elle se croit fine, adroite, habile ; elle écoute avec un mépris ironique le cri de la conscience et les conseils de la probité. Mais tandis qu'elle marche, et qu'elle se dit triomphante, elle se sent tout à coup arrêtée par les voiles dans lesquels elle se développait ; elle tourne la tête et se trouve face à une révolution vengeresse qui l'a silencieusemen suivie.


Chateaubriand - Itinéraire de Paris à Jérusalem (Préface de l'itinéraire pour l'édition des oeuvres complètes) - 1800 et des brouettes.

On retrouve un peu chez Camus des accents qui ressemblent à cet extraits. La morale en politique quoi.

J'ai pas envie de travailler.
J'ai envie de retourner en vacances.

J'ai pas envie de rester devant mon ordinateur.
J'ai envie de revoir la mer ou la montagne ou la ville, en tout cas dehors.

J'ai pas envie de lire "Comme celà est expliqué dans le paragraphe relatif à la méthodologie, cette définition présente l'avantage de matérialiser et concrétiser rapidement l'objet de l'étude, bien qu'elle soit pour partie le résultat des analyse qui suivent"
J'ai envie de lire "Et l'unique cordeau des trompettes marines" (le seul poème que j'ai jamais réussi à retenir par coeur).

J'ai pas envie d'écrire que "Comme celà est expliqué dans le paragraphe relatif à la méthodologie, cette définition...."
J'ai envie d'écrire que c'était sympa dimanche de rencontrer ce rayon de soleil au détour d'une rue, de voir des parisiens sourire (expérience rare s'il en est...) et que la bière était un peu amère.

dimanche 9 mars 2003


Pourtant, il y a une sacrée différence entre "à manger" et "a mangé" je trouve.

Un fauteuil.
Un petit morceau de St Nectaire sur du bon pain, avec un petit blanc sec pas mauvais du tout.
Stan Getz/Joao Gilberto en fond sonore.
Une sorte de ratatouille au four et un maquereau qui attend son tour.
Finalement tout ne vas pas si mal dans le monde.

samedi 8 mars 2003


La guerre n'aura pas lieu.

Mais un peu quand même.

Finalement demos kratos n'est qu'une vaste farce. C'est vrai qu'on s'en doutait un peu mais là, la démonstration est d'envergure, spectacularisée jusqu'au ridicule. Ca pourrait en devenir comique si ce n'était si grave. Tant qu'il y aura des gens pour savoir ce dont les autres ont envie ou besoin, nous pourrons dormir tranquille, le monde ira là où il doit y aller.

J'ai bien été voir la mer.
J'aurais pu nettoyer un peu avant de partir, c'était pas très sympa de laisser toute cette saleté, là au regard de tout le monde.
J'ai vu la mer et il y avait beaucoup de vent, je m'en suis littéralement saoulé.
Je ne me suis pas baigné.
J'ai ramassé des galets sur la plage, mais pas assez pour en installer une dans ma baignoire.

Avec étonnement, il se sentait de plus en plus distinct du vent, de la terre, du froid dans lesquels il avait failli se fondre. Mais plus surprenant encore était la simplicité de ce bonheur : la ligne tiède où le corps de la femme touchait le sien, la nuit. Juste cette ligne, une frontière douce, vivante, plus solide qu'aucune autre vérité de ce monde.


Andreï MAKINE - La musique d'une vie.

J'ai également recommencé City de BARICCO.

- Ne soit pas stupide, Il n'y a pas d'antidote à la vanité des hommes. Surtout la vanité blessée.

- Ca doit être par vanité avait elle répondu elle-même, par orgueil. Celui qui se cache a toujours plus de prestige que celui qui se montre ouvertement. Ca doit être à cause de ces sottises orientales qui ont été à la mode il y a quelques temps, de cette histoire chinoise ou taoïste de celui qui sait doit se taire, ou de la parole dite qui est de l'argent et la parole non dite qui est de l'or (...). Je fais le projet de me taire pour me rendre mystérieuse mais je n'y arrive jamais. Je finis toujours par dire ce que je pense juste au moment où ça me vient, c'est pourquoi je suis en position de faiblesse, je n'y peux rien. Toi en revanche, comme tu ne dis rien, il semble que tu portes au-dedans de toi tout le mystère du monde.


Antonio MUNOZ MOLINA - Pleine lune

mardi 4 mars 2003


Je me sens quelque peu vide. C'est une peu comme si toute cette violence (l'article du 03/03/03 intitulé "où sont les gentils" sans point d'interrogation, que je n'arrive pas à lier, parce que) me laissait vidé.
Aujourd'hui, à Cachan, donc pas très loin de chez moi, deux lycéens en ont plantés une troisième pour une raison forcément ridicule.
Je me réfugie dans la musique savante et je n'y comprends rien, ou bien dans une débauche de lecture, et parfois un peu d'alcool triste. je crains que ce ne soit qu'une fuite. Toutes ces lectures ne me permettront jamais de comprendre ceci ou cela, ou encore ça.

Alors je peux noter ou lire presque compulsivement, ça semble vain. Je crois que des livres entiers ne pourraient pas rattraper ou expliquer toutes ces misères et toutes ces violences.

Ecouter ces petits cons dimanche soir justifier le fait qu'il battent leurs petites soeurs (à base de défense de l'honneur de la famille, le tout en se basant sur des argument pseudos religieux de comptoirs. Et écouter les mêmes petites soeurs justifier les viols qu'ont commis leurs grands frères (à base de c'est pas possible puisque c'est mon frère et puis de toute façon c'était une pute, une salope, elle portait une jupe, ça bien dire ce que ça -qu'elle en- voulait). J'ai eu l'impression d'entendre des paroles (re)venues du moyen âge.

Difficile d'en ressortir une morale sans faire la morale.
Difficile de ne pas penser que toute cette affection n'est pas terriblement convenue.
Nier simplement.
Je voudrais que tout ceci n'existe pas. Tout ceci n'existe pas. Tout ceci n'existe pas. Tout ceci...

Alors j'écoute Liszt.
J'aime bien les jupes des filles.
Je vais voir la mer demain.

Les charters de clandestins ont repris
Telle qu'elle est écrite cette phrase laisse croire que ces clandestins le sont pour l'avions.

lundi 3 mars 2003


Là, c'est un peu comme si le cerveau était vide.