Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

samedi 31 janvier 2004


J'ai vu le soleil se lever au dessus des nuages.
Il faut se lever tôt pour ça.

mercredi 28 janvier 2004


il ne prenait la parole que devant un auditoire hostile. Il voulait qu'on sache qu'il était un incompris. Ou mieux, victime de l'incompréhension qu'il générait.

mardi 27 janvier 2004


Il ne prenait la parole que devant un auditoire conquis d'avance. Il voulait qu'on sache qu'il était un grand orateur, capable d'avoir une salle acquise à sa cause.

dimanche 25 janvier 2004


C'est la nuit, on se raconte les choses qu'on ne se dirait pas dans la lumière.
Les yeux fermés.
Juste les oreilles et la peau.

il avait envie d'écrire des phrases tournoyantes, tellement enchevêtrées qu'elle en seraient incompréhensibles, mystérieuses, ne se dénouant qu'avec les derniers mots.
Mais les mots, un par un, les lignes, les unes après les autres, les pages, dans l'ordre.

jeudi 22 janvier 2004


Le client est un roi.
Il faut juste ne pas oublier que ça ne l'empêche pas d'être un con.

mercredi 21 janvier 2004


Je l'ai rencontré hier soir, pour manger, boire, parler surtout.
Ils venaient de se quitter. Il avait l'air tout petit sans elle.

lundi 19 janvier 2004


Il regardait ses étagères, ses cahiers, feuilles volantes, classeurs, boites. Toute ses années d'écrits, posées là, à prendre la poussière.
Il avait toujours écrit sans but précis, sans savoir vraiment où il allait. Il avait l'impression qu'il ne restait qu'une volumineuse mosaïque de fragments sans liens. Assez déroutante, même pour lui. Mais il n'a jamais eu le courage d'y faire un quelconque tri.
Il s'est levé, a pris un cahier, au hasard, un des plus vieux, pour relire un moment.
L'effet était toujours un peu le même, il avait l'impression de lire un étranger. Le temps avait effacé sa marque, son identité. Il ne lui laissait que ces mots qui semblaient ne plus lui appartenir.
Il commençait à compter, tous ces cahiers, ces mots, pour les convertir en livres.
Un sourire.
Il se disait qu'à sa mort, s'il était dans un livre, un ami, une ancienne amante ou un inconnu recevrait certainement une grand malle avec tout ce fratras et serait chargé d'en faire le tri. Et ce qu'il en ferait connaîtrait un certain succès.
A voir tout ce volume, il se dit qu'il n'aimerais pas être à sa place finalement. En fait, en considérant le temps qu'il faudrait pour tout trier, il se disait qu'il s'attribuerait le succès à la place du mort.


Il est assis à son bureau, et regrette de ne pouvoir dessiner sur son écran comme il le ferait sur un cahier, en attendant que l'idée arrive.
Il regarde par la fenêtre.
Du vent, de la pluie.
Pas de quoi donner envie de s'aérer pour penser à autre chose.
Finalement, il va se faire un thé, un peu trop fort.

jeudi 15 janvier 2004


Tu cherches la première fois que tu t'es rencontré.

mardi 13 janvier 2004


Tant de fatigue pour une seule journée.

Epuisée, elle a fermé la porte et elle est partie, toute en silence, croyant qu'il dormait.
Il l'a regardé s'enfuir, doucement.
Peut être qu'elle serait là à nouveau demain.

lundi 12 janvier 2004


Les mains se promènent sur le dos, délient tous les noeuds, un par un, tous ensembles.
Elles ne laissent que le calme, le temps qui s'arrête.

dimanche 11 janvier 2004


Alors, quand le bruit a couru qu'ils cherchaient des gars pour le paquebot, le Virginian, là-bas sur le port, je me suis mis sur les rangs. Avec ma trompette. Janvier 1927. Des musiciens, on en a déjà, me dis le type de la Compagnie. Je sais. Et je me suis mis à jouer. Lui, il est resté là à me fixer, pas un muscle de son visage qui bougeait. Il a attendu que j'ai fini, sans dire un seul mot. Et puis il m'a demandé :
" C'était quoi ?
- Je sais pas."
Ses yeux se sont mis à briller.
"Quand tu ne sais pas ce que c'est, alors c'est du jazz."


Alessandro Baricco - Novencento

Il écrivait toutes les questions qu'il se posait, dans un grand cahier. Il comptait bien trouver une réponse un jour.

Après lui, le déluge : j'en ai l'eau à la bouche.

mercredi 7 janvier 2004


Armé d'une filet à papillon, il partait à la cueillette aux instants.
Il les collait dans un grand cahier à spirale.

Ce n'étaient pas tellement d'aller à ses rêves qui lui faisait peur, mais le retour, lorsqu'il fallait redevenir un adulte.

mardi 6 janvier 2004


Parfois ses rêves l'emmenaient un peu plus loin que d'habitude, et il prenait un peu peur.
Ce n'est pas si facile de bien rêver.

C'était un homme, mais il n'habitait pas vraiment le même monde que tous les autres.
Il abritait des rêves encore vivants.

lundi 5 janvier 2004


Bien sûr que tu imagines que les regards sont différents, que les yeux ne sont plus les mêmes, qu'ils ont changé de couleur, d'angle, de distance.
Bien sûr que tous ces mots que tu déposes t'échappent, s'échappent, se retournent, glissent, s'enfuient et n'en font qu'à leur tête.
Bien sûr que ce n'est que ton regard qui a changé, comment en serait-il autrement ?

Fumeur, tu es interdit.
Pourtant la cigarette offre des perspectives bien intéressantes, comme celle d'avoir une deuxième première journée sans plus jamais de tabac.
Buveur, tu sais ce qui t'attend : bière désalcoolisée ou soupe décaféïnée dans un bar non fumeur (cigarettes dénicotinées et dégroudonnées tolérées dans l'arrière cours, cette clandestine), fermeture vers dix-neuf heures trente. Pour pouvoir aller se coucher au plus tôt, après une tisane aux herbes sages. Parce que le sommeil c'est bon pour la santé.
On va se fendre la gueule.

Ils se racontent des histoires en forme de bulles, légères, transparentes, errantes.

dimanche 4 janvier 2004


Un gros pull en laine, une écharpe ou un foulard, le souffle qui réchauffe les mains, c’est l’hiver qui les habille.
Le ciel est bleu, le soleil est froid.
Ils sont assis près de la fenêtre du café, à parler, regarder dehors, profiter de la chaleur en buvant un thé. Les sourires sont sereins, les paroles tranquilles. A cet instant, il n’y a pas de passé, pas d’avenir.

vendredi 2 janvier 2004


Alors, il parle pour détourner son attention de ce qui conte vraiment. Des histoires, des histoires...

C'est ces mains qui s'approchent, se jaugent, se touchent, se caressent.
C'est ces mains qui s'imaginent.

Résolution pour 2004 : ne plus jamais regarder l'état du compte en banque au lendemain des fêtes, ça donne la gueule de bois.