Au-delà de la rupture politique

entre les francophonies canadienne et québécoise

 

par Michel Sarra-Bournet[1] et Lucien-Pierre Bouchard[2]

 

Pour la plupart des Québécois, 1967 évoque l’Expo, le Mouvement souveraineté-association, “ Vive le Québec libre ! ” Si les États généraux du Canada français sont très peu présents dans leur mémoire collective, c’est que la francophone canadienne est devenu périphérique dans le projet national québécois. Les Québécois ont rapidement oublié les États généraux, tout comme l’existence de la francophonie canadienne.[3] C’est le triste revers du nationalisme contemporain.

 

Mis à part Rosaire Morin, qui nous fait revivre dans l’Action nationale les délibérations dont il a été l’initiateur, et l’historien Marcel Martel, qui se spécialise dans les rapports entre le Québec et la francophonie canadienne, il y a peu de Québécois pour nous rappeler l’existence de ce dernier grand rassemblement nationaliste canadien-français.

 

Les États généraux du Canada français en sont venus à symboliser la rupture de deux projets nationaux, l’un prenant le Québec comme cadre d’action, l’autre perpétuant le rêve pan-canadien. Depuis, les acteurs politiques n’ont cessé d’exploiter cette division, les francophones vivant en milieu minoritaire devenant tour à tour les otages du gouvernement fédéral, des nationalistes québécois et de leurs propres représentants politiques. Est-il possible d’imaginer une coopération qui ferait fi des intérêts politiques divergeants, qui se fonderait sur l’objectif commun de toutes les initiatives depuis la Commission Laurendeau-Dunton, la protection et la promotion de la langue française?

 

La rupture

 

Dès l’ouverture des assises “ nationales ” de novembre 1967, la déclaration sur l’autodétermination du Québec reçoit un accueil très différent selon la provenance des délégués. Elle est approuvée par 98% des délégués du Québec, 52% de ceux de l’Acadie, 35% de ceux de l’Ontario et 30% seulement de ceux de l’Ouest.[4] Cependant, Rosaire Morin s’inscrit en faux contre l’interprétation qui veut que l’événement fut à l’origine de la rupture. Selon lui, “ l’accusation contre les États généraux est légère. (…) Déjà, depuis de nombreuses années, des différences apparaissaient entre francophones. (…) Les États généraux ont tenté un rapprochement. ”[5]

 

Malgré tout, l’interprétation dominante demeure que les États généraux du Canada français marquent la division politique des Canadiens français. Pour Marcel Martel, les États généraux sont “ le lieu de la rupture ” entre Québécois et francophones du Canada, car “ les dirigeants ontariens rejettent ce nouveau projet de survivance nationale diamétralement opposé à leur identité porteuse, elle aussi, d’un projet national. ”[6] Linda Cardinal et Joseph-Yvon Thériault renchérissent : “ L’événement sera vécu comme un signe d’abandon des francophones hors Québec de la part d’un Québec qui rejette son appartenance à la nation canadienne-française. ”[7] Pour Pierre de Bellefeuille, “ cet événement considérable marque l’arrêt de mort du Canada français ”.[8]

 

La question nationale se pose au Canada français depuis la Conquête. Mais le potentiel de tension entre Canadiens français est issu de la création de la province de Québec. En 1867, le Québec est devenu l’expression politique du Canada français. Cent ans plus tard, lorsque les délégués québécois aux États généraux ont voulu faire de leur province “ le foyer national du Canada français ”[9], la fin d’un projet de nation fondée sur l’origine française et catholique fut révélée au grand jour. Il fut remplacé par des projets politiques divergents. L’un préconisait la construction d’un État québécois fort – ce qui signifie pour certains l’indépendance politique – et l’autre revendiquait la protection des droits des francophones en milieu minoritaire.

 

Depuis, les nationalistes du Québec ont eu tendance à voir le Québec comme la seule expression de la francophonie canadienne et ont travaillé à protéger et promouvoir le français sur leur territoire. En comparant les mémoires sur la langue de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, on se rend bien compte qu’entre le dépôt de son mémoire la Commisson Laurendeau-Dunton sur le bilinguisme et le biculturalisme en 1964 et celui qu’elle a présenté à la Commission Gendron sur la situation de la langue française au Québec en 1969, l’attention des nationalistes du Québec s’est tournée vers cette province.[10]

 

Pour leur part, les communautés francophones et acadienne du Canada se sont tournées vers le gouvernement fédéral pour assurer leur protection contre la majorité anglophone en général et les gouvernements provinciaux en particulier.

 

La première conséquence de cette démarcation des objectifs nationaux fut la divergence entre les intérêts et stratégies politiques des Canadiens français du Québec et des autres provinces du Canada.[11] Au Québec, ce fut la lutte pour l’autonomie. Dès les années 1950, Duplessis avait résisté à l’expansion de l’état fédéral. Dans les années 1960, les nationalistes québécois demandaient une extension des pouvoirs de “ l’état du Québec ” aux dépens du gouvernement fédéral.

 

Au contraire, les intérêts politiques des francophones canadiens se sont mariés à ceux du  nouveau gouvernement libéral du premier ministre, Pierre Elliott Trudeau. Dès août 1968, il entreprenait la rédaction de la Loi des langues officielles.[12] Quatre mois plus tard, son Secrétaire d’état annonçait à St-Boniface l’intention du gouvernement fédéral de soutenir les groupes minoritaires.[13] Pour Gérard Pelletier, il était clair que la motivation de son gouvernement était anti-séparatiste :

 

Comment garder le Québec au sein de la fédération, si les francophones devaient être traités par le gouvernement central comme des citoyens de seconde zone?[14]

 

Ainsi naquit le triangle Québec-Ottawa-minorités francophones. Tant les mesures de protection législative (la Loi des langues officielles) et constitutionnelle (la Charte canadienne des droits et libertés[15]), que le financement de leur défense juridique, de la gestion scolaire et des organisations qui représentent leurs intérêts ont fait des leaders des communauté francophones et acadienne de loyaux sujets du gouvernement fédéral et des défenseurs de l’unité canadienne.

 

Par conséquent, depuis que les nationalistes québécois ont comme priorité de construire un Québec français en renforçant les pouvoir de leur province et que les leaders francophones du Canada visent la protection des droits des minorités françaises en misant sur l’arbitrage fédéral, leurs relations sont difficiles et tendues. Seule la résolution de la question québécoise lèvera cette difficulté. En attentant, il faut vivre avec la récupération que font les politiciens de ces antagonismes.

 

La récupération politique

 

Depuis la fin des années 1960, les francophones du Canada ont servi d’otages dans la lutte entre les nationalistes canadiens et québécois. Leur situation a servi d’exemple, tantôt du succès, tantôt de l’échec du fédéralisme.

 

D’abord, les autorités fédérales ne manquent pas une occasion, en campagne électorale ou référendaire, de citer l’exemple de francophones canadiens et d’Acadiens qui ont réussi et que les “ séparatistes ” abandonneraient à leur sort. Ensuite, des souverainistes de la première heure n’ont pas hésité de parler de “ dead ducks ” et de “ cadavres encore chauds ” pour décrire le sombre avenir des minorités francophones. L’éditorialiste de L’Acadie nouvelle  a déploré cette attitude en ces termes :

 

Les Acadiens, comme les autres francophones, n’ont que faire des scénarios d’apocalypse de certains politiciens qui nous utilisent lorsque cela fait leur affaire.[16]

 

Mais, les souverainistes québécois ont dépassé ce stade depuis bien longtemps. S’ils évoquent l’assimilation et le mauvais traitement subi par les minorités, ce n’est plus par misérabilisme, mais pour les combattre.[17] Comment ne pas se sentir concerné par la situation des minorités francophones lorsque l’anglicisation est un fléau qui menace même certaines régions du Québec?[18]

 

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la récupération politique de la menace assimilatrice n’est pas l’apanage des souverainistes québécois. Elle est pratiquée par ceux-là mêmes qui interdisent à ceux-ci d’en parler : les représentants des minorités francophones. Durant la campagne référendaire de 1995, Jacques Michaud, président de la Fédération des communautés francophones et acadienne accusait la députée bloquiste Suzanne Tremblay d’exploiter leurs malheurs en ces termes :

 

Elle parle de disparition inévitable de nos communautés à l’intérieur du fédéralisme canadien, déclaration fausse et étroite d’esprit, qui démontre le peu de respect qu’elle porte à nos acquis des vingt-cinq dernières années.[19]

 

Pourtant, quelques mois plus tard, le même président déclarait à l’agence Associated Press que “ si l’on ne protège pas le français, il disparaîtra dans quelques générations ”, avant de se faire l’apôtre des mêmes mesures que défendait Suzanne Tremblay à la Chambre des communes, notamment sur le financement de Radio-Canada.[20]

 

Les leaders des communautés francophones exploitent la fragilité de leurs communautés tout autant que les politiciens fédéraux et souverainistes. Tout récemment encore, la présidente du Comité SOS-Montfort, Gisèle Lalonde, affirmait que la cause de l’hôpital franco-ontarien était un test de l’unité nationale et que si les gouvernements fédéral et ontarien les abandonnaient, il ne vaudrait plus la peine pour les leaders de la communauté de lutter pour le NON au prochain référendum.[21]

 

Toute cette récupération politique fait mal aux francophones canadiens. Dans une relation politisée comme celle-ci, la moindre déclaration est sujette à interprétation politique. Les communautés francophones et acadienne auraient avantage à exprimer clairement quel genre de lutte (santé, éducation, anglicisation) les nationalistes québécois peuvent appuyer sans craindre d’être accusés de se faire du capital politique sur leur dos. Sinon, elles risque de perdre les quelques appuis qu’elles conservent malgré tout chez les Québécois et sur lesquels elle doivent tabler.

 

Un rapprochement politique est-il encore possible?

 

Si le passé est garant de l’avenir, on peut douter de l’appui des gouvernements autonomistes – et donc fédéralistes – du Québec. La compétence provinciale en matière linguistique est très importante pour ces derniers. Ce n’est pas un hasard si le gouvernement Bourassa a donné son appui au gouvernement de l’Alberta contre les franco-Albertains. Pour l’indépendantiste Pierre de Bellefeuille, cette attitude de Bourassa était un comble.[22] Lise Bissonnette du Devoir estime quant à elle que ce geste est responsable de la séparation entre la francophonie canadienne et québécoise tout en notant qu’il s’agissait du gouvernement fédéraliste.[23]

 

On retrouve des signes évidents de bonne volonté, au contraire, du côté des souverainistes. Dans un discours prononcé au Nouveau-Brunswick lorsqu’il était encore chef de l’Opposition à la Chambre des communes, Lucien Bouchard s’est engagé à “ combattre toute mesure ou omission causant préjudice aux intérêts des communautés francophones et acadienne ” avant la souveraineté du Québec, et d’appuyer “ dans toutes les instances internationales où il aura accès la revendication de vos droits historiques et constitutionnels ” après la souveraineté.[24] Quelques mois après l’arrivée au pouvoir du Parti Québécois, le ministère des Affaires intergouvernementales du Québec rendait publique sa politique de création de mise en place de partenariats et de réseaux entre la société québécoise et les communautés francophones.[25] Cette année, l’engagement du Parti Québécois a été confirmé en ces termes par le ministre Jacques Brassard : “ Le Québec sera toujours solidaire des luttes que vos communautés mènent pour préserver leur identité et leur avenir. ”[26]

 

D’autre part, les représentants des communautés francophones et acadienne ont généralement été réticents à appuyer les démarches québécoises. Certains sont même allés jusqu’à s’opposer à la clause de société distincte de l’accord du lac Meech.[27] Toutefois, malgré les risques encourus en regard des subventions fédérales, certaines associations ont néanmoins exprimé leur appui à la liberté de choix de peuple du Québec. Par exemple, l’Association culturelle franco-canadienne de la Saskatchewan  s’est exprimée en faveur du “ respect du droit des Québécois et des Québécoises de se prononcer sur leur avenir envers la confédération canadienne ”.[28]

 

Quelles autres étapes pouvons-nous mettre sur le chemin du rapprochement politique? Pour commencer, il faut dénoncer ceux qui, comme les députés libéraux qui ont résisté à l’amendement de l’article 93 de la  Loi constitutionnelle de 1867, perpétuent le mythe que les Anglophones du Québec sont plus maltraités que les communautés francophones et acadienne, et continuer de rappeler aux gouvernements fédéral et provinciaux leurs responsabilités envers les minorités francophones. Ensuite, il faut aller au-delà des batailles politiques pour rejoindre les niveaux moins problématique de notre collaboration.

 

En fait, plus on s’éloigne de la “ politique politicienne ”, moins il y a de méfiance réciproque. Prenons le document publié en 1995 par les Partenaires pour la souveraineté et intitulé Un devoir de solidarité. Le Québec souverain et la francophonie canadienne. Cette main tendue par un regroupement d’organismes souverainistes issus de la société civile a été acceptée avec beaucoup plus d’ouverture et moins de méfiance que s‘il avait été l’émanation d’un parti politique. Pourtant, ce document répétait en d’autres mots le message des souverainistes des dernières années : la souveraineté est une condition essentielle de la survie du “ fait français en Amérique du Nord ”, le Québec s’engage à maintenir et à développer les échanges dans tous les domaines dans la mesure de ses moyens, et le gouvernement du Canada doit s’engager à préserver les droits historiques de ses minorités francophones. En outre, les Partenaires pour la souveraineté ont proposé la constitution d’une Commission bilatérale canado-québécoise habilitée à enquêter et à faire des recommandations sur la préservation des institutions et la promotion des cultures des minorités nationales dans les deux nouveaux pays.

 

La présence de représentants des communautés francophones et acadienne du Canada au grand rassemblement du mouvement souverainiste qui se dessine pour la fin de 1998 pourrait être un pas supplémentaire vers la réconciliation et le dialogue. Au-delà des préférences de chacun, cette rencontre permettrait de discuter plus à fond des mesures à prendre si le Québec devenait souverain.

 

Mais cette rencontre pourrait-elle être interprétée comme un retour au nationalisme canadien-français, voire ethno-culturel, au moment où le mouvement souverainiste a peine à convaincre les sceptiques du caractère inclusif de son projet national? Tout civique et inclusif que soit le nationalisme québécois, la langue française en constitue un important ingrédient: elle est le principal élément de l’identité québécoise. Entre la nation ethnique d’avant la Révolution tranquille, et la nation civique du nationalisme désincarné de Trudeau, il y a la nation-culture. Ainsi, le dialogue des souverainistes et des représentants francophones du Canada devrait être considéré comme un signe de solidarité de la francophonie nord-américaine.

 

Le Québec moderne à tout à gagner à conserver ses contacts avec la francophonie canadienne, car il partage avec elle un objectif fondamental, la survie et l’épanouissement du français en Amérique du Nord.

 

Pour un rassemblement apolitique des francophones d’Amérique

 

Au cours des dernières années, le développement des Sommets de la francophonie a été un nouvelle base de coopération entre le Québec et les communautés francophones et acadienne du Canada. Comme l’a écrit Pierre de Bellefeuille, “ l’émergence de la francophonie mondiale invite tous les francophones à s’élever au-dessus de leurs divergences pour soutenir ensemble la langue et la culture qui sont leur dénominateur commun ”.[29]

 

En effet, le concept de francophonie nord-américaine permet d’aller au-delà des antagonismes politiques qui divisent les partisans de la souveraineté du Québec de ceux de l’unité canadienne. Bien que les résolutions politiques aient soulevé des divergences lors des États généraux du Canada français, il faut souligner que les résolutions sociales et culturelles faisaient une place importante à la coopération.[30]

 

Les relations entre les communautés francophone et acadienne du Canada et le Québec ont été suffisamment empoisonnées par la récupération politique. C’est ce qui nous amène à proposer la tenue d’un sommet de la francophonie nord-américaine portant sur l’économie et les affaires, la culture, l’information et les nouvelles technologies, l’éducation secondaire et l’enseignement post-secondaire, ainsi que sur les conditions de la coopération linguistique et éducative. Pour nous, un sommet portant sur ces seules questions permettrait de dépolitiser la question. Une telle entreprise devrait être dirigée par la société civile, par des individus ou des  organismes non-gouvernementaux, avec l’appui technique et financier des gouvernements et des institutions publiques.[31]

 

Conclusion

 

Trente ans après les États généraux que reste-t-il du Canada français? Dans les provinces où ils sont minoritaires, la défense des droits des francophones vis-à-vis de leurs gouvernements provinciaux respectifs a restructuré leurs organisations par province. On n’y parle plus du Canada français, mais des communautés francophones et acadienne. Celles-ci ont généralement été incapables d’appuyer la souveraineté du Québec parce que, selon elles, le départ du Québec de la fédération canadienne affaiblirait le poids de la francophonie au sein des institutions fédérales qui défendent leurs droits contre les pouvoirs provinciaux.

 

Au Québec, où la population francophone est de plus en plus métissée par l’action de l’intégration scolaire des enfants issus de l’immigration, l’expression “ Canadiens français ” ne correspond plus à grand-chose. Depuis 1967, les Québécois ont souvent ignoré, sinon minimisé la présence et la vitalité des communautés francophones hors du Québec. Les deux composantes du Canada français d’autrefois se sont donc retrouvées dos-à-dos.

 

Ainsi, la divergence de leurs projets politiques ont quelquefois amené les francophones du Québec et du Canada à affirmer des choses absurdes au cours des trente dernières années. Par exemple, certains nationalistes québécois ont affirmé que les francophones sont sur le point de disparaître, en ajoutant du même souffle qu’après la souveraineté, ils allaient coopérer avec eux. Par ailleurs, certains francophones canadiens ont affirmé que si le Québec devait quitter la fédération, ils commenceraient à s’assimiler, alors que ce  phénomène est en marche depuis longtemps.

 

Est-ce à dire qu’un  rapprochement politique est impossible? Bien sûr que non. Mais il faudra que les nationalistes québécois révisent la thèse de la disparition et qu’ils reconnaissent que des choses peuvent être faites avant la résolution de la question du Québec, que ce soit par la souveraineté ou autrement. Du côté des francophones canadiens et des Acadiens, il faudra réviser la thèse de l’abandon et reconnaître que des choses pourront être faites après la souveraineté du Québec.

 

Le Québec contient la masse critique de locuteurs du français. Un Québec fort est nécessaire à l’épanouissement de la francophonie nord-américaine. Mais si les nationalistes québécois désirent forger une société dotée d’une grande vitalité culturelle, et où le français est la langue commune, ils devront à s’appuyer aussi sur une francophonie nord-américaine vivante et vigoureuse.

 

Les divisions politiques entre francophones du Canada et du Québec n’avantagent que ceux qui désirent l’anglicisation ou qui veulent garder le Québec à sa place. En fait, pour assurer la survie et l’épanouissement du français en Amérique, le Québec et la francophonie canadienne sont condamnés à la solidarité et ce, peu importe le choix démocratique que fera le peuple du Québec. Ils dès maintenant s’engager dans cette voie.



[1] Chargé de cours et détenteur d’un doctorat en histoire de l’Université d’Ottawa.

[2] Doctorant, Centre de Recherches Politiques Raymond Aron, École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris.

[3] Voir à ce sujet : “ Joël-Denis Bellavance, “ Les Québécois et les francophones hors-Québec. “Ils ne nous connaissent pas” ”, Le Droit, le 23 mai 1992, p.3  et Murray Maltais, “ Un sondage révélateur ”, Le Droit, le 23 mai 1992, p.20.

[4] Voir “ Les États généraux adoptent l’autodétermination ” et “ La résolution divise le Canada français ”, Le Droit, le 25 novembre 1967, p.1-2; “ Poussée indépendantiste aux États généraux ”, Le Devoir, le 25 novembre 1967, p.1, 10.

[5] “ Commentaires ”, L’Action nationale LXXXVII, 2 (février 1997) 163.

[6] Le deuil d’un pays imaginé, p.148, 165.

[7] “ La francophonie canadienne et acadienne confrontée au défi québécois ”, in Alain-G. Gagnon et François Rocher, Répliques aux détracteurs de la souveraineté du Québec, Montréal, VLB éditeur, 1992, p.336.

[8] “ Les frère divisés ”, L’Action nationale, LXXXIII, 10, décembre 1993, p.1435.

[9] Voir “ 1967 – Le Québec, foyer national des Canadiens français ”, in Guy Bouthillier et Jean Meynaud, Le choc des langues au Québec, Sainte-Foy, Presses de l’Université du Québec, 1972. p. 711.

[10] Voir Le bilinguisme et l’union canadienne, Mémoire de la société Saint-Jean-Baptiste de Montréal à la Commission fédérale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, juillet 1964 et “ Mémoire de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal à la Commission d’enquête sur la situation de la langue française et sur les droits linguistiques au Québec ”, in François-Albert Angers, Les droits du français au Québec, Montréal, Éditions du Jour, 1971, p.89-151.

[11] On doit noter une exception, le Parti acadien, qui s’est servi de l’exemple du Parti Québécois pour tenter de faire avancer la cause des Acadiens.

[12] Gérard Pelletier. “ 1968 : l’humeur du Québec et la politique des langues ”, in Thomas Axworthy et Pierre Elliott Trudeau, Les années Trudeau. La recherche d’une société juste, Montréal, Le Jour, 1990, p.235.

[13] Marcel Martel, Le deuil d’un pays imaginé. Rêves, luttes et déroute du Canada français, Ottawa, Presses de l’Université d’Ottawa, 1997, p.163.

[14] “ 1968 : l’humeur du Québec et la politique des langues ”, op.cit., p.235.

[15] Pourtant, selon le sénateur libéral Michael Kirby, les articles de la Charte des droits furent rédigés pour contrer la Charte québécoise de la langue française. Voir “ Les droits linguistiques ont primé sous Trudeau ”, Le Devoir, le 13 avril 1992, p.4.

[16] Michel Doucet, “ Du mépris à l’ignorance ”, L’Acadie nouvelle, le 6 octobre 1997, p.12.

[17] Voir “ Nier cette réalité, c’est refuser de la combattre ”, Le Droit, le 9 octobre 1997, p.17.

[18] Voir Charles Castonguay, “ Dominance de l’anglais ”, Le Devoir, le 22 novembre 1994, p.A7 et le 23 novembre 1994, p.A9.

[19] “ Madame Tremblay nie les acquis des communautés francophones et acadiennes du Canada ”, Communiqué de la FCFA, le 19 octobre 1995.

[20] Associated Press, “ Les minorités francophones menacées au Canada anglais ”, La Presse, 27 juillet 1997, p.H6.

[21] Voir aussi à ce sujet, Gérald Leblanc, “ Sauvez Montfort si vous voulez sauver le Canada ! ”, La Presse, le 16 août 1997, p.B7.

[22] “ Les frères divisés ”, op.cit., p.1437.

[23] “ La francophonie canadienne a choisi ”, Le Devoir, le 20 janvier 1992, p.12.

[24] “ Francophonie d’Amérique : l’engagement du Bloc québécois ”, Notes pour une allocution de l’honorable Lucien Bouchard à l’occasion du cinquième anniversaire de fondation de l’Association des municipalités du Nouveau-Brunswick. Shédiac, le vendredi 27 mai 1994, p.2 et 9.

[25] Un dialogue, une solidarité agissante. Politique du Québec à l’égard des communautés francophones et acadiennes du Canada, Québec, Gouvernement du Québec, 1995.

[26] “ Québec restera solidaire des minorités francophones, promet Brassard ”, La Presse, le 15 mars 1997, p.A32.

[27] Voir à ce sujet “ Malaise dans la francophonie ”, in Linda Cardinal et al., État de la recherche sur les communautés francophones hors-Québec 1980-1990, Ottawa, Centre de recherche en civilisation canadienne-française, p.116-119.

[28] ACFC, Conseil d’administration. Proposition CA-RF-94-044 adoptée le 4-6-94, p.7.

[29] “ Les frères divisés ”, op.cit.. Le même argument est repris par Derick McNeil, dans “ De la non-ingérence à la non-indifférence, le Parti Québécois et les communautés francophones en situation minoritaire, 1968-1985 ”, Bulletin de l’Association québécoise d’histoire politique, 2, 1-2 (automne 1993) 27.

[30] Voir L’Action nationale, LXXXVII, 2 (février 1997) 158-163 et LXXXVII, 4 (avril 1997) 167-171.

[31] Toutefois, l’appui financier du Gouvernement du Québec ne pourrait être que limité. Le Québec ne dispose actuellement que des moyens d’une provinces. C’est le gouvernement du Canada qui gère les sommes que le Québec pourrait consacrer aux communautés francophones et acadienne. Ce cas est semblable à celui de la quasi-diplomatie québécoise. Québec assume déjà près du quart de la diplomatie fédérale. Peut-il se permettre de se payer deux corps diplomatiques?