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lundi 30 septembre 2002


Au début, il m'amusait, le gars Houellebecq, avec ses interviews interminables, ses silences enfumés et puis ses baragouinements inaudibles.

J'ai lu l'extension et j'ai bien aimé, ça ressemble à quelque chose.
Et puis avec les particules, il s'est converti à une certaine littérature que l'on pourrait qualifier de porno-trasch-light, totalement inintéressante, vide et assez creuse. Avec ses fausses provocations estampillées marketing inside.
Et puis il continue, s'enfonce dans le vaguement porno-light-trash de mes deux, et sort la grande provoc du siècle : les autres, là, c'est les plus cons du monde !

J'en suis tout retourné, quelle audace, quelle vision, quelle subversion. Et comme certains de ces autres s'empressent de ne pas le faire mentir en portant plainte, voilà le Houellebecq ramené au rang des défenseurs de la liberté d'expression. Une vrai campagne de pub estampillée marketing inside à plein nez. Pas de quoi retourner les foules.

Et bien si, un peu de racolage sous prétexte d'étude des moeurs, de regard sans concession sur la société contemporaine, une ou deux phrases totalement stupides, vaguement odieuses et sans talent, et voilà, la gars est un des grands esprits de son temps.

Moi, Houellebecq, je m'en fous, d'ailleurs, je ne vois même pas pourquoi j'en parle.

Ce chauffeur, sur l'autoroute, pendant l'embouteillage quetodien, qui est venu frapper à la fenêtre de ma voiture pour me demander son chemin.

Complètement incongru comme geste. Surtout le matin, quand l'embouteillage sert à terminer tranquillement sa nuit.

comme guide, trop souvent, hélàs.

très petitement,
bien à vous.

dimanche 29 septembre 2002


chez ma grand mère, j'allais au poulailler pour chercher des oeufs. Une jour que je trébuchais en revenant, l'omelette fut inévitable, ainsi que le savon qui s'en suivi.
Je t'avais bien dit de ne pas mettre tout tes oeufs dans le même panier.
Mais, tu n'as qu'un panier ??!
Fallait y penser avant.

Un couple de vieux marche dans la rue. Il y a beaucoup de monde, et toute leur attention semble être fixée sur le fait de ne pas être bousculé. Ils doivent être en train de faire leurs courses. Ils marchent lentement, avec précaution.
D'uù je suis, je ne suis pas certain qu'ils soient deux, ils ont l’air de n’être qu’un, de ne former qu’un seul corps. Ils sont appuyés l’un sur l’autre. Je ne suis pas capable de dire lequel s’appuie sur l’autre. J'ai l'impression que si l'on en retire un, l'autre tombe inévitablement.
De loin, on dirait un animal à cinq pattes, quatre jambes humaines et une canne, qui peine à avancer, comme s’il ne savait pas dans quel ordre les bouger pour pouvoir avancer.

Je m'suis fait tout p'tit devant un' poupée
Qui ferm' les yeux quand on la couche
Je m'suis fait tout p'tit devant un' poupée
Qui fait Maman quand on la touche

jeudi 26 septembre 2002


Tu dors. Ton réveil sonne. Pas possible, tu ne peux vraiment pas te réveiller. Tu cherches à gagner un quart d'heure. Ton réveil s'entête. Toi aussi. Tu le débranche.

Tu dors de nouveau.

Ton téléphone sonne. Ton répondeur se met en marche. C'est ton supérieur. Tu reste couché, décides de ne pas bouger.

Tu te rendors.

Ton supérieur de nouveau sur le répondeur. Plusieurs fois de suite. Tu ne décroches pas.

Au quinzième appel, tu décroches, tu veux avoir la paix. Tu le lui dis.

mercredi 25 septembre 2002


Disponible ici

Le comble de la misère
De ne pas pouvoir le dire.

Où aimeriez vous vivre
Ailleurs forcément. A Paris et à la campagne et à Lille et à l'étranger. L'endroit où j'aimerais vivre n'existe pas. Enfin, je ne crois pas.

Mon idéal de bonheur terrestre
Me réveiller avant elle, et la regarder dormir. Puis la regarder se réveiller. Puis la voir sourire.

Les fautes pour lesquelles j'ai le plus d'indulgence
Toutes celles que je fais, sauf la bêtise.

Les héros de roman que je préfère
Ceux qui sont perdus et un peu vains. Ceux de A. Barrico. Ceux de P. Auster.

Le personnage historique préféré
Aucune opinion précise sur le sujet. Les personnages historiques doivent tant au hasard et à la chance...

Les héroïnes favorites de la vie réelle
Je ne sais pas.

Les héroïnes dans la fiction
La matriarche de 100 ans de solitude, je crois.

Mon peintre favori
Escher, parce que je m'y perd.
Picasso parce que je n'y comprend rien. D'une façon générale, je ne comprend pas trop la peinture.
J'aime bien la photographie, celle en noir et blanc qui date un peu.

Qualité préférée chez l'homme
De pouvoir.

Chez la femme
De vouloir. Mais je fond devant un sourire. même malicieux. Je raconte n'importe quoi.

Vertu préférée
La discrétion.

Occupation préférée
Lire, tout ce qui me tombe sous la main, y compris le n'importe quoi. En vieillissant, je sélectionne mieux.

Qui auriez-vous aimé être
Quelqu'un de plus talentueux, en n'importe quoi.

Principal trait de caractère
Calme, patient, effacé, paresseux.

Ce que j'apprécie le plus chez mes amis
Pouvoir passer du temps en leurs compagnie.

Principal défaut
Effacé, paresseux, calme, patient. Je n'aime pas parler de moi. Du tout.

Rêve de bonheur
Me réveiller avant elle, la regarder dormir, la regarder sourire. La rencontrer avant.

Mon plus grand malheur
Ne pas assez dormir. Ressembler à une caricature de moi même.

Je voudrais être
Rien de plus.

La couleur que je préfère
Le gris, parce que ce n'est pas une couleur, et que ça va du noir au blanc.

La fleur que j'aime
La rose forcément, parce que je manque totalement d'originalité, que j'en connais pas énormément, et que j'aime vraiment les roses.

Mes auteurs favoris en prose
Ceux qui arrivent à me faire oublier que je suis dans un train quand je lis dans un train.

Poètes favoris
L'unique cordeau des trompettes marines.

Héros de la vie réelle
Je ne sais pas non plus.

Héroînes dans l'histoire
Comme pour les héros.

Mes noms favoris
Paris, New York, Tokyo, Cac40, Nikkei, Nasdaq. N'importe quoi.

Ce que je déteste par dessus tout
Les fins des romans. Elles sont toujours ratées.

Caractères historiques que je méprise le plus
Comme ceux que j'admire.

Le fait militaire que j'admire le plus
J'ai jamais trop admiré les fait militaires. Celui qui a courru 42km pour annoncer je ne sais plus quoi à la bataille de marathon. Chapeau bas.

La réforme que j'admire le plus
Les congés payés.

Le don de la nature que je voufrais avoir
Un de ceux qui m'ont été refusés.

Comment j'aimerais mourrir
Complètement.

Etat présent de mon esprit
J'hésite entre l'agacement et le soulagement de voir arriver la dernière question.

Devise
Un autre jour...

mardi 24 septembre 2002


La ville est triste et grise, surtout la banlieue. Je rêve de province et cauchemarde l'autoroute et la route et le bitume de tous les matins.
Chez moi, j'ai quelques arbres, un peu de pelouse. En réalité, ce n'est pas chez moi, je vais devoir déménager bientôt.
Je cherche un appartement, avec de la pelouse, un arbre au milieu, quelques étoiles, et beaucoup de calme.

Une cabane au fond des bois.
En centre ville si possible.

A bon entendeur...

dimanche 22 septembre 2002


Je regarde cette maman s'occuper de sa fille. Ce qui me frappe le plus, c'est l'inconditionnalité de l'amour qu'une mère peut porter à ses enfants. C'est vrai pour les pères aussi parfois.
Ce qui me frappe aussi c'est l'inconditionnalité de l'amour qu'un enfant porte à ses parents. C'est impressionnant de voir cet enfant qui se tourne vers sa maman à chaque petit moment de doute, et le sourire à chaque fois qu'elle est bien certaine qu'elle est ici...
Je me demande si je serais capable un jour d'assumer un tel amour.

A peu près tous les matins, les embouteillages, sur l'autoroute. L'avantage est de permettre de terminer la nuit à peu de frais. L'ennui est que je préfererais la terminer ailleurs.
C'est complètement absurde, cette façon qu'on de tous partir à la même heure pour prendre la même route. Et tout ça pour quoi ?
Pour aller travailler en plus....

jeudi 19 septembre 2002


M. X, instituteur, marié, deux enfants, banlieusard comme un autre, avec une voiture, un petit pavillon, un petit chien, et un petit train train.
Un jour, il s'est dit que vraiment ce n'était plus possible de vivre comme ça. Il a tout vendu sauf sa femme et ses enfants, il s'est acheté une ferme dans le Larzac, et depuis il élève des brebis.

Je ne sais pas quoi en penser.

M. Y, ingénieur, marié, deux enfants aussi, parisien comme un autre, avec un appartement, deux chats, pas de voiture. Un jour, il s'est dit que ça pouvait pas continuer comme ça là bas et ici sûrement, il a tout plaqué et il est parti en Israel, je ne sais pas ce qu'il y fait.

Je ne sais pas quoi en penser.

M. GM, vaguement ingénieur à ses moments perdus, célibataire, pas d'enfants, banlieusard comme un autre, avec une voiture, locataire, pas d'animaux. il se dit que ça suffit comme ça. Puis il a trop peur de partir, et où. Alors des nuits blanches à se demander.

Je ne sais pas quoi en penser.

Il a une certaine passion des listes. Cette illusion d'atteindre une certaine exhaustivité, cette illusion qu'il arrivera à bout. Cette impression qu'ainsi listé, le monde est envisageable, limité sûrement, compréhensible, abordable. Ainsi le monde lui appartient un peu. Sinon, tout est trop grand, complexe, étrange, et en tout état de cause, angoissant.

Donc il fait des listes. Il possède un immense cahier de listes jamais finies, qu'il complète au fur et à mesure que le temps passe.

Une liste d'odeurs qu'il aime, une liste de femmes qu'il a aimé, une liste des personnes qu'il ne supporte pas, une liste des choses qu'il lui reste à faire avant de mourrir, une liste des endroits qu'il a visité, une liste des endroits qu'il aimerait visiter, une liste des personnes qu'il a rencontré la veille, une liste de listes, une liste de listes de courses, une liste de ce qu'il doit faire pour demain, une liste des choses qu'il ne fera jamais, une liste des livres qu'il a lu, une liste des bruits étranges, une liste de mots qui se terminent par "ance" ou "ence"...

mardi 17 septembre 2002


Pour ceux qui lisent compulsivement.
Pour ceux qui n'ont que trois livres qu'ils relisent tout le temps.
Pour ceux qui rachètent des livres qu'on leur a prêté et qu'ils ont bien aimé sans les rouvrir ensuite.
Pour ceux ceux dont la pile de bouquins à lire ou en cours de lecture s'étale à côté du lit, sous le lit, dans les placard, aux toilettes, dans le salon, perdus dans les fauteuils, dans la cuisine, dans la voiture, dans la valise...
Pour ceux qui prévoient environ 4000 pages de lecture pour une semaine de vacances où de toutes façon ils n'auront pas le temps de lire (on ne sait jamais...).
Pour ceux qui ne supportent pas qu'on écorne les pages des livres.
Pour ceux qui écrivent leurs nom et la date en haut de la première page.
Pour ceux qui griffonent, annontent et cornent leurs livres dans tous les sens.

Pour tous ceux là et pour ceux qui ont dix milles tics de lectures, qui n'osent pas en parler, et qui aimeraient savoir s'il ne sont pas les seuls...Bouquiner par Annie François.



Même pour ceux qui n'ont jamais lu ça marche.

lundi 16 septembre 2002


Je suis en train d'écrire à la terrasse d'un café. Il y a une femme deux tables plus loin, je la trouve jolie. Je la regarde entre deux mots. J'écris sur elle certainement.
La voilà qui me regarde.
Elle prend un stylo et une feuille aussi.
Elle se met à écrire en me regardant entre deux mots. Elle écrit sur moi certainement.

Du coup, je suis bloqué, je n'arrive plus à écrire.

Je finis mes deux gorgées de bières, puis je m'en vais.

A côté de moi dans le train, un couple avec deux gamins. Ils s'engueulent.
Je trouve que c'est assez indécent de s'engueuler comme ça devant tout le monde dans le train.
Comme ça, devant ses enfants.
On dirait qu'ils vont se séparer bientôt. Mais qu'ils ne le savent pas encore...