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Samedi 31 Decembre

Pour beaucoup, le maccabi est un club communautaire. A Paris, il l’a été, mais ne l’est plus. Avec ses équipes multicolores, il donne une jolie réponse au racisme et aux préjugés en ces temps parfois troubles.

Présentation :

Maccabi Paris
District du Val-de-Marne
Fondé en 1948
Couleurs : bleu ciel et blanc
Siège : 50, Boulevard Voltaire 75011 Paris
Tél. : 06 10 49 39 39
Effectifs : 600 licenciés, 11 équipes, 14 éducateurs

Le mot « Maccabi » apparaît pour la première fois en 80 avant Jésus-Christ. Il symbolise alors les actions de bravoure du rabbin Mathatias, dont le fil Judas est appelé « Maccabi ». Très vite, Maccabi devient ainsi synonyme « de force et de courage ». Beaucoup, beaucoup plus tard, il donne son nom à de nombreux groupements sportifs juifs présents dans le monde entier. Si le Maccabi de Paris, fondé lui en 1948, a longtemps été composé de joueurs d’origine juive, les choses ont depuis bien changé. Les dirigeants se sont ouverts sur l’extérieur pour donner à leur club une image multicommunautaire. Une évolution naturelle dans un sport où tout le monde vit et exprime sa même passion, favorise les rencontres et la découverte de l’autre… Quand cette mixité se fait à l’intérieur d’un club, les rencontres en deviennent plus fortes car elles s’inscrivent dans la durée et font définitivement taire les préjugés. Et si, quand le Maccabi évolue à l’extérieur, certains font encore parler leur bêtise et leur ignorance en dénonçant les origines de ce club, nul doute que l’équipe des deux entraîneurs juifs-Tunisiens Charly Aidan et Dov Mamou et du capitaine Musulman-Tunisien Slim El Hedli n’y est pour rien.


Interview de Charly Aidan
(entraîneur Seniors du Maccabi Paris)


Entraîneur et éducateur depuis 12 ans, Charly Aidan, 45 ans, s’occupe depuis deux saisons de l’équipe Seniors du Maccabi Paris, en promotion d’honneur. Prônant le mélange des cultures, il refuse catégoriquement le communautarisme que l’on prête, à tort, à son club.

Quelle est l’histoire du Maccabi?

- C’est un club qui est né en Israël, à travers ses grands clubs tels que le Maccabi Tel Aviv et le Maccabi Haïfa. Ce nom a été exporté un peu partout dans le monde. Automatiquement, les gens l’associent à un club juif, donc communautaire. Mais les choses ont changé. Mon équipe compte très peu de joueurs juifs. J’apprécie trop les cultures et les différents horizons de chacun pour faire du sectarisme. La mixité est une source de plaisir tellement forte qu’il ne m’aurait pas plu, étant juif moi-même, à n’avoir à gérer que des joueurs juifs.

Cela a-t-il toujours été le cas ?

- Au départ, le Maccabi Paris était un club communautaire. Mais il y a une dizaine d’années, les dirigeants ont cherché à créer un club diversifié en recrutant des forces de partout. Cela s’est fait naturellement. Il y en a eu 1, puis 2, puis 3… La porte était ouverte. Je suis content d’être arrivé au moment où ils avaient réussi à faire un club cosmopolite.

Quels défauts ont les équipes communautaires ?

- D’avoir une étiquette collée. Nous concernant, les gens ne savent pas que des joueurs d’autres communautés ont intégré le club. On a encore une étiquette de club juif. Par rapport à ce qui se passe au Moyen Orient, nombreux sont ceux qui font l’amalgame, par ignorance ou par bêtise. C’est cela qui peut être dangereux. Ceci dit, on le subit moins qu’auparavant. Cette année, nous avons connu deux fois des problèmes.

Comment réagissez-vous dans ce cas-là ?

- On est tous blindés. Les joueurs sont briefés au départ. Ils savent qu’on peut rencontrer ces turpitudes. Je leur dis de se boucher les oreilles et de ne pas répondre parce ce n’est pas de notre niveau. Et ça se passe bien. Les gars sont assez intelligents pour le faire. Ils sont vraiment là pour jouer au foot.

Dans quel contexte, les insultes racistes sont-elles fréquentes ?

- C’est souvent lié à l’actualité au Moyen Orient. Si cela se passe mal là-bas, on le retrouve, nous, sur le terrain. Sinon, c’est toujours pareil : les tensions démarrent quand on mène au score et qu’on joue bien. C’est un élément qu’utilisent certains pour casser notre rythme, générer des tensions et en profiter. On a perdu une fois dans ces conditions. C’était très chaud dans les tribunes et on m’a insulté tout le match. Leurs joueurs n’ont rien fait pour calmer les esprits. On n’a pas répondu, mais on a perdu… Là, on peut être moins serein. C’est parfois difficile à gérer, mais l’important c’est qu’on revienne tous en bon état et en bonne santé.


(Source Foot Citoyen)
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