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2 - Les Procès, Chronologie documentée
Les Faits - 2ème partie


1581 Spa : Jehenne, fille de Henry, Jehan Anseau de Spa
Le 23 août 1581, le châtelain de Franchimont, Robert de Linden, ordonne une enquête dans le bourg de Spa en présence des échevins Collin et Lambert.
Cette enquête qui porte sur certaines personnes ayant réputation d'être sorciers ou sorcières est un appel à témoin : sont incités à se présenter ceux qui les connaissent, soit parce qu'ils ont vu certains indices permettant la suspicion, soit parce qu'ils ont entendu parler de faits condamnables.
Des témoins se présentent, le 3 février 1582, devant la cour de justice de Spa pour charger
Jehenne, fille de Henry, Jehan Anseau, soupçonnée de sorcellerie.
Le premier témoin est sire Léonard, curé de la localité, âgé d'environ 40 ans, qui déclare que l'inculpée a la réputation d'être une maquerelle (sorcière) à Spa et dans d'autres endroits, que plusieurs femmes enceintes lui ont confié qu'elles en ont peur et qu'un de ses paroissiens lui a rapporté que naguère, alors qu'il passait une soirée chez lui en compagnie de quelques amis, un chat tout noir est brusquement sortit de la cheminée, provoquant un grand trouble dans l'assemblée. Il confesse encore que ladite Jehenne ne s'est rendue que quatre fois à la messe. en trois ou quatre ans. Il ajoute, fait notoire et accablant, que la grand-mère d'icelle, son père, deux de ses soeurs et un de ses frères ont été brûlés comme sorciers.
Mathieu, fils de Henry Mathi, de Creppe, affirme à son tour que la dite Jehenne a la réputation d'être une sorcière. Pour preuve, elle a provoqué la mort de l'enfant de Hubert le Daglier, de Malmedy. Ayant partagé un repas avec lui, ce dernier est tombé malade et peu après, a décédé. Même remarque sur les parents exécutés comme sorciers.
Johan Bastin, échevin de Spa, âgé d'environ 38 ans, outre la réputation de sorcière dont il a entendu parler, déclare que l'inculpée est responsable de la mort de trois enfants : l'un chez maître Raymondy de Liège, un second chez Hubert le Daglier de Malmedy et un troisième chez Henry Mathi de Creppe. Il rapporte également l'épisode du chat noir, celui-ci ayant eu lieu sous son toit.
Léonard dit Courgar, de Spa, témoin juré, âgé d'environ 40 ans, confirme que ses parents ont été brûlés comme sorciers.
Antoine, fils de Collin Le Loup, de Spa, âgé d'environ 28 ans, reprend les accusations déjà portées et déclare en outre qu'elle a fait mourir des poules appartenant à un certain petit Simon. Le frère de ce dernier appelé à témoigner confirme le fait.
Gielette, épouse de Simon le Vers, apporte un fait nouveau : Jehenne fille Johan Anseau avait " emmacralé " Marie, épouse de Johan Gielet.
D'autres témoins suivent et lancent les mêmes accusations.
Les charges sont accablantes. Le 8 février, la cour de justice de Spa condamne Jehenne.
La malheureuse conduite au Jonckeu est attachée à une estache, étranglée par le bourreau, puis brûlée. Ses cendres seront disséminées par le vent.
Référence : Pierre Den Dooven, Sorcellerie dans le ban de Spa
Source : http://users.skynet.be/maevrard/sorcelleriespa.html


1582-1583 Carroi de Marlou (Berry)
Du 21 décembre 1582 au 30 mars 1583, se déroule dans le Sancerrois un procès en sorcellerie qui s'achève par la mort sur le bûcher de cinq des prévenus. La sixième inculpée, Guillemette Piron, s'est, peu après le début de son interrogatoire, étranglée dans sa prison : son corps est traîné sur une claie et brûlé. Les principaux chefs d'accusation sont les suivants : méfaits divers, sorts jetés, commerce avec le diable et assistance au sabbat. Le procès réunit affaire de sorcellerie et cas de possession : ce sont les accusations d'un enfant qui se dit, ou qu'on dit, possédé, qui déclenchent le processus dont il restera le pivot. Possession, exorcismes, crises ponctuant les interrogatoires, récits d'ensorcellement et de désensorcellement, histoires de meneur de loups agrémentent ce procès.
Source : http://www.millon.com/collections/religion/atopia/sorciers.html

1586 Villers-Sainte-Gertrude (Belgique)
Le 23 octobre 1586, Jehenne, dite la Châtelaine, veuve de Henri Mosseit, fait sa confession devant le cour de Filot. Elle affirme avoir vu aux danses nocturnes avec les diables à Werbomont, Anne Bertrand d'Izier, teinturière de toile.
Le 6 novembre 1586, Henri de Harre, mayeur et les échevins Emile Bredar de Fermine, Gérard Sarter, Guillaume Houver, Hubert Lecharlier, Lambert Pasquier, Emile de Harson, Jean Lebros et Emile Sarter lancent contre Anne Bertrand, un mandat d'arrêt s'appuyant sur l'accusation de la Châtelaine, brûlée vive comme vaudoise. Le lendemain, ses biens sont saisis par la cour d'Izier : une vache et une génisse et deux chèvres confiées à Jean le Brasseur ; son mobilier (chaudrons pour la teinture, plats et écuelles, cuillères, frasseux, chandelier, fers à gaufres) et une bague de peu de valeur ; des pièces de tissu appartenant à plusieurs particuliers qui les lui ont confiées pour les faire teindre ; de l'avoine ; trois paires de linceul ; deux cotillons noirs, des serviettes, deux nappes et autres nippes.
Anne Bertrand est accusée d'avoir fait mourir l'enfant de Jacques Adam, d'avoir causé la perte de boeufs, vaches, veaux, cochons chez Jean Polet, d'avoir voulu empoisonner Marguerite le Corbisier, laquelle fut guérie en mangeant du pain venant de la dite sorcière, d'avoir rendu malade la fille de Catherine Le Charlier.
Anne se défend d'être sorcière et macralle.
Le 19 novembre, arrive une lettre de la Cour de Hamoir, disant que deux sorcières, condamnées par celle-ci à la peine du feu, ont déclaré qu'Anne Bertrand était leur complice.
La Cour ordonne la torture de " la pesanteur du corps " (suspendue par les bras).
Les 2 et 15 décembre, nouvelles comparutions devant Guillaume Bredar mayeur, remplaçant le Seigneur Evrard Sarter. La pauvre femme torturée avoue avoir promis obéissance au diable, avoir renié Dieu, avoir planté la nuit, près de Filot, des bâtons oints de vert onguent que le diable lui avait donnés pour faire périr les fruits de la terre.
Le 18 décembre, elle est contente de mourir comme la justice en ordonnera - la suite est toujours la même : " Condamnée à estre estranglée et son corps publiquement bruslé pour l'exemple des autres "
Référence : Pierre Den Dooven, Sorcellerie à Villers-Sainte-Gertrude
Source : http://users.skynet.be/maevrard/sorcieresvillers.html

1587 Maransart (Belgique)
Le 8 juin 1587, "Gertrud le Marchant, vefve de feu Godefroid de Boys" est appelée à comparaître comme servante du diable devant le tribunal de Maransart présidé par "Jehan Tamineau, maïeur".
Gertrud le Marchant est toute désignée pour endosser le rôle de sorcière du village : elle est veuve et pauvre. Elle " redoubte d'aller mendier et demander son pain par les villaiges et hamiaux diez allentour ".
Gertrud ne semble pourtant pas entretenir de rapports contre nature avec le Malin. Elle semble être davantage le bouc émissaire d'une période agitée.
De quoi l'accuse-t-on ?
Jehan Charmant, propriétaire d'une vache se plaint que sa bête ne donne plus de lait. Après avoir " reprins et menassez " Gertrud, " lendemain au matin elle (la vache) commencha a rendre du bon laict ".
Pierre Babau l'accuse d'avoir provoqué la maladie de son cheval.
Pour d'autres témoins encore, les filles de Gertrud sont également vouées au Malin, ce à quoi la veuve aurait répondu : hélas au moins mes filles ne le sont pas.
Le document précise encore que Gertrud " a aussi faict une infinite d'aultres maux sy comme d'avoir faict mourir plusieurs hommes femmes enfans chevaulx vaisches comme aultrement ".
Les " eschevins de Maransart et monsieur le mayeur " estiment que les chefs d'accusation manquent de preuve. On ignore ce qu'il advînt de Gertrud.
Références : Brigitte Barès et Viviane Soenen, pour le Cercle d'Histoire de Lasne
Bibliographie :
M-S. Dupont-Bouchat, W. Fryhoff, R. Muchembled, Prophètes et Sorciers dans les Pays-Bas, XIe - XVIIIe siècles, Paris, 1978
X. Rousseaux, L'Activité judiciaire dans la Société rurale en Brabant wallon, XVIIe - XVIIIe, Bruxelles, 1987
Source : http://www.lasneforyou.be/cercle/articles/sorciereMarans.html

1595 Stavelot (Ardennes belges)
En 1595, un affreux scandale éclate parmi les moines de l'abbaye de la Principauté de Stavelot. L'un d'eux, Jean Delvaux, est accusé du crime de sorcellerie.
Voici le récit fait par le chanoine Daris témoin au procès :
Jean Delvaux gardait dans sa jeunesse les troupeaux de son père. A l'âge de 15 ans, il rencontra un jour, dans une forêt, un homme majestueux qui le pria de le servir et de le suivre, en lui promettant de grandes récompenses. Jean le suivit.
Cet homme lui apparut ensuite sous différentes formes et lui imprima deux stigmates sur les épaules. Il lui procura du poison pour faire des maléfices et le suivit aux études à Trèves. Il lui conseilla ensuite de se faire religieux à Stavelot, en lui promettant qu'il parviendrait aux dignités de Prieur et d'Abbé.
Jean le fit et fut plus tard promu au sacerdoce. Quoique religieux et prêtre, Jean resta sorcier et se livra à des sorcelleries et à des maléfices. Il empoisonna, sans suites mortelles, le Prieur et plusieurs religieux.
Il y avait, disait-il, dans les Ardennes, neuf sociétés de sorciers, savoir : celles de Stavelot, de Malmedy, de Houfalize, de Salm, de Vaux, de Trèves, de Tafny et de Chères. Chacune comptait un grand nombre de sorciers et avait plusieurs lieux de réunions nocturnes. Les sorciers étaient transportés à ces lieux par des démons qui présidaient aux réunions. On y adorait Belzébud, Léviathan et Astaroth ; on y tenait des repas, on s'y livrait à des danses et à des actes d'immoralité, et enfin on recevait des démons des poisons pour faire des maléfices. Le matin, les sorciers étaient transportés à leur domicile par les démons.
Jean Delvaux, soupçonné de sorcellerie par le Prieur, est jeté en prison et dénoncé au Prince Evêque de Liège.
Ernest de Bavière envoie Jean Chapeauville à Stavelot pour interroger le sorcier (en mars ou avril 1595). Jean Delvaux se repent de ses fautes et les avoue en versant des larmes : il fait un récit très détaillé de la sorcellerie. Dès que le Prince Evêque en est informé, il députe André Streignart, suffragant, et Jean Chapeauville avec un notaire pour interroger de nouveau le sorcier et rédiger ses aveux en forme authentique, car il accuse plus de cinq cents complices de sorcellerie. Les députés l'instruisent des vérités de la religion et l'amènent à récipiscence. Ils commencent ensuite l'interrogatoire, que le notaire met par écrit.
Après en avoir pris connaissance, le Prince Evêque envoie quatre députés à Stavelot avec pleins pouvoirs judiciaires, à savoir : le suffragant Streignart, Jean Chapeauville, Pierre Oranus, échevin et Jean Moleupeter, procureur fiscal. Les quatre députés se mettent en route au mois de janvier 1596. Arrivés non loin de Stavelot, leur voiture se brise et ils sont obligés de faire le reste du chemin à cheval. Ils se rendent à la prison de Jean Delvaux qui leur déclare qu'un démon a brisé leur voiture, mais que ce n'est pas le sien.
Le lendemain et jours suivants, Jean Delvaux persiste dans ses aveux ; il raconte toute l'histoire de la sorcellerie des Ardennes et en nomme tous les membres. Les députés, soupçonnant qu'il est maniaque ou fou, l'interrogent de toutes manières et pendant plusieurs jours. Ils jugent qu'il possède parfaitement tous ses sens et que toutes ses déclarations restent uniformes.
Les députés, de retour à Liège, font leur rapport au Prince Evêque. Ernest de Bavière ordonne une enquête judiciaire contre tous les accusés de sorcellerie.
Les enquêtes ont lieu et se continuent jusqu'au 10 janvier 1597, non seulement contre de vieilles femmes et des hommes du peuple, mais aussi contre des hommes distingués, tels que le mayeur Kaimerlinck, des échevins, des curés, des religieux.
Le 10 janvier 1597, les quatre députés retournent à Stavelot pour continuer les procédures. Les cinq religieux qui ont été empoisonnés par Jean Delvaux sont de nouveau entendus. Comme les suspects de sorcellerie répandent le bruit que Jean Delvaux est fou, les députés convoquent toutes les notabilités de l'endroit et du voisinage pour assister aux interrogatoires. Ils y assistent et se convainqent que Delvaux n'est pas fou.
Jean de Fronville, curé de Stavelot, soupçonné de sorcellerie, est confronté avec Jean Delvaux. Celui-ci déclare que le curé est de la société des sorciers et qu'il l'a vu plusieurs fois aux réunions. Le curé nie. Jean réplique que ses dénégations n'ont aucune valeur, parce que les sorciers s'obligent sous serment de ne rien révéler.
Enfin Jean Delvaux est mis à la torture. Pendant la torture, il maintient toutes ses allégations. Le 2 avril 1597, Jean Chapeauville prononce la sentence de dégradation et de remise au bras séculier. La dégradation est exécutée par le suffragant.
Le sorcier est mis à mort par le glaive et non par le feu, parce qu'il se repent de ses fautes et implore la miséricorde de Dieu.
Référence : Procès pour sorcellerie en Ardenne, Walthère Jamar, Chevron dans le passé
Sources :
http://users.skynet.be/maevrard/executionsorciere.html
firefly0909@hotmail.com <firefly0909@hotmail.com>

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