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L'Express du 07/02/2005
Khawar
Profession «fixeur»

de notre envoyé spécial Marc Epstein

Les dangers auxquels sont confrontés les journalistes étrangers en Irak ont fait découvrir au grand public les guides-interprètes qui les assistent. Arrêté au Pakistan avec les envoyés spéciaux de L'Express en décembre 2003, Khawar Mehdi Rizvi a été battu et détenu pendant plus de trois mois, avant de s'exiler aux Etats-Unis. Son parcours en dit long sur les risques du métier...

La dernière fois que Khawar Mehdi Rizvi a commandé un café dans un hôtel avec des journalistes de L'Express, des inconnus lui ont passé des menottes aux poignets, glissé une cagoule sur la tête, puis il a été détenu pendant plus de trois mois et battu à de nombreuses reprises. C'était à Karachi, dans le sud du Pakistan, il y a plus d'un an. Lors de nos retrouvailles aux Etats-Unis, la semaine dernière, dans un hôtel de New York, le café a été remplacé avantageusement par une bonne bouteille.

 
Reportage photo


Cliquez sur l'image pour voir le reportage de Jean-Paul Guilloteau commenté par Marc Epstein et Jean-Paul Guilloteau
Avec sa dégaine d'inspecteur Columbo et sa voix de baryton, il revient de loin, le bonhomme. Khawar a été arrêté le 16 décembre 2003, en même temps que le photographe de L'Express Jean-Paul Guilloteau et l'auteur de ces lignes. Nous revenions alors de la zone frontalière avec l'Afghanistan, où nous avions suivi un petit groupe de taliban (1). Le régime d'Islamabad a longtemps été le principal allié de ces islamistes réactionnaires et obscurantistes, anciens hôtes d'Oussama ben Laden, lorsqu'ils régnaient sur l'Afghanistan. Depuis les attentats du 11 septembre, en revanche, le Pakistan, soumis à la pression des Etats-Unis, s'est mué en «héros de la lutte antiterroriste» et impose la plus grande discrétion quant aux activités des taliban sur son territoire: l'accès aux montagnes de la région est interdit aux envoyés spéciaux. Notre curiosité a déplu.

Mis au secret puis emprisonné pendant plus de cent jours, Khawar a été libéré sous caution le 29 mars 2004. Il restait poursuivi pour, notamment, sédition et activités antigouvernementales. Après des mois d'hésitation, il s'est résigné à quitter son pays, le 12 décembre 2004, et à rejoindre les Etats-Unis. Il risquait une peine de prison qui, selon plusieurs sources, s'annonçait «longue et exemplaire».

Un bon carnet d'adresses
Parmi les journalistes étrangers qui effectuaient souvent des reportages au Pakistan, avant et après les attentats du 11 septembre, Khawar a longtemps eu la réputation d'être un excellent «fixeur». Vous ne lisez jamais les noms de ces hommes et de ces femmes. Leurs visages n'apparaissent pas dans les pages des magazines. Pourtant, de Karachi à Kaboul, de Bagdad à Belfast et de Gaza à Grozni, le fixeur est à la fois l'interprète, l'éclaireur et l'ange gardien du journaliste occidental. Quitte à prendre de gros risques (lire ci-dessous le portrait de Hussein Hanoun al-Saadi, disparu en Irak en compagnie de l'envoyée spéciale de Libération Florence Aubenas). Le mot vient du verbe anglais to fix - arranger, organiser. Et c'est leur tâche, précisément.

Les journalistes ont toujours eu recours à des interprètes, mais leur rôle a changé depuis une quinzaine d'années. Avec la fin de la guerre froide, en effet, les conflits surgissent du jour au lendemain, à travers les cinq continents. En outre, peu de journaux, aujourd'hui, ont les moyens de maintenir, comme autrefois, des correspondants permanents dans toutes les régions du monde. Le reporter se trouve ainsi catapulté vers les terrains les plus divers, et il ne connaît pas toujours la langue ou la société du pays où il doit opérer le plus souvent rapidement. Avant de prendre la route, au Tadjikistan, où trouver une voiture en bon état de marche avec un chauffeur fiable? A Bagdad, ce quartier est-il sûr? Comment rencontrer discrètement une veuve tchétchène? Un indépendantiste armé au Cachemire? Et, au Népal, quel est le moyen le plus rapide pour obtenir une interview avec l'ancien Premier ministre? Vaut-il mieux joindre son assistant ou prendre le thé avec son épouse?

 
Hussein, porté disparu à Bagdad
Depuis près de deux ans, Hussein Hanoun al-Saadi est le fixeur des envoyés spéciaux de Libération en Irak. Il a disparu le 5 janvier, à Bagdad, en compagnie de Florence Aubenas, journaliste au quotidien, quelques jours après le retour en France de Christian Chesnot et de Georges Malbrunot, nos confrères libérés à l'issue d'une prise d'otages de plus de quatre mois.

En avril 2003, Bertrand de Lesquen fut l'un des premiers à travailler avec Hussein Hanoun al-Saadi. Journaliste indépendant, rédacteur en chef de la revue Marine, il était alors en Irak pour le compte de l'hebdomadaire Valeurs actuelles. Il nous livre ici son témoignage:
«Je l'ai aperçu, pour la première fois, dans le hall de l'hôtel Sultan, où résidaient à l'époque la plupart des journalistes français. Il tenait à la main un dictionnaire français-arabe. Comme beaucoup d'anciens pilotes de l'armée de l'air irakienne, il a été formé en France où il a séjourné dans les années 1980. Il est encore aujourd'hui très francophile. Il a quitté l'uniforme en 1991 comme lieutenant-colonel.

Est-ce parce que je suis issu d'une famille d'officiers? En tout cas, nous nous sommes tout de suite bien entendus. C'étaient ses débuts dans le métier de fixeur, hormis une première expérience avec un journaliste de RTL. Ensemble, nous avons commencé à organiser son travail. Nous sommes allés dans un café Internet ouvrir une adresse e-mail. Internet était une nouveauté dans l'Irak de l'époque. Il a vite compris combien cela pourrait lui être utile pour entretenir le contact avec les journalistes français. Il s'est ensuite acheté un petit carnet dans lequel il consignait avec soin tous les noms et les numéros de téléphone utiles à son nouveau métier. J'ai pu constater, à l'occasion de mes différents séjours, combien le carnet s'était vite étoffé et avait pris de la valeur! Il lui est aujourd'hui aussi indissociable que son dictionnaire.

Hussein est un homme chaleureux à sang froid. Comme beaucoup de militaires, il est précis, carré, rigoureux. Pour un journaliste, il y a là quelque chose de très sécurisant. Il est pour moi plus qu'un interprète et un guide, c'est un ami, aussi solide en amitié qu'il l'est comme mari et père.»

Pour soutenir et prendre des nouvelles de Florence Aubenas et Hussein Hanoun al-Saadi, la page que leur consacre leur journal, Libération
Répondre à ces questions et aider le journaliste à naviguer dans un environnement inconnu, voilà la tâche du fixeur. Il n'est pas indispensable, mais il est sacrément utile. Intelligents et courageux, les meilleurs d'entre eux disposent d'un bon carnet d'adresses et suggèrent des lieux ou des idées de reportage que les autres envoyés spéciaux n'ont pas encore explorés. Ils évitent aussi au visiteur les gaffes et les faux pas: en Birmanie, il est impoli de rester assis en présence d'un aîné; en Inde, seuls les rustres s'essuient le nez avec un mouchoir; croiser les jambes devant un chef tribal irakien est déconseillé, car la plante des pieds doit rester cachée, dans le monde arabe, comme chez les bouddhistes de Thaïlande, d'ailleurs.

Dans une zone de conflit, un fixeur peut sauver votre vie, et peu importe que ce dernier soit étudiant, ingénieur, guide touristique ou journaliste local. Tout l'art consiste à faire le bon choix puis à s'attacher ses services dans la durée, malgré les sommes faramineuses que les confrères des télévisions japonaises ou des networks américains seront prêts à offrir pour débaucher l'oiseau rare! Selon le contexte, il peut espérer gagner entre 50 et 300 dollars par jour. Plus que l'argent liquide, toutefois, c'est le maintien d'une confiance mutuelle, de part et d'autre, qui garantit la longévité du «contrat», comme l'explique Zoran Cirjakovic, un brillant fixeur d'origine serbe, collaborateur de nombreux confrères américains pendant la guerre en ex-Yougoslavie: «J'ai toujours travaillé avec des journalistes honnêtes, dit-il, qui écrivaient des articles avec lesquels j'étais entièrement d'accord, au point que j'aurais pu les signer. En cas de problème, la rigueur et le sérieux de l'envoyé spécial constituent la meilleure protection d'un fixeur. Pendant la guerre dans les Balkans, la plupart de nos interlocuteurs me percevaient comme un traître à la nation serbe. J'ai été arrêté et menacé à de nombreuses reprises. Dans ces circonstances, la copie du journaliste doit être irréprochable. Et ses qualités humaines aussi.» Ainsi naissent, souvent, de vraies relations d'amitié.

Les fixeurs n'ont jamais été autant mis à contribution qu'à Bagdad ces temps-ci. Au fur et à mesure que certains quartiers de la capitale irakienne sont devenus inaccessibles pour des journalistes étrangers, ce sont des locaux qui sont chargés de couvrir certains événements et de ramener, par exemple, les images vidéo des suites d'un attentat. A Bassora, dans le sud du pays, Hussein, le fixeur de Vincent Hugeux, l'envoyé spécial de L'Express, résume la situation: «La plupart des journalistes étrangers restent à l'hôtel. Et nous leur fournissons les interviews. Mais on peut aussi se déplacer ensemble, à condition de faire gaffe...» Avant tout rendez-vous dans un quartier réputé sensible, Hussein file seul sur les lieux en repérage, puis livre son diagnostic: «On peut y aller», «Mieux vaut attendre» ou «A éviter».

Des cibles plus faciles que les étrangers
En Irak, au moins 16 fixeurs, interprètes et chauffeurs ont été tués en 2004 et des dizaines d'autres ont été blessés ou ont subi des menaces, indique le Comité pour la protection des journalistes, une organisation américaine comparable à Reporters sans frontières. Au Pakistan, selon la même source, au moins 5 journalistes locaux ont été détenus, agressés ou menacés l'an dernier en raison de leur travail au service de confrères occidentaux.

Dans les mois qui ont précédé les attentats du 11 septembre 2001, de nombreux reporters français qui se rendaient au Pakistan et en Afghanistan échangeaient le numéro de téléphone portable de Khawar Mehdi Rizvi. A Kaboul, alors aux mains des taliban, il n'avait pas son pareil pour distraire les soi-disant «guides officiels», ce qui permettait à l'envoyé spécial de multiplier rencontres et interviews, malgré les restrictions en vigueur. Après le 11 septembre, tout naturellement, des dizaines de reporters souhaitaient travailler avec ce fouineur iconoclaste et curieux de tout. Les nombreuses enquêtes auxquelles il a collaboré - pour TF 1, France 2, France 3, Le Monde, Libération, L'Express et d'autres - ont souvent été remarquées et parfois couronnées de prix. Son grand ami, Babar Majid, jouissait, lui aussi, d'une réputation excellente, au point qu'il est rapidement devenu l'homme clef du New York Times dans la région: «Sept reportages auxquels j'ai été associé ont décroché un Pulitzer!» dit-il en souriant. A présent, les deux hommes, contraints à l'exil, partagent le même appartement. Un troisième, Irfan Qureshi, a été arrêté par les taliban dans l'ouest de l'Afghanistan en octobre 2001, en compagnie de Michel Peyrard, reporter à Paris Match. Son courage n'a guère été récompensé: harcelé par les services de renseignement militaire pakistanais, cet ingénieur civil a préféré quitter le pays. Il est désormais chef de chantier à Washington, dans une petite entreprise du bâtiment qui rénove des appartements.

Qureshi explique la sévérité d'Islamabad à l'égard de certains fixeurs par le fait qu'ils prennent des risques: «Nous étions les représentants d'une génération nouvelle, insiste-t-il, qui apprécie davantage les reportages sur le terrain que les conférences de presse interminables. Bien sûr que les envoyés spéciaux voulaient travailler avec nous! Le gouvernement a jugé plus facile de s'en prendre aux fixeurs plutôt qu'aux étrangers qui les employaient. Même les journalistes locaux ne nous ont guère soutenus. En enquêtant sur le terrain, nous avons gêné l'ordre établi.»

Un récent rapport de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) fait écho à ces paroles (2). Selon ses auteurs, «le cas de Khawar Mehdi Rizvi est symptomatique des efforts d'Islamabad pour épargner les journalistes étrangers, et concentrer [la répression] sur les fixeurs, afin d'obtenir, par ce biais indirect, une couverture médiatique conciliante».

Mais que s'est-il passé au juste en décembre 2003, à la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan? Il semble que ce soient des indiscrétions d'enfants pakistanais, chez un épicier, qui aient permis aux autorités de retrouver notre trace, puis de nous appréhender à Karachi. Les gamins avaient aperçu deux inconnus à la peau blanche, dans un village au bord de la rivière Kadanai, et ils n'en revenaient pas. Manque de chance, un agent des services de renseignement pakistanais a entendu leur conversation. Et il a appelé des renforts...

Après un court séjour en prison, les deux reporters français ont été condamnés à une amende et à six mois d'incarcération. Avec une célérité inhabituelle, cette peine a été annulée en appel et nous avons pu quitter le pays, un mois environ après notre arrestation. Islamabad avait atteint son objectif: décourager les journalistes étrangers, non accompagnés d'un guide officiel, de se rendre dans des zones frontalières où les taliban opèrent ouvertement.

Si nous étions tirés d'affaire, il n'en allait pas de même pour Khawar. En janvier 2004, le général-président Pervez Moucharraf s'est même laissé aller à le critiquer en public. A cette époque, notre confrère avait officiellement disparu, mais la télévision nationale diffusait des images de lui, entouré de policiers! «Ils m'ont planté devant une caméra, se souvient Khawar, en prenant soin de cacher les menottes que je portais aux poignets. Nous étions à proximité d'une maison que je n'avais jamais vue auparavant. Ils cherchaient à faire croire que notre reportage était entièrement factice.»

Le soutien de la diplomatie américaine
Quand ils ne l'exhibaient pas devant les caméras de la télévision, des gros bras des services de renseignement militaire frappaient Khawar avec des lanières en cuir. Dans un froid polaire, ils l'obligeaient à rester debout, privé de sommeil, pendant plusieurs jours d'affilée. Ses mains étaient attachées au-dessus de sa tête à un anneau fixé au mur. «Je récuse tout ce dont ils m'accusent, affirme Khawar. Mais le débat n'est pas là. C'est une question de principe. Personne ne devrait subir les traitements qui m'ont été infligés, quelles que soient les circonstances.»

Khawar Mehdi Rizvi est désormais en sécurité. La diplomatie américaine, qui soupçonne Islamabad de ne pas lutter avec l'énergie requise contre les islamistes armés à proximité de la frontière afghane, a volé au secours de cet homme qui a eu la curiosité et le courage d'aller y voir de plus près. L'ambassadeur, à Islamabad, ainsi que le Département d'Etat, à Washington, ont publiquement manifesté leur inquiétude. Par la suite, Khawar a bénéficié d'une bourse d'études à l'université du Maryland, accordée pour un an par l'intermédiaire du Comité pour la protection des journalistes, basé à New York.

Sur les conseils de diplomates américains, l'ancien fixeur pakistanais déposera d'ici peu une demande d'asile politique. Il est suivi par un médecin, qui tente de le remettre d'aplomb. Et il cherche ses marques, au pied des gratte-ciel de New York comme dans son immense campus universitaire, au gazon impeccable. Qu'elle semble loin, vue d'ici, la poussière des montagnes afghanes...

Toute sa vie, Khawar a vécu de petits boulots. En attendant de retourner peut-être un jour chez lui, nul doute qu'il saura rebondir aux Etats-Unis. Célibataire, âgé de 44 ans, il est l'auteur de nombreux articles et d'un documentaire télévisé sur la condition des femmes afghanes, diffusé en son temps par la chaîne Arte. C'est un homme intelligent, débrouillard et pragmatique. Et c'est pourquoi il demeure, en tout point, un parfait fixeur.


(1) Voir l'article du 19 janvier 2004, «Pakistan: nos reporters racontent».
(2) «In male fide» (en anglais). Publié en janvier 2005 et consacré à la liberté d'expression au Pakistan, ce document est accessible sur Internet: www.fidh.org
Par ailleurs, des journalistes qui ont travaillé en compagnie de Khawar ont créé un site, qui résume l'essentiel des événements: www.freekhawar.org

Post-scriptum
Lors de la séance des questions d'actualité à l'Assemblée nationale, le 1er février, Jean Pierre Raffarin a indiqué que les «informations» recueillies par le gouvernement sur le sort de Florence Aubenas et de Hussein Hanoun al-Saadi «{donnaient] à penser que nous nous trouvons dans une situation sensiblement différente de celle que nous avons connue avec Christian Chesnot et Georges Malbrunot».




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