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Au sommaire du 13 avril 2005

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- ils ont dit...
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- Des laboratoires de l’action publique ?
- Ils sont la Seine-Saint-Denis
- À travers les régions
- Les grosses manips sur la constitution
- Des citoyens passionnés
- Le « non » écologiste se fait entendre
- en direct de la campagne
- Drôle de panel, drôle de débat
- pédagogie de comptoir Le « oui » en campagne « glandulaire »
- L’overdose
- Mobilisations les 16 mai et 9 juin
- l’essentiel
- Face à un patronat de plomb
- balises
- La CCAS contre la précarité
- Et en promotion... le dimanche au boulot

Dans la rubrique Politique aujourd'hui

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Drôle de panel, drôle de débat

Télévision. Les militants de nombreuses organisations de jeunesse, favorables au « non » de gauche, n’auront pas la possibilité d’interroger le chef de l’État, jeudi soir.

Y a-t-il une malédiction qui pèse sur le camp du « oui » ? Tout se passe comme si, quelle que soit l’initiative que prennent les partisans de la ratification de la constitution, celle-ci se retourne et revient les frapper comme un boomerang.

Jacques Chirac vient à peine de répondre à l’appel de ceux qui le suppliaient de prendre la parole, en décidant de participer à une soirée spéciale sur TF1 que, déjà, l’émission est décrédibilisée et la parole du président soumise à caution. En cause, le principe même de l’émission. « Le triomphe du marketing politique et de l’information spectacle au mépris du journalisme » selon les journalistes de France 2, France 3 et M6 qui ont interpellé lundi le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Rejoints par leurs confrères de Canal Plus, ils s’indignent « du fait que TF1 ou le service de presse du chef de l’État n’ont pas jugé utile d’inviter un ou plusieurs journalistes politiques alors que cette émission sera un rendez-vous politique majeur ». Pour épauler Patrick Poivre d’Arvor, TF1 a en effet préféré choisir l’animateur-producteur Marc-Olivier Fogiel (France 3), l’animateur-producteur Jean-Luc Delarue (France 2) et Emmanuel Chain le journaliste et producteur de M6, plutôt que des journalistes politiques confirmés.

Deuxième élément décrédibilisant pour le chef de l’État : le fait qu’il accepte d’être confronté à 80 jeunes âgés de dix-huit à trente ans quand dans le même temps il annonce son refus absolu de débattre avec des partisans du « non » pendant toute la durée de la campagne. Pas de journalistes politiques, pas de contradicteurs... La méthode ressemble furieusement à de la propagande. Et les partisans du « non » ne se privent pas de rappeler qu’en 1992, à l’occasion du référendum sur le traité de Maastricht, le président de l’époque, François Mitterrand, avait choisi de débattre avec un des opposants à ce traité pour permettre aux Français de se faire une idée.

Les 80 jeunes me direz-vous ? Le directeur de l’information de TF1, Robert Namias, assure que le panel des jeunes qui s’adresseront jeudi au président sera composé pour un tiers de partisans du « oui », pour un autre de partisans du « non » et le troisième pour des indécis. « Ils auront une liberté absolue de parole », précise-t-il. Pourtant les choses ne semblent pas si claires que cela. Le « non de gauche » semble être quelque peu minoré. Les étudiants de l’UNEF, principal syndicat étudiant, et les lycéens de l’UNL, deux organisations ayant appelé à voter « non », sont absentes du débat. De même, aucun jeune adhérent des Jeunes Communistes (JC), des Étudiants communistes (UEC) ou du PCF n’a été sélectionné. Les JC dénoncent « une opération de politique spectacle bien loin de répondre aux attentes des jeunes ». Encore plus fort : deux jeunes initialement sélectionnés pour intégrer le panel, Maxime Combes et Sylvain Pattieu, ont été décommandés. Précision d’importance : le premier est étudiant et militant d’ATTAC, l’autre est enseignant et adhérent de la LCR. Tous deux sont signataires de l’appel des 200 jeunes pour un « non de gauche ». La Sofres, chargée de rassembler ces jeunes « représentatifs », dément toute mise à l’écart pour des raisons autres que techniques. Mais pour Maxime Combes, il n’y a pas de doute à avoir. Et de raconter qu’il a été contacté jeudi dernier par la Sofres. « Pendant 45 minutes, la SOFRES m’a expliqué en détail le déroulement de la journée. Rendez-vous le matin au Golden Tulipe de la porte de Saint-Cloud où seront hébergés les jeunes de province, déjeuner à l’Élysée avec le cabinet du chef de l’État, visite de l’Élysée l’après-midi pour nous familiariser au décor, et "répétition" pour nous habituer aux caméras... On m’a également confirmé, à plusieurs reprises, de réserver ma journée du jeudi 14 avril », explique-t-il. Pourtant le lendemain nouveau coup de fil de la Sofres pour lui faire savoir qu’il est hors circuit. Le prétexte : il y a trop d’étudiants, et pas assez de salariés. Ce qui n’a pas empêché la Sofres de « débouter » un salarié de l’éducation nationale : Sylvain Pattieu.

Il y a quelque chose de pourri dans le royaume du « oui ».

Stéphane Sahuc

Article paru dans l'édition du 13 avril 2005.

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