Digressions, débats de fond et mp3. Patatras

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Articles

I’m a fan

Les Liars, du début à la fin

image1Bien que l’on s’en soit réjoui dès la première écoute, convaincu que l’on tenait là un tout grand disque, il nous aura fallu du temps pour digérer la sortie de Drum’s not Dead, le dernier album des Liars. Bonne occasion dès lors de faire le point sur une carrière déjà riche en se retournant, d’une part, sur une discographie exemplaire et en nous entretenant d’autre part avec Aaron Hemphill. Sans oublier le mp3 blog d’Angus. Bref, la totale. - aKa

Rock

Ces mélodies, elles sonnent

image2Sous l’influence de Gainsbourg, des Beatles et de goûts très sûrs, un groupe français, anglophone, ancré dans son époque sort un premier album truffé de pépites : Diving with Andy, trio mixte et prometteur, qui nous a longuement reçu pour nous raconter son histoire. - Rouquinho

P2P & Co

RDDV, l’esprit du rock

image3Malgré trente baffes, dix-huit pirouettes et la condamnation de nombreuses personnes sérieuses et impliquées, le ministre de la Culture a réussi à faire passer son projet de loi sur le droit d’auteur. La Blogothèque relance donc son concours de détournement et vous invite à partager avec nous les meilleurs phrases du ministre. - Chryde

Interview

Jose Gonzalez : quelques battements de coeur dans les charts

image4Avec six cordes en nylon et une douce incantation, Jose Gonzalez a secoué les charts en rythme. Découvrez ici comment tout a commencé. (Traduction d’un article en Anglais de Lilou) - Manur - Lilou - Rom - Pechiney

Interview

Sufjan, roi de New York

image5Imaginez-vous passer une heure et demie à parler avec Sufjan Stevens au lendemain de son concert le plus audacieux à New York. Emmanuel Tellier, de Télérama, a eu cette chance. Il a proposé à la Blogothèque de publier l’intégralité de l’échange. Vous imaginez, on n’allait pas dire non ! - Un invité

lundi 17 avril 2006
(I’m a fan)

Vide-grenier de printemps

« Bonjour tout le monde, j’espère que vous vous souvenez de nous, Prewar Yardsale, ça fait un moment que nous ne sommes pas venus vous voir, nous avons été pas mal occupés, à commencer par nous occuper de ce bébé qui a maintenant deux ans, lui apprendre à réciter son alphabet, à compter... Nous avons aussi écrit de nouvelles chansons et publié un nouvel album depuis la dernière fois que nous sommes passés par Londres et Paris ».

C’est par ce petit message dans ma boite mail que j’apprends que les deux oiseaux jouent mardi prochain 18 avril au Kitch up, 39 boulevard de Clichy dans le 18ème. Prewar Yardsale, c’est ce duo new-yorkais que Herman Düne encense comme son groupe préféré et accueille à chaque fois que l’occasion se présente, que ce soit à Mains d’Oeuvre en 2003 comme lors de leur résidence en Alsace en 2004. Dina Levy et Mike Rechner. Un couple ayant célébré ses noces au son des premiers Jesus & Mary Chain et de Beat Happening, hébergé sur le micro-label new-yorkais Olive Juice.

Leur fantastique premier album n’a hélas jamais connu de diffusion européenne, et ce malgré quelques mini-tubes en puissance (dont Weird et AU Base). Sur le second, paru il y a maintenant deux ans, ils exploiraient une voie psychédélique inattendue (Sun of a Sun). S’il manquait de morceaux aussi forts que son prédécesseur, « We Are Singing A Sad Song » se révelait au fur et à mesure des écoutes aussi lancinant qu’un vieux Spacemen 3. Dans quelle direction se sont-ils engagés pour passer le cap toujours difficile du troisième album ? Retour aux sources ou chemin de traverse ? Réponse mardi soir (au même programme : Chris Mahar et Lapin Machin).

PS : Les Prewar Yardsale étaient samedi soir à la Flèche d’Or. Ils accompagnaient Freschard lors du premer concert de la soirée.

Philippe Dumez | (Permalien) - commentaires (5)
vendredi 14 avril 2006
(Découverte)

Des musiciens morts sur MySpace

John Coltrane a 9653 copains. Parmi eux, Miles Davis, qui en est à 4732 copains. Ce n’est pas rien, c’est moins bien que Dolly Parton et ses 6046 amis mais mieux que James Brown et son faiblard réseau de 2591 personnes. Laura Nyro a mis John Coltrane dans ses copains, ça lui en fait 185. Denny Ray Miller, lui, ne fait pas de musique, et n’a que 60 potes. Mais pas n’importe lesquels : Jerry Lee Lewis, les Sex Pistols, Ray Charles, Lou Rawls... il a même mis Hank Williams dans son ’top eight’.

C’est à première vue plus pertinent que Jeff Bucley qui aurait pu mieux choisir, parmi ses 11535 amis, que Sylvie, jeune fille de l’Oklahoma amie de Craig, fan de Chuck Norris, qui se trouve ainsi dans le réseau étendu de l’auteur de Mojo Pin. Aïe. Ian Curtis a pour sa part interverti nom et prénom, un adolescent à capuche lui ayant piqué son pseudo. Petit con. Il pourrait s’excuser, comme l’a fait Nick Drake, musicien chrétien.

Harry Nilsson, a créé sa page MySpace pour qu’on arrête de le faire chier en soirée, mais en vrai, il s’en fout.

Il y a plein de musiciens morts sur MySpace. Leurs pages sont quelquefois des hommages revendiqués, mais plus souvent de fausses pages persos reconstituant peu à peu les réseaux véritables ou supposés des artistes décédés, au risque de l’incohérence totale : Ian Curtis devient un ami de New Order, c’est pas possible mais c’est bien plausible.

La plus belle partie, ce sont les commentaires. Je n’arrive pas à savoir si les gamins sont conscients que MySpace ne communique pas encore avec l’au-delà, si le tutoiement de l’artiste mort est une incongruité tolérée, comme les pleurs sur la tombe de Jim Morrisson. Mais John Coltrane, tu changes ma vie, et Nina Simone, tu es une grande artiste merci...

(PS : La palme de la classe absolue revient cependant aux philosophes : Michel a mis J-J dans son top eight. J-J, qui snobe Ludwig alors qu’il est pote avec Jacques. Pas étonnant, J-J ne s’intéresse qu’aux ados américains.)

Chryde | (Permalien) - commentaires (6)
mercredi 12 avril 2006
(Concert)

Pas le temps de Deerhoof

Si toutes les préventes s’étaient écoulées depuis un moment, le site des Instants Chavirés laissait un dernier espoir de voir Deerhoof (prononcer « dirouf » et non pas « der_hof » comme l’imbécile que j’étais) : les dernières places seraient mises en vente le soir-même. J’étais arrivé une demi-heure avant l’ouverture des portes pour tenter ma chance. La rumeur qui courait le long de la rue Richard Lenoir parlait d’une cinquantaine de tickets. Et c’est au moment où je m’apprétais à acheter le mien que le sentence tombe : fin de la billeterie. Mon voisin est plus prompt que moi à faire péter le scandale : c’est vrai que ça fait 45 min qu’on attend sagement dans le froid et que plein de gens nous sont passés devant... A force de tractations argumentées et de chantage sentimental, une poignée de malheureux sont repéchés. Ouf. Cette chronique a failli s’arrêter là.

J’aurai bon dos de me prétendre fan de la première heure : si c’est la troisième fois que Deerhoof joue à Paris, je ne les ai découvert qu’en décembre dernier, suite au plébiscite décrété par les bloggeurs autour de leur septième album « The Runners Four ». Et je me suis pris une grosse claque dans la gueule, notamment grâce au single Wrong Time Capsule. Je me prépare à m’en prendre une autre ce soir, et j’en ramasse deux. Le groupe de première partie, Chocolate Billy, est excellent. Essentiellement instrumental, il secoue la salle tel un éléctro-choc, notamment en raison de l’exceptionnelle presénce scénique d’un des deux guitaristes, un barbu en transe d’un bout à l’autre du set. Post-rock ? Prog ? Chocolate Billy, à la manière des groupes du label Skin Graft, brouille les pistes. Un spectateur leur lance des carrés de chocolat qu’ils redistribuent à la salle. J’en reçois un : blanc avec des noisettes. Qu’ils soient français, pour détourner Christophe Conte, devient purement anecdotique.

Une caméra numérique filme la soirée qui est projeté en simultanée sur un des murs de la salle : c’est une intiative d’autant plus louable que Satomi Matsuzaki, la chanteuse de Deerhoof, a du mal à rivaliser au niveau taille avec le reste de son groupe. Mais l’image vidéo permet aussi de mieux se rendre compte de l’incroyable jeu du batteur Greg Saunier qui, assis très bas, conjugue à la fois précision et intensité. Leur répertoire donne l’avantage aux morceaux les plus secoués, négligeant les titres en demi-teinte du dernier album (c’est mon seul grief). Sur « Milk Man », les Instants chavirent sous le coup d’un pogo des familles. Depuis combien de temps n’avais-je pas assisté à ça lors d’un concert ?

Ils reviendront deux fois, rappelés par un public chauffé à bloc refusant de quitter la salle. Malheureusement, ce n’est pas encore le cas partout (ils jouaient la veille à Genève devant 25 payants). Pourtant, partout où Deerhoof passe, leur rock débridé fait l’unanimité. Je ne vois pas quoi leur balancer la prochaine fois qu’ils reviendront : et pourquoi pas des fleurs, tout simplement ?

Bonus : Pradoc nous avait signalé en janvier dernier ce petit extrait live qui donne un bon aperçu des performances du groupe.

Bonus 2 : Vincent Moon a aussi une vidéo live des Deerhoof, prise le soir même. D’ailleurs son blog entier, Les nuits de Fiume est passé à la vidéo.

Philippe Dumez | (Permalien) - commentaires (5)
lundi 10 avril 2006
(Une histoire)

Des berceuses pas comme les autres

Globalement, dans l’histoire de l’humanité, chaque génération a cru bon de se reproduire. C’est au tour de la mienne. Depuis le 31 décembre dernier, mes guitares et mes disques ont un héritier légitime. Une question m’obsède, puis une autre sur laquelle votre aide et votre culture me sera précieuse, chers lecteurs. La première : quelle sera l’influence sur mon petit Hélio des montagnes de CDs qui trônent dans son appartement ? M’aura-t-il rattrapé dans l’érudition à huit ans ? Ou, par un phénomène de rejet bien connu, finira-t-il pas s’intéresser à tout dans la vie, sauf à la musique qui change celle de son papa ? Ce n’est pas une hypothèse d’école : la fille de Philippe Manœuvre n’écoute que du rap (Philippe, tu as tout mon soutien). En attendant l’heure des premiers choix et des conflits qui en découlent, ("Hélio submarine", comme mes amis le surnomment, finira bien par avoir l’âge d’écouter le genre de trucs qu’on faisait subir à nos parents entre 4 et 12 ans), je me régale à observer les réactions du petit bonhomme à ce qui passe par son oreille.

La première impression est prodigieuse. Il reconnaît les chansons que ses parents lui chantaient avant sa naissance. Pour le reste, je ne sais pas s’il apprécie tout, mais il réagit à tout ce que la chaîne familiale diffuse. Le jazz lui plaît (Davis, Coltrane, Mingus lui font faire les gros yeux). Le rock n’roll encourage son bassin et ses cuisses sur la voie de primaires contorsions (un jour qu’il était tout calme, Bonnie and Clyde l’a électrifié). Et surtout, le piano a des vertus exceptionnelles sur son calme et son attention. Arrêtez d’en vouloir aux industriels qui garnissent tous les jouets premier âge de boîtes à musique aux mélodies aussi obsessionnelles qu’ultra aiguës : les bébés (le mien, en tout cas), adorent ces sons. Chopin, Debussy, Monk, Satie, Jarrett : j’ai tout essayé, tout finit par marcher. Un jour, au moins une fois, ces grands ancêtres ont fini par apaiser un gros chagrin, rythmer une têtée trop énervée ou montrer la voie du sommeil.

Entre tous, un disque s’est imposé comme le sien : Solo Piano de Gonzales. Du moins, les morceaux à dominante aigue (la plupart) de cette pépite, parue en 2004, qui reste la vitrine du courageux label No format. Le manifeste de ces seize remarquables pièces : "On dit que le piano est l’instrument qui permet de suggérer le plus grand nombre de couleurs, il est pourtant noir et blanc, comme un vieux film muet. Fixant mes deux mains du regard, j’imagine que chaque pièce est une ombre chinoise se déployant sur un mur." Cette phrase me fait étrangement penser aux grands yeux que mon bébé est capable d’adresser à un pan entier de mur, comme halluciné par les formes qui s’y déploient. Un doute me secoue à la lecture du commentaire de Gonzales : son disque a-t-il été enregistré uniquement pour combler les attentes d’Hélio vis-à-vis du monde sensible ? Je souhaite en avoir le coeur net, et là surgit ma deuxième question : voyez-vous, cher lecteur, un autre disque dans la veine de Solo Piano, ni vraiment pop, ni tout à fait classique, capable de plaire autant aux tous petits et aux tous grands ? S’il y en a d’autres, je suis preneur. Fans de Richard Cleyderman s’abstenir. Merci d’avance.

-  Extraits de Solo Piano samplés sur le site officiel.
-  La page de Gonzales sur le site de No Format.
-  Gonzales sort un DVD (extraits sur le site) le 24 avril et sera en concert au Trianon le même jour.
-  Tiens, on en profite. On vous fait gagner cinq DVD de Gonzales. Laissez bien votre adresse dans les suggestions, les cinq qui auront le plus séduit Rouquinho recevront un mail et par la suite, un DVD).

Rouquinho | (Permalien) - commentaires (40)
jeudi 6 avril 2006
(Rock) - (Sorti de l’oubli)

Runner, fin de course

Ce fut sans fleur ni couronnes. Dans ma boîte mail est tombée cette semaine un mail d’un garçon du nom de Marc Pinansky. Il vient de mettre un terme à l’aventure Runner and the Thermodynamics. Les Runners, c’est une nuit de janvier à New-York. Il y faisait froid, très froid. Glacial. Pas de quoi folâtrer dans les rues pétrifiées de glace, mais je voulais absolument voir le Sin-é. Avec Mathieu, on l’a retrouvé au fond d’une rue sans âme, loin des murs blancs, des tables en bois et de St-Marc’s Place d’origine. Le Sin-é, c’est désormais et uniquement une salle de concert.

De la soirée, je me souviens en vrac avoir discuté avec le videur canadien francophone, du flyer Vicious de la soirée fourré négligeamment dans la poche, de quelques bières vidées, d’un jeune photographe mitraillant tous les groupes et deux coups de batterie de Roger Knight, deux coups portés par un riff de guitare qui ouvre So Sorry. Une vraie claque dans la salle, c’est bête comme chou un groupe de rock mais quand ça fonctionne...

Le très rétro Pinansky, le virtuose, explosif, terrrrrrrrible batteur Knight et une ligne de basse d’Oor faisaient du rock garage, grattant du blues tout en triturant des mélodies de guitares à faire frémir d’énergie le bas des reins. Des amplis crachaient bien plus d’électricité que n’en déploient parfois dix musiciens sur scène. Trois gars de Boston entrés sans prévenir à la faveur d’une soirée. En clair, ça envoyait du bois. Et puis ce batteur, ce batteur...

Du Sin-é, je suis reparti avec leur album et je l’ai écouté en boucle. En France je pense que les amateurs se sont limités à deux personnes, moi-même et Guillaume Gwardeath, le tenancier de feu Extrajazz qui avait chroniqué l’album voilà quelques années maintenant. Et c’est bien dommage. J’ai rêvé les voir jouer en Europe.

De leur newsletter, impossible de savoir ce qui a fait plongé les Runners. Désormais leur site internet ressemble à la fin de vie boursouflée de vieilles gloires : disgracieux, décorum erratique et de mauvais goût. On y retrouve tout de même une tentative d’opéra-rock d’où quelques titres viendront alimenter leur unique album. Qu’il ne tient maintenant qu’à vous d’écouter, et pourquoi pas d’apprécier. Sur scène, ça ressemblait à cela.

Le photographe qui mitraillait ce fameux soir de janvier, je l’ai appris plus tard, n’était autre que Jasper Coolidge (Jenyk), ce fou furieux des soirées new-yorkaises. Des Runners, il en dit juste "a truly remarkable band with more explosive energy than a nuclear power plant" et de leur batteur, "BY FAR the sickest drummer I’ve ever seen live". Venant de lui, ça vaut beaucoup.

Au moins, après ça, vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas.

Furax | (Permalien) - commentaires (6)
samedi 1er avril 2006
(La vie de la Blogothèque)

La Blogothèque en papier

Les bouleversements furent nombreux ces dernières semaines, qui ont montré une presse culturelle et musicale en pleine évolution. Des faux pas, des aventures, des réajustements, des débats qui n’ont fait que nous confirmer dans notre credo, sagement muri ces derniers mois : il faut que la Blogothèque bouge.

Nous avons longuement hésité sur la forme à donner à ce mouvement. Puis la réponse est venue naturellement. Le succès de Netizen, magazine mensuel sur l’internet citoyen, nous montrait que le papier était encore un média fort, tourné vers l’avenir. Le rachat de Fluctuat par Doctissimo nous prouvait, si besoin était, que nous ne ferions rien sans un partenaire d’envergure. Enfin, la volée de bois vert prise par les Inrocks après le lancement de leur nouvelle formule confirmait que ce que leurs lecteurs pleuraient, c’était le mensuel.

Nous avons fait la synthèse de ces leçons. Et pouvons aujourd’hui vous dévoiler le lancement prochain du résultat de cette synthèse : voici La Blogothèque, magazine culturel bimestriel.

Ceci n’est qu’une prémaquette du premier numéro, prévu pour le 27 avril prochain. La Blogothèque restera bien évidemment le site web que vous aimez fréquenter. Mais elle s’accompagnera d’une version papier qui prendra le temps de se pencher plus sérieusement sur les disques que nous aimons, de rencontrer plus longuement, plus intimement les artistes que nous soutenons. Ce sera le grand frère lent et posé de notre frénétique blog.

Nous devons ici remercier les Inrockuptibles, qui nous laissent reprendre une partie de leur maquette en échange de la publication d’un éditorial d’Arnaud Viviant dans chaque numéro. Nous devons tout autant aux surgelés Picard, sans le soutien financier duquel nous n’aurions jamais pu lancer un tel projet.

Et nous devons vous remercier vous, lecteurs, pour nous avoir donné l’envie de vous parler toujours mieux de musique.

A bientôt au Relay...

Blogothèquement votre...

Chryde | (Permalien) - commentaires (25)
jeudi 30 mars 2006
(Digression)

Il faut sauver le soldat Morrissey

(Oui, on sait, cet article n’arrête pas de bouger. Vivement la nouvelle version)

Même si c’est mal de vendre la peau de l’ours avant que le disque ne soit dans les bacs, je vous le dis du bout des lèvres : le dernier Morrissey est décevant. Ce n’est pas un mauvais disque en soi, mais toutes les nouvelles pistes dans lesquelles il s’est engagé (Tony Visconti à la production, les cordes forcément sensibles d’Ennio Morricone sur un morceau) ne tiennent pas leurs promesses. Pourtant j’aurai tant aimé l’aimer. Savoir qu’il était encore capable de créer la surprise et que, à 47 ans, avec ses tempes grisonnantes et son air maussade, il n’avait pas tout dit. Mais je n’ai pas envie de le laisser tomber pour autant. Bien d’autres avant lui ont connu un passage à vide. Ils s’en sont tous sortis en misant sur l’originalité. A l’intention du garçon avec l’épine de son coté, quelques options à ne pas négliger.

-  La solution Georges Harrison : aller chercher Jeff Lyne pour un grand disque de pop eighties dont on dira que c’est son meilleur depuis la fin des Smiths.
-  La solution Johnny Cash : s’en remettre aux choix de Rick Rubin pour composer un répertoire à la hauteur de l’artiste, joué dans un dépouillement total qui met en avant son extraordinaire talent d’interprète.
-  La solution Scott Walker : tourner le dos au business et mettre 10 ans à enregistrer un album difficile et voué à l’échec.
-  La solution Damon Albarn : partir en voyage humanitaire au Mali, revenir avec un disque enregistré sur place sur lequel il joue des percussions.
-  La solution Bowie : réunir à nouveau Carlos Alomar, Brian Eno et Robert Fripp afin de constituer sa trilogie berlinoise. Soigner la ressemblance jusqu’à enregistrer des versions multilingues de son single (tout en espérant au fond de lui être rapidement remixé par David Guetta).
-  La solution Ben Vaughn : un exil volontaire en Ecosse donnant lieu à deux sessions d’enregistrements, une plutôt folk, l’autre plutôt rock, en compagnie de musiciens locaux comme Stevie Jackson (Belle&Sebastian;) et Francis MacDonald (ex-Teenage Fanclub).
-  La solution Loretta Lynn : un album réalisé à l’ancienne par Jack White, dans un esprit glam-rock proche des New York Dolls, son groupe fétiche.
-  La solution Paul McCartney : prendre rendez-vous avec Nigel Godrich. Malheureusement, ce dernier n’est pas libre avant 2027.
-  La solution Gainsbourg : débaucher Sly& Robbie pour leur faire réaliser un enregistrement couleur reggae, accompagné d’une version dub pour les premiers acheteurs.
-  La solution Madonna : faire les yeux doux à Jacques Lu Cont et l’embarquer dans une tournée mondiale dont il est promu directeur artistique tout en entretenant avec son pupille une relation forcémment ambigue.
-  La solution Nancy Sinatra : se faire tailler un costard sur mesure par Richard Hawley, Jarvis Cocker, Neil Hannon, Jude, Jens Lekman, Edwin Collins, Josh Rouse, Jonathan Rice, Rufus Wainwright et Hawksley Workman. Le défendre sur scène accompagné par des bûcherons.
-  La solution Ringo Starr : passer de l’autre coté de la caméra et réaliser un long-métrage sur David Johanson qui sortira directement en DVD devant le peu d’empressement manifesté par les distributeurs.
-  La solution William Shatner : convoquer Ben Folds et mettre au point un repertoire composé à la fois d’originaux et de reprises, interprété en compagnie d’invités improbables (Jello Biafra ? Chuck Klosterman ? Neko Case ?)
-  La solution Andrew Eldritch : revendiquer la propriété du nom « The Shoplifters of the World », sous lequel Johnny Marr, Mike Joyce, Andy Rourke et Ian Michael Hodgson, le chanteur de Bradford, se produisent en interprétant le répertoire des Smiths. Gagner le procès, publier un EP sous ce nom, puis rien.
-  La solution John Lennon : débaucher Phil Spector pour un album de standards. Pas de chance : il vient de dessouder Cher. Accidentellement, bien entendu.
-  La solution Henri Salvador, Françoise Hardy, Juliette Gréco, Valérie Lagrange... : appeler Benjamin Biolay à la rescousse. Malheureusement, ce dernier est déja en pleine post-prod’ du nouveau Pierre Perret.
-  La solution Elton John : donner la réplique à un boy-band qui cartonne grâce à une reprise r’n’b de « There Is A Light That Never Goes Out ».
-  La solution Dylan : auditionner Mark Knopfler pour voir s’il peut remplacer Johnny Marr.
-  La solution Shirley Bassey : Figurer en vedette américaine sur un album éléctro attendu. Les Propellerheads sont par contre aux abonnes absents depuis des années.
-  La solution RL Burnside : Retour sur les rails via un groupe de disciples qui s’improvise backing-band de luxe. The Killers ? Voxtrot ?
-  La solution Ozzy : être l’objet d’un reality-show diffusé par MTV où on le voit ramasser les crottes de son chien sur les trottoirs de Los Angeles.
-  La solution Al Green : rentrer dans les ordres, s’éloigner de son répertoire païen pour mieux y revenir 15 ans plus tard, produit par Steve Lillywhite.
-  La solution Prince : vendre directement ses disques à ses fans via son site internet, et leur réserver une pléiade d’avantages via l’inscription annuelle à un fan-club (possibilité de participer au footing de la star, réduction sur les tubes de brillantine et les DVD de James Dean...)
-  La solution Mark Lanegan : répondre aux avances d’une jolie cocotte qui lui a mitonné du sur-mesure.

Philippe Dumez | (Permalien) - commentaires (25)
lundi 27 mars 2006
(Sur le web)

Thom ne veut (vraiment) plus d'album

La semaine dernière, après une tripotée de billets sans mots, Thom Yorke a écrit sur Dead Air Space, le blog de Radiohead. Il y répète ce qu’il laissait entendre depuis quelque temps déjà :

".. i think we ve always worked best when we arent bothered about making mistakes. theres a lot of baggage about the old way of doing things that is hard to get over... all the ’album’ crap..just this level of pressure that is ridiculous.. we’re just going to do what feels right at the time quite intothe idea of singles at the moment(that dont get on the radio)

Et comme pour confirmer, une déclaration du groupe avec des majuscules au début des phrases, précisait avant-hier la chose :

"To keep things more fun and spontaneous, we will be playing new songs that are work in progress. We will also be releasing music to download when we are excited about it, rather than wait twelve months for a full blown album release."

Oui, ça veut dire la même chose. Surveillez le site Radiohead, c’est sûrement là que vous trouverez leurs nouveaux morceaux. On aimerait juste qu’ils arrêtent de dire ça, et qu’ils nous en filent, des morceaux.

Sinon, bientôt, on pourra entendre Mogwai, Yo la Tengo, Belle and Sebastian et autres groupes aimés du label Matador sur... un jeu de BaseBall. Ça l’air con, mais c’est pour ça que c’est fun, nous dit le patron de la maison de disques : "ça redéfinit la notion même de musique de BaseBall". Mouarf.






les News

mercredi 19 avril 2006
Disque
 
Blumfeld, fer de lance de la scène de Hambourg, revient le 28 avril avec un nouvel album, Verbotene Früchte, qui promet, comme toujours, d’être très beau. Le groupe tourne dans la foulée dans les pays germanophones, et sera présent à la mi-juillet au très agréable festival Melt en Allemagne de l’est, où l’on retrouvera pour 50 € les Pet Shop Boys, Aphex Twin, The Streets, Phoenix, Art Brut, Mia et bien d’autres. Une excellente alternative aux festivals bondés habituels.
 

dimanche 16 avril 2006
Vidéo
 
Rufus et Martha Wainwright font un film amateur sur leur maman Kate. C’est bourré de private jokes, ça ressemble à un Tarnation joyeux et déluré, et c’est Canclaux qui nous l’a montré (enfin de retour, vieux !)
 

vendredi 14 avril 2006
A voir
 
Le site de Telex est entièrement sympathique et 100% pixel. Si vous aimez l’électro festive et les petits carrés, consultez le sur le champ et ne ratez pas leur hommage au jeu Outrun.
 

jeudi 13 avril 2006
Fun
 
Pouvez-vous battre Doug Martsch au basket américain ? Built to Spill vous en offre la possibilité à l’occasion de la sortie de leur nouvel album "You in Reverse".
 

mardi 11 avril 2006
A écouter
 
Sur Myspace, on se fait plein de nouveaux amis. Avis aux amateurs. Maxime, clavier de Toy Fight lance un projet solo : Don’t Blame Mexico avec comme références les Magnetic Fields, les Supremes et Xiu-Xiu. Bonne visite.
 

Sortir
 
Le 9 mai prochain, au Nouveau Casino, c’est invasion de dotir et de sson. La soirée Islande mon amour réunira quatre groupes de la nouvelle scène islandaise, qui sont présentés sur la page MySpace créée pour l’occasion. Et la Blogothèque, qui aime le froid, est partenaire.
 

lundi 10 avril 2006
Annonce
 
Le huitième jour, Sufjan regarda ce qu’il avait fait. Et il décida que ce n’était pas assez
 

Vidéo
 
Fallait pas jeter ton Ken, petite soeur. Maintenant, il est chanteur de Hard FM
 

A écouter
 
Comme tous les ans, Yo La Tengo se produit sur les ondes de WFMU pour encourager les auditeurs à soutenir leur radio : contre un don substantiel, ils interprètent la reprise de votre choix (Grateful Dead, The Fall, Craig David, Steely Dan...). La dernière édition a eu lieu le 7 mars dernier, et You Aint No Picasso la propose sous la forme de feuilleton. A quand Herman Düne pour sauver Aligre FM ?
 

Fun
 
Pâques en musique : houseplantpicturestudio propose son 5ème "Musical Easter Tribute to Jesus Christ" au travers de 51 chansons tirées de vinyles kitchissimes des années 70 et 80. Rien que les scans de pochette valent le coup d’oeil.
 

samedi 8 avril 2006
A voir
 
Une video des Pierres qui roulent qui est aussi une leçon de vie pour tous les beatniks.
 

Annonce
 
Marc Almond et le monde des crooners sont en deuil : Gene Pitney est mort mercredi dans un hôtel de Cardiff.
 
Rom

mercredi 5 avril 2006
Sur le web
 
Le neuvième volume des compilations du wezbzine A découvrir absolument est en ligne. Précurseurs et toujours vaillants, leur sélection est parfois délicieuse.
 

A voir
 
Les Liars ont l’art du bel album, les Liars ont l’art des concerts parisiens, Vincent Moon (photographe, vidéaste, et mp3blogueur de la Blogo) en a capté une partie en mars dernier : « un gloubiboulga de rock primaire, reprise d’un certain groupe des 90s, et la foule casse tout, la caméra avec »
 

samedi 1er avril 2006
A voir
 
Superbe petit clip de saison de Envelopes sur la Superette. Libérez les suédois !