03 août 2006

Une île isolée du Sénégal se réjouit d'avoir de l'eau potable

Partenariat pour une vie meilleure

Abdou Diatta a une nouvelle responsabilité à Carabane, une île isolée du Sénégal. Il garde la pompe qui alimente en eau potable les habitants de cette ancienne capitale coloniale de la Casamance. Du matin au soir, il ouvre la grille et enlève le cadenas de la pompe pour permettre aux habitants de remplir leurs seaux et leurs bouteilles. Certains d'entre eux s'arrêtent uniquement pour boire de l'eau. Les gens ici ont du mal à croire que cette eau ne les rendra pas malades.

Pendant des décennies, les quelque 500 habitants de l'île de Carabane - ancienne escale de la traite des Noirs à destination des Amériques - faisaient venir l'eau potable du continent. Des pirogues à moteur transportaient l'eau en provenance d'Elinkine, une petite ville située à quelque trente minutes de là. L'eau potable d'Elinkine était le fruit de l'aide fournie par l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), qui a permis de remettre en état les deux puits de la ville. L'eau transportée coûtait aux habitants de Carabane 0,60 dollar les 20 litres, soit environ 35 dollars par mois pour une famille de 10. Les riziculteurs et les pêcheurs ne pouvaient pas se permettre de payer ce prix, et un grand nombre d'entre eux choisissaient donc de prendre le risque d'attraper des maladies intestinales et d'autres maladies en buvant de l'eau locale insalubre.

L'un d'entre eux était Ibrahima Gueye, le chef de village. Il avait pendant longtemps cherché une solution au manque d'eau lorsqu'il a entendu parler d'un projet de l'USAID qui consistait à former des techniciens et des artisans de la localité pour qu'ils puissent fabriquer des pompes. Après avoir mobilisé des fonds, il recruta un certain nombre de ces techniciens pour construire une pompe pour son village. Un mois plus tard, ils installèrent une pompe qu'ils avaient fabriquée à partir d'une roue d'un vieux scooter, de tuyaux en plastique et d'autres pièces disponibles localement.

« Depuis que nous avons cette pompe, les maladies liées à l'eau insalubre ont disparu et l'eau potable est à la portée de tout le monde », a déclaré Ibrahima Gueye, en ajoutant ajouta que la construction et l'installation de la pompe avaient été sa plus grande réalisation en tant que chef de village.

Des échantillons d'eau ont été envoyés à Dakar et en France aux fins d'analyse, et les résultats ont confirmé que l'eau n'était pas contaminée. La pompe est si populaire que la bonne nouvelle s'est vite répandue par pirogue aux îles avoisinantes de Diogué, Kassel, Saloulou et Niomoune qui elles aussi réclament ces pompes de fabrication locale. Des artisans ont fabriqué et vendu 90 pompes et 100 puits tubulaires depuis 2004, qui servent à plus de 7000 personnes. Avec leur nouveau savoir, les artisans locaux contribuent tous les jours à alimenter en eau potable des villages sénégalais.

« Je suis très fière de cette pompe. Autrefois, ma famille ne pouvait pas se permettre d'acheter de l'eau du continent. Maintenant nous avons de l'eau propre qui est bonne, gratuitement. Ma famille vient ici tous les jours chercher de l'eau, et nous n'avons jamais mal au ventre après l'avoir bue », a déclaré Binta Seck, une mère de 6 enfants.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)



       Le présent site est géré par le département d'État des États-Unis.
       Le gouvernement des États-Unis décline toute responsabilité quant au contenu des autres sites auxquels il pourrait se référer.