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Venise


Renaissance
Domenico Grimani, un prince de l'Eglise au service de l'Etat

Au XVe siècle, la chrétienté a besoin de Venise pour contrer la menace ottomane. Mais la Sérénissime est indépendante : érigée en patriarcat, elle élit elle-même ses évêques, au grand dam du pape. Il faut tout le talent diplomatique du cardinal Grimani pour apaiser les tensions avec Rome.

Par Géraud Poumarède*

Placée sous le patronage de saint Marc, dont les reliques ont été subtilisées en Orient et installées au coeur de son espace civique au IXe siècle, Venise abrite, selon l'expression de Philippe de Commynes, « si belles et si grandes églises fondées en la mer », qu'elle manifeste clairement à la vue de tous sa vocation chrétienne et son attachement à l'Eglise. Un tel engagement se renforce encore à partir du XVe siècle, alors que la République se pose en rempart de la chrétienté face à la progression ottomane en Méditerranée et dans les Balkans. Ce rôle éminent s'accompagne cependant d'une rivalité latente avec la papauté qui dégénère parfois en affrontement ouvert, comme en témoignent l'interdit jeté par Jules II à l'encontre de la Sérénissime en 1509 et celui que Paul V professe à son tour en 1606.

L'originalité de la situation vénitienne et les tensions qu'elle suscite peuvent être abordées et éclairées à travers l'exemple singulier de la carrière de Domenico Grimani. Issu d'une famille patricienne parvenue au sommet du pouvoir, puisque son père est élu doge en 1521, Domenico est aussi cardinal et occupe comme tel une place de premier plan dans le gouvernement de l'Eglise.

Domenico Grimani naît en 1461 dans une famille du patriciat vénitien en voie d'ascension. Son père Antonio a bâti une grosse fortune dans le négoce avec le Levant et l'Europe septentrionale et ses succès économiques lui ont permis d'accéder à des charges élevées au sein des institutions de la Sérénissime. Domenico, qui reçoit une éducation soignée à l'Université de Padoue, où il excelle à la fois dans le droit canon et les études philosophiques, suit un temps les traces paternelles. Entré au Grand Conseil, il est élu au Sénat en 1487. En 1489, à l'occasion du passage de l'empereur Frédéric III à travers les territoires de la République, il fait partie de l'ambassade envoyée à la rencontre du souverain et qui l'accompagne à Vérone, Vicence, Bassano, Trévise et Aquilée. Dans le même temps, il continue ses études et obtient le grade de docteur en 1487. Prenant la défense de la doctrine thomiste dans de nombreuses disputes, il s'acquiert vite une solide réputation en ce domaine. Aussi finit-il par délaisser la carrière politique pour s'orienter vers celle de l'Eglise.

En 1491, le pape Innocent VIII le nomme secrétaire et protonotaire apostolique. S'il ne reçoit pas les ordres majeurs avant 1498, Grimani commence très tôt à accumuler les bénéfices ecclésiastiques et se voit confier, par exemple, la commende d'une abbaye dans l'île vénitienne de Chypre. Créé cardinal en 1493, en échange d'un versement de plusieurs dizaines de milliers de ducats au pape Alexandre VI, il devient peu après administrateur de l'évêché chypriote de Paphos, avant de se faire attribuer l'archevêché de Nicosie en 1495. Deux ans plus tard, il obtient le siège prestigieux d'Aquilée, dans le Frioul, et bénéficie désormais du titre de patriarche associé à celui-ci.

Cette ascension est favorisée par l'appui des autorités de la Sérénissime, qui dispose de deux sièges patriarcaux dans ses territoires : celui d'Aquilée, qu'elle ravit aux Impériaux au début du XVe siècle, et celui de l'île de Grado, transféré à Venise par décision pontificale un demi-siècle plus tard. Selon la tradition, saint Marc, venu prêcher en Italie du Nord, en aurait été le fondateur, et Venise tire de cette double possession une justification et un argument dans ses velléités chroniques d'indépendance à l'égard de la Rome de saint Pierre. A cette charge éminente, Grimani ajoute la commende de l'abbaye San Pietro di Rosazzo en 1501 et celle de Santa Maria di Sesto à Reghena en 1503.

Comme bon nombre des prélats de son temps, Grimani ne s'intéresse pas véritablement aux activités pastorales et ne réside pas dans les diocèses qui lui sont successivement confiés. Ainsi, il ne visite qu'une seule fois son patriarcat, peu de temps après avoir été ordonné prêtre et avoir reçu la consécration épiscopale au printemps de 1498. Ce voyage d'un peu moins d'une année le conduit dans les divers évêchés de son ressort, où son passage est rythmé par des entrées solennelles. Une fois ce devoir accompli, il préfère se décharger de ses fonctions sur un vicaire et revient à Rome, où il se consacre à des questions de haute politique, à l'administration de ses biens et à l'établissement de sa famille.

Lié aux territoires de la Sérénissime par une partie des multiples bénéfices ecclésiastiques qu'il détient, Grimani se fait aussi romain après son accession au cardinalat. Il s'installe sur les bords du Tibre et accompagne le pape dans ses déplacements : le 31 octobre 1493, il est à Viterbe à la suite d'Alexandre VI. Il apparaît encore aux côtés du pontife lorsque celui-ci rencontre le roi de Naples Alphonse II à Vicovaro, le 12 juillet 1494. Ce nouvel ancrage ne l'empêche pas de retourner pour de longs séjours dans sa patrie d'origine, où il conserve de nombreuses attaches et suit avec intérêt l'évolution des affaires familiales. Grimani se caractérise désormais par une double appartenance qui le conduit à jouer le rôle d'intermédiaire entre Rome et Venise.

D'un côté comme de l'autre, on l'utilise pour des missions discrètes et on sollicite son intervention dans les affaires qui intéressent les deux souverains. En 1498, par exemple, alors que le pape Alexandre VI Borgia cherche un établissement pour son fils César et qu'il songe à la principauté de Rimini, il charge Grimani de sonder à ce propos l'opinion de la Sérénissime, qui exerce sa protection sur ce territoire. Inversement, Venise n'hésite pas à se servir de Domenico comme d'un avocat auprès de la Curie. En 1501, il doit ainsi soutenir l'ambassadeur vénitien en poste à Rome dans la querelle de préséance qui l'oppose au représentant du duc de Savoie, et l'influence qu'il exerce alors sur le souverain pontife lui permet d'avoir gain de cause. L'année suivante, il défend de même devant les cardinaux la décision prise par la République de conclure une paix avec les Turcs contre lesquels elle était en guerre depuis 1499.

Fort de ces divers précédents, Grimani en vient à assumer un rôle crucial de médiateur dans la violente querelle qui oppose Rome à Venise autour de 1510 et qui a tôt fait de déboucher sur un véritable conflit. En effet, si la Sérénissime s'était montrée favorable à l'avènement de Jules II au trône de Pierre en 1503, les relations avec le nouveau pontife se sont peu à peu dégradées dans les années suivantes. Un contentieux territorial à propos de la Romagne, occupée par les Vénitiens et réclamée par Rome, s'ajoute à des différends juridictionnels à propos de la nomination des évêques dans les possessions de la République pour expliquer cette altération.

La rupture est consommée en mars 1509, quand Jules II adhère à la ligue de Cambrai : constituée en décembre 1508 à l'initiative du roi de France Louis XII, cette vaste coalition antivénitienne comprend aussi l'empereur Maximilien de Habsbourg et le roi d'Espagne Ferdinand d'Aragon. En avril, le pape jette l'interdit sur Venise, tandis que les armées confédérées marchent contre elle. A Agnadel, le 14 mai, les troupes vénitiennes essuient une cuisante défaite. Tout au long de cette tragique escalade, Grimani s'est efforcé sans succès d'apaiser les tensions et de fléchir le Saint Père.

La déroute de la Sérénissime change la donne. Jules II veut en profiter pour se désolidariser de ses alliés et signer avec elle une paix séparée. Il fait dire par Grimani qu'une ambassade extraordinaire qui viendrait demander pardon serait la bienvenue. Les envoyés de Venise arrivent à Rome au début du mois de juillet 1509, et quelques semaines plus tard, le pape reçoit le chef de la délégation accompagné par le cardinal. S'engagent alors de longues négociations dont Grimani apparaît comme la cheville ouvrière. Elles aboutissent le 24 février 1510, lorsque Jules II prononce l'absolution solennelle de la République.

Malgré les très lourdes concessions auxquelles ils sont contraints, les Vénitiens se montrent satisfaits d'un accord qui leur permet de desserrer l'étau de leurs adversaires. Des deux côtés, le rétablissement de la concorde est mis au crédit de Grimani et de son action zélée, si bien qu'à l'issue de cette période d'épreuves, il semble plus en faveur que jamais. C'est lui que le pape choisit pour chanter la messe de la Pentecôte le 19 mai 1510 et pour célébrer l'ouverture du Ve concile du Latran, le 10 mai 1512.

Grimani participe au gouvernement de l'Eglise. Il côtoie les souverains et agit sur la scène internationale. Ses revenus lui permettent une vie fastueuse à la mesure de son rang princier. Si l'on en croit un témoignage remontant aux dernières années de sa vie, l'accumulation des bénéfices ecclésiastiques entre ses mains lui procurerait la somme considérable de 14 000 ducats par an. Il consacre une partie de cet argent à des projets immobiliers. Titulaire de l'église San Marco de Rome depuis 1501, il y fait réaliser divers travaux de restauration et de décoration. Il contribue aussi à l'embellissement du palais de Venise qu'il occupe à partir de 1505. Son père ayant acheté deux terrains sur les flancs du Quirinal, il y supervise par ailleurs la construction d'une villa d'agrément qui pourrait avoir occupé l'actuel emplacement du palais Barberini. Ces demeures sont le théâtre de fêtes et de banquets somptueux dont les archives ont conservé la trace.

Une lettre décrit en détail le festin qu'il donne le 16 mars 1505 au palais de Venise : le défilé innombrable des mets servis dans une vaisselle de prix est accompagné par des sonneries de fifres, de trompes et de trompettes et par le roulement de tambours et de tambourins. Les armes cardinalices de Grimani entremêlées de bannières de saint Marc pavoisent pour l'occasion tout l'édifice.

Quelques mois avant sa mort, alors qu'il est victime de continuelles attaques de goutte qui le font beaucoup souffrir, il tient à célébrer le 25 avril, jour de la Saint-Marc, avec une magnificence toute particulière. Le duc d'Urbin Francesco Maria della Rovere est l'invité d'honneur d'un dîner qui se prolonge durant six heures, entrecoupé de pièces musicales, de saynètes et de jeux.

Les demeures de Grimani ne sont pas seulement des lieux de divertissement ; elles abritent aussi ses collections. Le cardinal est un esprit fin et brillant, et cet homme de culture jouit d'un très grand crédit auprès des érudits et des humanistes de son temps, qui sont nombreux à lui dédier des oeuvres. Il s'est lié d'amitié avec Pic de La Mirandole, dont il rachète la bibliothèque en 1498, et reçoit Erasme dans son palais romain en 1509. Bibliophile averti, dévoreur de livres et de manuscrits, il rassemble par ailleurs de nombreuses toiles et montre un penchant prononcé pour la peinture de l'Europe septentrionale, si bien qu'il se range incontestablement parmi les principaux amateurs d'art des premières décennies du XVIe siècle : un inventaire de 1521 révèle qu'il possède à cette époque des oeuvres de Hans Memling, de Jérôme Bosch et d'Albrecht Dürer.

Si les artistes italiens ne semblent pas l'intéresser autant, il n'en détient pas moins un carton de Raphaël et commande une toile à Michel-Ange. A la croisée de ces deux passions pour les livres et la peinture, il faut signaler une oeuvre exceptionnelle, connue sous l'appellation de Bréviaire Grimani, que le cardinal achète dans les années 1510 au chambellan du duc de Milan Maximilien Sforza. Il s'agit d'un manuscrit enluminé de toute beauté réalisé dans les Flandres.

La curiosité et l'éclectisme du prélat se manifestent enfin à travers son goût pour les antiquités. Fortuitement, les travaux de construction qu'il commissionne sur ses terrains des pentes du Quirinal mettent au jour des vestiges romains dont il entreprend aussitôt la collection. Il rassemble ainsi des sculptures de marbre et de bronze, des bas-reliefs, des inscriptions, des monnaies, des médailles et des camées qu'il lègue en partie à la République au moment de sa mort. Enrichies par une nouvelle donation effectuée en 1587 par son neveu Giovanni Grimani, ces pièces sont à l'origine de l'un des premiers musées publics, ouvert par la Sérénissime à l'extrême fin du XVIe siècle.

Cette destinée brillante ne se conçoit pas dans l'isolement et la solitude. Elle reflète au contraire l'affirmation d'une famille dont les membres se soutiennent efficacement dans leurs cursus respectifs. Antonio, le père de Domenico, avait joué un grand rôle dans la carrière ecclésiastique de son fils, en finançant notamment son chapeau de cardinal. Les rôles s'inversent cependant à partir de 1499 : alors qu'il commande la flotte vénitienne engagée contre les Turcs, Antonio subit cette année-là une cuisante défaite qui lui vaut une accusation de trahison et une condamnation à l'exil. Domenico travaille dès lors au rétablissement de son père qu'il accueille un temps à Rome et pour lequel il obtient en 1510 la charge prestigieuse de procurateur de Saint-Marc en récompense des services qu'il vient de rendre dans l'accommodement de la querelle qui oppose Jules II à la Sérénissime. En 1521, le cardinal use encore de toute son influence pour assurer l'élection d'Antonio à la charge de doge et il s'installe à Venise pour y faire campagne. Le succès final du père doit beaucoup au zèle du fils.

Parallèlement, Domenico s'occupe aussi de ses neveux, les fils de son frère Girolamo. L'aîné, Marino, l'accompagne à Rome en 1504 et le prélat veille à ce qu'il y perfectionne sa formation, avant d'obtenir pour lui en 1508 l'administration de l'évêché de Ceneda (actuelle Vittorio Veneto). Puis, en 1517, il lui abandonne le patriarcat d'Aquilée, récupérant Ceneda en échange, avant de le céder en 1520 au cadet de Marino, Giovanni, afin de favoriser son entrée dans la carrière ecclésiastique. En 1522, il participe encore à l'établissement d'un autre fils de Girolamo, Marco, en lui fournissant les 8 000 ducats qui lui sont nécessaires pour obtenir une charge de procurateur de Saint-Marc.

Dans les premières décennies du XVIe siècle, les Grimani parviennent donc à des fonctions politiques et religieuses éminentes, qui viennent conforter le prestige social d'une famille disposant déjà d'une solide fortune. Surtout, ils s'efforcent d'inscrire cette prééminence dans la durée, en travaillant avec soin à l'établissement de leurs héritiers. Cette belle réussite collective suppose des solidarités si profondes et des liens de parenté si étroits qu'on peut voir dans l'ascension des Grimani le résultat d'une stratégie familiale, tenace et méticuleuse, se déployant sur plusieurs générations.

Il n'en demeure pas moins qu'à titre individuel Domenico est pour une large part dans ce succès : indéfectible soutien de son père dans les heures difficiles, il est aussi l'un des principaux artisans de sa réhabilitation et de son triomphe final, tandis qu'il se révèle un oncle attentif, généreux et disponible. Ainsi, l'éclat déjà très vif de son parcours personnel est encore rehaussé par cette élévation qui attend ses proches et à laquelle il contribue activement. Il manque toutefois à cette carrière bien remplie une consécration ultime que le prélat espère en vain. A plusieurs reprises, en effet, il croit à ses chances de devenir pape et intrigue à cette fin.

Alors que la réconciliation vénéto-pontificale de 1510 l'a propulsé parmi les tout premiers cardinaux de la Curie, Grimani cherche dès 1513 à profiter de cette situation favorable en briguant la succession de Jules II qui vient de mourir. Cette première tentative s'accompagne d'un échec. D'emblée, sa candidature apparaît très fragile : non seulement des rivalités et des jalousies l'opposent à l'autre cardinal vénitien du conclave, Marco Corner, qui se garde donc bien de le soutenir, mais aussi et surtout Impériaux et Espagnols sont ouvertement hostiles à son élection en raison de la guerre qui déchire toujours les Habsbourg et la Sérénissime. Aussi le nom de Grimani ne recueille-t-il que deux suffrages lorsqu'il est avancé et c'est finalement le cardinal Jean de Médicis qui devient pape sous le nom de Léon X.

La mort de ce dernier, le 1er décembre 1521, ravive néanmoins les espoirs de Domenico. Il se trouve à Venise quand il apprend la nouvelle et se met aussitôt en route pour Rome malgré la mauvaise saison. Grimani entre malade au conclave et doit bientôt le quitter, laissant à ses partisans le soin de soutenir sa candidature. Une fois encore, celle-ci n'aboutit pas. Le cardinal a dans l'entourage du pape défunt des ennemis résolus qui veulent lui faire barrage. On s'émeut en outre qu'un Grimani puisse régner à Rome et sur la chrétienté, tandis que son propre père gouverne Venise : ce serait donner à la République une influence démesurée et personne ne veut en prendre le risque. Par conséquent, le 9 janvier 1522, les votes se reportent sur Adrien d'Utrecht, évêque de Tortosa en Espagne, qui devient Adrien VI. La déception est grande pour Domenico qui s'éloigne de Rome et n'y revient qu'un an plus tard, peu avant sa mort, le 26 août 1523.

L'histoire de Domenico Grimani est d'abord celle d'un grand prélat catholique à l'orée de la période moderne. Homme de son temps par sa culture humaniste, il incarne et illustre la toute-puissance d'une Eglise riche et souveraine avant les déchirements de la Réforme. A travers ce parcours singulier, il est cependant possible d'apercevoir aussi le destin collectif d'une famille qui réussit à cumuler l'influence politique, le pouvoir religieux et la fortune économique, une combinaison habile et calculée de ces trois éléments, qui se confortent les uns les autres et lui permettent d'asseoir sa prééminence durant quelques générations.

Enfin, la carrière de Domenico Grimani se déploie sur le cours tumultueux des relations entre Venise et Rome et contribue à l'éclairer. La place qu'il acquiert au sein de la Curie témoigne du rôle fondamental joué par la République sérénissime aussi bien dans les équilibres fragiles de la péninsule italienne que sur l'échiquier de la chrétienté. Dans le même temps toutefois, les obstacles insurmontables qu'il rencontre dans son ascension vers le pontificat révèlent les inquiétudes et les méfiances nombreuses qui se cristallisent autour de la République de Saint-Marc.



*Ancien élève de l'Ecole normale supérieure, ancien membre de l'Ecole française de Rome, Géraud Poumarède est agrégé d'histoire et docteur en histoire moderne. Récemment soutenue à Paris-IV sous la direction du professeur Lucien Bély, sa thèse de doctorat est intitulée Venise, la France et le Levant (1520-1720) .

Comprendre
Impériaux
Membres ou alliés du Saint Empire romain germanique. A partir de 1438, le titre d'empereur échoit aux Habsbourg, dont Maximilien Ier (1493-1519) et Charles Quint (1519-1556).
Commende
Du latin ecclés. commendare, " confier". Jouissance des revenus d'un évêché, d'une abbaye ou d'une église, par une personne à qui ils sont confiés sans qu'elle remplisse de fonction spirituelle.


Repères
1461
Naissance à Venise de Domenico, fils d'Antonio Grimani.
1491
Grimani est nommé secrétaire et protonotaire apostolique par Innocent VIII.
1493
Il est créé cardinal par Alexandre VI.
1497
Patriarche d'Aquilée.
1498
Il est ordonné prêtre et reçoit la consécration épiscopale.
1509
Défaite vénitienne d'Agnadel. Grimani sert de médiateur dans le conflit entre Rome et Venise.
1513
Mort de Jules II. Grimani aspire à lui succéder.
1521
Antonio Grimani, son père, devient doge de Venise.
1521
Mort de Léon X. Domenico tente une nouvelle fois de devenir pape, sans succès.
1523
Mort du doge Antonio Grimani puis, le 26 août 1523, mort de Domenico Grimani.


En complément
- Venise triomphante. Les horizons d'un mythe, d'Elisabeth Crouzet-Pavan (Albin Michel, 1999).
- Dizionario biografico degli italiani. T. 59 notice sur les Grimani (Treccani, 2002).



© Historia Thématique - 01/03/2004 - 088 - Rubrique Venise - P 32 - 3258 mots - Dossier : Géraud Poumarède*

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