Livre d'OrLes Anciens se souviennent

Auteurs qui ont collaboré à l'ouvrage:

Mgr Jean Hengen, Claude Baumann, Paul Bisdorff, Josy Birsens s.j., Paul Dostert, François Jacques, Lex Jacoby, Pierre Kauthen, Paul Leimbach , René Lucas, Jean Majerus, Jos Majerus, René Mantz, Vic Moia, Mathias Schiltz, Georges Vuillermoz, Roger Wintringer

Relié en format 20 x 24,5 cm avec 320 pages, 200 photos, de nombreux documets et des poèmes inédits de Nik Welter.

Ce livre peut être commandé au prix de 1960.- Flux par virement au CCP 12-12 de l'Imprimerie Saint-Paul, Luxembourg avec la mention du titre du livre. Veuillez préciser votre adresse. Livraison franco domicile. En vente également dans les librairies. (commande par internet)

© by Amicale des Anciens, Luxembourg, 1997



"Ohne gebührende Berücksichtigung des Konviktes findet das Luxemburg der vergangenen hundert Jahre, weder das katholisch relevante noch das antiklerikale, eine angemessene Erklärung. Das wissen ältere Historiker aus Erfahrung; jüngere kommen nicht umhin, sich mit dem vorliegenden Buche näherhin zu beschäftigen. Konviktoren (wie sie anfangs hiessen), Konviktoristen oder Bulletaner werden es sowieso, nicht zuletzt auch der vielen Fotos wegen, gerne zur Hand nehmen und ihre Jugendzeit, mehr oder weniger schmunzelnd, rememorieren. Alle Perioden (vielleicht sind die ersten Jahre unseres Jahrhunderts vergleichsweise zu wenig dokumentiert) erfahren aus tüchtiger Feder ihre passende Darstellung, wobei die längeren Beiträge von Mgr. Jean Hengen, Vic Moia, Jos. Majerus, Paul Dostert, Pierre Kauthen, Lex Jacoby, Georges Vuillermoz und Claude Baumann eine besonder Erwähnung verdienen." (Paul Margue, Hémecht 1997 4, p. 571)


En 1995 l'Amicale des Anciens du Convict de Luxembourg a projeté d'éditer un Livre d'Or sur le Convict Episcopal à l'occasion de son 125e anniversaire (octobre 1997). L'intention n'est nullement de rédiger un hymne de louange sur un passé 'glorieux', mais de retracer l'historique mouvementé par des extraits de la chronique, des photographies, des récits, des documents, des anecdotes etc.  Pour les Anciens du Convict il s'agit des retrouvailles d'un passé entièrement perdu par la démolition en 1976 de l'ancien édifice. Pour les génération à venir ce livre pourrait devenir une source d'informations capable d'élucider certains faits historiques liés à l'enseignement secondaire et d'illustrer divers écrits de la Luxembourgensia comme "Singrün" de Ni Welter ou "Fenn Kass" de Batty Weber.

En outre, le Livre d'Or veut montrer l'évolution d'une institution au service de la jeunesse qui, en collaboration avec les autres pensionnats épiscopaux, a été "le vecteur d'une promotion sociale extraordinaire. Sans eux, les élèves des campagnes, les enfants de paysans n'auraient pas pu faire des études secondaires et supérieures."1 Au fil des années, se fondant sur les préceptes du premier directeur Jean Bernard Krier, le Convict s'est développé au niveau de l'infrastructure, du personnel et des méthodes éducatives pour aboutir à un projet pédagogique moderne. Le Convict a subi la métamorphose d'un institut d'éducation pour plus de 300 lycéens, agissant de pair avec l'Athénée de Luxembourg et l'Ecole Industrielle, en une institution d'accueil pour 58 jeunes gens issus de toutes les classes sociales qui fréquentent 16 écoles différentes. Ainsi le thème de l'évolution pourrait être qualifié de fil conducteur à travers tout le livre.

Mgr. Hengen écrit: "Der erste und zweite Weltkrieg, die Ereignisse von 1968, das II. Vatikanische Konzil, die Entwicklung des Schulwesens haben Umwandlungen gebracht, welche die Mentalität, den geist der heutigen Generationen verändert haben. Auch den Geist des Konviktes. Es ist eine Veränderung zur Anerkennung eines gewissen Pluralismus und daher zu grösserer Toleranz, von mehr Freiheit (die das Konvikt umgebenden Mauern sind verschwunden) und daher zu grösserer Verantwortung, von mehr Offenheit und daher grösserer Echtheit."2

Dès les premières réunions du comité de rédaction, l'intérêt, voire l'enthousiasme toujours croissant de vouloir réaliser un livre digne doit être relevé. Finalement, sans compter les personnes qui ont envoyé des photos, documents, etc., 45 personnes se sont engagées activement dans le travail. Le résultat: 320 pages, 219 photos, 21 documents, 33 articles, plusieurs biographies courtes. La réponse si remarquable des anciens à vouloir partciper à l'oeuvre peut être expliquée par les mots de Jos Majerus: "dass nach dem Verschwinden der 'alten strengen Bulett', eine Art Wehmutsstimmung aufgekommen ist, und viele frühere Bulettaner sich zusammengefunden haben, im Bewusstsein, die 'letzten Mohikaner' zu sein. Dass vieles heute schöner erscheint, als es in Wirklichkeit war, ist selbstverständlich. Aus der zeitlichen Ferne betrachtet, ist die Jugend immer schön gewesen."3

Par une suite plus ou moins chronologique -des intersections étant inévitables- les différents auteurs présentent les époques marquées par les directeurs, ou, plus tard, par la construction des noveaux bâtiments. Tantôt c'est le point de vue de l'autorité qui prédomine, tantôt c'est celui de l'étudiant. Ainsi se crée l'image d'une dynamique, d'un tir de corde entre l'autorité directoriale et la liberté de l'adolescent, où alternent le souci authentique des éducateurs de bien remplir leur tâche, le désir réel des jeunes de s'adapter, les tentatives des adultes de dominer le grand groupe de jeunes et parfois les individus plus audacieux, les essais plus ou moins innocents de résistance de la part de ces derniers et les excès occasionnels de part et d'autre. Le livre reflète l'éducation dans une institution catholique gérée d'abord par un personnel clérical et religieux, puis, plus récemment, par des laïcs; institution destinée d'antan à de jeunes gens issus du milieu catholique, désireux de faire des études supérieures, aujourd'hui par contre à de jeunes gens tels quels. Au fil des pages se dégage la mutation d'une instruction catholique en une éducation fondée sur la vision chrétienne de l'homme et les valeurs qui en découlent, "d'ailleurs identiques, pour une bonne part, aux valeurs véhiculées par les grandes traditions humanistes."4

De cette dynamique entre l'autorité et les adolescents résulte une quantité d'anecdotes rapportées dans le livre dont la première provient de Nik Welter qui a été pensionnaire au Convict de 1883 à 1889:

Un malicieux avait écrit dans un carnet destiné à l'usage seul d'une société de jeunes du nom de "Greinsbund" (qui avait été fondé auprès de la chapelle St-Quirin 'Greinskapelle', d'où le nom): "Aus dem Laienkatechismus. Frage: Darf unserer Stiftssuppe Wasser zugesetzt werden? Antwort: Nein, denn die Wiedertaufe ist verboten."5 Il s'agit bien entendu du redoutable potage dont le proverbe luxembourgeois dit: "Dat as kloer ewéi Bouletteszopp".

Dans les années 60 les anecdotes se multiplient. L'audace des jeunes a grandi. A travers les récits on constate que, surtout après 1970, l'éducation en internat est devenue difficile. La jeunesse a changé, les méthodes ne sont plus appropriées, l'infrastructure, malgré les adaptations des années 60 et 65 est démodée sur beaucoup de plans. Une rénovation radicale s'impose. Confiant dans l'avenir, lesrespnsables ecclésiaux décident de démolir l'ancien Convict et d'en construire un nouveau. Le livre retrace les différentes phases de planification et de construction.

Le Livre d'Or du Convict serait certainement incomplet s'il omettait de rappeler les fêtes marquantes de l'institution dont principalement la fameuse "Bouletteskirmes", les visites des plus hautes autorités publiques et ecclésiales. L'ouvrage dresse les listes des directeurs, économes, coadjuteurs, aumôniers, religieuses et éducateurs qui ont oeuvré au Convict. Sur quelques pages, le livre rend hommage au fidèle portier du Convict: "de Jempi".

Une partie importante de l'ouvrage est consacrée aux événements de la IIe Guerre Mondiale. A partir de documents-témoins le lecteur peut constater comment l'occupant allemand a agi pour contrecarrer l'influence de l'Eglise sur la jeunesse à travers le Convict, d'abord en cherchant chicane aux responsables et aux étudiants, en menaçant, puis en chassant la direction pour la remplacer par des nazis, enfin en délogeant les jeunes, les religieuses, même le fidèle Jempi du Convict. Ceux-ci sont forcés à déménager à la "Ste-Sophie" pour former le "Schülerheim". Les jeunes refusent ce nom inodore, insipide et incolore et continuent à appeler leur communauté "d'Boulette". Jempi, l'exilé, les oustient dans leur esprit de résistance.

"Dennoch verblieben wohl etwa hundert Schüler im Schülerheim, da sie keine andere Wahl hatten, es sei denn, sie hätten auf den Besuch einer höheren Schule verzichtet. Wie aber die schriftlichen Erinnerungen belegen, gelang es den neuen Leitern nicht, sie für ihre politischen Zwecke zu gewinnne. Mit oftmals erstaunlichen Lausbubenstreichen wehrten die jungen Luxemburger sich zum Teil erfolgreich gegen jedwege politische Vereinahmung."6

En décembre 1995, alors que l'Amicale venait juste de prendre les premières mesures en vue de la réalisation de cet ouvrage, le Centre Nationale de Littérature à Mersch publia une nouvelle de Nik Welter au titre "Singrün, Eine Frühlingsnovelle". Dans cette oeuvre Nik Welter raconte la dernière année du jeune "Klaas Thill" à l'internat "Josephinum" qui de toute évidence représente le Convict de Luxembourg. Lors de la lecture de la nouvelle, il devint clair que Nik Welter avait été élève-interne au Convict. Après des entrevues avec les responsables du Centre de Littérature il n'y avait plus aucun doute que le récit devait être considéré en partie comme autobiographique. Grande fut la surprise quand les archives du Convict révélèrent des manuscrits de poèmes inédits de Welter: "Gruss zum Abschied an freunde und Mitschüler" (8.8.1889), "Hochwürdiger Herr Direktor" (19.8.1889), ainsi que "Die Gründung des Conviktes, Dramolet" (18.8.1889). Au Centre de Littérature surgit le poème "Der Konviktorist" (1890). Le Livre d'Or du Convict reproduit ces oeuvres avec la permission des Editions Nik Welter.

La couverture du livre sort quelque peu du commun. Au lieu de représenter les différents bâtiments du Convict, le comité de rédaction a choisi de reproduire sur fond bleu le tryptique de Paul Roettgers "Lëtzebuerg Kulturhaaptstad" 1995 pour rappeler qu'à chaque rentrée scolaire les jeunes affluaient de toutes les parties du pays vers la Ville de Luxembourg. Pour beaucoup ce fut leur premier passage en ville. L'ancien bâtiment du Convict se trouve avec discrétion au recto du livre.

En tant que directeur du Convict je tiens à féliciter l'Amicale des Anciens et le Comité de Rédaction d'avoir fait preuve de courage, de ténacité et de compétence dans la réalisation de l'ouvrage. Reste à souhaiter au Livre d'Or du Convict le succès qu'il mérite et au Convict "ad multos annos".

Discours prononcé le 23 octobre 1997 lors de la présentation du Livre d'Or



1 Mathias Schiltz p. 302
2 Mgr Jean Hengen p. 26
3 Jos Majerus p. 107
4 Mathias Schiltz p. 302
5 Nik Welter p. 63
6 Paul Dostert p. 146