Et si la 6ème République venait de commencer ?

Et si la 6ème République venait de commencer ?

Le BBB s’autoproclame jury-tiré-au-sort de Royal
jeudi 26 octobre 2006.
 

Mao et Pétain. Rien que ça. Main dans la main, bons copains, sortis de leur tombe un beau jour ensoleillé d’octobre. La jolie apparition ! Si Ségolène Royal a une qualité (grandissante) c’est de susciter l’émoi dans la basse-cour. Vous, je ne sais pas, mais quand dans la même journée, contre Royal, j’entends voler les insultes "Mao", "Pétain", "Pol Pot", "sans culottes de 93", que je n’avais pas vu voler aussi serrées en escadrille depuis longtemps, je me dis qu’elle a dû effleurer un point...sensible chez tous ces Messieurs.

Ce bruyant envol d’Histoire de France (et du monde) dans un grand froufroutage de battements d’ailes ne trompe pas. Et si, sans avoir l’air d’y toucher, mine de rien, sans prononcer le mot, Royal venait de faire rentrer par la fenêtre le débat sur la 6ème République, qu’elle avait semblé enterrer cet été, au grand dam (silencieux) d’Arnaud Montebourg ?

Miraculeusement, touché par la grâce, Villepin (derrière Royal, qui avait proposé son ouverture aux "citoyens", avant de sembler faire marche arrière) propose d’ouvrir le conseil des ministres aux caméras. Et en tout cas, sans attendre, le prochain conseil interministériel consacré à l’Europe.

Ce qui fait diversion, certes. Fait déjà bien rire l’ami David. Fera des gros titres dans les journaux des prochains jours. Mais ne répond pas à la question.

Car ce n’est pas seulement de transparence, qu’il s’agit. On n’en est plus là. Face à la crise de confiance de la démocratie représentative, que Royal vient de saisir à bras le corps, on n’en est déjà plus à ces gadgets de replâtrage. En agitant le spectre du contrôle des élus, en amorçant dans le plus grand désordre, dans une apparente improvisation, ce débat-là, en l’imposant aux socialistes comme à la droite, Royal, même si elle ne l’a pas fait exprès, a posé la question de la constitution. Mais oui, David. Rien que ça. Evidemment, on peut en rire, comme dans la chambre voisine. Mais on peut aussi dire : "enfin" !

Car il est évident que ces "jurys", quelle que soient leur forme et leurs compétences, devront être constitutionnalisés. Et qu’on ne trouvera pas une majorité de députés et de sénateurs actuels pour voter à Versailles cette réforme-là, en envoyant tranquillement des cartes postales à leurs petits enfants.

Certes, il ne faut pas s’en tenir à cet "effet d’effroi". Sarkozy ou Le Pen ont maintes fois provoqué d’identiques "effets d’effroi". Dans les jours qui viennent, le BBB, qui s’autoproclame à l’instant même jury-citoyen-tiré-au-sort-d’évaluation de la candidate Royal, souhaite que Royal précise la composition, les affectations exactes, les compétences, les limites du pouvoir de sanction, de cette proposition de "jurys de citoyens tirés au sort".

Avec votre aide à tous, nous serons vigilants. Et délivrerons, évidemment, notre évaluation. Pluraliste, vous l’avez compris. Et citoyenne.


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