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11 novembre 2005

Bonsoir ami(e)s des saint(e)s, qu'ils soient Celtes ou non, d'ici ou d'ailleurs!

En Belgique, saint BERTUIN DE MALONNE, depuis des siècles à l'honneur des Autels. Vies en fin de message.

Nous avons au calendrier byzantin (datation grégorienne), en plus d'une partie des saints ci-dessous :
saint Maxime de Moscou, le Fol-en-Christ (+ 1434);(Etc.)

Que Notre Seigneur Jésus-Christ, qui est béni dans Ses saintes et saints, par leurs prières, nous fasse miséricorde.

To: "[celt-saints]"<celt-saints@yahoogroups.com>
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Date sent: Mon Nov 10, 2003 9:22am
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Subject: [celt-saints] 11 November

Saints Celtes et anciens saints Anglais - 11 Novembre
(traduction personnelle http://www.amdg.be )

=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=
* Saint Cynfran du Pays de Galles
* Saint Rhedius de Llanllyfni, Pays de Galles
* Saint Martin de Tours
=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=

Saint Cynfran du Pays de Galles, fils de Saint Brychan de Brecknock
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5ième siècle. Un saint Gallois, un des fils du chef Saint Brychan de Brecknock (6 avril) et fondateur d'une église dans le Carnavonshire, où l'on trouve une source Saint Cynfran. (Bénédictins).

Tropaire de saint Cyfran ton 8
Aujourd'hui nous nous réjouissons, célébrant en ton honneur, O père Cyfran,/
Et puisque tu as prodigué à d'innombrables générations des guérisons miraculeuses,/
Intercède auprès du Christ notre Dieu pour la guérison et le Salut de nos âmes.



Saint Rhedius de Llanllyfni, Pays de Galles
(Rhediw)
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Epoque inconnue. Un saint Gallois dont le nom se perpétue par la dédicace d'une église en son honneur à Llanllyfni dans le Carnarvonshire (Bénédictins).


Saint Martin de Tours, évêque
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saint martin de tours
Né à Sabaria en Haute Pannonie (Hongrie), vers 316; mort le 8 novembre 397.

La plupart des mortels n'ont à lutter que contre un démon collectif (ou du moins le croient-ils) - le démon des communautés et familles, la force occulte qui fait appel aux plus basses parties de notre nature, la divinité noire de la ville plongée dans la nuit. Avoir un démon personnel semble être un "privilège" réservé aux vrais saints. La grandeur du saint se mesure à la grandeur des tentations qu'il a à vaincre parce que la vie du saint se dresse en contraste face aux oeuvres du démon.
Martin était le fils d'un officier païen de l'armée, et il accompagna sa famille vers le nouveau poste de son père, à Pavie, en Italie. Martin était devenu catéchumène à l'âge de 10 ans, contre la volonté de ses parents. Il suivit les leçons à l'église locale, et quand il eut atteint 12 ans, son amour pour Dieu était si ardent qu'il voulut se retirer pour vivre en ermite. A 15 ans, en fils d'un vétéran de l'armée, il fut obligé de rentrer à l'armée contre sa volonté. Bien que Martin n'était pas encore devenu Chrétien de manière formelle, il vivra de nombreuses années plus comme un moine que comme un soldat.

Pendant qu'il était stationné à Amiens en France [ Gaule Belgique ] en 337, un mendiant à moitié nu s'approcha de lui; le temps était terriblement froid. Le nom de Martin devint immortel dès ce moment-là, car il coupa sa cape militaire en 2 et donna la moitié à l'homme souffrant. Cette nuit-là, en songe, il vit Jésus drapé de cette autre moitié de sa cape qu'il avait donnée. Jésus lui dit, "Martin, bien que catéchumène, M'a couvert avec ce vêtement". Suite à ce rêve, il "courru pour aller se faire baptiser", selon son biographe.

Quand il eut près de 20 ans, les barbares envahirent la Gaule. Lui et ses compagnons furent présentés au César Julien pour recevoir un cadeau, mais Martin refusa en disant, "Je vous ai servit en soldat; à présent laissez-moi servir le Christ. Donnez ma paie aux autres qui vont se battre, mais je suis un soldat du Christ et il ne m'est pas permis de me battre".

Irrité de cette réplique, Julien l'accusa de lâcheté. Martin répliqua qu'il était prêt à aller à la bataille mais sans armes, et à se tenir au milieu des bélligérants au Nom du Christ. Il fut jetté en prison, mais cette nuit-là les barbares demandèrent et obtinrent une armistice. Martin demanda et obtint sa démission vers 339.

Ensuite il vécut quelque temps en Italie et Dalmatie, avant de venir à Poitiers, et l'évêque Saint Hilaire le prit comme disciple. Martin le recherchait, car il savait que servir ce saint homme c'était servir Dieu. Hilaire reconnu l'extraordinaire mérite de Martin, et voulut l'ordonner diacre, mais il ne parvint pas à vaincre l'humilité de Martin.

Pour conserver Martin dans son diocèse, Hilaire lui assigna la charge d'exorciste - et c'est dans ce ministère officiel que Martin fit pour la première fois la rencontre du diable. C'était encore un démon général, car il n'avait pas encore son démon privé. Cependant, Martin apprit à chasser les maléfices et les coups acérés des cornes du démon, une leçon qui serait toujours utile par la suite.

Martin eut un songe qui l'appelait à rentrer chez lui, et il revint en Pannonie, convertit sa mère et d'autres, dont un groupe de bandits qui avait voulut le tuer durant sa visite. Peu après, le diable lui apparut sous forme humaine et lui annonça qu'où qu'il aille ou quoi qu'il fasse, le démon s'opposerait à lui.

En Illyrie, son opposition verbale aux Ariens lui valut d'être publiquement fouetté et exilé par Auxence, l'évêque Arien. Repartant pour l'Italie, Martin apprit qu'Hilaire avait été exilé. Il se retira en un lieu près des murs de Milan, où il entama la vie monastique. Auxence, quand il s'empara du siège de Milan, s'affronta à Martin et le chassa hors du diocèse. Martin forma alors un duo avec un prêtre vertueux. Ils se retirèrent sur l'île désertée de Gallinaria dans le golfe de Gènes, où il vécut en reclus jusque 360, jusqu'à ce que saint Hilaire fut autorisé à revenir de son exil et rentrer à Poitiers.

Comme pour la plupart des vrais saints, au fur et à mesure que Martin grandit en sainteté, son démon privé devint de plus en plus différencié du démon collectif. De plus en plus, le démon s'attaqua à son âme, le forçant à être sans arrêt sur ses gardes. C'était comme le principe des vases communicants : au plus Martin s'élevait comme le mercure vers la sainteté, au plus que le démon s'efforçait de remplir l'espace vide derrière lui.




Un jour qu'il vivait encore en reclus sur l'île, Martin mangea une plante empoisonnée qui le tua presque. Les chroniques appellent cette plante "héllébore", ce qui est sans aucun doute une erreur, car l'héllébore n'est pas mortelle mais un remède contre la folie, et selon les herboristes, elle ne contient rien de plus qu'un fort purgatif.

Peut-être que la plante ne se trouvait pas là par hasard? Il y a une variété d'héllébore appelée "Rose de Noël" qui est la mandragore. Néanmoins, quand Martin sentit le poison à l'oeuvre, il commença à prier - ce qui prouve qu'il réalisait qu'il n'y avait rien de normal à sa maladie - et Dieu le guérit.

Le démon de Martin était capable de se transformer en bien des formes. Il était particulièrement habile à prendre des formes de divinités de la mythologie, apparaissant parfois comme Jupiter ou Mercure. Mais bien que Martin fut toujours alarmé par Mercure, écarta toujours Jupiter comme "un animal stupide" et un "sot".

Le démon aimait aussi prendre la forme de femmes. Un jour, il apparut comme Vénus, une autre fois comme Minerve, mais toujours exhalant une forte odeur de souffre, et fuyant toujours face au Signe de la Croix.

Après avoir appris qu'Hilaire était en route vers Poitiers, Martin fit le voyage de Rome pour le rencontrer en route, et l'accompagner jusqu'à son siège. Comme Martin souhaitait vivre en solitaire, Hilaire lui donna une terre, à présent appelée Ligugé, où il fut rejoint par d'autres ermites - et ainsi fut fondée la première communauté monastique des Gaules. Ce fut un célèbre monastère jusqu'en 1607, et fut restauré en 1852 par les Bénédictins de Solesmes. Il y vécut 10 ans, prêchant et accomplissant des miracles célèbres dans la région, dont la résurrection d'un catéchumène et d'un esclave pendu.

Bien vite, les ennuis avec le démon se firent plus graves. Un jour pendant que le saint était en prière dans sa cellule, le démon vint sans frapper, tenant en sa main une corne couverte de sang. "Je viens de tuer un des tiens", dit-il au Saint, et en fait le transporteur du monastère venait d'être tué par un taureau. Aussitôt Martin résolu de combattre les démons avoisinants en détruisant tous les temples païens du district. Il reçut peu après le don de discerner les démons, et ceci lui permit de tenir à l'écart son propre démon.

Vers 371, Tours le choisissit comme son 3ième évêque. Il ne voulait pas prendre cette charge; le peuple utilisa une astuce pour y parvenir : ils le firent venir pour visiter un malade de la ville, et l'emmenèrent à l'église. Son apparence pauvre n'impressionna pas les évêques qui étaient venus assister à l'élection, mais le peuple rejetta leurs objections et Martin fut consacré le 3 juillet 371.

Il vécut dans une cellule près de l'église, mais se retira vite de la ville et de ses distractions vers un lieu qui deviendra l'abbaye de Marmoutier, qui deviendra un autre grand centre monastique. C'était un désert, avec un falaise à pic d'un côté et une rivière de l'autre. Peu de temps après, 8 moines se joignirent à lui. Les moines ermites ne s'occupèrent ni d'art ni d'affaires. Les plus âgés s'occupèrent uniquement de prière, pendant que les plus jeunes écrivaient. Nombre d'évêques sortirent de ce monastère parce que chaque ville voulut un pasteur qui aurait été formé sous la discipline de Saint Martin.

Ici, en privé, Martin vivait exclusivement en moine, pendant qu'en public, il se dévouait avec un zèle brûlant à la charge de ses tâches épiscopales. Chaque année il visita chaque paroisse de ses régions rurales, voyageant à pied, à dos d'âne ou par bateau. Il fut un innovateur, en oeuvrant pour convertir les régions rurales, dans lesquelles il introduisit un début de système paroissial. Auparavant, les Chrétiens étaient confinés surtout dans les régions urbaines.

Son biographe et ami, Sulpice Sévère, rapporte qu'il étendit son apostolat de la Touraine jusqu'à Chartres, Paris, Autun, Sens et Vienne. Bien qu'on rapporte qu'il détruisit vigoureusement les temples païens, ses miracles attestés aidèrent beaucoup dans ses progrès : il guérit saint Paulin de Nole d'une maladie des yeux, guérit des lépreux, et ressuscita un mort. Martin eut des visions et révélations, et reçut le don de prophétie. En exorciste, Martin ne menaçait pas les démons, au contraire il se prosternait sur le sol et les soumettait par la prière.




Il fut un des grands pionniers du monachisme Occidental, basé sur les modèles des monastères orientaux de Terre Sainte, d'Egypte et de Syrie, et c'est ainsi qu'il influença le type de monachisme qui s'installera en Irlande, Ecosse et Pays de Galles. C'était avant saint Benoît - qui avait une vénération particulière pour lui.

A cette époque, Priscillian, le guide d'une secte Gnostique-Manichéenne, était attaqué par Ithaque, l'évêque d'Ossanova, qui l'accusait de sorcellerie et urgeait l'empereur de le faire mettre à mort. Ensemble avec le pape de Rome Siricius et saint Ambroise [ de Milan ], Martin se prononça contre la peine capitale à l'encontre de Priscillien et des autres Espagnols hétérodoxes prononcée par les autorités civiles, dont Ithaque et l'empereur Maximus. Il croyait que l'Etat ne devait pas intervenir dans les affaires ecclésiastiques. Martin plaida auprès de Maximus pour qu'il n'exécute pas les hérétiques mais permit de simplement les excommunier.

Ithaque accusa alors Martin d'hérésie. Maximus dit à Martin qu'il ne les exécuterait pas, mais une fois que Martin fut partit de Trèves, Maximus fut persuadé de renvoyer le cas de la secte au préfet Evodius. La secte fut trouvée coupable, et ses membres furent décapités, faisant de cette affaire le premier cas de peine de mort prononcé judiciairement pour hérésie. Le pape de Rome Sirice censura tant Maximus qu'Ithaque pour leur rôle dans cette affaire.

Martin rencontra une très grande opposition dans les années qui suivirent, un de ses principaux critiqueurs étant le semeur de troubles saint Brice, qui lui succédera plus tard comme évêque. Mais son impressionnante puissance spirituelle était trop grande pour 'l'incroyable et sanglante férocité' du comte Avitian, qui renfreina ses intentions barbares à Tours.

Il tomba malade dans la zone rurale de Candes en Touraine. Gisant mourrant, étendu sur un lit de cendres, prêt à rendre un dernier et douloureux souffle, pendant que les cloches étaient déjà occupées à annoncer son départ, il demanda à ses disciples, "Laissez-moi, mes frères, afin que je puisse fixer mes yeux aux Cieux plutôt que sur la terre, et mettre mon âme sur le chemin qui mène au Seigneur".

Mais le démon attendait à côté du lit de son vieil ennemi. Il ne connaissait que trop bien les subtilités de l'agonie de la mort. Il savait où poser sa main au dernier moment quand l'âme, dans ses efforts pour quitter le corps, est devenue molle et maléable comme du verre fondu; et le diable attendait pour s'emparer de l'âme à ce moment et l'emporter dans les flammes de l'enfer. Il était bien trop occupé pour parler, et de plus il avait déjà usé depuis longtemps toute sa réserve d'artifices. Et ainsi, lourd, noir, et attentif, il travaillait en silence près du corps du mourrant.

Alors saint Martin, se relevant de son agonie, affronta le monstre avec ces mots :" Que fais-tu ici, bête sauvage? Tu ne trouveras rien en moi qui t'appartienne, toi le maudit, car je serai d'ici peu dans le sein d'Abraham!"

Et ayant exorcisé le démon loin de son corps, Martin tourna sa face vers le mur et rendit son âme à Dieu. C'est ainsi qu'on été les relations entre les saints et le démon, depuis les débuts du monde.

Martin fut enterré à Tours. Son successeur, saint Brice, bâtit une chapelle au dessus de sa tombe, et elle fut par la suite remplacée par une basilique. Il fut un des saints les plus populaires du Moyen-Age, et son tombeau était et est toujours un grand lieu de pélerinage où nombre de miracles s'accomplissent.

Evangélisateur de la Gaule rurale et père du monachisme en France, saint Martin de Tours fut un personnage de grande importance. Sa renomée s'étend de l'Irlande jusqu'à l'Afrique et à l'Est. En Angleterre, l'Eté de Saint-Martin est un moment de météo clémente qui a parfois lieu vers l'époque de sa fête. Nombre d'églises sont dédicacées en son honneur en Angleterre, dont Saint-Martin à Canterbury et Saint-Martin-in-the-Fields à Londres.

Bien que le saint aspirait à devenir ermite, l'Eglise le força à mener sa vie d'évêque aimant et énergique à Tours. (Attwater, Bénédictins, Bentley, Delaney, Encyclopaedia, Husenbeth, Monceaux, Severus, Walsh, Watkin, White).

Saint Martin est la plupart du temps représenté en jeune soldat à cheval, partageant sa cape avec un mendiant, mais parfois on le monde en évêque avec un mendiant à ses pieds ou près de lui, ou en armure avec les symboles épiscopaux. Son emblème est un globe de feu sur sa tête pendant qu'il dit la Messe, ou une oie, dont la migration coïncide souvent avec sa Fête. (Roeder).

Saint Martin est vénéré à Tours. Il est le saint patron des armuriers, mendiants, cavalerie, tonneliers, animaux domestiques, de la France, des oies, des corsettiers, des gantiers, des chevaux et de leurs cavaliers, de l'infanterie, des meuniers, des hotelliers, des soldats, des tailleurs, des vignerons et des marchands de vin (du fait que sa Fête tombe juste après les vendanges), et des tisseurs de laine (parce qu'il partagea sa cape). (Roeder). Il est invoqué contre l'alcoolisme, les tempêtes et les ulcères. (Roeder).

Page internet de notre ami Jean-Michel
Plusieurs photos de Tours : cathédrale, abbaye, icônes, reliquaires et la tombe de Saint Martin
(vers le tiers de la page)
http://www.amdg.be/sankt/nov11.html

Et aussi l'intégrale des écrits de Septime Sévère sur saint Martin, en français.


enluminure, le corps de saint Martin est ramen‚ ? Tours

"Martin of Tours: The Shaping of Celtic Christianity"
Christopher Donaldson, Canterbury Press, 1997
ISBN 1-85311-157-0

Icônes de Saint Martin:
http://www.odox.net/Icons-Martin.htm##1
http://htmadmin.phpwebhosting.com/images/a-194.jpg

timbre ? l'effigie de saint Martin de Tours

Sources:
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Ajouts personnels :





SAINT BERTUIN DE MALONNE (7ième siècle)
sources : Biblioth. hag. lat., n.1306
Mon. Germ. hist. Script. rer. merov., t.7, p.175-182
Anal. boll. t.6, p.16-30
Acta Sanct. Belgii, t.5, p.165-182, et p.183-189 (Translation et miracles)
Dict. d'hist. et de géogr. eccl., t.8, 1935, col. 1108-1110
Fête principale : 28 novembre
http://www.amdg.be/sankt/bertuin.html



SAINT VINCENT MARTYR DE SARAGOSSE
au calendrier byzantin
Bel Office byzantin à saint Vincent de Saragosse, martyr, en grec, par le protopsaltis Panagiotis Somalis :
http://membres.lycos.fr/stmaterne/psomalis/vincent-martyr.pdf   
Il est demandé à celles et ceux qui célèbreront cet Office de bien vouloir y commémorer pour Panagiotis les personnes suivantes :
a. son défunt père Michael, partit pour le Royaume Eternel le 21/2/2005
b. l'évêque de Telmessos, mgr Hristoforos, qui a été 8 ans évêque auxiliaire à Londres et son père spirituel durant leur séjour commun en Angleterre.


SAINT MARTIN DE TOURS, ÉVÊQUE
Offices des Heures, Messe / Liturgie de saint Martin de Tours
d'après l'Office de l'Eglise Orthodoxe de France (Ecof). Fichier PDF d'1mb


broderies m‚di‚vale d'Islande sur saint Martin de Tours, mus‚e du Louvre
Broderies médiévales d'Islande sur saint Martin de Tours, musée du Louvre, Paris (cliquez sur l'image, ouverture d'un autre site, page en anglais)


Quelques photos de notre pélerinage famillial (16/8/2004)
tombeau de saint Martin, dans l'actuelle basilique ? Tours
tombeau de saint Martin, dans l'actuelle basilique à Tours


restants de la tour de l'ancienne abbaye (les fondations de l'église
originelle de saint Martin ont été retrouvées par les archéologues
en dessous.. de l'actuelle église protestante, un peu plus loin)


buste de saint Martin de Tours à l'entrée de la basilique



croix à l'entrée de la basilique
Liste épiscopale de la Métropole de Tours,
de 250 jusqu'à Saint Martin, par saint Grégoire, évêque de Tours

(texte intégral non-modifié, traduction Henri Bordier 1859)
Histoire ecclésiastique des Francs, Livre 10, chapître 31, "Evêques de Tours".
31. Bien que , dans les livres précédents, j'aie écrit différentes choses sur les évêques de Tours, cependant il m'a semblé bon de les répéter pour indiquer leur ordre et leur tanmbre, à partir du temps où, pour la première fois, un prédicateur Chrétien arriva dans cette ville,
1. Le premier évêque de Tours, Gatianus, fut envoyé par le pape de Rome, en la première année de l'empire de Décius (2). Il y avait à Tours une multitude de païens adonnés à l'idolâtrie, dont il convertit quelqnes-uns au Seigneur par sa prédication. Cependant il se cachait de temps en temps pour se dérober aux attaques des gens du pouvoir qui, lorsqu'ils le trouvaient, l'accablaient fréquemment d'injures et de mauvais traitements; il célébrait donc en secret, dans les cryptes et dans des lieux cachés, le mystère de la Messe du dimanche, avec le peu de Chretiens qu'il avait convertis comme nous venons de le dire. C'était un homme pieux et craignant Dieu; et s'il n'eût pas été tel, il n'aurait pas abandonné pour l'amour du Seigneur maisons, parents et patrie. Il mena, dit-on, à Tours, la même vie pendant 50 ans , mourut en paix, et fut enterré dans le cimetière du faubourg qui appartenait aux Chrétiens. L'épiscopat fut interrompu pendant 37 ans.

(2)L'an 250.


2. Le second, Litorius , fut sacré évêque dans la première année de l'empereur Constans (1). C'était un citoyen de Tours d'une grande piété. Il bâtit la première église de la ville, à une époque où il y avait déjà beaucoup de Chrétiens, et il fit avec la maison d'un sénateur cette première basilique. De son temps, saint Martin commença de prêcher dans les Gaules, il siégea 33 ans, mourut en paix, et fut enterré dans la susdite basilique, qui porte aujourd'hui son nom.

(1) l'an 337.

3. Le troisième, saint Martin, fut sacré évêque la 8ième année de Valens et de Valentinianus (2). Il était originaire de la cité de Sabaria (3), au pays de Panonie. Par amour de Dieu, il construisit le premier monastère de la ville de Milan en Italie. Mais les hérétiques l'ayant battu de verges et chassé d'Italie parce qu'il prêchait courageusement la sainte Trinité, il vint dans les Gaules. Il y convertit un grand nombre de païens, renversa leurs temples et leurs statues, et fit aussi de grands miracles parmi le peuple, au point de ressusciter 2 morts avant son épiscopat. Il n'en ressuscita qu'un seul après être devenu évêque. Il transporta le corps du bienheureux Gatianus, et l'enterra près du tombeau de saint Litorius, dans la basilique dédiée au nom de celui-ci comme nous l'avons dit. Il empêcha Maximus d'employer le glaive en Espagne pour tuer les hérétiques (4), décidant qu'il suffisait de les séparer des Eglises et de la communion catholique. Sa vie terrestre étant terminée, il mourut à Candes, bourg de son diocèse (5) dans sa 81ième année. De ce bourg il fut transporté sur une embarcatiun jusqu'à Tours, où il fut enseveli dans le lieu où l'on adore [ vénère! JMD ] maintenant son tombeau. Nous avons 3 livres écrits sur sa vie par Sulpicius Sévérus. Il se manifeste encore de notre temps par beaucoup de miracles.

(2) L'an 371.
(3) Voyez tome 1, page 30, note 1
(4) Les Priscillianistes, que Maxime avait ordonné de réduire par le fer.
(5) "Cadatensem vicum urbis suae". En nov. 397, à ce que l'on croit.

Il éleva, dans le monastère qu'on appelle encore aujourd'hui le Grand (Marmoutier), une basilique en l'honneur des saints Apôtres Pierre et Paul. Il bâtit aussi des églises dans les bourgs de Langeais, Saunay, Amboise, Chisseau, Tournon, Candes, après y avoir détruit les temples païens et baptisé les gentils. Il siégea 26 ans 4 mois et 27 jours. L'épiscopat fut interrompu pendant 20 jours.




4. Le quatrième, Briccius, fut sacré évêque de Tours la seconde année du règne commun d'Arcadius et Honorius; il était citoyen de Tours. La 33ième année de son épiscopat, il fut accusé du crime d'adultère par les autres citoyens, qui, l'ayant chassé, créèrent évêque Justinianus. Briccius alla trouver le pape de la métropole. Justinianus le suivit, et mourut dans la ville de Verceil. Les habitants de Tours, conspirant de nouveau, nommèrent Armentius. Mais Briccius après être demeuré 7 ans auprès du pape de la métropole, fut trouvé innocent du crime qu'on lui imputait, et reçut ordre de retourner dans sa cité. Il bâtit, sur le tombeau de saint Martin, une petite basilique, où il fut enterré lui-même. Comme il entrait par une porte de la ville, on emportait par une autre Armentius, qui était mort : celui-ci enseveli, Briccius reprit son siège. On rapporte qu'il fonda les églises de divers bourgs, savoir Cliou, Brèches, Ruan, Bridoré, Chinon. Il siegea, en comptant tout, 47 ans; puis mourut et fut enseveli dans la basilique qu'il avait élevée sur le corps de saint Martin.


ici reposent les 2 dernières reliques de saint Martin non-détruites par les païens


que ma prière s'élève devant Ta Face,
par l'intercession de Saint Martin de Tours


Saint Martin de Tours, PPN !


tour de l'ancienne abbaye, et tour de l'actuelle basilique du 19ième s.


"Geste" de saint Martin, antique fresque dans la cathédrale Saint-Gatien,
à Tours. On y trouve aussi toute la Vita Martinus résumée dans de
splendides et très anciens vitraux.


citadelle de Montmédy, près de la Gaume belge


église saint Martin, citadelle de Montmédy (18ième s.)
Les paroisses Saint-Martin, villages, etc, sont innombrables, comme ses miracles!
P. ex., il y a même une paroisse orthodoxe orientale à Bruxelles qui lui est dédiée :
http://www.amdg.be/amdg2a11.html

saint Martin de Tours, peint par El Greco, 1599
Saint Martin de Tours, peint par El Greco, 1599
(cliquez sur l'image pour la page d'origine, en grec)


Saint Martin de Tours, tous les textes par son biographe d'époque (56 pages a4) :
http://www.amdg.be/stmartintours.html
1. VIE DE SAINT MARTIN
2. CHRONIQUE DE SULPICE SÉVÈRE
3. DIALOGUES SUR LES MIRACLES DE SAINT MARTIN
4. LETTRES DE SULPICE SÉVÈRE SUR SAINT MARTIN


A lire aussi : Saint Grégoire de Tours. Il a rempli plusieurs livres avec les miracles accomplis par l'intercession de saint Martin à son époque, ayant parcouru les Gaules pour en faire la recension. C'est très impressionnant.


Seule icône de saint Martin de Tours que j'aie trouvé à être conforme aux canons de l'icône, puisque présentant le saint dans ce qui fait sa particularité, son chemin de Foi, et non pas comme une icLône d'un quelconque hiérarque Grec, comme toutes les autres. Mais je la trouve encore trop byzantine pour être utilisable chez nous. Il est long, le chemin du retour à la Foi apostolique occidentale.. (le site indique "provient d'une page de l'ECOF)
icone saint Martin de Tours



Tropaire de saint Martin le Miséricordieux, ton 1
Ta pitié pour la nudité du pauvre * t'a donné, Martin, de contempler le Christ, * parlant ainsi à Ses Anges : * Martin m'a revêtu de ce manteau. * Prends donc aussi pitié de nous, tes serviteurs, * car nous sommes pauvres et nus en bonnes actions. * Supplie le Seigneur de l'univers * d'être miséricordieux pour nos âmes.

Kondakion de saint Martin le Miséricordieux, ton 4
Dans la simplicité et l'humilité de ton coeur * tu as, grand-prêtre Martin, mené ton troupeau, * tu as guéri les malades, chassé les démons, * tu as dompté le feu et ressuscité les morts; * tu as fait refleurir les coeurs flétris * par ta vie angélique et ton incessante prière. * Le Maître de la Vigne t'a comblé d'une moisson débordante. * O très saint grand-prêtre qui n'a condamné personne, * reste auprès de nous à l'heure terrifiante du Jugement.



SAINT MARTIN, ÉVÊQUE (*) , et saint Ménas, martyr
[ du Bréviaire romain bilingue latin-français, éditions Mame, 1965 ]

(*) Mort à Candes-lès-Tours le 9 novembre, et reçu solenellement à Tours le 11 novembre.

A MATINES
Invit. : Louons notre Dieu
* En célébrant le bienheureux Martin.

HYMNE : Iste Confessor
( l'hymne "Iste Confessor" est l'hymne propre de saint Martin. Elle célèbre dans la 3ième strophe les miracles accomplis près de son tombeau, qui fut au Moyen-Age un des plus célèbres lieux de pélerinage.

Ce Confesseur du Seigneur, que les peuples de toute la terre célèbrent par une pieuse louange, aujourd'hui a obtenu, dans la joie, les suprêmes honneurs de la gloire.
Pieux, prudent, humble, pudique, il a mené une vie sobre, sans faute, tant que ses membres ont été animés du souffle de la vie.
Par sa puissante intercession, souvent, la maladie est terrassée : les corps infirmes qui gisaient çà et là, sont rendus à la santé. Aussi notre choeur chante en son honneur une louange déférente à ses palmes glorieuses, pour que ses pieuses prières nous aident en tout temps.
Salut, honneur, puissance à Celui qui, brillant sur le trône du Ciel, gouverne l'enchaînement du monde entier, Dieu trine et un. Amen.

AU NOCTURNE
Ant. 1. Martin * encore catéchumène m'a recouvert de ce vêtement.
Les 9 Psaumes comme au Commun d'un Martyr, p. 44
2. De la sainte Trinité, * Martin a confessé la Foi, et il a reçu la grâce du Baptême.
3. Pour moi, * protégé par le Signe de la Croix et non point par le bouclier ou le casque, j'entrerai en sécurité parmi les bataillons ennemis.
4. J'ai confiance dans le Seigneur * que ma fille, par tes prières, sera rendue à la santé.
5. Tetradius, * ayant reconnu la puissance de Dieu, parvint à la grâce du Baptême.
6. O homme ineffable, * par qui tant de miracles nous ont éblouis!
7. Le Seigneur Jésus Christ * a prédit qu'Il viendrait sans la pourpre ni l'éclat d'un diadème.
8. Pontife de Dieu, * Martin, les Cieux te sont ouverts, ainsi que le Royaume de Mon Père.
9. Pontife de Dieu, * Martin, pasteur excellent, prie Dieu pour nous.

V/. Tu es prêtre à jamais.
R/. Selon l'ordre de Melchisédech.

LECTURE 1.
De la première Epître du bienheureux Paul Apôtre à Timothée.
Chap. 3, 1-7. Les vertus de l'évêque.
ELLE est sûre cette parole: celui qui aspire à la charge d'épiscope désire une noble fonction. Aussi faut-il que l'épiscope soit irréprochable, qu'il n'ait été marié qu'une fois [ !! * !! ], qu'il soit sobre, pondéré, courtois, hospitalier, apte à l'enseignement, ni buveur ni batailleur, mais bienveillant, ennemi des chicanes, détaché de l'argent, sachant bien gouverner sa propre maison et tenir ses enfants dans la soumission d'une manière parfaitement digne. Car celui qui ne sait pas gouverner sa propre maison, comment pourrait-il prendre soin de l'Eglise de Dieu? Que ce ne soit pas un converti de fraîche date, de peur que l'orgueil lui tournant la tête, il ne vienne à encourir la même condamnation que le Diable. Il faut en outre que ceux du dehors rendent de lui un bon témoignage, de peur qu'il ne tombe dans l'opprobre et dans les filets du Diable.

R/. Voici Martin, Pontife choisi de Dieu, à qui le Seigneur a daigné conférer une grâce si grande après celle des Apôtres,
* Que, par la puissance de la divine Trinité, il a mérité de devenir l'instrument magnifique de la résurrection de 3 morts.
V/. De la sainte Trinité Martin a confessé la Foi, En sorte que, par la puissance.


LECTURE 2
De l'Épître à Tite.
Chap. 1, 7-11. Sa doctrine.
L'ÉPISCOPE, en effet, en sa qualité d'intendant de Dieu, doit être irréprochable : ni arrogant, ni coléreux, ni buveur, ni batailleur, ni avide de gains déshonnêtes, mais au contraire hospitalier, ami du bien, pondéré, juste, pieux, maître de soi, attaché à l'enseignement sûr, conforme à la doctrine; ne doit-il pas être capable, à la fois, d'exhorter dans la saine doctrine et de confondre les contradicteurs? Nombreux sont en effet les esprits rebelles, les vains discoureurs, les séducteurs, surtout chez les circoncis. Il faut leur fermer la bouche; ces gens-là bouleversent des familles entières, enseignant pour de scandaleux profits ce qui ne se doit pas.

Chap. 2, 1-8. Ses exhortations.
Pour toi, enseigne ce qui est conforme à la saine doctrine. Que les vieillards soient sobres, dignes, pondérés, robustes dans la foi, la charité, la constance. Que pareillement les femmes d'âge aient le comportement qui sied à des saintes: ni médisantes, ni adonnées au vin, mais de bon conseil; ainsi elles apprendront aux jeunes femmes à aimer leur mari et leurs enfants, à être réservées, chastes, femmes d'intérieur, bonnes, soumises à leur mari, en sorte que la parole de Dieu ne soit pas blasphémée. Exhorte également les jeunes gens à garder en tout la pondération, offrant en ta personne un exemple de bonne conduite: pureté de doctrine, dignité, enseignement sain, irréprochable, afin que l'adversaire, ne pouvant dire aucun mal de nous, soit rempli de confusion.

R/. O bienheureux homme, l'évêque Martin * Qui ne craignit pas de mourir et ne refusa pas de vivre! V/. Seigneur, si je suis encore nécessaire à ton peuple, je ne refuse pas le travail; que ta volonté soit faite. Qui. Gloire au Père. Qui.

LECTURE 3
MARTIN, né à Sabaria, en Pannonie, s'enfuit dans une église, malgré ses parents, comme il avait atteint sa dixième année, et voulut être inscrit au nombre des catéchumènes. Parti pour l'armée à 15 ans, il servit d'abord dans l'armée de Constance, puis dans celle de Julien. A 18 ans, après avoir donné à un pauvre d'Amiens une partie de sa chlamyde, il fut admirablement fortifié par une apparition de Jésus Christ et reçut avec joie le Baptême. Laissant alors la vie militaire, il fut reçu par saint Hilaire, évêque de Poitiers, au nombre de ses acolytes (entre 350 et 356). Créé par la suite évêque de Tours (370), il bâtit un monastère où il mena assez longtemps une vie très sainte en compagnie de 80 moines. Saisi d'une fièvre violente à Candes, village de son diocèse, et prenant en pitié ses disciples, il priait Dieu en ces termes : "Seigneur, si ton peuple a encore besoin de moi, je ne refuse pas le travail." A l'instant de la mort, il vit l'ennemi du genre humain : "Que fais-tu là, bête cruelle? lui dit-il. Tu ne trouveras rien en moi de condamnable." C'est sur ces paroles qu'à l'âge de 81 ans, et glorifié par beaucoup de miracles, il rendit son âme à Dieu (397).
Te Deum.

A LAUDES
Ant. 1. Ses disciples dirent * au bienheureux Martin: Pourquoi, Père, nous abandonner, et à qui nous laisses-tu désolés? Car voici que des loups ravisseurs attaqueront ton troupeau.
Psaumes du dimanche, p. 86*
2. Seigneur, * si je suis encore nécessaire à ton peuple, je ne refuse pas le travail; que Ta volonté soit faite.
3. O homme ineffable, * que le travail n'a pas vaincu, que la mort ne saurait vaincre, qui n'a pas craint de mourir et n'a pas refusé de vivre!
4 Les yeux et les mains * toujours levés vers le ciel, jamais lassé de l'oraison, il ne donnait pas de relâche à son esprit, alléluia.
5 Martin * est reçu joyeux dans le sein d'Abraham; Martin, ici-bas pauvre et petit, au Ciel entre riche, et honoré des hymnes célestes.

Capitule Eccli. 44, 16-17
VOICI le grand prêtre qui, pendant sa vie, plut à Dieu et fut trouvé juste; et au temps de la colère, il devint réconciliation.

HYMNE
JÉSUS, Rédempteur de tous, éternelle couronne des Pontifes, en ce jour, avec grande clémence, sois indulgent à ceux qui te prient.
En ce jour où le Confesseur de ton saint nom a été glorifié, le peuple consacré célèbre sa fête annuelle.
Celui qui, à bon droit, rejeta les joies fragiles de ce monde, jouit de la récompense éternelle parmi les Anges.
Avec bonté, accorde-nous de suivre ses traces; à sa prière, pardonne les fautes de tes humbles serviteurs.
O Christ, Roi très miséricordieux, gloire à toi, ainsi qu'au Père, avec l'Esprit Paraclet, maintenant et dans tous les siècles.
Amen.

V/. Le Seigneur a conduit le juste par des voies droites.
R/. Et il lui a montré le royaume de Dieu.
A Bénéd. Ant.
O bienheureux homme, * dont l'âme possède le Paradis! Aussi les Anges exultent, les Archanges se réjouissent, le choeur des Saints l'acclame, la foule des Vierges l'appelle: Demeure avec nous éternellement.

Oraison
O DIEU, qui vois que nos forces ne suffisent nullement à nous soutenir, accorde-nous miséricordieusement que, par l'intercession du bienheureux Martin, ton Confesseur et Pontife, nous soyons protégés contre tout ce qui nous est contraire. Par Jésus Christ.

Mémoire de saint Menne, Martyr
Célèbre martyr d'Alexandrie, patron des conducteurs de caravanes (vers 298). Honoré à Rome dans sa basilique de la voie d'Ostie, aujourd'hui disparue.

Ant. Celui qui hait son âme en ce monde, la garde pour la vie éternelle.
V/. Le juste fleurira comme le palmier.
R/. Il multipliera comme le cèdre du Liban.

Oraison
ACCORDE-NOUS, Dieu tout-puissant, que, célébrant la naissance céleste de ton bienheureux Martyr Menne, nous soyons,
par son intercession, fortifiés dans l'amour de Ton Nom. Par Jésus Christ,

Aux petites Heures, antiennes et Psaumes de la férie.
Capitules et répons brefs comme au Commun d'un Pontife, p. 116

A VÊPRES
Antiennes des Laudes, p. 875; Psaumes des 1res Vêpres d'un Apôtre, p. 2; mais à la place du dernier on dit le Psaume 131 Memento, p. 228*

Capitule Eccli. 44, 16-17
VOICI le grand prêtre qui, pendant sa vie, plut à Dieu et fut trouvé juste; et au temps de la colère, il devint réconciliation.

HYMNE
Ce Confesseur du Seigneur, que les peuples de toute la terre célèbrent par une pieuse louange, aujourd'hui a obtenu, dans la joie, les suprêmes honneurs de la gloire.
Pieux, prudent, humble, pudique, il a mené une vie sobre, sans faute, tant que ses membres ont été animés du souffle de la vie.
Par sa puissante intercession, souvent, la maladie est terrassée : les corps infirmes qui gisaient çà et là, sont rendus à la santé.
Aussi notre choeur chante en son honneur une louange déférente à ses palmes glorieuses, pour que ses pieuses prières nous aident en tout temps.
Salut, honneur, puissance à Celui qui, brillant sur le trône du ciel, gouverne l'enchaînement du monde entier, Dieu trine et un. Amen.

V/. Le Seigneur a conduit le juste par des voies droites.
R/. Et il lui a montré le Royaume de Dieu.

A Magnif. Ant.
O bienheureux Pontife, * qui de tout son coeur aimait le Christ Roi, et ne craignait pas la puissance impériale! O très sainte âme qui, sans avoir été enlevée du corps par le glaive du persécuteur, n'a point cependant perdu la palme du martyre!

[ !! * !! : 1 Tim 3,3 : "qu'il n'ait été marié qu'une fois" = falsification grossière du texte des Saintes Ecritures, pour servir sa propre théologie contraire à celle de la Foi Apostolique!
C'est flagrant : "mias gynaikos andra" "mias gunaikos andra", dit le texte grec originale (l'apparat critique n'indique pas de variante connue (édition critique d'Aland, Black, Martini, Metzger, Wikgren, GNT 3ième ed. 1990). Comme pour les Apôtres et leurs disciples directs, au cours des 5 premiers siècles de l'Église, une partie de l'épiscopat non-monastique était marié, point final. Un saint Avit de Vienne a succédé à son père, comme un saint Hormisdas à Rome, et saint Grégoire de Nysse ou saint Hilaire de Poitiers étaient aussi mariés, entre des tas d'autres. Si dans les parties romaine et espagnole de l'Occident une certaine tendance au célibat sacerdotal se fit jour à partir du 4ème siècle, ce n'était pas une norme et encore moins un point de dogme. Et pour cause, puisque les Apôtres disaient et pratiquaient le contraire.
Et en Orient, le "6ième Concile Oecuménique" qu'on l'appelle parfois "In Trullo", parfois "in Quinisexte", entre autres mesures disciplinaires, a voulu non pas interdire l'épiscopat marié, mais réserver l'épiscopat aux moines. En son temps et au lieu où il s'est déroulé, la raison était évidente : les hérésies pullulaient et la culture n'était pas ce qui était le plus répandu hors des monastères. Et l'épiscopat ne peut pas être choisi à la légère. Il n'empêche, c'était une mesure contigentielle, de discipline ecclésiastique, et non pas un dogme. Il peut être révoqué n'importe quand, et on le voit bien puisqu'un autre Canon de ce même Concile, lui aussi de norme liturgique, l'a été : celui interdisant de distribuer la sainte Communion en faisant usage d'une cuiller; dans les paroisses de rite byzantin, on n'utilise que la cuiller, au contraire des paroisses de rite occidental, qui continuent l'usage de ce Canon et donnent la sainte Communion en main.

Pour en revenir au début du propos,  entretemps, après sa séparation d'avec le tronc de la Foi apostolique, l'Église à Rome a supprimé même les prêtres mariés. Certes, ils disent que c'est de manière disciplinaire, non-doctrinale. Quoique, il suffit de lire le nombre d'écrits, et pas seulement chez les "tradis", où on prétend dogmatiser à l'encontre de l'évidence des Apôtres.. En tout cas, dans cette falsification du texte biblique de "1 Timothée 3,3", nous avons une manifestation flagrante de ce qu'on ose appliquer au texte des Saintes Écritures pour tenter de "justifier" ses erreurs doctrinales. Et c'est fréquent, voyez le "Gloria" ou le "Magnificat" catholiques-romains actuels, etc.
Kyrie eleison. JMD
]



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ic“ne byzatine de saint Martin de Tours


Information de l'Eglise Orthodoxe de France (ECOF) :
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From: "orthodoxie" <orthodoxie@free.fr>
Date sent: Fri, 23 Sep 2005 19:51:57 +0200
Subject: Revue du web

P. Guy Barrandon 06.60.80.19.78 ou 08.71.03.19.33 Courriel : orthodoxie@free

TOURS, 22 sept 2005 (AFP) - Un centre culturel dédié à l'influence de
Saint-Martin ouvre à Tours

Le Centre culturel européen Saint-Martin de Tours, chargé de mieux faire connaître en France et en Europe l'histoire de ce célèbre saint, l'un des symboles de la citoyenneté européenne, ouvre samedi à Tours.

Créé à l'initiative du ministère de la Culture et du conseil général d'Indre-et-Loire, le centre sera inauguré par le ministre Renaud Donnedieu de Vabres en présence de représentants de plusieurs pays européens.

"Le centre va réaliser un inventaire du patrimoine matériel et immatériel martinien, et mettre en réseau les villes européennes qui se partagèrent la vie de Saint-Martin", a expliqué à l'AFP Antoine Selosse, son directeur.

Maud de Boer-Buquicchio, secrétaire générale adjointe du Conseil de l'Europe, présentera samedi le label "Grand itinéraire culturel du Conseil de l'Europe" sur le thème "Saint-Martin de Tours, personnage européen, symbole du partage, valeur commune".

"Il permettra de redécouvrir un riche patrimoine culturel longtemps oublié - des milliers de monuments sont dédiés à Saint-Martin en Europe dont 12 cathédrales - et de lui redonner sa place légitime auprès des Chemins de Saint-Jacques de Compostelle. Trois chemins sont déjà balisés en France", précise M. Selosse.

Vers 354 après Jésus-Christ, le légionnaire romain Martin coupe sa cape avec son glaive pour en donner une partie à un pauvre dénudé. Ce geste, qui frappe les esprits de l'époque, devient le symbole du partage.

Il devient ensuite évangélisateur, sillonnant l'Europe. Il est enterré en 397 à Tours, ville dont il fut évêque.
Selon la légende, la nature refleurit au passage de la barque qui porte sa dépouille sur la Loire. Ce redoux d'automne est appelé l'été de la Saint-Martin.

Le Centre culturel européen Saint-Martin-de-Tours sera inauguré samedi 24 septembre 2005. Installé au cloître de la Psalette de la cathédrale de Tours, ce centre créé en partenariat par le Ministère de la Culture et de la Communication et le Conseil général d'Indre-et-Loire aura pour principales missions :

a. de mieux faire connaître au public Saint-Martin, qui fût évêque de Tours au 4e siècle et qui reste surtout l'un des symboles de la citoyenneté européenne, fondée sur le partage et les échanges.
b. d'assurer la mise en place et le développement d'un itinéraire culturel européen sur le thème "Saint-Martin-de-Tours, personnage européen, symbole du partage", qui a déjà été reconnu "Grand Itinéraire culturel du Conseil de l'Europe".
Une convention triennale entre le ministère de la Culture, le Conseil général d'Indre-et-Loire et le Centre culturel européen Saint-Martin-de-Tours sera signée le 24 septembre prochain afin d'assurer la mise en place et le développement de ce centre dans sa dimension européenne.

SPECTACLE GRATUIT SON ET LUMIERE « Les bâtisseurs d'éternité » A l'occasion de cette inauguration, un spectacle son et lumière intitulé « les bâtisseurs d'éternité » conçu par Philippe Cotten mettra en relief le cloître de la cathédrale et proposera au public une évocation de l'histoire de Saint Martin. Samedi 24 et dimanche 25, 3 spectacles par jour : 20h15 - 21h30- 22h30 (durée d'une demi heure) Billets à retirer à partir du 21 septembre de 14h à 18h sur le parvis de la Cathédrale
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sainte Clothilde prie saint Martin de Tours pour ses fils
sainte Clothilde prie saint Martin de Tours pour ses impies de fils


SAINT MARTIN : 1600 ans de v‚n‚ration
http://www.arquebusiers.be/saintmartin.htm



traductions personelles (c) : http://www.amdg.be ;




Saint Etienne [Stefan] Dechani de Serbie
(du site du monastère Hilandar, sur le Mont Athos) :
http://www.rs.risjak.net/chilandar/Nemanjic.html

STEFAN UROSH 3 DE DECHANI, roi (1321 - 1331)



Saint Stefan de Dechani
Stefan Urosh 3 était le fils du roi Milutin. Par son amour envers le Christ, comme par gratitude envers la communauté de Hilandar qui avait joué les bons offices de réconciliation entre lui et son père Milutin, Etienne bâtit dans la cour de la tour Hrussia, dans Hilandar, l'église de Saint-Basile. Il bâtit nombre de fondations, la plus célèbre étant le monastère du Christ Pantocrator près de Dechani, en Metochie, suite à quoi le roi fut appelé "Etienne (Stefan) de Dechani" par le peuple. Du fait de sa symétrie architecturale, de son ornementation majestueusement sculptée, des thèmes théologiques des peintures et de la richesse du trésor monastique, Dechani représente un des monuments les plus importants de l'héritage médiéval Serbe. Les reliques du donateur, Etienne de Dechani, reposent en paix dans le monastère Dechani.






Du Synaxaire Copte Orthodoxe :
http://www.copticpope.org
http://www.copticcentre.com/synaxarium.pdf
http://www.mycopticchurch.com/saints/





Puisse son intercession être avec nous, et Gloire soit à Dieu à jamais. Amen!






Du site de l'Eglise Orthodoxe Serbe en Amérique du Nord
http://www.westsrbdio.org/prolog/prolog.htm

http://pomog.org/ochrid.html
( site de l'Eglise Russe Hors Frontières aux USA, calendrier julien )

4. Saint Martyr Vincent le Diacre.
Du diocèse de Saragossa en Espagne, il fut terriblement torturé pour le Christ Seigneur, et finallement brûlé sur une grille de fer. Il rendit son âme dans les mains de Dieu en 304. Son corps est préservé à Rome, dans l'église portant son nom.

5. Saint Théodore le Studite.
Célèbre abbé du Studium, il souffrit énormément pour les saintes icônes. Il fut un sage organisateur de la vie monastique, un enseignant inspiré de l'Orthodoxie, et un magnifique ascète. Il entra dans le repos à Constantinople en 826, à l'âge de 68 ans.

6. Saint Urosica, Prince de Serbie.
C'était le fils du roi Dragutin. Bien que marié, il garda la virginité, et la myrrhe coula de son tombeau.



Saint Nicolas Velimirovitch, évêque d'Ochrid, Serbie (+ 05 mars 1958), rescapé de Dachau puis des persécutions communistes, auteur de ce Sanctoral "Prologue d'Ochrid".



Du site de l'Eglise Orthodoxe Russe en Amérique du Nord
http://ocafs.oca.org/


Repos de saint Maxime de Moscou, le Fol-en-Christ (+ 1434)
icone saint maxime le fol en Christ de Moscou
On ne sait rien de ses parents, ni de ses lieu et date de naissance. Saint Maxime choisissit un des chemins les plus difficiles et épineux pour le Salut, ayant choisit de se déguiser en fou pour la cause du Christ. Ete et hiver, Maxime se promenait quasi nu, endurant tant le froid que la chaleur. Il avait une maxime, "L'hiver est terrible, mais le Paradis est doux".

La Russie aimait ses fous, considérant leur profonde humilité, faisant attention à leur sagesse, exprimée dans des proverbes populaires. Et chacun considérait ces saints fous, des Grands Princes jusqu'au dernier mendiant.

Saint Maxime vécut en des temps difficiles pour le peuple Russe. Les incursions Tatars, les sécheresses, et les épidémies étaient endémiques, et le peuple mourrait. Le saint se disait malchanceux, "Tout fil ne convient pas au métier à tisser, parfois c'est le contraire.. Ils ont gagné la bataille, soumettons-nous et courbons-nous plus bas. Ne pleurez pas, vous qui êtes battus; mais pleurez, vous qui n'êtes pas battus. Montrons de la tolérance, et en cela au moins, nous serons humains. Graduellement, même le bois vert finit par brûler. Dieu nous accordera le salut si nous supportons tout avec patience."

Mais le saint ne disait pas que des paroles de consolation. Ses dénonciations enflamées effrayaient les puissants de ce monde. Saint Maxime disait souvent aux riches et célèbres : "La maison a un coin aux icônes, mais la conscience est à vendre. Chacun fait le Signe de Croix, mais aucun ne prie. Dieu voit tout ce qui ne va pas. Il ne vous trompera pas, mais vous non plus, vous ne Le tromperez pas".

Saint Maxime mourrut le 11 novembre 1434 et est enterré dans l'église des saints princes Boris et Gleb. Des guérisons miraculeuses commençèrent à se faire sur les reliques du saint de Dieu. Dans une encyclique de 1547, le métropolite Macaire enjoignait "à chanter et à célébrer à Moscou le nouveau Thaumaturge Maxime, Fol-en-Christ". La même année, le 13 août, on éleva les reliques incorrompues de saint Maxime. L'église des saints Boris et Gleb, où le saint fut enterré, brûla en 1568. A son emplacement, on bâtit une nouvelle église, qui fut consacrée sous le nom de saint Maxime, Fol-en-Christ. Les vénérables reliques de saint Maxime y furent placées.

saint Maxime le Fol-en-Christ de Moscou


Saint Martyrius, Abbé de Zelensk, Pskov


Saint Vincent de Saragosse, martyr
ic“ne saint Vincent de Saragosse, diacre et martyr
Saint Vincent fut dès son enfance un disciple d'un sage pasteur, Valérien, év^que de la ville d'Augustopolis (à présent Saragossa, Espagne). Parvenu à l'âge de maturité, le vertueux, éduqué et éloquent Vincent fut ordonné diacre par l'évêque Valérien. L'évêque n'étant pas très doué pour la prédication, il donna sa bénédiction à son diacre, brillant orateur, pour prêcher dans l'église et parmi le peuple.
Dioclétien (284-305) envoya le gouverneur Dacien dans la ville de Valence, en Espagne, avec pleine autorité pour trouver et exécuter les Chrétiens. Le peuple dénonca le sage évêque et son diacre au gouverneur, qui les arrêta. Les soldats à cheval traînèrent le vieil évêque et son disciple derrière eux, enchaînés, d'Augustopolis jusque Valencia, et là ils les jettèrent en prison, les battant et les torturant, le laissant sans nourriture ni boisson.
Ils soumirent l'évêque au premier interrogatoire. L'Ancien parla doucement, mais d'une voix hésitante et incertaine.
Alors saint Vincent s'approcha, et prononça le plus brillant sermon de sa vie, devant les juges et le peuple assemblé.
Le persécuteur ordonna de renvoyer l'évêque en prison, puis de torturer le saint diacre.
Le martyr subit nombre de tortures : pendant qu'il était cloué à une croix, on le fouetta et le brûla avec des fers rougis à blanc. Lorsqu'il fut décroché de la croix, il remonta joyeusement de lui-même dessus, disant aux bourreaux qu'ils étaient paresseux et n'avaient pas convenablement accomplit les ordres de leur maître. Ils devinrent furieux et le torturèrent à nouveau, jusqu'à ce qu'ils soient tous épuisés. Après les tortures, ils ramenèrent le martyr en prison. Cette nuit-là, les gardes ébahis l'entendirent chanter des Psaumes, et virent une lumière céleste irradier dans la maison. Le lendemain matin, le saint martyr fut condamné à être brulé sur un grill. Les Chrétiens emportèrent le corps du saint et l'ensevelirent avec vénération. Ceci eu lieu en 304.







Textes à traduire plus tard :

Martyr Ménas d'Egypte
ic“ne de saint M‚nas martyr en Egypte


Martyr Victor à Damas
ic“ne martyr saint Victor de Damas


Martyr Stephanida d'Espagne


Saint Théodore Studite, Confesseur, abbé du Studion
ic“ne saint Th‚odore Studite


Repos de Saint Etienne de Dechani, Serbie
ic“ne de saint Etienne Dechani de Serbie


Saint Martin le Miséricordieux, évêque de Tours

ic“ne de saint Martin de Tours, le Mis‚ricordieux





Dans le livre "Saintes et Saints de Belgique au 1er millénaire", nous trouvons à ce jour :
http://www.amdg.be/amdg12.html "sanctoral Belgique"
[je ne placerai ici des vies de saint(e)s tirées de ce livre que de manière exceptionnelle : il vaut l'achat!]








Dans le livre en néérlandais "Vergeten Helden", volume "november", nous trouvons à ce jour:
http://www.amdg.be/ed-pervijze.html




D'après le sanctoral des RP Bénédictins, éditions Letouzey & Ané 1936, on trouve entre autres :



SAINT MÉNAS, MARTYR (3ième-4ième SIÈCLE)
1. LA VILLE DE SAINT MÉNAS. A 9 milles au sud d'Alexandrie, à mi-chemin de la vallée du Natron sur les bords du lac Maréotis ou Marioût, aux confins du désert de Libye, un vaste champ de ruines conserve le souvenir d'une des plus importantes villes de pèlerinage de l'antiquité. Il y avait sans doute toujours eu une bourgade en ce lieu situé sur la route des caravanes; mais elle n'aurait eu aucune histoire, si elle n'avait eu l'honneur de recevoir le corps du martyr saint Ménas.
Il avait été déposé au cimetière dans une petite salle souterraine. Dès le 4ième siècle, le sépulcre était assez vénéré pour qu'il fût nécessaire de creuser autour de la crypte un couloir qui permettait aux fidèles d'approcher du tombeau et même de le voir, mais non de le toucher. Il ne s'agissait encore que d'aménagements modestes; l'essor du pèlerinage date de la construction de la nouvelle basilique élevée sur l'ordre de l'empereur Arcadius (395-408) et qui fut par la suite agrandie et embellie. L'afflux des fidèles fit naître une véritable ville, car en plus des clercs et des serviteurs desservant la basilique il fallait loger les pèlerins ainsi que les artisans et commerçants venus s'établir à demeure.
C'était une charmante oasis. Avec les fruits récoltés en abondance, on fabriquait de délicieux sirops, tandis que les vignes fournissaient d'excellents vins. L'invasion arabe ne détruisit pas tout instantanément, mais elle porta de rudes coups au pèlerinage qui déclina rapidement. Au 11ième siècle, quelques moines desservaient encore la basilique, malgré la présence auprès d'eux d'un groupe d'Arabes qui avaient établi une mosquée et dont la principale occupation était de guetter les caravanes pour les rançonner impitoyablement. Durant les 12ième et 13ième siècles, tout fut ruiné; les Arabes n'ayant jamais entretenu le systeme d'irrigation, le désert reprit les terres conquises autrefois sur lui; il ne resta plus aux derniers habitants qu'à partir en enlevant tout ce qui pouvait s'emporter. Les compagnons de saint Louis débarqués en Égypte n'eurent pas même l'idée d'aller voir ce lieu saint autrefois si fameux.
L'oubli fut tel que Mgr Kaufmann prétendit avoir découvert le site de la ville de saint Ménas le 7 juin 1905. Parler de découverte était un peu excessif, des voyageurs l'avaient repéré depuis longtemps; à Mgr Kaufmann revient le déblaiement des ruines effectué de façon assez maladroite et exposé dans des publications peu satisfaisantes et incomplètes.

2. LES AMPOULES DE SAINT MÉNAS. Dans tous les pays méditerranéens, en Egypte depuis la région d'Alexandrie jusqu'à la haute vallée du Nil, en Asie Mineure, en Grèce, en Dalmatie, en Italie, en Gaule et en Afrique, on a retrouvé des "ampoules de saint Ménas". Ce sont de petits vases en terre cuite en forme de lentille, munis d'un goulot flanqué de 2 anses; leur diamètre varie de 9 à 15 centimètres. Très peu diffèrent du type ordinaire, bien qu'on en ait fabriqué pendant des siècles (cette industrie a même connu de nos jours une renaissance qui fait la fortune des Bédouins et le désespoir des collectionneurs). Ces ampoules étaient remplies de l'huile des lampes du sanctuaire et les pèlerins les emportaient comme de pieux souvenirs.
Sur les ampoules on lit souvent une inscription grecque : "Eulogie de saint Ménas", ce qui lève toute incertitude sur leur destination. Leur provenance n'est pas moins garantie : on ne doutait pas que les ampoules de saint Ménas provenaient du centre de son culte, quand les fouilles ont amené au jour 2 magasins de potier où gisait encore une partie du stock. On n'y a pas seulement trouvé des ampoules de différents modèles, mais aussi des moules et divers outils. Pour élargir leur commerce, ces artisans avisés avaient joint à la fabrication des ampoules celle d'objets divers en terre cuite : croix, statuettes, animaux, lampes, vaisselle, amphores, récipients divers ornés de sujets sacrés ou profanes... Le pèlerinage avait fait naître au bord du désert un centre de petite industrie.

3. ICONOGRAPHIE DE SAINT MÉNAS. - Toutes les ampoules de saint Ménas portent son effigie : saint Ménas est debout, les bras levés à la manière des orantes, revêtu de la tunique et de la chlamyde, encadré par 2 chameaux accroupis à ses pieds. On ne signale pas de représentations anciennes s'écartant de ce thème.
Un auteur arabe du 11ième siècle donne de la basilique Saint-Ménas la description suivante : "C'est un vaste bâtiment décoré de statues et de peintures de la plus grande beauté. Des cierges y brûlent jour et nuit sans aucune interruption. A l'extrémité de l'édifice, on voit un grand tombeau et 2 chameaux de marbre, sur lesquels un homme est debout, les pieds appuyés sur les 2 animaux. Cette figure, qui est également de marbre, représente, dit-on, saint Ménas". Aucun morceau de cette statue n'ayant été retrouvé, ce qui ne saurait nous étonner, on ne peut rien avancer sur la date de sa fabrication ou de sa mise en place; il ne semble pourtant pas probable qu'on puisse la reporter à une époque très reculée : elle dut remplacer une peinture ou une mosaïque qui, elle, remontait au moins au temps d'Arcadius (395-408) et sans doute plus haut encore, car il est sûr que le prototype du thème iconographique de saint Ménas a été l'image du pèlerinage, celle que tous les pèlerins contemplaient et vénéraient dans la basilique. Une pyxide en ivoire du 6ième siècle (actuellement au British Museum) montre les fidèles en prière dans la basilique devant l'image du saint conforme au type traditionnel.
Pourquoi saint Ménas fut-il revêtu d'une tunique et d'une chlamyde, pourquoi surtout fut-il flanqué de 2 chameaux? Aucun texte ne nous donne de réponse satisfaisante.. La pyxide du 6ième siècle nous montre aussi le martyre de saint Ménas : il comparaît devant le juge, puis il est décapité pendant qu'un Ange vient lui apporter une couronne. Ces 2 scènes sont de la plus haute importance pour l'iconographie, puisqu'elles sont les plus anciennes représentations de martyre que nous ait léguées l'art oriental; il n'en est pas de même au point de vue de l'histoire, car elles ne sont pas seulement fort banales, elles ont le malheur de s'accorder avec la légende que nous verrons plus loin; fabriquée au 5ième siècle, celle-ci s'était répandue au 6ième, et il serait extraordinaire que l'artiste qui grava la pyxide ou ceux qui la lui ont commandée l'aient ignorée.
S'il était prouvé que la tunique et la chlamyde étaient strictement réservées aux militaires, on devrait conclure que les plus
anciennes représentations de saint Ménas avaient, elles aussi, subi l'influence de la légende: heureusement il n'en est rien. De même pour les chameaux: les légendes s'en sont emparées, comme nous le verrons, mais il semble qu'elles les ont pris au thème iconographique existant et que le premier artiste chargé de dessiner l'image du martyr a travaillé avant leur éclosion. Si son indépendance était certaine, l'iconographie nous fournirait le plus précieux témoignage sur saint Ménas; en tout cas elle nous permet de remonter plus haut que les textes dont aucun ne fut écrit avant le 5ième siècle. Ils appartiennent à 2 catégories : Miracles et Passions.

4. MIRACLES DE SAINT MÉNAS. Les paysans Egyptiens ou Libyens qui fournissaient le gros des pèlerins ne se donnaient pas tant de peine pour savoir qui était saint Ménas. D'un Christianisme assez fruste, ils ne se souciaient guère de s'édifier au récit de vertus, ils voulaient être sûrs de prier un puissant thaumaturge et, pour exciter leur ardeur, il fallait leur raconter des merveilles obtenues par son intercession. Les clercs de la basilique comblèrent leurs voeux par un recueil de "Miracles" qui sont parmi les plus médiocres de ce genre littéraire peu brillant. Quand on lit que la basilique a été construite sous Constantin et que saint Ménas était né en Egypte près de Panéfaïat, on veut bien admettre qu'il y a là des réminiscences de traditions locales; mais quand on constate que quelques miracles furent empruntés à la légende des saints Cosme et Damien, d'autres à celle de Siméon le Stylite, on est obligé de conclure que leur authenticité historique est plus que douteuse. Le Christianisme est tout superficiel; il s'agit d'apologues appartenant au folklore universel où saint Ménas, tenant le rôle du bon génie ou de la fée bienfaisante, redresse les torts, sauve les innocents et punit les méchants. Saint Ménas intervient directement, prenant une forme humaine, sans posséder aucune des qualités propres aux purs esprits. La leçon qui termine presque tous les épisodes est aussi claire que déplaisante : pécheurs repentants et fidèles reconnaissants s'accordent pour faire à la basilique de généreuses offrandes.
Donnons quelques exemples. Une résurrection : un hôtelier avait tué un pèlerin pour le voler; saint Ménas arrive à cheval et va droit à la corbeille où gisaient les morceaux du cadavre; l'hôtelier terrifié avoue son crime, offre l'argent volé et 100 pièces d'argent en plus; saint Ménas lui pardonne, ressuscite le pèlerin et disparaît, pendant que l'assassin et le miraculé vont porter leurs offrandes à la basilique. Une leçon brutale : dans le désert, un soldat essaye de violenter une femme; elle appelle saint Ménas qui arrive sur son cheval à toute vitesse, enlève la femme et entraîne le cheval du soldat; le malheureux qui avait attaché la bride à son pied est traîné jusqu'à la basilique; il n'en meurt pas et profite de la leçon. Délivrance miraculeuse : saint Ménas, toujours à cheval, arrache de la gueule d'un crocodile un brave homme tombé dans le lac en y faisant boire un petit cochon qu'il destinait à la basilique. Sauvegarde des intérêts du sanctuaire : le fils d'un certain Porphyrius, ayant une chamelle stérile, demande à saint Ménas de la rendre féconde en promettant de lui offrir le premier chamelon; il n'en fait rien; quand la chamelle a 3 petits, saint Ménas arrive à cheval, suivi d'un nuage au ras du sol; il y fait entrer les chamelons et leur mère et les conduit à la basilique. Les autres miracles, il y en a 13, sont dans le même genre.

5. PASSIONS DE SAINT MÉNAS. - La diffusion du culte de saint Ménas amena l'éclosion de nouvelles légendes dont le trait commun est d'avoir été inventées pour rendre le martyr citoyen de la ville où il était honoré. Florence eut ainsi un saint Miniato (voir au 25 octobre, t. 10, p. 849-850); Constantinople se glorifia à la fin du 9ième siècle de posséder les reliques du martyr saint Ménas et de ses compagnons Hermogène et Eugraphos (voir au 10 décembre); Cotyée, métropole de la Phrygie Salutaire, revendiqua dès le 5ième siècle l'honneur d'être le lieu du martyre de saint Ménas et elle sut imposer partout ses prétentions.
Le père Peeters a proposé d'attribuer la légende de Cotyée à Cyrus, un poète égyptien qui fut évêque de cette ville au milieu du 5ième siècle. Quoi qu'il en soit, l'auteur de la légende ne s'est pas donné beaucoup de mal, il s'est contenté de transposer le panégyrique que saint Basile avait composé en l'honneur de saint Gordius (voir au 3 janvier, t. 1, p. 48-50),en maintenant l'origine égyptienne de Ménas. Il raconte que la cohorte à laquelle appartenait Ménas stationnait à Cotyée, quand fut promulgué l'édit de persécution. Ménas quitta l'armée et se retira dans les montagnes. Un jour de fête, alors que tout le peuple était réuni au théâtre, Ménas se présenta devant l'assemblée pour confesser le Christ. Le gouverneur Pyrrhus, après l'avoir interrogé, l'envoya en prison. Le lendemain, il reprit l'interrogatoire en l'accompagnant de tortures. Tous les supplices s'étant révélés inefficaces, le juge prononça l'arrêt de mort : Ménas fut décapité et son corps livré aux flammes.
Les Égyptiens, qui ne possédaient pas de Passion de saint Ménas, durent être contents de voir que les gens de Cotyée avaient comblé cette lacune. La Passion se répandit tranquillement dans toute la Chrétienté, subissant par-ci par-là de légères modifications, mais ne rencontrant aucune rivale; elle fut traduite en latin, en copte, en éthiopien...
S'ils n'avaient pas protesté contre l'annexion de saint Ménas par les Phrygiens, les Égyptiens se montraient cependant intraitables sur un point : ils n'entendaient pas se laisser déposséder de la gloire de faire vénérer chez eux le corps du martyr et, puisqu'on leur disait qu'il était mort en Phrygie, il fallait leur expliquer comment il avait été enseveli en Egypte. De vrais hagiographes, gens pleins de ressources, ne sont pas embarrassés pour si peu; de leur plume féconde sortit une série de récits divers qu'il est impossible de classer chronologiquement. Suivant quelques manuscrits, de bons Chrétiens avaient recueilli les reliques du martyr et les avaient déposées en divers lieux sacrés qui ne sont pas précisés; il serait intéressant de savoir si cette conclusion vague est très ancienne ou si au contraire elle n'a été inventée qu'à l'époque du déclin du sanctuaire égyptien.
D'autres récits d'allure plus merveilleuse racontent le retour des reliques en Égypte : les Chrétiens, après avoir relevé le corps, le déposèrent dans un cercueil et obéirent au désir du martyr qui avait demandé avant sa mort d'être ramené dans son pays. Ce voyage est parfois décrit ainsi : les Chrétiens placèrent le cercueil sur un chameau qui, guidé par un Ange, les conduisit au lieu où voulait reposer le martyr. On ne s'étonne pas de trouver un chameau dans la légende de saint Ménas.
Une autre version qui eut son succès en Éthiopie et en Égypte est plus fabuleuse encore : la région du lac Marioût s'étant révoltée, les troupes stationnées en Phrygie furent appelées à l'aide. Le préfet Atnasis qui les commandait emporta secrètement le corps de saint Ménas comme secours et protection. Pendant la traversée, des animaux horribles montèrent du fond de la mer, leur cou était haut et long, leur tête était comme celle des chameaux; ils allongeaient le cou vers le bateau pour enlever ceux qui s'y trouvaient, quand des traits de feu s'échappèrent du corps de saint Ménas vers leurs têtes, ils s'enfuirent et plongèrent dans la mer. Ils revinrent, mais de nouveaux traits de feu les chassèrent. Les soldats firent une campagne victorieuse sur les bords du lac Marioût grâce à la protection du martyr. Quand le préfet voulut rentrer en Phrygie, il fit charger le corps de saint Ménas sur un chameau, mais ce chameau ne put se mouvoir. On le transporta sur un autre chameau qui ne put remuer non plus. On essaya tous les chameaux, aucun ne put bouger. Attristé, le préfet comprit que Dieu voulait que le corps du martyr reposât en cet endroit. Il fit sculpter sur bois l'image de saint Ménas martyr sous la figure qu'on lui connaissait comme soldat, avec l'image des bêtes qui ressemblaient à des chameaux en adoration à ses pieds. Il déposa cette image sur le corps de saint Ménas pour obtenir son intercession et l'emporta avec lui pour qu'elle lui fût un salut et une sauvegarde sur la mer et dans la guerre. Il fit faire pour le corps du saint une châsse en bois de sag imputrescible et incorruptible et il l'ensevelit en ce lieu, puis il retourna dans son pays avec ses troupes.
Dans cette série de clichés hagiographiques, l'épisode des monstres marins qui ressemblaient à des chameaux a seul une certaine originalité. Loin d'être à l'origine de l'iconographie de saint Ménas, il répond au besoin de transformer un attribut jugé trop simple en un animal fantastique.

6. CULTE DE SAINT MÉNAS. - La diffusion des ampoules de saint Ménas dans tout le bassin de la Méditerranée nous a donné un précieux indice de l'extension de son culte; les martyrologes et les calendriers le confirment. La popularité du saint coïncide avec la célébrité de son sanctuaire du lac Marioût, elle se développe au 5ième siècle, connaît une période très brillante, puis à partir du 8ième siècle décline au point que la fête disparaît et que des légendes doivent présenter à leur façon ce martyr inconnu. Il n'est pas sûr que le nom de saint Ménas soit inscrit dans le martyrologe syriaque de 411, mais il est au martyrologe hiéronymien : "A Alexandrie, saint Ménas". Tous les synaxaires et les martyrologes historiques portent son nom au 11 novembre, avec un éloge emprunté à la Passion qui place sa mort à Cotyée en Phrygie Salutaire. Florus de Lyon écorcha le nom de la ville et écrivit "Scythia", erreur qui passa dans les martyrologes postérieurs jusqu'à Baronius qui la corrigea. On peut regretter que le martyrologe romain annonce 3 fois inexactement saint Ménas : le 25 octobre à Florence sous le nom de Miniato, le 11 novembre à Cotyée, le 10 décembre à Constantinople, sans aucune allusion à la région du lac Marioût et à la ville de saint Ménas.
Un peu partout s'élevèrent des églises en l'honneur de saint Ménas. Constantinople en posséda 2; l'une sur l'Acropole existait dès le début du 5ième siècle et fut le berceau de la légende du 10 décembre (voir à ce jour); l'autre, attestée seulement au 12ième siècle, se trouvait sur la Corne d'Or.
A Rome, une église Saint-Ménas fut élevée le long du portique qui conduisait de la porte d'Ostie à la basilique de Saint-Paul. Saint Grégoire le Grand y prononça sa 35ième homélie sur l'Évangile, le pape de Rome Léon 3 (795-816) y effectua diverses réparations, Pascal (817-824) l'enrichit de mobilier; elle disparut entièrement par la suite. Une inscription datée de 589 nous a conservé le souvenir d'une corporation alexandrine qui s'était placée sous le patronage de saint Ménas - Rome appartenait alors à l'Empire byzantin.
Au début du même siècle le pape de Rome Symnmaque (498-514) avait élevé une église à saint Martin, un duel curieux se livra entre les 2 saints du 11 novembre. Qu'il s'agisse d'antiphonaires, de lectionnaires ou de sacramentaires, saint Ménas eu la priorité jusqu'au 8ième siècle, saint Martin étant parfois repoussé au 12 novemnbre. A partir du 9ième siècle, saint Martin prend la première place et saint Ménas est réduit à une simple mémoire.

7. SAINT MÉNAS. - De toute notre enquête, que pouvons-nous tirer pour connaître la personnalité de saint Ménas?
Le point le plus sûrement acquis est celui du lieu de sa sépulture dans la ville de saint Ménas, sur les bords du lac Marioût. C'est sans doute le lieu de son martyre, car on n'avait pas l'habitude d'ensevelir les martyrs au loin et son culte est antérieur à l'époque des translations de corps saints.
La date de sa mort peut être placée avec vraisemblance durant la persécution de Dioclétien.
Les anciens se contentaient de savoir que saint Ménas était mort pour la foi et c'est évidemment son titre de gloire. Puis ils voulurent en savoir davantage, des légendes comblèrent leurs désirs. Plus difficiles, nous rejetons impitoyablement ces légendes. Devons-nous avouer que saint Ménas est complètement inconnu? Les chameaux continuent à nous intriguer. Depuis longtemps, on parle d'eux : un auteur monophysite, qui se dissimule sous le nom du patriarche d'Alexandrie saint Jean l'Aumônier (+ 619) et écrivit vers le 7ième siècle, attaque durement des fidèles, qu'il qualifie de sots bien intentionnés mais mal renseignés, parce qu'ils prétendaient que saint Ménas était un chamelier. Quels étaient ces sots? Notre auteur ne le précise pas; il est dommage qu'il n'ait pas cherché à expliquer comment avait pu naître cette idée et comment elle avait pu se maintenir en un temps où la légende partout répandue présentait Ménas comme un militaire. Devons-nous croire que les Egyptiens s'étaient trompés en voyant saint Ménas accompagné de 2 chameaux? Il est vrai que souvent des images mal comprises ont donné naissance à des légendes, mais la tendance universelle de ces légendes est d'exalter leurs héros et d'accentuer le caractère merveilleux de leurs aventures; qu'on nous parle d'un chameau marchant sans guide en portant les reliques ou de monstres marins qui ressemblent à des chameaux, c'est trop naturel, mais qu'on rabaisse un saint illustre à la condition de chamelier c'est plus curieux. Pourquoi cette opinion qui gardait des partisans en plein 8ième siècle ne serait-elle pas le vestige d'une tradition locale antérieure à toutes les légendes importées? Nous pourrions alors vénérer en saint Ménas un humble chamelier qui, vivant son Christianisme jusqu'à l'héroïsme, sacrifia volontairement sa vie lors d'une étape sur la route des caravanes.

Bibl. - La Passion primitive de saint Ménas est perdue, mais les rédactions qui nous en sont parvenues sont assez proches les unes des autres : Biblioth. hag. gr., n. 1250; éditée par G. Van Hoof, dans Anal. boll., t. 3, 1884, n. 1251; par Theophilus loannu, Mnêmeia agiologica, p. 284-324, n. 1254; par K. Krumbacher, Miscellen zu Romanos, dans Abhandlungen der philos.-philolog. Classe der K. bayer. Akademie der Wiss., vol. 24, sect. 3, Munich, 1907, p. 31-43. - Une hymne de Romanos (+ vers 560) dérive de la même source; éditée par K. Krumbacher, ibid., p. 1-9. - Traductions latines de la Passion : Biblioth. hag. lat., n. 5921-5923; une seule éditée (n. 5921) par Mombritius, Sanctuarium, t. 2, fol. 156-157 v°, et C. M. Kaufmann, Ikonographie der Menas-Ampullen, Le Caire, 1910, p. 49-55. - Pour les versions orientales Biblioth. hag. or., n. 745-747.
Miracles de saint Ménas : Biblioth. hag. gr., n. 1256-1269; édités par I. Pomjalovsky, S.-Pétersbourg, 1900, p. 62-89. - Biblioth. hag. or., n. 748-750.
Pour toute cette littérature : E. A. Wallis Budge, Texts relating to Saint Ména of Egypt and Canons of Nicaea in a Nubian Dialect, Londres, 1909. - J. Drescher, A Selection of Coptic Texts relating to Saint Menas, Le Caire, 1946.
Sur la Passion : K. Krumbacher, Miscellen zu Romanos..., p. 1-43. - P. Franchi de Cavalieri, Hagiographica, Osservazioni suite leggende dei SS. martiri Mena e Trifone, dans Studi e Testi, n. 19, p. 9-18. - H. Delehaye, L'invention des reliques de S. Ménas à Constantinople, dans Anal. boll., t. 19, 1910, p. 117-145; on y trouve l'analyse des miracles, ainsi que dans Les recueils antiques des miracles des saints, ibid., t. 43, 1925, p. 46-49. - P. Peeters, Le tréfonds oriental de l'hagiographie byzantine, 1950, p. 32-41.
C. M. Kaufmann, Die Menasstadt und das Nationalheiligtum der altchristlichen Aegypter, Leipzig, 1910; Ikonographie der Menas-Ampullen, Le Caire, 1910. - R. Miedema, De Heilige Menas, Rotterdam, 1913. - Dict. d'archéol. chrét. et de lit., t. 11, 1933, coI. 324-397. - F. W. Deichmann, Zu den Bauten der Menasstadt, dans Jahrbuch des deutschen Arch. Instit. Archeologischer Anzeiger, 1937, p. 75-86 (cf. Ripista di archeologia cristiana, t. 14, 1937, p. 387-388), correction aux plans donnés par Kaufmann. - A. Grabar, Martyrium, 1946, passim, et planches 31, 53, 57, 58.
H. Delehaye, Comment, martyr. hieron., p. 594-596; Synax. Eccl. Const., col. 213-214. - H. Quentin, Les martyrol. hist. du Moyen Age, p. 55, 271-272, 446, 560. - R. J. Hesbert, Antiphonale missarurn sextuplex, p. 109-110, 164-165. - L. Duchesne, Le Liber pontificalis, t. 2, p. 2; 34, note 10;59.
Cette bibliographie pourrait être allongée sans difficulté. Les ampoules de saint Ménas en particulier fournissent depuis longtemps la matière d'articles innombrables.



SAINT BARTHELEMY, ABBÉ DE GROTTAFERRATA (+ 1065)
Comme saint Nil, fondateur de l'abbaye italo-grecque de Grottaferrata au sud de Tusculum (voir au 26 septembre, t. 9, p. 536-541), Barthélemy naquit à Rossano en Calabre. Tout jeune il se mit sous la direction de son saint compatriote, qui mourut en 1004 et dont plus tard il écrivit la Vie. Passionné pour l'étude, il apprit plusieurs langues. Avant l'année 1024, il fut élu abbé, 3ième successeur de saint Nil. C'est à Barthélemy que revient l'honneur d'avoir implanté solidement la communauté à Grottaferrata et d'en avoir fait un foyer de science et d'art à l'époque où la décadence de Rome atteignit son maximum.
L'église abbatiale de Grottaferrata fut dédiée en 1024. Faut-il attribuer à Barthélemy les 2 mosaïques du 11ième siècle qui subsistent encore? C'est fort probable. Leur style tout byzantin montre que le monastère était de culture intégralement grecque. Les manuscrits dont certains furent copiés par Barthélemy lui-même, ses commentaires de l'Écriture, ses hymnes proviennent des mêmes sources. Tout cet ensemble extrêmement intéressant et qui a survécu jusqu'à nos jours était cependant légèrement dépaysé dans le Latium, et c'est ce qui explique que saint Nil et ses successeurs de Grottaferrata eurent bien moins d'influence que saint Romuald et ses Camaldules, leurs émules en sainteté, mais leurs inférieurs en science théologique.
D'après son biographe, Barthélemy aurait joué un rôle dans les rivalités dont le trône pontifical était l'enjeu, ce qui n'est pas impossible, quoique les autres auteurs n'en parlent pas. L'abbaye de Grottaferrata avait été construite sur une terre appartenant à Grégoire, comte de Tusculum; ses descendants continuèrent ses bienfaits, un de ses fils, le pape Jean 19, consacra l'église abbatiale en 1024. On a dit que Barthélemy aurait conseillé d'abdiquer au malheureux Benoît 9, petit-fils de Grégoire et neveu de Jean 19, et qu'il l'aurait accueilli à Grottaferrata où il aurait eu la joie de le voir se convertir et
mourir paisiblement peu avant lui: tout cela est assez douteux. On a raconté également que Barthélemy avait à la fin de sa vie une grande autorité dans les conseils du pape: c'est une phrase élogieuse qui ne tire pas à conséquence. Au vrai, on ne sait pas du tout quelle attitude a pris Barthélemy au milieu des factions romaines ou dans les dissensions de plus en plus graves qui opposaient les Latins aux Grecs au temps de Michel Cérulaire. Il est bien probable que, moine avant tout, il ne s'est pas immiscé dans le gouvernement de l'Église, se contentant d'accueillir avec charité les Byzantins ou les Calabrais de culture grecque qui venaient en pèlerinage à Rome.
Barthélemy mourut le 11 novembre 1065. Il fut presque aussitôt considéré comme saint à Grottaferrata dont il est patron secondaire; il fut introduit au martyrologe romain en 1586. Au 18ième siècle, sa fête fut adoptée par les diocèses de Tusculum et de Rossano, ainsi que par les moines basiliens. Dans le sanctuaire de l'église de Grottaferrata une mosaïque ancienne le représente avec saint Nil.
Bibl. Vie de Barthélemy (Biblioth. hag. gr., n. 233) sûrement ancienne, mais attribuée sans raisons déterminantes à son troisième successeur, Luc; P. G., t. 127, col. 476-497. G. Sciommari, Breve notizia e raccolta delta pua di S. Bartolomeo, 4o abate del monasterio di GrottaFerrata, Rome, 1728. - A. Rocchi, De coenobio Cryptoferratensi, p. 16-19. - E. Bertaux, L'art dans l'Italie méridionale, p. 304. - Dict. d'hist. et de géogr. eccl., t. 6, 1932, col. 1006-1007.



Textes à corriger plus tard :





D'après les Petits Bollandistes, 7ième édition, Bar-le-Duc 1876, entre autres :


SAINT VERAN, ÉVÊQUE de l'ancien siège de Cavaillon, diocèse actuel d'Avignon (vers 590)
Saint Véran, vulgairement saint Verain ou Vrain, naquit au commencement du 6ème siècle (vers 5133, selon les mémoires et la tradition de Cavaillon). Les historiens sont partagés sur le lieu de sa naissance : les uns placent son berceau à Javols (Lozère), les autres à Jargeau (Loiret) et quelques-uns à Vaucluse (village du département de ce nom, dans un vallon que baigne la Sorgue); mais tous sont unanimes pour reconnaître l'éclat de ses vertus et son éminente sainteté. Ordonné prêtre par l'évêque de Mende, il se dévoua au service de Dieu et à la sanctification des peuples; mais, effrayé du bruit que faisaient autour de son nom plusieurs miracles opérés en faveur des malades qui lui avaient été recommandés, il alla chercher une retraite dans les montagnes de Vaucluse. Il espérait pouvoir y rester ignoré, mais la renommée des miracles qui avaient accompagné son premier apostolat ne tarda pas à le suivre.
Au retour d'un pèlerinage à Rome durant lequel il avait fait plusieurs prodiges et converti au Christ la population d'Albenga (ville des Etats sardes), les habitants de Cavaillon le demandèrent pour évêque. Au second concile de Macon, tenu en 585, il se fit remarquer par son éloquence et son zèle pour la défense de la discipline ecclésiastique. Le roi Gontran l'honora de son amitié et Childebert voulut qu'il fut le parrain de son fils Thierry.
Saint Véran mourut au concile d'Arles, vers 590. On le représente quelquefois tenant enchaîné un dragon ailé. C'est par allusion au fait que voici : Un épouvantable dragon avait établi son repaire dans un des rochers qui bordent le chemin de la fontaine de Vaucluse; il faisait de si cruels ravages que dans tous les environs régnaient l'épouvante et la terreur. Le serviteur de Dieu, touché de ces maux, va au bord de la caverne du monstre et lui ordonne, au Nom de Jésus-Christ, d'abandonner ces lieux. Il l'enchaîne en même temps et il le traîne jusqu'à la montagne de Luberon. Là, fort du Signe de la Croix, il le détache en lui disant: "Je te conjure, par le Dieu vivant et éternel, de ne plus nuire à personne, puisque je n'ai pas voulu te faire du mal". Le monstre s'éleva aussitôt dans les airs, s'envola et disparut pour toujours derrière la montagne.
On voit, dans l'église de Vaucluse, un tombeau qu'on dit être celui de saint Véran. De là, quelques années après sa mort, son corps fut transporté à Cavaillon. Plus tard, il fut transféré dans le Nivernais, dans le lieu qui a conservé son nom (Saint-Verain, Nièvre, arrondissement de Cosne, canton de Saint-Amand-en-Puisaye). On ignore l'époque précise et les motifs de cette translation. Ce fut là l'origine du prieuré de Saint-Verain, et, si l'église de ce prieuré fut construite à cette occasion, comme on le pense, on pourrait fixer approximativement l'époque de la translation dont nous parlons; elle aurait eu lieu, dans ce cas, au 12ème siècle. Le corps du saint évêque de Cavaillon fut ensuite transféré sur les bords de la Loire, à Jargeau. L'évêque d'Orléans faisait alors reconstruire l'église collégiale de cette ville, jusque-là placée sous le titre de la Croix; il dédia la nouvelle église à saint Vram, et témoigna pour le grand thaumaturge la piété la plus vive et la plus généreuse. Depuis cette époque, le culte de saint Véran s'est maintenu en honneur dans cette ville et dans tout le diocèse d'Orléans. Les mères de famille aiment tout particulièrement à lui recommander la santé de leurs petits enfants.
Cependant le prieuré de Saint-Verain avait conservé le chef du saint évêque : on s'y rendait de fort loin en pèlerinage, surtout dans les temps de calamité. Plusieurs fois (notamment en 1498, en 1584 et en 1597) la ville de Nevers a eu recours à l'intercession de saint Véran pour obtenir la cessation de la peste qui décimait ses habitants.
La paroisse actuelle de Saint-Verain célèbre la fête de son saint patron le 19 octobre, comme elle est marquée au martyrologe romain post-Schisme. Jusqu'en 1763 l'église paroissiale avait conservé ses anciens reliquaires. L'un renfermant 2 ossements de saint Blaise, patron de la paroisse, l'autre un ossement de la tête de saint Véran et 2 autres ossements de la tête et du cou. Comme ces reliquaires tombaient de vétusté, on les fit refaire, et, le 1er mai de ladite année, en présence de tout le peuple, on en retira les saintes reliques, mais on ne les plaça dans les nouveaux reliquaires que le lundi de la Pentecôte, 23 mai.
Le reliquaire de saint Verain était une mitre d'argent soutenue par 4 anges; au milieu de la mitre était pratiquée une ouverture circulaire, ornée de pierreries; on pouvait voir, à travers un verre, les restes précieux du saint protecteur de la contrée. C'était, dit-on, un don du duc de Nevers.
En 1793, des mains sacrilèges s'emparèrent de ce riche reliquaire qu'on envoya au district de Cosne pour être expédié à l'Hôtel de la Monnaie, à Paris; quant aux reliques, on les jeta au milieu de l'église. Elles furent recueillies par le sieur François Chotard, sacristain de la paroisse, qui les conserva respectueusement dans sa maison.
Lorsque la paix fut rendue à la France, le sieur Chotard remit les saintes reliques au curé chargé d'administrer la paroisse; elles furent reconnues par 2 des principaux profanateurs et par d'autres personnes dignes de foi ; un nouveau procès-verbal fut dressé, après avoir établi leur authenticité, et les reliques furent déposées dans un pauvre reliquaire en carton, qu'on eut soin de sceller. En 1818, elles furent placées solennellement par M. Jean-Jacques Vée dans 2 reliquaires en bois doré (un reliquaire renfermait les reliques de saint Verain, l'autre celles de saint Blaise), et, le 10 octobre 1843, mgr Dominique-Augustin Dufêtre, évêque romain de Nevers, apposa son sceau sur lesdits reliquaires, après avoir examiné avec soin le procès-verbal à lui présenté par m. Mercier, curé de la paroisse, constatant l'authenticité de ces saintes reliques.
Il y a aussi des reliques notables de saint Véran à Cavaillon. A l'origine de la chaîne du Luberon, près de Lacoste (Vaucluse), il existe une chapelle dédiée sous son invocation. Une autre chapelle, devenue église paroissiale, se voit près d'Embrun (Hautes-Alpes) : le 19 juin 1845, mgr Naudo autorisa le curé de Cavaillon à ouvrir la châsse de saint Véran et à y prendre des reliques pour les envoyer au curé qui dessert cette chapelle.
Nous avons composé cette notice d'après "Hagiologie Nivernaise", de mgr Crosnier; la "Semaine religieuse d'Avignon"; et les "Notes locales" dues à l'obligeance de l'abbé Duchâteau, curé de Saint-Florent, au diocèse d'Orléans (lettre du 20 juin 1873).




Textes à corriger plus tard :



SAINT MARTIN, ÉVÊQUE DE TOURS (+ 400)
p.318-346


(icône que l'on peut commander au prieuré "Bethanie" de Gorze
)






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que les saints Anges du Seigneur veillent sur vous!

jean-michel


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