Les gens

[Accueil][Encyclopédie][Chronologies][Arrière-plans][Inventaires][Noms]


Mouchez, Ernest Amédée Barthélemy (1821-1892). Officier de marine et astronome, né à Madrid, de parents français. Depuis sa sortie de l'École Navale en 1839 jusqu'en 1874, il passa sa vie dans des expéditions sur mer, et acquit la réputation d'un excellent officier de marine, d'un géographe distingué et d'un habile astronome. Dans les campagnes qu'il fit dans les mers de Chine, de l'Inde et de l'Océanie, dans la mer des Antilles, en Chine, dans l'Amérique du Sud, au Brésil, il leva un grand nombre de plans de fleuves et de baies, et détermina les longitudes et les latitudes des principales localités qu'il visitait.

En 1873, il fut nommé membre du Bureau des Longitudes et chef de l'une des Missions, celle de l'île Saint-Paul, qui devaient aller observer le 9 décembre 1874 le passage de Vénus sur le Soleil. Grâce à une auréole brillante, on vit alors les deux cornes de la planète se réunir avant le contact, au lieu de se réunir après, comme cela a lieu ordinairement. Dans cette expédition plus de 500 bonnes plaques photographiques des diverses phases du phénomène furent obtenues. Loewy, par l'examen de quelques-unes de ces observations photographiques, a pu constater l'exactitude des opérations dirigées par Mouchez, ainsi que le mérite et l'ingéniosité des procédés imaginés par lui pour arriver à des résultats irréprochables. Les services qu'il venait de rendre et ses travaux d'hydrographie, appuyés sur des observations astronomiques, lui valurent en 1875 un fauteuil à l'Académie des Sciences.

En 1875, le Bureau des Longitudes confia à Mouchez l'organisation et la direction de l'Observatoire astronomique de Montsouris. En 1878, Mouchez fut nommé contre-amiral et directeur de l'Observatoire de Paris. Dans cet établissement, il créa un musée renfermant les anciens instruments astronomiques et de précieux document scientifiques; il fit commencer la publication d'un Catalogue où sont consignés les résultats des observations méridiennes faites depuis 1837 à l'Observatoire de Paris

Les Cartes marines étaient, jusque vers 1845, établies par des levés sous voiles, qui ne donnaient que des croquis, ou par des procédés géodésiques souvent impraticables dons les pays sauvages. Mouchez les établit par une méthode mixte consistant à employer des points fixes déterminés par des observations astronomiques faites à terre; et pour cela il avait fait modifier par J. Brunner, en 1849 et en 1856, la lunette méridienne pour la rendre portative. Il levait rapidement et avec assez d'exactitude les contours d'une côte ou d'une baie, en faisant avec le théodolite un petit nombre de stations sur des points culminants. Vers 1850, il introduisit dans la manière de faire le point une modification qui fut ensuite pratiquée sous le nom de méthode américaine. Il établit de 1867 à 1873, sur une étendue de 800 km, la Carte des côtes de l'Algérie, qui n'étaient connues que par le levé sous voiles fait de 1831 à 1835 par Bérard et de Tessan.
Mouchez, après avoir, devant l'Académie des Sciences, le 18 janvier 1886, exposé les résultats des travaux des frères Henry, et après avoir constaté que la France, n'ayant pas d'observatoires dans ses colonies, ne pouvait seule exécuter la Carte du Ciel; après avoir dit que, cette oeuvre étant d'un intérêt scientifique universel, il était mieux qu'elle fût le résultat des travaux des plus éminents astronomes des diverses nations, proposa à l'Académie des Sciences, qui accepta, de provoquer une réunion des directeurs d'observatoires du globe et de savants de divers ordres, afin qu'ils s'entendissent pour choisir les stations et l'appareil photographique, et pour adopter une même échelle et une même méthode. 
Quatre Congrès ont été tenus à l'Observatoire de Paris, en 1887, 1889, 1891 et 1896. Mouchez fut président de la Commission permanente des trois premiers. Les membres décidèrent que le Ciel serait divisé en 18 zones à peu prés égales, dont chacune fut attribuée à un Observatoire du globe. Le quatrième Congrès fut présidé par Tisserand, qui a constaté que, malgré toutes les difficultés que présentait l'entreprise, "la volonté d'aboutir est manifeste".

La Carte du Ciel se compose de la Carte proprement dite et du Catalogue. La Carte proprement dite comprendra toutes les étoiles jusqu'à la 14e grandeur, au nombre de trente millions; pour l'obtenir, on fait une série de clichés avec une heure de pose. Le Catalogue donnera les positions de deux millions d'étoiles jusqu'à la 11e grandeur; pour l'établir, on fait une série de clichés avec trois minutes de pose. Les opérations photographiques du Catalogue seront très avancées en l'an 1900; mais on ne peut donner l'époque où le reste de la Carte du Ciel sera terminé. (Lebon, 1899).


A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
[Bibliothèque][En librairie][Textes][Pages pratiques][Recherche sur Internet][Aide]

© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.