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Article publié le Lundi 5 juin 2006.


HISTOIRE
Wenceslas Bojer, bienfaiteur de l’humanité


Un demi-siècle s’est écoulé depuis que la Société royale des arts et des sciences (SRAS) rend, en ce 4 juin 1956, un hommage solennel à l’un de ses fondateurs et à l’un de ses premiers vice-présidents, le naturaliste Wenceslas Bojer, décédé un siècle plus tôt au Champ de Lort, Port-Louis. Le président d’alors de la SRAS, Jean de Marassé-Enouf, remercie de leur présence la trentaine de membres présents et leurs nombreux invités.

Il rappelle que, suite à l’initiative prise par Raoul Lefébure, un comité est nommé et chargé de célébrer dignement le centenaire du décès de Wenceslas Bojer. Il cède ensuite la parole au Dr Reginald Vaughan qui donne lecture d’une étude biographique de ce grand naturaliste et sur laquelle nous reviendrons ultérieurement.

Après la communication très détaillée du Dr Vaughan, le président de Marassé-Enouf invite les membres présents à le suivre au cimetière de l’Ouest où se trouve la tombe de Bojer. Des gerbes de fleurs y sont déposées au nom de la SRAS et le président Enouf prononce le panégyrique du savant disparu dont il salue l’esprit encyclopédique qui fait de lui un savant de réputation mondiale reconnu de son vivant et même un siècle après son décès par nombre d’institutions scientifiques mondiales.

Wenceslas Bojer naît à Resanice, Bohême, le 23 septembre 1795. Il est le fils de Simon Bojer et de Barbara… Staub. Jeune encore, il fait partie de l’expédition scientifique du Pr Sieber, dans plusieurs pays d’Afrique. Il arrive à Maurice, le 6 juillet 1821, en compagnie de son ami Théodore Hilsenberg. Le gouverneur Robert Townsend Farquhar les envoie, peu après, à Madagascar, aux frais de la colonie.

Ils s’embarquent, le 27 avril 1822, sur la frégate Menai, avec le prince malgache Rafarla qui rentre au pays natal après être venu étudier à Maurice. Le fameux James Hastie est aussi du voyage. L’expédition explore pour commencer la côte Ouest de la Grande Ile avant de se diriger vers Tananarive. Le roi Radama Ier reçoit solennellement les envoyés du gouverneur Farquhar.

En 1824, Bojer sert d’interprète à une autre expédition, chargée d’explorer les côtes du continent africain. Il en revient avec de précieuses collections de plantes et de minéraux. Charles Telfair, dont il est l’hôte à Bois-Chéri, Moka, l’invite à s’installer à Maurice.

En décembre 1826, le gouverneur Lowry Cole crée, sur les instances de Telfair, une chaire d’histoire naturelle au collège Royal de Maurice et qu’il confie, bien sûr, à Wenceslas Bojer. Son successeur, le gouverneur Charles Colville la supprimera en janvier 1832. Bojer consent toutefois à demeurer à Maurice où il rend d’innombrables services, les uns plus précieux que les autres.

Dès 1827, Bojer se fixe chez son ami Charles Telfair. Il collectionne plantes et animaux et rédige sur eux des notes scientifiques les unes plus intéressantes que les autres. Il envoie spécimens et observations à ses correspondants étrangers dont le nombre augmente continuellement. Il expédie ainsi au Musée d’histoire naturelle de Vienne une collection d’oiseaux de Maurice.

Il est un des fondateurs, en 1829, de la Société d’histoire naturelle de Maurice, appelée à devenir par la suite la SRAS. Il multiplie les rapports scientifiques sur la botanique, la chimie agricole, la technologie sucrière. L’empereur François II d’Autriche récompense ses travaux l’année suivante en lui décernant personnellement une médaille d’or.

En 1835, il accompagne le capitaine Chads et le lieutenant-colonel Rhobe dans une expédition scientifique aux Comores et contribue énormément à son succès. Deux ans plus tard, il publie une œuvre magistrale et monumentale, son Hortus Mauritiana ou Énumération des plantes exotiques et indigènes qui croissent à l’île Maurice.

L’étude paraît chez l’imprimeur Aimé Mamarot et Cie. Il en expédie un exemplaire à Kew Gardens, ce qui lui vaut les félicitations de Candolle et de Baker qui n’hésitent pas à l’utiliser abondamment. Parallèlement Bojer multiplie les contributions dans les journaux scientifiques du monde entier.

Le 9 mars 1842, il devient le curateur du Museum Desjardins nouvellement créé. Il conservera ce poste jusqu’à sa mort. En 1848 et 1849, il cumule même les fonctions de curateur suppléant du Jardin botanique des Pamplemousses. Bojer est alors un savant mondialement reconnu.

Il est membre de l’Académie impériale des naturalistes de Breslau ou Wroclaw (Pologne), membre honoraire de l’Institution royale botanique de Glasgow, de l’Institution littéraire et scientifique du Cap de Bonne-Espérance, membre correspondant des Sociétés royales d’horticulture de Bruxelles, Asiatique de Grande-Bretagne et d’Irlande, des Sociétés zoologiques et Médico-Botaniques de Londres et de la Société linnéenne d’émulation de Bordeaux.

Un grand nombre de plantes et d’animaux de Madagascar et de Maurice lui sont dédiés. Il compte parmi les fondateurs de la Société de météorologie de Maurice. Il y introduit de nombreuses plantes d’Afrique et de Madagascar, dont le flamboyant (Ponciana regia). En dépit de leur splendeur estivale, nos flamboyants sont en train de disparaître les uns après les autres dans l’indifférence générale, en commençant par celle du ministère du Tourisme, se refusant systématiquement d’être aussi celui de l’Embellissement de notre île Maurice bien aimée.

L’Institut de Maurice, successeur du Museum Desjardins, possède en grande partie ses collections et ses manuscrits scientifiques. D’autres se trouvent en la possession de la SRAS qui a inscrit son nom sur l’obélisque Liénart au Jardin des Pamplemousses.

Wendes Bojer meurt de paralysie le 4 juin 1856 au Champ de Lort, Port-Louis. Puisse la célébration du cent-cinquantenaire de son décès être l’occasion pour chacun d’entre nous de prendre davantage conscience de tout ce que nous devons à ce bienfaiteur de l’humanité, à ce savant de Bohême ayant consenti à servir l’île Maurice pendant la première moitié du XIXe siècle.





Références : Noël Réganrd : Notice consacrée à Bojer dans le Dictionnaire de Biographie mauricienne Proceedings de la Société Royale des Arts et des Sciences, juin 1956.





Yvan MARTIAL


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