Devant les jardins de la place Beauvau en mai 2006, je lui ai parlé des enfants de parents étrangers sans papiers mais qui avaient toutes leurs attaches avec la France. Nous partageons la même conception : ces enfants devaient être traités comme des petits Français. Pour Sarkozy, renvoyer de tels enfants équivaudrait à une ” expatriation “. C’est ce qu’il a affirmé au Sénat dans un discours de morale politique où il a montré la sensibilité indispensable à l’homme et la fermeté nécessaire à l’homme d’État.

Arno Klarsfeld à propos de Nicolas SARKOZY
(Le Point n°808 du 10 mai 2007)
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C’est sur la question des sans-papiers qu’Arno Klarsfeld a été associé, par les médias, au candidat de l’élection présidentielle Nicolas Sarkozy. Ce dernier a en effet nommé Arno médiateur national concernant les expulsions d’enfants par le ministre de l’intérieur. Même Régulariser les sans papierssi elle ne s’est pas fait entendre sur le sujet, je suis sûr que Michèle BLUMENTHAL, le maire du 12ème qui s’est contentée d’afficher son mécontentement sur ce sujet à travers une banderole accrochée à la mairie, n’a pu être que satisfaite à l’époque par la nomination d’un homme compétent pour traiter la question douloureuse des sans-papiers.

Si cette nomination a pu surprendre certaines personnes, c’est qu’elles ne connaissaient pas bien Arno Klarsfeld. Pour le résumer, il suffit de dire qu’Arno est un homme engagé. Et le palais Bourbon a besoin d’hommes de cette trempe, d’hommes qui apportent une véritable valeur ajoutée à la majorité à laquelle ils appartiennent.

En réalité, Arno connaît notre nouveau président de la République depuis 1999 et il est devenu régulièrement son chargé de mission sur des sujets de société très délicats. Depuis 2005, Nicolas Sarkozy lui a confié cinq missions (respectivement sur le devoir de mémoire, la délinquance des mineurs, les sans-papiers, les sans-abri et la question environnementale du transport urbain). En les menant à bien, Arno Klarsfeld a montré qu’il disposait des compétences pour faire un bon législateur.

Ces compétences, il les a obtenues à travers un parcours hors du commun.

Un rebelle engagé

dsc01508.JPGNé le 27 août 1965, Arno Klarsfeld est avant tout connu pour son nom bien sûr. Fils du célèbre avocat et écrivain Serge Klarsfeld dit le ” chasseur de Nazi “, c’est donc sur le terrain des criminels de guerre qu’Arno va d’abord s’engager. Après des études de droit, Arno a commencé sa carrière en tant qu’avocat international d’affaires. Mais il va rejoindre le cabinet de son père et devenir le conseil de l’association des Fils et Filles de Déportés Juifs de France.

Il s’est alors fait connaître dans le cadre du procès Touvier en 1994 et Papon en 1998 où il était l’avocat des parties civiles. Tout en gardant un certain recul sur cette période trouble de notre histoire (comme il l’a montré lorsqu’il a pris parti pour la SNCF lorsque cette société avait été attaquée pour son rôle dans les déportations vers les camps de concentrations), il va s’engager contre le négationnisme et les extrémismes. Ainsi, il sera présent dans la chambre correctionnelle qui jugera prochainement Jean-Marie Le Pen pour ses déclarations sur ” l’humanité de l’occupation allemande”.

En effet, Arno a toujours farouchement combattu le “leader charismatique” de l’extrême droite qu’il affrontera même physiquement en se rendant seul à un meeting du Front National en 1987 et en revenant quelque peu amoché. En le combattant désormais sur le terrain judiciaire et médiatique, il est désormais plus efficace pour montrer que le FN n’est définitivement pas une bonne solution aux problèmes de la France.

Il possède aussi une épaisseur internationale depuis qu’il a pris position sur la création de cours internationales afin de juger les criminels de guerre pour des massacres tels que les génocides au Rwanda ou au Kosovo mais aussi sur la création d’un Etat palestinien.

arno_klarsfeld_2.jpgCette résolution de faire vivre ces deux peuples côte à côte n’est pas pour lui une vue de l’esprit. C’est l’aboutissement de son engagement dans Tsahal (l’armée israëlienne). Arno qui possède la double nationalité a décidé d’effectuer un service militaire en Israël. En étant affecté comme garde frontière, il a été confronté directement à un des conflits les plus complexes de notre époque.

Ce parcours a logiquement conduit Arno Klarsfeld sur le terrain de la politique et c’est vers Nicolas Sarkozy qu’il s’est tourné. Ils s’appréciaient depuis un bout de temps après s’être rencontrés sur une piste cyclable à Longchamps en 1999 (alors que le futur hôte de l’élysée était en pleine traversée du désert).

De par leur profession commune, ces deux hommes se retrouvent sur une méthode de travail qui se différencie de la méthode usuelle en politique. Cette dernière consiste à avoir certes une vision d’ensemble des problèmes à résoudre mais prend plus de temps. Eux, travaillent dossier par dossier jusqu’à ce que des solutions concrètes soient trouvées sans remettre à la mise en œuvre d’une multitude de politiques plus larges qui ne voient en réalité jamais le jour. Ainsi Arno est devenu chargé de mission du futur président de la République sur cinq dossiers différents.

arctriomphe.gifC’est logiquement sur la nécessité d’un « devoir de mémoire » qu’Arno a offert ses services en produisant un rapport suite à la polémique créée par l’article 4 de la loi n°2005-158 du 23 février 2005 dite loi mémorielle. Cet article précisait que “les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer“. Le 9 décembre 2005, dans une pétition « unitaire » prise à l’initiative de Dominique Strauss-Khan, des personnalité demandent son abrogation. Puis quelques historiens réputés vont ensuite exiger l’abrogation des dispositions législatives touchant leur champ de compétence. Le 23 décembre 2003, pour répondre à cette controverse, Nicolas Sarkozy charge Arno d’un “travail approfondi sur la loi, l’histoire et le devoir de mémoire”, car il s’était, avec 32 personnalités (dont Edgar Morin, Max Gallo et Paul Thibaud) prononcé contre cette pétition.

« Si ce n’est pas au législateur de rédiger l’histoire, c’est à lui de fixer des bornes morales. Et la morale, on ne peut la prendre ailleurs que dans l’histoire. Le président de la République célèbre bien le 14-Juillet, le 8-Mai et le 11-Novembre…, » déclare Arno au quotidien Le Monde. Cet article 4 de la loi susmentionnée sera modifié le 15 février 2006 et précise désormais :

“Les programmes de recherche universitaire accordent à l’histoire de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, la place qu’elle mérite.
La coopération permettant la mise en relation des sources orales et écrites disponibles en France et à l’étranger est encouragée.

arno_klarsfeld.jpgSur la délinquance des jeunes : Nicolas Sarkozy a chargé Arno Klarsfeld de rendre un rapport sur la délinquance des mineurs lors de la convention de l’UMP sur le justice (dont Brigitte Raynaud a contribué à la réussite en participant à l’organisation) : Lire le rapport.

Parce qu’il avait effectué un travail remarquable sur la délinquance des mineurs, Nicolas Sarkozy l’a nommé comme médiateur national sur la question des régularisations d’étrangers clandestins dont les enfants sont scolarisés en France, c’est à dire d’examiner avec les préfets et les associations les cas les plus complexes.

En décembre 2006, Arno produit de nombreuses propositions sur les conditions d’accueil des sans-abri après être devenu chargé de mission sur la question suite à la mobilisation de l’association « Les Enfants de Don Quichotte ». Il en résulte un engagement de la part du futur gouvernement à réaliser un accueil humain pour chaque personne sans-abri d’ici deux ans.

Enfin sur la question transport et environnement, par courrier en date du 19 février 2007, le futur président de la République sollicite à nouveau les compétences d’Arno en le chargeant d’une mission sur « la manière de favoriser les déplacements non ou plus ou moins polluants et modernes dans nos centres-villes ».

« Gentil, chaleureux, sincère et fidèle », Arno est le candidat qu’il nous faut.

falou2.jpgIl n’y a qu’une règle pour faire de la politique, c’est d’être élu. Les partis politiques sont là pour mettre en avant les talents, les personnes qui sont les plus à même de représenter le plus grand nombre, qui ont la compétence pour mettre en œuvre le programme pour lequel ils ont été élus et enfin un esprit libre pour participer à l’évolution positive du pays.

Arno a toutes ces qualités et c’est pour ça qu’il a été choisi et c’est pour ça que nous le soutenons.

En choisisant Arno KLARSFELD, vous ne serez pas déçu.

http://www.dailymotion.com/video/x1gjli_arno-klarsfeld

Matthieu SEINGIER