Ciné & Spectacle //

L'Express du 07/02/2005

Les voyages de Monsieur Hulotpropos recueillis par Jérôme Dupuis

Une émission qui bat des records d'audience, un best-seller en librairies, une chaîne Ushuaïa sur le câble et une fondation qui fête ses 15 ans: à la veille de son 50e anniversaire, le plus célèbre globe-trotteur de France raconte ses voyages et ses rêves

La première chose que l'on aperçoit au bout du chemin, c'est sa vieille 2 CV bleue garée devant le portail. Depuis deux ans, Nicolas Hulot a posé ses valises ici, quelque part entre Luberon et Ventoux, avec femme et enfants. C'est une belle maison claire adossée à la colline. Autour, un jardin planté d'oliviers, une délicieuse cabane dans un arbre et un hamac géant où l'on imagine bien «Monsieur Ushuaïa» (lire son portrait) méditer entre deux expéditions. Et puis, un peu à l'écart, une bergerie aménagée en bureau, où, entre une collection de boomerangs et un livre consacré à Victor Hugo, son poète favori, Nicolas Hulot nous reçoit, en pull et avec une barbe naissante d'étudiant.

Nicolas Hulot

1955

naissance, à Lille

1987

débuts d'Ushuaïa sur TF 1

1990

création de la Fondation Nicolas Hulot

1998

émission Ushuaïa Nature

2005

lancement de la chaîne Ushuaïa TV sur le câble

Tout d'abord, une anecdote étonnante: vous avez pu établir récemment que c'est bien le nom de votre famille qui a inspiré Les Vacances de M. Hulot à Jacques Tati...

Enfant, je l'avais entendu dire par mes parents. Pour en avoir le cœur net, j'ai appelé la fille du cinéaste et j'ai pu reconstituer toute l'histoire. Mon grand-père était l'architecte de l'immeuble dans lequel habitait Jacques Tati. Chaque fois qu'il y avait un problème, la gardienne lui disait: «Il faut appeler Monsieur Hulot!» Cela revenait comme un leitmotiv. Il semble que mon grand-père avait une silhouette particulière, qui a frappé Tati. Aussi, lorsqu'il a créé son célèbre personnage, il s'est souvenu du nom et a demandé l'autorisation de l'utiliser. D'une certaine manière, je suis donc le petit-fils de Monsieur Hulot...

Comment vous est venue la passion du voyage?

Comme tout le monde, j'ai commencé par des petits boulots: pompiste de nuit, plagiste, vendeur de confettis au Festival de Nice... Un été, pour gagner un peu d'argent, j'ai fait des photos de vacanciers sur les plages, qu'ils pouvaient acheter le lendemain. Cela m'a permis d'acquérir un bel équipement de photographe. De retour à Paris, je suis allé frapper à la porte de Göksin Sipahioglu, le célèbre patron de l'agence Sipa. C'est lui qui m'a mis le pied à l'étrier, en m'envoyant sur des reportages. Un jour, je suis allé faire un sujet sur Tabarly au Cap. Là, j'ai eu un choc et je suis tombé amoureux de l'Afrique australe. J'ai réalisé des photos sur l'apartheid dans les townships et je suis parti à la découverte de la Rhodésie. J'étais sans doute un technicien moyen, mais ma candeur m'a ouvert des portes. J'ai même réalisé un scoop pour Paris Match en interviewant Ian Smith, président de la Rhodésie... Du coup, j'ai passé des mois dans ces régions incroyables. C'est là que j'ai contracté la passion de l'aventure.

«Je ne posais jamais mes valises et mon foyer était la Terre»

Y a-t-il eu un voyage initiatique?

Oui. Après la photo, j'ai animé des émissions à la radio sur le thème de l'aventure. Cela m'a donné le goût des expéditions et j'ai décidé de rallier le pôle Nord en ULM, avec un ami. Après avoir échoué la première année, nous avons finalement atteint le pôle géographique en 1987. Et là, par-delà l'aspect sportif, durant les deux jours que nous avons passés à la croisée des méridiens, j'ai vécu une expérience sensorielle unique. Dans cette tente, sur la banquise qui se déplaçait au milieu d'une lumière irréelle, entre peur et émerveillement, j'ai été renvoyé à une forme d'humilité. Et d'amour pour la nature.

Ce voyage va vous propulser sur le petit écran...

C'est un concours de circonstances. Pour financer notre voyage au pôle Nord, j'avais obtenu une aide d'Antenne 2 en échange d'un film sur l'expédition. Le hasard a fait que mon interlocutrice sur la chaîne, Dominique Cantien, a été recrutée peu après par TF 1, tout juste privatisée. Elle a pensé à moi pour un magazine consacré à l'aventure. Restait à lui trouver un nom. Lors d'un déjeuner avec la journaliste Ghislaine Chenu, qui dirige aujourd'hui Envoyé spécial, j'ai évoqué la ville d'Ushuaia, qui signifie «la petite baie tournée vers l'ouest». En le prononçant, j'ai pensé: «Tiens, cela ferait un joli titre d'émission.» Que n'ai-je entendu! «Imprononçable! Votre émission ne survivra jamais avec un nom comme ça!» J'ai tenu bon. Et finalement, ce nom «imprononçable» m'aura accompagné une bonne partie de ma vie...



 

 

 

 

 

 

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