Accueil  |  

Paru dans L'Express du 08/06/2006

Zidane

Icône malgré luipar Jean-Sébastien Stehli, Anne Vidalie, Paul Miquel

L'idôle des marques

Zidane est l'anti-Beckham. Alors que les sponsors ne se bousculent plus à la porte du joueur anglais, le n° 10 français, lui, est une valeur inoxydable. «C'est une icône humaniste, explique Jacques Bungert, patron de Young & Rubicam, l'agence de publicité de Danone, avec qui il a signé un contrat de onze ans. Le football l'a révélé, mais il rayonnera autrement après.» Mêmes louanges chez l'assureur Generali, qui l'a choisi pour sa récente campagne. «Zidane est déjà entré dans l'histoire, explique Marie-Christine Lanne. Son image est très forte en dehors du terrain. Il inspire la confiance et représente la compétence, le talent, avec, en plus, une élégance morale.» Avec une telle aura, pas étonnant que les marques le sollicitent. L'opérateur de mobiles Orange, Danone, Adidas, CanalSatellite, Audi et le groupe de vêtements Zannier se sont associés à lui pour un total de 8,6 millions d'euros de contrats publicitaires. Que Zidane évite la politique ou les sujets de société n'est pas pour déplaire aux annonceurs, qui redoutent la controverse. A condition qu'ils soient prêts à mettre sur la table au moins 1 million d'euros pour se l'offrir.

L'attachement proclamé de Zidane aux valeurs familiales plaît, aussi. Pas un entretien sans qu'il rende hommage à ses parents et aux valeurs qu'ils lui ont inculquées - respect des autres, humilité, travail. Ou qu'il évoque avec émotion ceux qui l'ont aidé, entouré, aimé, quand il n'était que Yazid. Avant la gloire et l'argent. Avant le temps des courtisans. A ceux-là il voue une fidélité indéfectible. A Jean Varraud, qui l'a recruté à l'AS Cannes en 1987. A Jean-Claude et Nicole Elineau, qui ont hébergé pendant un an l'adolescent de 13 ans, à son arrivée au centre de formation de l'AS Cannes. «De la dizaine de jeunes joueurs qui ont vécu chez nous, il est le seul à être resté en contact, témoigne Nicole. Pourtant, il est aussi le seul à avoir fait une grande carrière.» Elle égrène avec émotion les gestes de reconnaissance: les mots de remerciement adressés aux Elineau par l'adjoint au maire, à la demande de Yazid, lors de son mariage; le déjeuner partagé dans la maison de Pégomas, quand le maire de Cannes attendait «Zizou» au Palais des festivals pour lui remettre la médaille de la ville.

Zidane n'a jamais oublié, non plus, son entraîneur de Septèmes-les-Vallons, Robert Centenero. L'homme qui les emmenait, lui et ses copains, aux matchs et aux entraînements dans sa 104 à toit ouvrant et leur donnait de l'argent, le dimanche, pour qu'ils s'achètent à manger. Début juillet 2000, de retour de Rotterdam, où les Bleus viennent d'être sacrés champions d'Europe, «Zizou» passe à Marseille embrasser ses parents. Robert Centenero, lui, va mourir. «J'ai appris que Yazid était dans la région, se souvient Fernand Boix, un dirigeant du club de Septèmes. J'ai contacté son frère Nordine, pour lui faire passer le message. Ils m'ont rappelé pour me donner rendez-vous.» A l'heure dite, une Mercedes aux vitres fumées s'arrête devant la clinique la Raphaëlle, à Cannes. Zidane est à bord. Direction l'appartement de son ancien entraîneur, pour un ultime tête-à-tête.

Avant tout, le gamin de la Castellane est fidèle au clan familial. C'est en famille qu'il gère son business. Le capital de Zidane Diffusion, l'entreprise qui contrôle ses droits à l'image, est réparti entre lui, sa femme, sa sœur, Lila, et ses trois frères, Djamel, Farid et Nordine. Les deux derniers, installés dans un centre d'affaires des quartiers nord de Marseille, ont la haute main sur toutes les sollicitations, commerciales et médiatiques. «Il aurait pu confier ses affaires à une boîte spécialisée, mais il préfère que les commissions sur les contrats reviennent à ses frères», remarque Gilles Dumas.

Engagé dans des causes consensuelles

Le roi du foot business est aussi le chouchou des Français parce qu'il donne de son temps et de sa personne, depuis 2000, pour la cause qui lui tient à cœur: l'Association européenne contre les leucodystrophies (ELA), ces maladies génétiques qui attaquent le système nerveux central. Zidane est un parrain en or, selon Guy Alba, le président: «Extraordinaire de douceur, de patience et d'attention envers les enfants.» Comme le jour où «Zizou», invité à lire la dictée d'ELA dans un collège lyonnais, a insisté pour aller dans toutes les classes, malgré un timing très serré, parce qu'il ne voulait pas décevoir les gamins. Ou ce 18 juin 2005 passé à serrer des mains et signer des autographes au stade Jean-Mermoz de Yutz (Moselle) pour honorer la promesse faite à une habitante dont le fils, malade, rêvait de rencontrer son idole. Morgan était mort entre-temps. Le capitaine des Bleus, lui, a tenu parole.

Zidane n'a pas l'âme d'un croisé ni d'un porte-drapeau. Il ne revendique pas. Ne prend pas position. Ne milite pas. «Il s'engage dans des causes consensuelles, mais il ne s'exprime pas sur les sujets qui divisent, comme la politique», observe Pascal Boniface. Tout juste a-t-il consenti à dire, du bout des lèvres, son opposition à Jean-Marie Le Pen au second tour de l'élection présidentielle de 2002. Pas un mot, en revanche, sur les émeutes de l'automne 2005 dans les banlieues. Au grand dam des jeunes des cités. «Où est Jamel Debbouze? Où est Zidane?» entendait-on à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Leur idole les a déçus.

«Avec la victoire de 1998, Zidane a été érigé en icône d'une France black-blanc-beur introuvable», note Fabrice Jouhaud, qui vient de publier La Bande à Zidane (Solar). Peu importe qu'il n'ait jamais voulu endosser ce rôle, ni aucun autre, Zidane fait rêver, et il n'y peut rien. «C'est un héros contemporain, décrypte l'ethnologue marseillais Christian Bromberger. Il incarne à la fois la méritocratie à laquelle nous aspirons, la modestie et l'intégration réussie.» Lui voudrait juste qu'on le laisse vivre sa vie. Avec les siens. Sans tapage. C'est trop tard, ou trop tôt.

 

- Photos du jour -



- Dimanche 9 juillet 2006 -

 

Horaire Equipes score
20 H
Italie bra France   1-1 (5 à 3 aux t.a.b. )

- Groupes -                                  Voir tous les résultats


En jaune les équipes qualifiées, en rouge celles éliminées

 

Groupe A Groupe B
Equipe J V N D Pts Equipe J V N D Pts
Allemagne 3 3 0 0 9 Angleterre 3 2 1 0 7
Equateur 3 2 0 1 6 Suède 3
1 2 0 5
Pologne 3 1 0 2 3 Paraguay 3 1 0 2 3
Costa Rica 3 0 0 3 0 Trinité et T.
3 0 1 2 1
Groupe C Groupe D
Equipe J V N D Pts Equipe J V N D Pts
Argentine 3 2 1 0 7 Portugal 3 3 0 0 9
Pays-Bas 3 2 1 0 7 Mexique 3 1 1 1 4
Côte d'Ivoire 3 1 0 2 3 Angola 3 0 2 1 2
Serbie-Monténégro 3 0 0 3 0 Iran 3 0 1 2 1
Groupe E Groupe F
Equipe J V N D Pts Equipe J V N D Pts
Italie 3 2 1 0 7 Brésil 3 3 0 0 9
Ghana 3 2 0 1 6 Australie 3 1 1 1 4
Rép. tchèque 3 1 0 2 3 Croatie 3 0 2 1 2
Etats-Unis 3 0 1 2 1 Japon 3 0 1 2 1
Groupe G Groupe H
Equipe J V N D Pts Equipe J V N D Pts
Suisse 3 2 1 0 7 Espagne 3 3 0 0 9
France
3 1 2 0 5 Ukraine
3 2 0 1 6
Corée du Sud 3 1 1 1 4 Tunisie 3 0 1 2 1
Togo 3 0 0 3 0 Arabie Saoudite 3 0 0 3 0

A la Une en ce moment sur Logo LExpress.fr

Les sites du réseau Groupe Express-Expansion : LExpansion.com | LEntreprise.com | Votreargent.fr | CoteMaison.fr | StudioMagazine.fr | LEtudiant.fr | Classica.fr |
Boutique Express-Expansion | Lire.fr | camiondesmots.com | jobrencontres.com | distrijob.fr |
Les sites de nos partenaires : Immobilier avec Explorimmo.com | Emploi avec Cadremploi.fr | Le Figaro.fr
mentions légales | contacts | publicité | abonnements | archives | librairie en ligne | copyright