Place du Petit Enfer

20/1/2005

Groupe: — K @ 2:30 am

Pas de happy-end. Je pourrais d’un clic effacer ce weblog. Je pourrais m’amuser à réécrire les articles. Je pourrais faire une autre mise-en-scène. Une ultime variation entre réalité et fiction, et finalement vous dire que la vie ne vaut pas la peine d’être racontée, et encore moins d’être inventée. Et comme le roublard, je partirais alors très loin pour être spectatrice privilégiée de ce monde en train de crever.

Rêveurs, abandonnez tout espoir !

Je vous souhaite la plus pourrie des années,

K (…)

K

19/1/2005

C’est plié

Groupe: — Le roublard Coleman @ 4:00 pm

Je décolle demain matin, à deux heures et demie de la nuit.

Depuis dimanche j’ai :

  • Mailé à mon ami d’Orient, que je vais appeler John John, parce que c’est pas son nom et que c’est sans doute l’unique fois que j’aurais l’occasion d’utiliser ce pseudonyme.
  • Rompu à l’amiable un CDD.
  • Acheté un aller-retour open pour Hong Kong.
  • Laissé un double des clés à un voisin mélomane.
  • Remplis deux sacs, dont un très grand.
  • Remailé John John.
  • Consulté la météo du monde entier.
  • Il ne me reste plus qu’à :

  • Rester éveillé jusqu’à ce que le taxi vienne me prendre.
  • Donner à Karine (ce n’est pas son nom) les commandes de ce blog.
  • Vous faire mes adieux.
  • Adieu ! Adieu !

    16/1/2005

    Fiction

    Groupe: — Le roublard Coleman @ 10:00 am

    Fiction

    15/1/2005

    Donnez-moi La Femme !

    Groupe: — Le roublard Coleman @ 9:00 am

    Arrive trop vite le jour où je ne sais plus si je baise ou si je me fais baiser.

    Parce que plus j’y réfléchis, plus je m’aperçois que Karine (ce n’est pas son nom) est à l’opposée de ce que je cherchais. L’exact inverse de ce que je croyais tenir. Forte quoique pleine de doutes. Belle sans artifice, sans grâce non plus. Décidée. Et beaucoup trop maligne.

    C’est un grotesque malentendu ! Elle veut l’homme faible qui se cache derrière mon assurance, je suis tétanisé par la femme forte que dissimule son apparente fragilité !
    
Y en a marre des femmes singulières. Filez-moi directement l’archétype. Donnez-moi La Femme !
    
Allez, je vous quitte déjà : j’ai quelques illusions à reconstruire avant qu’elle n’arrive.

    12/1/2005

    Une curiosité toute féminine

    Groupe: — Le roublard Coleman @ 11:00 am

    Curiosité féminine

    10/1/2005

    Une parmi trois milliards

    Groupe: — Le roublard Coleman @ 1:00 am

    Je reçois ce matin un mail d’un ami lointain (15000 kilomètres, aux erreurs d’arrondis).

    Come and visit me. I haven’t much room, but you’re welcome to stay at my place for a while. I’ll indroduce you to one of my student, a woman famous for having the longest and thinnest legs of Asia. Incidently, she’s dying to meet you, already craving for your tanned and hairy occidental body.
    Of course I’m shitting you, but come anyway, as soon as you can manage. I swear you won’t regret it.

    Pas de traduction pour les non-anglophones : je serais incapable de rendre les nuances poisseuses de son invitation. Mais j’aime autant vous dire qu’aujourd’hui les rues dieppoises luisaient d’une bien étrange façon.

    Une ou deux valises, un peu d’argent et de courage, voilà tout ce que ça me coûterait.

    J’aperçois des jambes pâles, estompées de noir, qui croisent et se décroisent, dans les ombres complices d’un salon oriental.

    Salon oriental

    8/1/2005

    Le voyeur

    Groupe: — Le roublard Coleman @ 4:00 pm

    De la télé à la fenêtre et du lit à l’ordinateur, toute la journée, je ne fais que regarder.

    Je suis aux côtés du bellâtre vieillissant qui bonimente pour me fourguer son étuis télescopique, sa cisaille inoxydable ou son robot-mixer six lames lavable en machine, le tout pour six mensualités affichées en euros dans une grosse étoile jaune.

    Je suis dans l’appartement de mes voisins, à ruminer dans un fauteuil de cuir beige sur la monotonie de ma retraite, la baisse de ma libido, l’arthrite qui ne reculera plus et ce maudit téléphone qui ne sonne plus que pour les démarcheurs des télécoms.

    Je suis aux côté de ce couple roulant l’un sur l’autre, avec une mine décidée et douloureuse, je suis juste à côté d’elle-même et de moi-moi, échangeant les gestes absurdes, graves et intemporels des accouplements humains.

    Je suis dans le Web Log du Roublard Coleman, depuis la vitre sans tain de mon écran émetteur, je vous regarde, internautes anonymes et impudiques, en train de me regarder.

    Je ne suis qu’un œil immense, écarquillé sur le monde !

    Non, je déconne.

    J’ai une grande gueule, aussi.

    7/1/2005

    Une autre pause

    Groupe: — Le roublard Coleman @ 12:00 pm

    Autre pause

    6/1/2005

    Bavez-en les jeunes !

    Groupe: — Le roublard Coleman @ 12:00 pm

    Quand est-ce que le sexe devient facile ? Quand est-ce qu’on commence à regretter les mésaventures de la première fois ? Vouloir en chier à nouveau. Douter encore, jusqu’au bout. Ignorer ce qui suit les rencontres de hasard et les sourires échangés avec les inconnues.

    Rien ne sera jamais plus aussi compliqué. Et j’aime pas beaucoup les jamais plus.

    Alors bavez-en, les jeunes ! Souffrez ! Tôt ou tard, ça aussi vous le regretterez.


    5/1/2005

    Pause

    Groupe: — Le roublard Coleman @ 11:00 pm

    Pause

    3/1/2005

    tnalloC eL

    Groupe: — Le roublard Coleman @ 1:00 am

    La litanie des insultes

    31/12/2004

    Deux mille cinq

    Groupe: — Le roublard Coleman @ 10:30 pm

    Mon réveillon de solitaire sera égayé à minuit moins une par le coup de téléphone ultraimportant de Karine (ce n’est pas son nom). Nous n’aurons rien à nous dire et nous laisserons simplement sonner, d’un bout à l’autre du pays, afin de se la souhaiter bien bonne.

    En attendant, je réécoute de vieilles cassettes audio, retrouvée en même temps que le Carton Perdu de mon dernier déménagement. Ma voix d’il y a quinze ans qui, déjà à l’époque, déblatérait sur ma vie. Pour accompagner, je bois un tout petit peu de champagne, espérant rester synchro avec mon fuseau horaire.

    Mes voisins, dans les boîtes lumineuses de leur chez eux, glissent dans le temps en silence.

    Deux mille cinq est à leur porte.

    Moi je dis : santé !

    31/12

    28/12/2004

    La litanie des insultes

    Groupe: — Le roublard Coleman @ 2:00 am

    La litanie des insultes

    27/12/2004

    Sucrette

    Groupe: — Le roublard Coleman @ 11:30 am

    Vous regardez par-dessus mon épaule et vous me voyez : de retour au travail, enjoué, encore un peu froissé de l’étreinte matinale.

    Ca ricane autour de moi. Un petit malin s’est amusé à saturer de sucrettes le pot de la cafetière et je ne me suis rendu compte de rien. Je sirote, comme d’habitude. Même si, d’ordinaire, je suis le premier à pester contre le café trop sucré. Aujourd’hui je continue, et je sirote, et je pouffe avec vous, et je grimace pour la galerie.

    Parce que je m’en fous. Je suis bien loin d’ici, sous la couette, à faire l’amour dans des miettes de quatre quart avec une fille qui s’amuse et qui sait ce qu’elle veut.

    Puisque ça vous fait tant marrer, je vais m’en resservir une tasse.

    Ha ha ha.

    25/12/2004

    Ma Sitcom de Noël (trois scènes)

    Groupe: — Le roublard Coleman @ 11:00 am

    Scène 1 Snack Topkapi. Intérieur nuit.
    Le héros, le patron et personne. Ambiance sonore : Nostalgie ou RFM, jingles de fête. Elément de décor : un Père Noël obèse au bout d’une étagère de bouteilles.
    Pas de dialogue, peu de regards échangés. Le héros finit son thé à la menthe, paye et sort.

    Scène 2 Appartement du héros. Intérieur nuit.
    Le héros. Quelques peoples à paillettes qui s’agitent dans le poste – en différé.
    Pas de dialogue. De la fumée monte du cendrier en ligne droite, puis se chiffonne non loin du plafond.

    Scène 3 Ibid.
    On sonne à la porte.
    Karine (ce n’est pas son nom) – Je te dérange ?
    Le héros (surpris) – …
    Karine (ce n’est pas son nom) – Tu vas me laisser toute la nuit sur le palier ?

    Le héros fait entrer Karine (ce n’est pas son nom). Elle a les joues roses de froid et de champagne. Quand il prend son manteau, elle pose un paquet sur la table – le spectateur apprendra plus tard qu’il s’agit d’une boîte de truffes au chocolat à peine entamée.

    Le héros se jette bientôt sur son Miracle de Noël.

    Fondu au noir pudique.

    Miracle de Noel

    23/12/2004

    Relation de lavomatic

    Groupe: — Le roublard Coleman @ 2:30 pm

    Une relation de lavomatic, ça dure une heure (lavage), dix minutes (essorage), un quart d’heure (séchage, préliminaires) et encore une heure (chez moi / chez toi).

    En rentrant je réalise combien les rencontres de laverie sont clichées et pathétiques. On regarde ensemble tourner des sous-vêtements. On échange le peu de mots nécessaire à confirmer un désir mutuel. On se renifle un peu, on se consomme l’un l’autre. Puis on referme la porte avant de s’oublier soigneusement, sans pour autant quitter la ville ou changer ses habitudes.

    Je me dis que c’est dans le noir que les gens seuls ont le plus besoin de se sentir aimés. Ce qui est tout aussi cliché et pathétique. Mais c’est ma vie.

    22/12/2004

    Inspiration

    Groupe: — Le roublard Coleman @ 10:30 am

    22

    Noël devrait m’inspirer de grandes réflexions sur :

  • la récupération marchande des fêtes religieuses
  • l’hypocrisie croissante des familles réunies (proportionnelle à leur gloutonnerie)
  • la déchirante solitude des pauvres laissés pour compte, dégoûtés par la gabegie annuelle
  • et autres thématiques bienvenues pour rabattre votre joie
  • 
Depuis hier, je rumine le souvenir d’une Nativité de Giotto, dans laquelle l’étable est ornée d’une jolie croix miniature. Ce qui me rappelle que le gars dont nous nous apprêtons à fêter l’anniversaire est celui qui, tous les
ans, naît au cour de l’hiver, meurt au début du printemps, ressuscite sous quarante-huit heures avant de filer aux cieux pour la demi-éternité restante. Le type qui se casse avant la fête du travail, les barbecue et les
siestes sur la plage.

Voilà, pour la dose de blasphème d’aujourd’hui.
    
Demain je vous dirai pourquoi les Musulmans ne boivent que du boulaouane.

    21/12/2004

    Drogues

    Groupe: — Le roublard Coleman @ 9:30 am

    Ce matin, je comprends enfin le refrain de Clapton : she don’t lie, she don’t lie, she don’t lie… Cocaine.

    C’est pour ça que nous prenons des drogues : elles ne mentent pas. À doses égales, effets équivalents.

    Hier je suis allé boire avec trois amis. La conversation peinait à avancer, pleine de ralentissements et de voies de garages. Je sentais venir le pire, le moment de gêne glaciale qui scelle les soirées ratées : séparations rapides sur un pas de porte et promesses non tenues de se rappeler au plus vite.

    Mais la deuxième tournée nous a comme ôté un voile de devant les yeux. A la troisième on était légers, délivrés. On dérivait comme des aérostats à la quatrième, et à la cinquième on riait comme des cons, on se faisait des promesses et on trinquait encore.

    La sixième nous a jeté sur le trottoir, épuisés comme après un marathon, plein comme des outres, heureux comme des gamins.

    Qu’est-ce que l’homme a su inventer de plus noble que la cuite entre amis ?
    Les antibiotiques ? La navette spatiale ? La psychanalyse ?

    Me faites pas rire, j’ai la gueule de bois.

    Haha

    19/12/2004

    Questions

    Groupe: — Le roublard Coleman @ 3:00 pm

    Pourquoi j’ai l’impression que tu ne me vois pas ?
    C’est qui cette fille en photo sur ton bureau ?
    Elle est belle, n’est-ce pas ?
    Qu’attends-tu de moi ?
    A quoi tu penses ?
    Tu m’aimes ?

    Elle ne m’a posé aucune de ces questions.
    Elle a juste dit qu’elle ne pouvait pas “ continuer à me voir comme ça ”.
    Je lui ai juste dit (peut-être, peut-être) que “ elle n’était pas obligée de rester ”.

    Alors Karine (ce n’est pas nom) est sortie de ma vie, en emportant sa bouteille de Bordeaux et son cédé de Joao Gilberto.

    Deux heures à peine depuis qu’elle a disparu.
    Les trois me manquent déjà.

    Questions

    17/12/2004

    Le Go

    Groupe: — Le roublard Coleman @ 2:00 pm

    Je pourrais dire plein de bêtises sur le Go.

    Louer la beauté franche du Go Ban lorsque la partie est bien engagée.

    Vanter la simplicité des règles, à mille lieues des préceptes baroques qui régissent les Echecs.

    Ou en faire une métaphore de la vie, un truc oriental et profond, aussi indéchiffrable qu’un proverbe zen.

    A moins que je ne choisisse de disserter sur la place qu’il a tenu dans ma vie (en général), et mes conquêtes (en particulier).

    Go

    Mais je vais plutôt résumer la situation comme suit : Karine (ce n’est pas son nom) ne sait pas jouer. Plutôt que d’accepter d’apprendre quelque chose de moi, elle s’obstine à poser les pierres en dépit du bon sens. Et en râlant. A voix haute.

    J’ai joué seul hier soir, à dessiner de vagues monstres noir et blanc et à ne surtout pas trop penser. Le jeu a désormais rejoint sa boîte et le dessous de l’étagère.

    Rien à voir : j’ai rêvé de cerisiers en fleurs et d’un énorme os à moelle (mais pas simultanément).

    15/12/2004

    La première fois…

    Groupe: — Le roublard Coleman @ 10:30 am

    La premiere fois

    13/12/2004

    Benedictus

    Groupe: — Le roublard Coleman @ 9:00 am

    J’aime bien monter l’escalier, mais je ne suis pas de ceux qui en font leur meilleur moment.

    Ce n’est pas non plus la première fois que je la vois nue. Ni quand je surprends ses sensibilités secrètes. Ni, au réveil, quand je redécouvre son visage abandonné sur l’oreiller.

    Moi ce que j’aime, c’est quand elle se lève et qu’elle enfile un de mes t-shirt pour affronter le monde au-delà de la couette.

    Bénissons Dieu d’avoir créé la femme, qui sait remplir nos habits les plus triviaux avec une grâce qu’aucun homme n’aura jamais !

    11/12/2004

    Dieppe

    Groupe: — Le roublard Coleman @ 2:00 pm

    Plage et falaise.

    Elle – Karine (ce n’est pas son nom) – n’est pas de la région, mais elle a bien compris vite ce qui se passe ici.

    Hier je lui explique la guerre que mène la mer contre la ville, les manœuvres sournoises qui vont bientôt en avoir raison. En prenant son temps, sans rien dire, la flotte finira de saper les falaises et un matin toute la cité – avec ses commerces, ses monuments et ses habitants – glissera cul par-dessus tête et coulera par le fond…

    Karine (ce n’est pas son nom), se marre et me dit :
    Peut-être que ça s’est déjà produit. Peut-être que si on fouillait au large, on trouverait sous les eaux une ancienne version de Dieppe, naufragée il y a mille ans. Et sans doute qu’un peu plus loin, il y en aurait encore une autre, plus vieille encore. Et après celle-là, etcaetera. Tu vois Coleman, ce qu’il faudrait faire, c’est diriger nos pas vers l’intérieur des terres et fonder enfin une ville capable de tenir le coup.

    Ca ou acheter une nouvelle bagnole. Pourquoi pas ?

    9/12/2004

    Logique

    Groupe: — Le roublard Coleman @ 11:00 am

    Logique

    8/12/2004

    Aujourd’hui j’ai…

    Groupe: — Le roublard Coleman @ 4:00 pm

    Aujourd’hui j’ai:

  • appelé une vieille copine (durée totale : cinquante-sept minutes et quarante et une secondes)
  • acheté du produit vaisselle, des éponges neuves et autres produits romantiques
  • bu un reste de thé chinois au goût de charogne
  • regardé par la fenêtre la télé des voisins
  • pensé à des trucs pas drôles
  • MAIS je viens de sauter en slip sur la danse russe de Black Rider et maintenant je me ballade presque à poil dans tout l’appart. Et j’en ai rien à foutre de ce qu’on pourra en penser.

    Je suis heureux sans raison…

    Et je vous...

    5/12/2004

    B.G.H.A.E.

    Groupe: — Le roublard Coleman @ 11:30 am

    Place du Petit Enfer

    Matin suivant. Je suis lucide et calme comme le chasseur de papillon.
    
Je ne suis pas de ceux qui draguent les filles dans la rue. Je ne suis pas de ceux qui estiment leurs chances en étudiant un profil de loin, sans en avoir l’air. Je ne suis certainement pas de ceux qui n’abordent que celles qu’ils savent pouvoir toucher…
    
Mais voilà, à peine s’est-on reconnu que déjà on papote, deux amis sur un coin de trottoir. Et qu’est-ce que tu fais là ? Tu prends l’air ? T’en as marre de la soirée, de la fumée, des gloussements et des amis d’amis ? Tu voudrais être autre part ? Où il fait chaud ? Avec moi ?
    
Et c’est bien tout ce qu’il y a.
    
Ensuite : un lit en désordre, deux verres vides, une écharpe oubliée. Et un numéro de téléphone dans la marge d’un gratuit de petites annonces. Le début de la Belle Grande Histoire d’Amour Edifiante. Ils vécurent heureux…

    Quand je rigole, ça fait des halos de buée sur la vitre.

    3/12/2004

    Les nuits

    Groupe: — Le roublard Coleman @ 5:00 pm

    Les nuits sont devenues tellement sombres que j’ai l’impression d’y perdre la vue.

    Quand j’étais gamin, à partir de cinq heures, toute la ville baignait dans un jus rose orangeâtre de réverbères, et il y avait des serpents jaunes qui faisaient des zigzag à la surface de l’eau.

    Aujourd’hui il n’y a plus que des silhouettes de passants flous, on voit à peine ses pieds quand on marche et la mer a bouffé ses reflets. Le froid et les loupiotes rendent la ville opaque au lieu de la purifier.

    Et le pire, c’est que je sais très bien que le voltage des ampoules n’a pas changé.

    La nuit

    2/12/2004

    Trajectoires

    Groupe: — Le roublard Coleman @ 10:20 am

    trajectoire

    Aux alentours du solstice d’hiver, les jours se font obscurs et les nuits plus longues. C’est le moment idéal pour apercevoir les trajectoires. Suivre de loin les pointillés de lumière que laissent derrière elles, dans l’espace et le temps, ces étranges créatures appelées “ les hommes ”.
    Vous trouverez ici quelques traces de la course d’un trentenaire sans mystère, rebaptisé pour l’occasion roublard Coleman. Parce que j’ai le temps de le faire et, comme je viens de l’expliquer, parce que les conditions météos s’y prêtent.
    Il y aura des femmes vues sous différents angles – pas forcément le meilleur. Il y aura des doutes. Quelques silences. Et un peu de musique aussi.
    Voilà. Contrairement à d’autres blogistes, je ne promets pas de vous dire la vérité. Tout juste essaierai-je de rester à peu près honnête.

    Merci d’être là.

    1/12/2004

    Miam

    Groupe: — Le roublard Coleman @ 12:00 am

    Dans le Kebab ce soir, c’était poulet grillé, sauce à la menthe et testostérone.

    Quand j’y rentre, une jeune fille propre, très menue et très brune, s’apprête à sortir. On fait le pas de deux dans l’encoignure de la porte, la danse sans parole des gens civilisés. Elle trouve une ouverture, se faufile pour se fondre dans le froid, je m’avance et passe commande.

    Personne ne parle, ni le poivrot qui se réchauffe au comptoir sans pouvoir rien s’offrir, ni la paire de jeunes en voie de marginalisation qui finissent leurs sandwich, ni le patron aussi grec que je suis japonais. Sardou en sourdine : je rigole tout seul en pensant à son Temps béni des colonies, son Ils ont du pétrole, mais c’est tout.

    Le patron s’interrompt dans sa découpe pour se tourner vers l’assemblée virile. Sérieux, presque grave.

    - Elle était belle, hein ?

    Suivi d’un temps d’arrêt.

    J’attends les remarques salaces, les rires graisseux.

    Rien ne vient.

    Elle
    Elle
    Elle

    Réalisé avec WordPress