Les RFID - La croisée des ondes

Cet article est tiré du journal vidange #0.

Internet, sans-fil, téléphone portable, localisation par satellite…, les réseaux numériques de radiocommunication et géolocalisation quadrillent la planète. Il n’en fallait pas plus pour que scientifiques, industriels, politiques et militaires trouvent leurs intérêts dans une micro-puce radio-émétrice capable d’identifier n’importe quel individu ou marchandise. Au format de la carte à puce classique (type CB), jusqu’à l’implant sous cutané, ces puces RFID sont déjà commercialisées sous plusieurs formes.

RFID

Le principe de cette “nouvelle puce” est simple : elle contient un identifiant unique et universel et s’intègre à tout type de marchandise (ou à son emballage) ou de personne (ou à ses documents d’identités). Quand elle passe dans le champ d’un lecteur, sans nécessiter le moindre contact, elle lui transmet son identifiant. Celui-ci retransmet alors l’information et s’en suit une gestion informatique en fonction de l’opération à exécuter (ouverture de porte à accès réglementé, inventaire des produits passant sous un portique, lecture d’informations relatives à un animal, à une personne…). Ces puces peuvent tirer l’énergie pour leur fonctionnement du champ émis par le lecteur donc se passer de batterie et fonctionner tant qu’elles ne sont pas détruites (d’où une distance de lecture de quelques mètres maximum, pour l’instant).

Miniaturisation et réduction des coûts, promettent à la technologie RFID de pénétrer de plus en plus notre environnement. De la caisse enregistreuse qui inventorie automatiquement tous les articles du client (chariot et poches comprises), à la surveillance des indigents via des puces sous-cutanées (GPS en option), en passant par les cartes de transports ou de paiement, de nombreuses applications de cette technologie se développent déjà dans la plupart des pays technologisés. Tandis que la généralisation de cette technologie est attendue pour 2010-2015, les magouilles économiques et palabres politiques dessinent son développement progressif dans trois domaines : la gestion des marchandises, la sécurisation des documents d’identité et la santé.

Un mouchard dans l’étiquette

La grande distribution commence déjà à utiliser les “étiquettes RFID”, en remplacement des codes barres. Intégrées au produit à la fabrication, la marchandise est alors suivie, comptée et surveillée avec une facilité accrue. Moyennant l’installation de lecteurs aux portiques de chargement des usines, entrepôts et magasins, tous les transports sont automatiquement enregistrés à l’entrée et à la sortie des camions. Avec des scanners mobiles les inventaires sont automatiquement faits et justes. Les préparations de livraisons peuvent être totalement automatisées. Les portes du personnel équipées de lecteurs s’assurent que les employés ne volent rien. Les “étiquettes intelligentes” assurent une gestion des stocks et des transports rationalisée et rentabilisée, pour encore plus de profit (beaucoup de gros transporteurs s’y mettent : SNCF, Sernam et différents transporteurs maritimes et routiers). Evidemment l’armée est initiatrice dans ce secteur. Durant la dernière invasion en Irak les containers US étaient suivis grà¢ce aux puces RFID. Courant 2005, Savi Technology doit fournir les puces à l’armée américaine pour qu’elle en équipe tous ses stocks. Le suivi des opérations sur le champ de bataille, des déplacements d’unités et de véhicules utilise également cette technologie. Applied Digital Solutions - ADSX a des contrats avec plus de 40 armées dans le monde. Cette technologie ne se rentabilise que si elle s’étend jusqu’au bout de la chaîne.

Elle s’applique donc dans les magasins, particulièrement supermarchés et grandes surfaces. L’apport est similaire pour la gestion des stocks et des commandes, la surveillance du personnel et la lutte contre le vol. Déjà Gillette équipe les emballages de ses lames de rasoir de puces RFID, une webcam camouflée dans le rayon du magasin couplé à un lecteur, envoie une photo aux caisses, de la personne qui prend cette marchandise. Et bientôt, les scanners liront instantanément les informations contenues dans les puces radio-émettrices de tous les produits passant dans leurs champs. Finie la queue aux caisses et vous pouvez toujours y mettre dans la poche à§a changera rien. Il va falloir innover, nous aussi . Bientôt, plus de caissières que des vigiles, qui s’assureront que personne ne passe en dehors des files de facturation automatique. La chaîne Metro, pionnière pour l’utilisation des puces RFID pour les grandes surfaces, a commencé à équiper ses magasins dans le nord de l’Europe. WalMart, Tesco, Carrefour, etc. l’adoptent également. En attendant sa massification, cette technologie pourrait être rapidement mise en place pour certaines marchandises particulièrement convoitées ou contrefaites.

Dans le secteur informatique, par exemple, où le vol atteint 1 % du chiffre d’affaire de la branche, des puces RFID seront intégrées notamment sur les portables, pour permettre à la police de traquer les ordinateurs volés ou suspects (Dell, IBM…).

Egalement dans le secteur de l’automobile, où toutes les voitures modernes sont équipées d’un dispositif exigeant pour démarrer, la présence d’une puce RFID, intégrée à la clef de contact. Cette première protection passée, une puce identifiante est installée sur certains véhicules, si l’un d’eux passe dans le champ d’un lecteur et qu’il est déclaré volé, son emplacement est signalé et le contact coupé. Ou pour les vols dans le prêt à porter, la société Checkpoint (n°1 mondial des système antivol en magasin) a développé notamment pour Calvin Klein et Champion des puces intégrées aux vêtements, invisibles et indécelables sans moyens technologiques. Les portiques installés par cette même compagnie pourront lire ces puces après amélioration. Et de nombreux autres passent à ces étiquettes radioémettrices: Gap, Bennetton, EMI, pour quelques grandes enseignes présentes en France.

Outre la diminution des coà»ts et le gain de vitesse dans la logistique, cette technologie permet - pour la chaîne de la grande distribution - de lutter contre le vol et pas seulement à l’étalage. Chaque produit doit recevoir un identifiant unique le différenciant même d’un produit similaire. Une canette de coca n’aura pas le même que celui de sa jumelle d’à côté sur la palette. Un objet dont l’origine est illégale (vol ou contrefaà§on) sera facilement reconnu. Les enquêtes de police seront nettement facilitées, pour identifier et recouper les objets d’un stock volé et remonter les pistes. Et en plus la technologie RFID permet de nombreuses solutions, pour renforcer la sécurité des entrepôts ou des camions, gorgés de marchandises. Pour répondre aux exigences citoyennes de l’époque et faire passer la pilule technologique, le pan sanitaire est présent. Cette gestion numérique de la marchandise permettra une traà§abilité accrue et une gestion optimisée des déchets. Pour le secteur de l’agro-alimentaire, il est prévu des puces qui contrôlent la température des aliments - pour vérifier qu’il n’y a pas de rupture dans la chaîne du froid. Le bétail reà§oit, dans certains pays, des puces radio-émettrices depuis les années 70. Les matières sensibles (nucléaire, chimie…) sont aussi au programme.

La limite de l’extension des puces RFID dans la grande distribution réside aujourd’hui dans leur coût et l’absence de standard de communication (qui fait qu’une puce d’une marque n’est pas forcément lue par le lecteur d’une autre). Mais sur ces deux points, les avancées sont très rapides. La massification de la production, la réduction générale et régulière des coà»ts dans l’informatique et le développement de cette branche spécifique vont engendrer une baisse rapide des coà»ts des puces elles-mêmes. Les lecteurs, eux, représentent un investissement rapidement et largement rentabilisé, d’après les promoteurs qui n’hésitent pas à les offrir lors d’opérations commerciales. Les magouilles et les accords commerciaux sont en train de réduire le nombre de protocoles pour la lecture des puces. Les patrons et leurs acolytes en blouse blanche devraient rapidement y arriver. Plusieurs réunion”officielles” se sont déjà tenues sur ce sujet, réunissant les firmes de la grande distribution et les partenaires technologiques au niveau planétaire. La date de 2010 est annoncée pour l’apparition massive des puces dans les rayons européens.

Pucez-moi donc tout ça…

Cette puce a aussi de nombreuses applications dans le domaine porteur de la sécurité. A commencer par créer une nouvelle barrière à la falsification des papiers d’identité et en permettre une lecture sans contact. Les pays de l’Union Européenne se mettent d’accord pour que les passeports de leurs ressortissants comprennent deux données biométriques (faciale et digitale) et sous l’impulsion de la Grande-Bretagne avec, peut-être, puce RFID.

L’OACI (Organisation à l’Aviation Civile Internationale - Agence des Nations-Unies) souhaite également des passeports de ce type qui seraient couplés à une banque de données internationales. Evidemment, l’autre paperasserie bénéficiant de toutes les attentions, le flouze, n’a pas été oublié. L’Union Européenne prévoit d’intégrer des puces à ses billets de banque. Hitachi, fabrique déjà des puces pour ce type d’application : la Mu-chip, de 0,4 mm de diamètre dont l’antenne est remplacée par une encre conductrice. L’objectif est bien sur la lutte contre la fausse monnaie mais aussi contre l’économie illégale. En effet, les billets étant individuellement identifiés à distance, leur circulation sera beaucoup plus suivie. Le remplacement pur et simple de l’argent liquide est aussi envisagé, voir engagé. Certains modes de paiement, plus sécurisés et plus rapides vont se développer gràce à ces puces. Tel Moneo, un porte-monnaie électronique mis en place par tout un regroupement de banques et l’agence responsable des cartes bleues, qui permettent de régler vos achats quotidiens électroniquement. Plus folklorique, une boîte de nuit de Barcelone, le Baja Beach Club, propose à ses clients de payer leurs consommations à l’aide d’une puce sous-cutanée, appelée Verichip (voir plus bas). Décidément, cette technologie semble apporter de nombreuses solutions à l’Etat et aux entreprises en matière de lutte contre les différents types de fraude. Le piratage de l’électricité est aussi visé. De nouveaux compteurs électriques, développés au Mexique puis aux Etats-Unis sont équipés de puces RFID permettant le signalement de fraudes et le relevé à distance, d’un camion ou d’un central. EDF utilise cette technologie avec les nouveaux compteurs électroniques. Cela permet le relevé instantané des consommations pour tout un immeuble et d’identifier les fraudes (les dérivations du compteurs sont décelées et signalées).

Cette surveillance technologique va s’étendre aux transports. Les voitures intègrent des puces RFID par le biais des dispositifs antivol (décrits plus haut), de certains de ses éléments (dans les pneus Michelin…), à l’initiative du constructeur (Renault, Fiat…), du loueur (Europcar), etc. Les lecteurs se multiplient également sur les axes routiers, notamment aux péages (les cartes de péage automatique fonctionnent gràce à des puces RFID…) ou dans certaines villes. Comme à Munich et bientôt d’autres en Allemagne, où le Parti Vert, pour lutter contre la pollution automobile, prévoit de faire du centre urbain une zone à péages où les puces RFID seraient utilisées pour vérifier les voitures payant leur redevance.

Dans les transports en commun, plus de 30 villes européennes utilisent les cartes sans contact (de la taille d’une carte à puce de base où est intégrée une puce RFID) pour leurs cartes de transports : Tecely à Lyon, Navigo à Paris. “Le Pass Navigo permettra une meilleure connaissance de nos voyageurs afin d’apporter une réponse personnalisée à leurs besoins et davantage de conseil de proximité. (…) Il contribuera également à notre action de lutte contre la fraude.” Au Japon, l’exploitant de réseau mobile NTT DoCoMo envisage la commercialisation d’un téléphone portable équipé d’une carte sans contact pour faciliter les paiements de transports urbains et le contrôle d’identité. Dans les aéroports cette technologie risque de trouver beaucoup d’applications : pour suivre les bagages, en remplacement des billets (d’ici 2007) ou dans les futurs passeports. Les marchandises, les passeports, l’argent, les véhicules… il n’y a qu’un pas pour passer à l’implant de puces sur des humain. Il est déjà franchi. Le gouvernement américain a annoncé en avril 2004, qu’il aller implanter des puces RFID souscutanées (VeriChip, de la taille d’un grain de riz, développé par Applied Digital Solutions - ADSX) aux sans-abri de 5 états dont la Californie, la Pennsylvanie, Washington DC et New York DC. Les données, lues par des lecteurs montés sur les relais portables, seront transmises à la police et aux services sociaux qui pourront suivre tous les mouvements des SDFs en temps réel en utilisant une version spéciale de Windows NT. “C’est une occasion rare d’employer la technologie de pointe pour répondre à deux objectifs de la société : mieux aider nos populations délaissées tout en rendant nos villes plus sures”, d’après l’administrateur du département à la santé. Cette initiative est censée décourager les SDFs de commettre des crimes et permettre aux travailleurs sociaux de délivrer nourriture et soins. Dans la continuité, le service des migrations US imagine l’implant de telles puces obligatoire pour les ressortissants des pays dits de “l’axe du mal”. En attendant qu’avec les nanotechnologies, les implantations puissent se faire massivement et sans que l’on s’en rende compte.

Bien qu’à notre connaissance, cette technologie ne soit pas encore utilisée en implant sous-cutané dans les prisons, elle y trouve largement sa place. A Tucson en Arizona 1600 prisonniers et 300 matons vont être équipés de bracelets RFID. Système mis en place par Texas Instrument qui permet la localisation permanente (un signal toutes les 2 secondes) de tous les détenus et matons et un contrôle des accès géré électroniquement. Un signal d’urgence permet à un maton de donner l’alerte, le système indiquant alors la localisation des 20 détenus les plus proches et des matons pouvant prêter assistance. D’autres prisons, notamment en Californie, doivent s’équiper. Ce système fut développé initialement par Motorola pour l’armée, pour localiser soldats et unités sur le champs de bataille. Ces puces sont aussi utilisées pour des bracelets électroniques lors d’assignation à résidence.

Des solutions RFID implantées dans des badges ou les vêtements ser vent à surveiller le personnel d’une entreprise ou les participants à un congrès (dernier congrès du Parti Communiste Chinois). La solution de traçage des personnes de l’entreprise Airespace est aussi bien proposée “pour des enfants dans un parc de jeux, le personnel de sécurité dans une entreprise, les patients dans un hôpital”. Ou des beaufs au Club Med (ca existe déjà ).

Cyber-capital

Dans le domaine de la sécurité les Verichip (puces sous cutanées) ne sont pas utilisées que pour surveiller les souffreteux. Au Mexique, le model GPS (Digital Angel- Developpé à partir d’une filiale de Ads(model avec batterie) y est attendu avec impatience pour lutter contre les enlèvements (essentiellement hommes d’affaire,showbizz, hauts dignitaires et leurs gosses contre rancon a une dizaine par jour). Un groupe de ravisseurs s’est déjà nommé “El chip”. Certains kidnappés ont eu droit a des interrogatoires et des fouilles poussés pour savoir s’ils avaient une puce sur eux. Il n’y a pas encore eu d’extractions. Déjà , des hauts dignitaires mexicains et 160 membres d’un centre de données criminelles ont une puce Verichip implantée, certifiant leur identité pour l’accès à certains secteurs et la consultations de documents confidentiels.

Ces mêmes puces ont aussi un avenir dans le domaine médical. Le gouvernement américain vient de donner l’autorisation pour l’implantation de puces sous-cutanées pour les patients suivant des traitements lourds. Au Mexique, plus de mille patients sont déjà pucés et des tests sont en cours en Italie. Cette puce transmet son numéro d’identification unique par l’intermédiaire d’un scanner à un central relevant l’identité de la personne et les informations quant au traitement suivi. Le modèle GPS doit aussi être développé pour les cardiaques, avec une lecture des pulsations du coeur et un seuil d’alerte avec l’envoi d’un signal de détresse et localisation. Les malades d’Alzeimer seront suivis dans leurs déplacements quotidiens et s’ils s’en écartent seront récupérés par une patrouille de gardes-séniles.

A côté des gateux, nos amis les animaux domestiques auront l’obligation, courant 2005, en Europe, d’avoir une puce implantée en remplacement du tatouage. Un identifiant pourrait servir de document d’identité universel (du même type que celui utilisé pour raison médicale). Il “ne pourra jamais être oublié, perdu, volé, falsifié, prêté ou échangé. En théorie, plus besoin de clefs, de cartes d’accès, d’horloges-pointeuses, de mot-de-passes, de codes pin, de signature, de passeports, ni de contrôleurs : le lecteur pourra être couplé à n’importe quel appareil électronique et le numéro d’identification suffira à déclencher l’ouverture d’une porte, la mise en marche d’une machine, le contrôle d’un titre de transport virtuel, la mise à jour d’un registre d’entrée ou de présence, l’activation d’un distributeur de billets.”

La maison domotique et plus largement le quotidien automatisé vont enfin se réaliser. Votre environnement réagissant à votre présence et à celle des marchandises qui vous entourent. Chaque objet, étant identifiable par radiofréquence, sera reconnu dès qu’ils entrent dans votre maison. Votre frigo pourra faire l’inventaire de son contenu et vous communiquer sur votre portable ce qu’il vous manque pour dîner (d’autant qu’après connexion à votre agenda il vous aura rappellé que vous recevez des amis ce soir). Ce n’est pas de la mauvaise SF des années 60, déjà Nokia, Philips et Sony ont formé une alliance pour promouvoir un standard de communication RFID. Le four, la télé, la chaîne Hi-fi… radiocommuniquants sont déjà prêts. Benetton va pucer ses vêtements qui vous avertiront via la machine à laver s’ils risquent de déteindre les uns sur les autres. “The Microsoft Kitchen” pourra grà¢ce à ces lecteurs Rfid transmettre à votre four, combien de temps cuire le ” steak au tofu ” que vous venez de sortir du frigo.

Les informations lues sur les puces des marchandises ou des humains peuvent être transmises à tous types de machines, comme les appareils électriques à l’intérieur des domiciles (via l’infrarouge, le bluetooth ou CPL..), n’importe quel ordinateur sur la planète via le Web (avec ou sans Wi-fi) ou sur un portable par le truchement du réseau GSM. Cette jonction des puces RFID et du maillage créé par ces différentes technologies est appelée en novlangue “Internet of Things”.

Et ces technologies promettant de s’étendre, le maillage du territoire permettra de repérer des marchandises et individus déterminés. C’est un complément évident aux dispositifs de vidéo-surveillance, de reconnaissance faciale des personnes recherchées dans les lieux publics. Les transports en communs, grands axes routiers, magasins, administrations… vont être de plus en plus infréquentables. Et les centres urbains de plus en plus saturés de fréquences radios et de gogos à antennes et oreillette. Au Japon, la planification des technologies RFID est prise en mains par le gouvernement lui-même en vue de l’édification de nouvelles structures dès 2006 qui décoreront les rues, les poteaux électriques et les abris bus.

Les structures et les moyens de contrôles technologisés puisent à chaque nouveau progrès scientifique pour étendre sur nous leurs rets et chaînes. Le contrôle social a une vieille histoire, et un avenir juteux devant lui. La Science, idéologie du pouvoir, s’applique à renforcer l’emprise du monde marchand et de ses flics sur les individus, et le découpage rationnel du territoire et de nos existences. Un monde où chacun est réglé selon son travail, ses consommations, son ” niveau social “. Où les quartiers sont déterminés (riches, pauvres, immigrés,…) et où une partie de la population vit protégée des tentations de ceux et celles qui sont excluEs de la marchandise, ou qui n’ont accès qu’à ses avatars discount. Et les centres urbains se ferment, comme déjà à Paris, les soirs de festivités officielles, où un dispositif policier bloque les gares et les portes de Paris aux “jeunes de banlieues”. Ici aussi des zones résidentielles, entièrement domotiques, à accès réglementé, fleurissent aux alentours des grosses villes (à Marne la Vallée par exemple, à côté d’Euro Disney).

Ces technologies renforcent cet univers concentrationnaire où les espions numériques, relayés par les cyber-citoyens et les forces de police s’ajoutent aux traditionnels balances, murs et barbelés. Et alors, les résistances s’adaptent. L’utilisation des empreintes digitales nous a contraint à porter des gants. Les nouveautés technologiques nous poussent à en connaître un peu plus, pour se dissimuler aux yeux de l’Etat.

Notes

Cette technologie permet la lecture de masse et de contenir 64 fois plus d’informations (limitation légale actuelle) que le code barre habituel.

sites internet où l’on peut trouver des logiciels permettant de lire et de reprogrammer les puces RFID :

Variante RFID d’un système GPS existant.
Langage informatique commun d’échange entre deux ou plusieurs machines.
Ces pass sont au standard européen Calypso servant en plus d’une carte de transport, de porte monnaie électronique type monéo.
supplément au monde du 25-26 Janvier 2004.

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