Le rallye Québec-France 2007, Semaine

Aventure à Bicolline

Par Idir Hocini

29 septembre 2007

Aventure à Bicolline

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Les forêts profondes de la Mauricie s'étendaient partout le long du petit chemin boueux qu'empruntait notre jeune aventurier. Au poids de son sac, s'ajoutait celui des lieues qui défilaient sous ses pas, pesant sous une pluie battante, bien que le tout fut porté par de puissantes épaules bien faites et des jambes de statue grecque. Plusieurs jours s'étaient écoulés depuis que ce grand fou quitta Bondy la céleste, son confort, ses rues pavées et sa culture si rayonnante. Pris dans les filets d'une aventure un peu trop humide à son goût, cheminant depuis des heures dans une lointaine contrée au bout du monde, notre voyageur se surprit à penser qu'il n'avait pas eu aussi mal aux fesses, depuis que son père Hachemi brise ceinturon, les lui avait tannées le jour où il a laissé le mouton de l'aïd s'enfuir dans la rue.
La nuit étendait son voile d'inconnu et de perles scintillantes au firmament, que notre homme marchait toujours. Un village se dessina au loin peu avant les derniers rayons de lumière s'effaçant dans le ciel cristallin du Québec profond. Il venait de rentrer sur les terres du duché de Bicolline.

Les joies du Grandeur Nature image

En publiant le Seigneur des anneaux en 1954, J.R. Tolkien posa les jalons d'un style littéraire particulièrement addictif : le médiéval fantastique. Si l'histoire est captivante, c'est l'univers l'entourant qui fascine le lecteur. Les personnages évoluent dans un monde fantastique, doté d'une géographie et d'une histoire complexe à souhait. Pour prendre la mesure du souci dans le moindre détail, poussé à l'extrême en Terre du Milieu (le monde de Tolkien), il suffit de consulter les appendices à la fin du livre, présentant une généalogie des principaux personnages remontant à une dizaine de générations. Emporté dans une aventure à travers monts et forêts, le lecteur est pris par l'envie de quitter les sentiers battus à la découverte d'un monde qui, par sa complexité, paraît si vivant. C'est sur ce postulat qu'au début des années 1980, le jeu de rôle fait son apparition. Des fans de Tolkien se réunissent autour d'une table où un maître du jeu narre une aventure dont les joueurs sont les héros, étripant du monstre à coup de dés. Certains ont poussé l'exercice encore plus loin, se déguisant en chevalier ou en mage, parcourant de vraies forêts et s'affrontant avec des armes en latex. La frontière entre fiction et réalité s'étiole encore un peu plus, passant du jeu de rôle papier au Grandeur Nature.

"Le Québec, avec ses forêts et ses grands espaces se prête bien a cette aventure. En Belgique, le pays d'où je viens, ou en Europe, autant dire que Bicolline n'aurait été qu'un rêve impossible.”


À Saint-Mathieu-du-Parc, à 20 kilomètres au nord de Shawinigan, des fans de jeu de rôle poussèrent un peu plus dans l'immersion. Le duché de Bicolline est une sorte d'univers parallèle : 140 hectares de forêts, des plaines et un monde qui évolue; avec sa géopolitique, sa monnaie, ses intrigues et ses conflits. Si le backround de Bicolline avec rois et royaumes est virtuel, un vrai village médiéval, un château et une auberge ancrent ce monde dans la réalité. À Bicolline fiction et réalité se côtoient. Toute l' année, ils ne sont que trois à faire vivre ce monde, mais la dernière semaine d'août voit débarquer plus de 2000 personnes guerroyant cinq jours durant dans la bonne humeur. Un grande fête où chacun se mue un temps en chevalier, en druide ami de la nature ou même en assassin, dans le cas où remplir l'espace entre la quatrième et la cinquième vertèbre du voisin par un froid métal, démange certains.
Bien sûr, toutes les armes utilisées à la bataille sont en mousse ou en latex: “Il arrive qu'il y ait des blessés, comme dans tout sport, mais ce sont presque toujours des entorses”, confie Éric Dubé, un des responsables du duché. Si les armes sont en mou, les armures elles sont parfois en acier trempé.

Éric Dubé en possède quelques-unes, lui qui exerce la profession d'armurier : "Il y a vingt ans je voulais une armure, j'en ai pas trouvé dans le commerce, donc je me suis dit que j'allais en fabriquer une. Deux coups de marteau et ce fut une révélation (...). Je n' ai jamais fait de jeu de rôle, c'est par mon métier que je me suis retrouvé dans l'aventure Bicolline.
Le Québec, avec ses forêts et ses grands espaces se prête bien a cette aventure. En Belgique, le pays d'où je viens, ou en Europe, autant dire que Bicolline n'aurait été qu'un rêve impossible”, lance Olivier Renad fondateur du site. Une forêt, une auberge, un village elfe...tout les lieux qui font un bon univers médiéval fantastique sont présent sur le duché. “Il manque des souterrains tout de même. Mais c'est en projet...”, conclut mon insatiable hôte.

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Commentaires

Naya, 05 octobre 2007
Très seyant !
tic&tac, 02 octobre 2007
Dans l'absolu j'ai aimé et en comparaison avec ton premier film je suis baba ! Comment va être le troisième, je suis bien impatient de le savoir.
CéSo, 1er octobre 2007
J'aime ce que tu fais Idir! C'est drôle, c'est frais... Mon beau-frère est allé visiter ce site suite à ce reportage... C'est'y pas beau ça?!!
kamel, 29 septembre 2007
super reportage!!drole du debut à la fin!!
Davio, 29 septembre 2007
On n'a jamais douté de ton côté chevalier...

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