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01 Novembre 2007
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LE PALAIS DE JUSTICE



Les premières pierres de l'actuel Palais de justice de Poitiers ont été posées dès l'époque gallo-romaine.

Pour certains, les premières constructions sont à attribuer à l'EMPEREUR JULIEN, lorsqu'il entreprit la reconstruction des provinces de la Gaule ; pour d'autres, c'est l'EMPEREUR GALIEN, au IIIème siècle qui en serait à l'origine.



En vérité, l'histoire du palais devient plus sûre à compter du Xème siècle, grâce aux écrits de l'époque carolingienne. Le palais est alors le principal lieu de résidence des comtes du Poitou, princes du royaume d'Aquitaine constitué par CHARLEMAGNE un siècle plus tôt.

Sous le règne de CHARLES LE CHAUVE, il devient expressément palais royal, expression générique qui désigne tous les palais carolingiens.

Chacun des comtes qui l'ont occupé, y ont apporté leurs constructions, modifications et améliorations.

- Au début du XIème siècle, suite à un incendie, GUILLAUME V LE GRAND entreprend la reconstruction et la modernisation du palais : il y installe notamment une bibliothèque et même, dit-on, une école.

- Au XIIème siècle, le palais est occupé par GUILLAUME VII LE JEUNE. C'est à lui que l'on doit l'édification de la TOUR MAUBERGEON, donjon rectangulaire, doté d'une tour polygonale à chacun de ses angles. Son nom vient du mérovingien mal ou mallum qui désigne le tribunal aux temps mérovingiens, et berg qui signifie colline.
Ainsi, le mallobergum ou maubergeon est tout simplement le lieu de justice situé en un endroit élevé. Le donjon matérialise l'emplacement du siège du pouvoir et symbolise la puissance féodale.

L'histoire raconte cependant que GUILLAUME VII LE JEUNE y aurait installé sa maîtresse, la Vicomtesse de Châtellerault, laquelle fut bientôt surnommée la " Maubergeonne ".

- Au XIIème siècle, ALIENOR D'AQUITAINE, fille de GUILLAUME III, ses deux époux, LOUIS VII et HENRI II PLANTAGENET, ainsi que RICHARD CŒUR DE LION, son fils, établissent résidence à Poitiers.

C'est d'ailleurs à ALIENOR D'AQUITAINE que l'on doit à l'extrême fin du XIIème siècle, la construction de la grande salle devenue la SALLE DES PAS PERDUS. Cette aula, c'est à dire la salle officielle du palais, a des dimensions impressionnantes pour l'époque: 47 mètres de longueur, et 17 mètres de largeur. Elle obéit à une architecture de style gothique angevin, dit encore style gothique Plantagenêt ( arcatures aveugles, chapiteaux à crochets, masques, bases ornées ), style que l'on retrouve également dans la cathédrale Saint Pierre et l'église Sainte Radegonde, édifiées à la même période.

Elle sert de salle d'assemblées, de fêtes, mais aussi de justice. A compter du milieu du XIIème siècle, à l'époque d'ALPHONSE DE POITIERS, le palais perd sa fonction exclusive de résidence des comtes du Poitou pour devenir le centre de l'administration provinciale, rôle qu'il conservera jusqu'à la fin de l'Ancien Régime.

  On y trouve le siège de la sénéchaussée du Poitou, administration composée d'un sénéchal, d'un lieutenant, d'un parquet ( un procureur et un avocat du roi ), de sergents ; C'est également là qu'est centralisée l'administration des eaux et forêts du Poitou.

Au cours de la Guerre de 100 ans ( 1346 - 1453 ), les Anglais, menés par le COMTE DE DERBY, s'emparent de Poitiers, le palais est alors en partie détruit par un incendie.

L'histoire raconte que Jeanne d'Arc communique son enthousiasme aux conseillers du dauphin CHARLES, c'est là qu'elle est interrogée sur sa mission par les magistrats, et c'est de Poitiers qu'elle part pour délivrer Orléans.

A la fin de la guerre, le frère de CHARLES V, JEAN DE BERRY, devenu comte du Poitou confie à l'architecte GUY DE DAMMARTIN, la reconstruction du palais :

- En 1385, la TOUR MAUBERGEON est modifiée. L'architecture choisie marque le côté résidentiel de la tour, l'accent étant mis sur l'éclairage intérieur par l'insertion de vastes fenêtres, lesquelles sont soigneusement sculptées. Dans les parties hautes sont déposées des statues. Celles de JEAN DE BERRY et de JEANNE DE BOULOGNE notamment ont aujourd'hui disparu ; les statues restantes représentent les vassaux du DUC DE BERRY.

- Le pignon sud de la SALLE DES PAS PERDUS est rénové à partir de 1388 ; les travaux dureront jusqu'en 1392. On y accole des escaliers à vis, trois cheminées monumentales surmontées d'une tribune et de grandioses verrières, ainsi que d'élégantes fenêtres gothiques dont les motifs annoncent le style flamboyant.

Les cheminées sont ornées d'anges tenant les écus de JEAN DE BERRY à gauche, de France au centre, de Berry-Boulogne à droite.

Dans les parties hautes, sont placées les statues de CHARLES VI, ISABEAU DE BAVIERE, JEAN DE BERRY et JEANNE DE BOULOGNE, son épouse, statues que l'on peut admirer encore aujourd'hui.

- Enfin, des appartements privés, décorés par de grands artistes sont aménagés dans la TOUR MAUBERGEON et la SALLE DES PAS PERDUS. Ils ont cependant disparu aujourd'hui, détruits au début du XIXème siècle pour les besoins du service public de la justice.

Au XVème siècle, le Dauphin CHARLES fuit Paris occupé par les Bourguignons de JEAN SANS PEUR, et se réfugie à Poitiers. Il y établit, par une ordonnance du 21 septembre 1418, le nouveau PARLEMENT du royaume.

C'est à partir de cette année 1418 que l'on peut effectivement parler de Palais de justice, puisque s'y trouvent le Parlement et la Cour des aides, chargée du contentieux des aides gabelles.
Le Palais est alors remanié pour abriter les Cours royales ; la GRANDE SALLE devient le lieu de rendez-vous des juges, des avocats, des plaideurs, de la basoche et des curieux.

En 1436, le dauphin, devenu roi ( CHARLES VII ) en 1422, quitte Poitiers après avoir retrouvé la capitale : le Parlement et la Cour des aides sont alors transférés à Paris. Le Palais de Poitiers perd son rôle national. Il ne le recouvre qu'exceptionnellement, notamment en 1453, à l'occasion du procès de JACQUES CŒUR.


Les Poitevins, nostalgiques, militent pour l'érection d'un Parlement du Centre-Ouest, initiative qui se heurte à une vive opposition du Parlement de la capitale. A titre de compensation, le Roi accorde en 1454 la tenue de GRANDS JOURS : une délégation du Parlement de Paris est envoyée à Poitiers pour une session d'un mois, et est chargée d'expédier, comme cour souveraine, les causes de la région qui s'étend de la Loire à la Dordogne.

Les Poitevins insatisfaits de ce compromis obtiennent de CHARLES VII le transfert du Parlement de Bordeaux à Poitiers en 1469. Il est cependant réinstallé à Bordeaux en 1472, à la mort du Roi.

Si le rôle inter-régionale du Palais échoue, son rôle régional, lui, persiste : les différentes administrations qui se partagent au nom du Roi le gouvernement du Poitou s'installent au Palais ; les nobles, gens d'église et tiers état de la province y trouvent un lieu de réunion.

C'est également au Palais que la Coutume du Poitou, fondement des pratiques judiciaires de la province, est officiellement entérinée en 1515, en présence de deux commissaires royaux du Parlement de Paris.

Le procès-verbal de cette " réformation " n'intervient cependant qu'en 1559 : tenue dans la SALLE DES PAS PERDUS, cette " réformation " consacre l'état définitif du droit coutumier qui régira la province jusqu'à la fin de l'Ancien régime.

A compter du XVème siècle, la destination judiciaire du Palais ne fait plus aucun doute : sur la SALLE DES PAS PERDUS s'ouvrent la Chambre Criminelle, le Bureau des Eaux et Forêts, la Chambre des Notaires, celle des Avocats, le Greffe, le Conseil de l'Election, le Bureau des Finances, le guichet d'une prison.

Après la Révolution, le monument est essentiellement affecté à la Cour d'Assises et à cour d'Appel, laquelle connaît des décisions rendues par les tribunaux de première instance du ressort ( Vienne, Vendée, Charente Inférieure, Deux-Sèvres ).

C'est au XIXème siècle que sont effectuées les dernières grandes rénovations ( charpente, couverture, sculptures ) et que l'accès monumental, fait de colonnes et frontons, que nous lui connaissons aujourd'hui est édifié.

C'est au cours de ce même siècle enfin, que le Palais de Poitiers, remarquable témoignage de l'architecture civile du Moyen Age français, est classé monument historique.




l'association pour le palais des comtes du Poitou

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