Portraits, anecdotes et caricatures

ou

 

La Ménagerie impériale de Paul Hadol

et

les Goncourt

 

La Ménagerie impériale, composée des ruminants, amphibies, carnivores, et autres budgetivores qui ont dévoré la France pendant 20 ans, recueil de caricatures par Paul Hadol (1835-1875), signé de l'initiale H., parut après la chute du Second Empire. Composé d'une trentaine de feuilles volantes (17 x 27cm) en couleurs, il est sorti des presses de l'imprimerie Coulebœuf. Chaque personnage est affublé, ménagerie oblige, d'un nom d'animal suivi de deux caractéristiques désobligeantes. Les dernières feuilles de La Ménagerie impériale proposent plusieurs personnages au lieu d'un seul par page, on est dans une subdivision : le Musée des Empaillés. Manque de place, les héros sont affublés d'un surnom animal mais dépourvus de mots qui caractériseraient leurs vices.
Les Goncourt, eux aussi, ont caricaturé avec leurs mots, leurs phrases, bien des personnages croqués par Hadol. Dans le Journal, ils se laissent aller à une verve souvent proche de celle de Saint-Simon, mais ils savent aussi, bons mémorialistes, donner la parole à d'autres qu'eux : il était amusant de joindre les artistes du verbe et celui du trait, et d'extraire du recueil de Hadol les images de personnes que l'on retrouve, souvent durement traitées - au bénéfice de la vérité -, chez les Goncourt, par eux -mêmes ou leur entourage.
Juste retour des choses, les caricaturistes en mots ont été, à leur tour, caricaturés par Hadol ; malheureusement, rien dans le Journal sur Paul Hadol.

 

S u i t e