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:: Paroles de femmes ::
Les conditions de la Femme aux Comores - Le travail   
 (par Sheherazade) : 25 - 05 - 2007
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Selon le rapport national sur le développement humain édité en 2006, le taux de chômage au niveau national est de 14,3 % : 18,5% chez les femmes de contre 11,9% chez les hommes. Elle ajoute également que 30 % de la population en âge de travailler n’occupent pas un emploi salarié (les retraités, les rentiers, les élèves et étudiants, les femmes au foyer).

Depuis l’indépendance, la fonction publique était le premier pourvoyeur d’emploi, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Le rapport, cité précédemment, révèle qu’elle emploie 10 % de la population active dont 30% de femmes en 2005. On les retrouve dans différents postes, y compris des postes à responsabilité. Par exemple, au ministère de la justice : Mme Binty Mmadi (directrice des affaires judiciaires), Mme Nadhuma Youssouf (présidente du tribunal de grande instance). Deux magistrats femmes sont répertoriées Tasmine Sanai et Moulida Djoubeir. A la direction de la délégation générale des Droits de l’homme, on retrouve Mme Choura Abdallah. Dans le secteur de l’enseignement, le nombre d’enseignants augmente en moyenne par an de 1,2 %. Le nombre de femmes enseignantes augmente plus vite que celui des hommes. La parité est loin d’être observée : la parité femmes/hommes varie de 0,3 à 0,4 en 1988/1989 et de 0,3 à 0,7 en 1998/1999 (données issus du rapport national 2005 sur les objectifs du millénaire pour le développement).

Le commissariat de police a ouvert ses portes aux candidatures féminines. En 2004, le dernier contingent recruté comptait une vingtaine de femmes.

Qu’en est-il aux niveau de la sphère politique ?

Parmi les maires élus, on retrouve Moinaecha Said Islam, maire élue de Bandamaji. A l’assemblée nationale, il n’existe qu’une seule députée Djoueria Abdallah. Actuellement, trois femmes sont au gouvernement :
-  Mme Rehema Boina Ali, ministre du Plan, de l’Aménagement, de l’Energie et de l’Urbanisme.
-  Mme Sitti Binti Maoudjoudi, Secrétaire d’Etat à la Réforme administrative.
-  Mme Sitti Kassim, ministre de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Environnement

En somme les 50,4 % de la population sont maigrement représentés. Et pourtant nombreuses sont les femmes qui militent au sein des partis politiques. Aucun texte ne leur interdit de se présenter : par exemple Zahara Toihib et Sitty Sagaf étaient candidates aux législatives de 1994 à Moroni. Les raisons sont nombreuses :

  1. L’instruction. Même si aujourd’hui, l’écart de scolarisation entre les filles et les garçons se réduit.
  2. La faible représentation des femmes dans les postes à responsabilités dans l’administration, vivier de lancement pour des responsabilités politiques ou tout simplement amorçage d’un réseau féminin
  3. L’éducation politique. Dès leur plus jeune âge, les garçons ont pris l’habitude d’occuper les places publiques où se tiennent les discours politiques. Ils ont appris également à s’exprimer, à débattre. Alors que la fille est cantonnée à la sphère familiale et féminine. Donc devenues femmes, elles se retrouvent confrontées à plusieurs difficultés :
     - difficulté de s’exprimer devant une assemblée d’homme
     - méconnaissance du monde politique et de la manière de faire de la politique.
  4. Poids de la tradition. Etre membre d’un parti politique demande un investissement : présence dans les réunions du début à la fin. Or certaines se finissent tard dans la nuit et les femmes qui assistent se retirent avant la fin à cause de leurs obligations familiales : éducation des enfants (aide aux devoirs, s’assurer qu’ils vont au lits, préparation du repas, etc..), Les hommes n’ont pas ce problème là. Ils peuvent assister à des réunions jusqu’à trois heures du matin ou plus. Ils savent que la femme (femme, sœur, mère) est là pour veiller sur la famille.< /li>

Afin de permettre aux femmes d’être présentes politiquement, cela demande un changement de la mentalité et du comportement :

  1. Amélioration dans l’éducation des filles : amener le débat politique à la maison. Cela permettrait aux filles et femmes d’être sensibilisées aux sujets politiques. Cela nécessite également la coopération du clan masculin de la famille pour les aider à s’exprimer et respecter leurs opinions. Ainsi cela permettrait aux femmes de gagner de l’assurance pour exprimer leurs idées devant une assemblée masculine.
  2. L’école également joue un rôle dans l’acquisition de la confiance lors de la prise de parole : les exposés devant la classe ou l’école ; elle peut également organiser des débats ou des initiations civiques et politiques (fonctionnement des exécutifs, etc.)
  3. Une sensibilisation des femmes par des femmes qui ont déjà brigué ou briguent des postes de responsabilités politiques. Elles pourront parler de leurs parcours, de leurs obstacles et éventuellement prodiguer leurs conseils.

Et sur le plan économique

Depuis ces dernières années, les femmes occupent le monde du commerce et de l’entreprise. Elles font des va et vient vers les pays voisins afin de s’approvisionner : Dubaï, l’île Maurice, Dar es-salaam, etc... Nombreuses sont celles qui tiennent une échoppe ou un magasin dans la capitale et dans les grandes villes. Par exemple, Hadidja, une femme de Mvuni, fabrique des vêtements traditionnels (djoho, djuba) et les vend à des Comoriens. Elle présente son travail sur des foires à l’étranger (Madagascar, Bourkina Faso, Dubaï.....). Cette expansion a été favorisée par la création des mutuelles d’épargne et de crédit et des Sanduk (fonds) au sein des communautés.

Il existe également des associations qui s’occupent d’enseigner aux femmes la gestion et la culture d’entreprise.

Référence :

 - Rapport national de 2005 sur « les Objectifs millénaires de développement »

 - « Etre une femme aux Comores » numéro 26 (semaine du jeudi 2 février au mercredi 9 février 2006) du journal KASHKAZI

 - « Validation du rapport national sur le développement humain : le statut de la femme comorienne bénéficie d’un contexte favorable, qui n’est pas exempt de « risques de perturbations, voire de régressions » issu du PNUD (programme des nations unies pour le développement)

 - « Dix ans après la conférence de Beijing sur les femmes, quel bilan pour les femmes comoriennes ? Al Watan n° 849 (1-7 octobre 2004)

Autres thèmes touchant les conditions de la femme aux Comores dans Holambe :

 - Instruction scolaire française

 - Instruction coranique

 - le mariage

 - Les violences sur les femmes

 - la santé

 

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