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Grenoble

Citation

« Ville héroïque à la pointe de la résistance française et du combat pour la libération. Dressée dans sa fierté, livre à l'Allemand, malgré ses deuils et ses souffrances, malgré l'arrestation et le massacre des meilleurs de ses fils, une lutte acharnée de tous les instants. Bravant les interdictions formulées par l'envahisseur et ses complices, a manifesté le 11 novembre 1943, sa certitude de la victoire et sa volonté d'y prendre part. Le 14 novembre et le 2 décembre 1943, a répondu aux représailles et à l'exécution des chefs des mouvements de la résistance, par la destruction de la poudrière, de la caserne, de transformateurs et d'usines utilisés par l'ennemi. A bien mérité de la Patrie. »

(Grenoble, Compagnon de la Libération par décret du 4 mai 1944).

Historique

Située en zone non occupée, et donc sous le contrôle de l'administration de Vichy, la ville de Grenoble voit rapidement se développer, après l'armistice de juin 1940, au rythme des adhésions individuelles de ses citoyens, des foyers de résistance.

Fin 1941, des antennes locales de mouvements tels "Combat" (issu d'une fusion du Mouvement de Libération nationale d'Henri Frenay avec le mouvement Liberté de François de Menthon) et "Franc-Tireur" (dont les chefs à Grenoble sont Léon Martin, Eugène Chavant, Aimé Pupin et Jean Perrot) s'enracinent à Grenoble. C'est d'ailleurs à Grenoble, fin novembre 1941, dans l'appartement de Marie Reynouard, professeur au lycée Stendhal et membre du MLN, que Frenay et de Menthon décident de fusionner leurs mouvements pour former Combat.

Crée au printemps 1941, le mouvement "Front national de lutte pour la Libération et l'Indépendance de la France", initié par le Parti communiste clandestin, se développe également à Grenoble. Il produit localement, à partir de mars 1942, le journal de résistance Les Allobroges.

De son côté, une petite fraction de l'armée d'armistice, que dirige le capitaine Louis Nal à travers le service du Camouflage du Matériel (CDM), se prépare secrètement à reprendre le combat, camouflant du matériel et des tonnes de munitions dans les soutes du Parc du Polygone.

Parallèlement, les autorités de Vichy, qui dès novembre 1940 ont fait interner au centre de détention de Fort Barraux des militants et responsables communistes, durcissent leur position à l'égard des résistants grenoblois qui sont arrêtés et condamnés. Vichy développe également sa politique de collaboration avec l'Allemagne, en faisant procéder notamment à l'arrestation de Juifs étrangers le 26 août 1942. Pour sa part, la population grenobloise marque son patriotisme par plusieurs manifestations massives le 14 juillet, le 20 septembre et le 11 novembre 1942.

L'Université de Grenoble fournit, à travers ses professeurs, un appui soutenu à la Résistance, tandis que plusieurs de ses services se mettent à fabriquer des faux-papiers, transformant ainsi - à partir de la fin 1942 - des jeunes gens soumis au Service du Travail obligatoire (STO) en parfaits étudiants.

En novembre 1942, la ville est occupée par les Italiens. Animé par le groupe local de "Franc-Tireur", se constitue à la même époque, dans le Vercors tout proche, et grâce à l'afflux progressifs de réfractaires au STO, un maquis qui devient bientôt un symbole de la Résistance.

En septembre 1943, les Allemands remplacent les Italiens. La véritable occupation commence. L'essentiel de l'activité de la Résistance devient alors l'instruction et l'armement des réfractaires du STO qui, peu à peu, viennent gonfler les effectifs des maquis organisés dans les forêts et les massifs qui entourent Grenoble. Progressivement instruits, les groupes francs passent aussi à l'action, détruisant les transformateurs et les lignes électriques, enlevant le fichier local du STO et volant de nombreux stocks d'explosifs.

Parallèlement, le 11 novembre 1943 donne lieu - malgré les injonctions du gouvernement de Vichy - à une grève quasi générale et à une manifestation devant les officines locales de la collaboration. 600 manifestants sont arrêtés parmi lesquels près de 400 sont déportés. Pour supprimer une ressource en armement aux troupes allemandes, Aimé Requet, adjoint du capitaine Nal devenu chef des groupe francs, fait sauter, le 13 novembre dans la nuit, le parc d'Artillerie du Polygone, provoquant, chez l'ennemi et dans la population, un violent choc psychologique.

Rendant coup pour coup, l'occupant intensifie la répression sous la forme d'arrestations et de d'assassinats qui touchent de nombreux résistants dans ce qu'on a appelé la "Saint-Barthélémy grenobloise". Mais le 2 décembre 1943, la caserne de Bonne qui sert de nouvel arsenal aux Allemands explose à son tour grâce à une nouvelle action des groupes francs, aidés par Aloyzi Kospicki, polonais engagé de force dans la Wehrmacht. Les sabotages industriels et ferroviaires se multiplient.



La caserne de Bonne détruite

Début 1944, le Comité départemental de libération de l'Isère est constitué.

Le 4 mai 1944, le général de Gaulle signe le décret décernant la Croix de la Libération à la ville de Grenoble.

Quelques jours plus tard, les FFI du département de l'Isère sont placés sous les ordres du commandant Alain Le Ray.

Le débarquement en Normandie annonce l'apogée de l'action directe des résistants de la région grenobloise dont les innombrables coups de mains gênent considérablement les troupes allemandes, bloquant les axes de circulations autour de Grenoble.


Entrée des FFI dans Grenoble

Le débarquement du 15 août 1944 en Provence contraint les Allemands à abandonner la ville dans la nuit du 21 au 22 août, non sans avoir préalablement massacré une cinquantaine de prisonniers au Polygone où l'on découvre, au lendemain de la libération, un effroyable charnier de victimes de la Gestapo. Le 22 août au matin, les FFI puis les troupes américaines entrent dans Grenoble. la ville aura compté dans sa population 840 fusillés, plus de 2 000 hommes tués au combat, autant de disparus et 1 150 déportés dont la moitié ne sont pas revenus.


Remise de la Croix de la Libération à la ville de Grenoble


Le 5 novembre 1944, le général de Gaulle remet au Maire, Frédéric Lafleur, la Croix de la Libération de la ville de Grenoble.


Pour en savoir plus :

Bibliographie indicative

 

Dernière mise à jour : le 12 janvier 2005
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