11.04.2008
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VIOLS EN SERIE AU TAF

Entre 300 et 1500 femmes violées sur leur lieu de travail chaque année, rien que dans la Seine-Saint-Denis, affirme une enquête de l'Amet. StreetReporters révèle en exclusivité les résultats de cette étude menée par le docteur Jean-Michel Sterdyniak. Interview.

L'enquête menée par Jean-Michel Sterdyniak, médecin du travail, révèle que beaucoup plus de femmes qu'on ne pense sont victimes de violences dans leur environnement professionnel. Son étude (qui n'a pas encore été publiée et que StreetReporters s'est procurée) a été menée entre le 4 juin et le 13 juillet 2007 dans toutes les entreprises de Seine-Saint-Denis. Au total, 1545 femmes ont été interrogées par l'Amet, sur une initiative de la Commission contre les violences faites aux femmes du 93.

Résultat : 9% (139) de ces femmes ont été victimes d'avances sexuelles agressives, 2,5% (38) ont été victimes de pelotages contre leur volonté (cuisses, fesses, seins) et le pire, 0,6% ( 9,2) ont été purement et simplement violées sur leurs lieux de travail. Pourtant 97% des victimes de harcèlement n'engagent pas de poursuites judiciaires contre leurs agresseurs.
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9% des femmes victimes d’avances sexuelles agressives au boulot
« D'autres enquêtes corroborent les chiffres que nous donnons », rappelle le médecin du travail Jean-Michel Sterdyniak, qui cite une étude de 2006 sur les femmes de 18 à 21 ans dans le 93, ainsi qu'une étude nationale de l'Insee de cette année. Le rapport de l'Amet sera lui détaillé mardi 15 avril à 18 heures à l'hôpital Fernand Vidal:
« Ce qui est très préoccupant, c’est qu’on voit qu’on est dans une situation inquiétante.
On a obtenu 1545 questionnaires exploitables. Sur ce chiffre, on a une représentativité.
Quand on dit que 32% des femmes ont été victimes d’une violence sexiste ou sexuelle, on a un chiffre fort sur le plan statistique.
Par contre, plus les agressions sont graves, moins l’échantillon est grand. On aboutit à des chiffres dont la valeur statistique est beaucoup moins importante. Sur 1600 personnes on avait 16 cas d'attouchements sexuels graves ou de viols.
Ce qui nous amène à dire qu’en Seine-Saint-Denis chaque année il y aurait 300 à 1500 femmes qui seraient violées sur leur lieu de travail. Il est évident que le chiffre en France est beaucoup plus important, surtout lorsqu’on sait, qu’en 2008, il n’y a que 5% des viols qui sont déclarés à la police. »

Qui sont ces victimes ?
Les femmes victimes de harcèlement sexuel ou moral sont généralement des femmes jeunes, célibataires parfois mères, stagiaires ou en intérim. Elles se trouvent déjà dans des positions de faiblesse dans la mesure où elles ont particulièrement besoin de leur travail et ne peuvent pas se permettre de risquer le licenciement.
 
Un colloque a été organisé par l’UNSA jeudi 10 avril au Conseil Régional d’Île-de-France, à Paris. Cette conférence réunissait des responsables syndicaux, des médecins du travail et des salariés. Deux victimes de harcèlement sont venues témoigner devant le public.
Les chiffres du rapport:
Sur l'échantillon des 1545 femmes interrogées :
45% de femmes sont victimes de blagues sexistes ou sexuelles (695)
20% sont victimes d’injures sexistes (309)
14% sont victimes de pornographie sur leur lieu de travail (affiches, fonds d’écran, films) (216)
13% sont victimes d’avances sexuelles verbales (200)
13% sont victimes de gestes déplacés (200)
9%  sont victimes d’avances sexuelles non désirées (139)
2,5% sont victimes de pelotages (fesses, cuisses, seins) (38)
1,6% sont victimes de voyeurisme (24)
0,4% sont victimes d’attouchements sexuels (6)
0,6% sont victimes de viol (9)
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«Je te désire, tu le sais bien, tu le veux bien, tu verras avec moi c’est sympa.»
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M., la trentaine, raconte son histoire :

« J’ai travaillé en intérim pendant trois mois, mais j’ai été obligée d’abandonner mon poste à cause du harcèlement dont j’ai été victime. Les personnes impliquées étaient mon responsable qui me harcelait sexuellement, mes collègues qui rigolaient face à ce comportement.

J’ai aussi été victime de harcèlement moral de la part de ma formatrice. Je ne connaissais pas le terme de harcèlement et je culpabilisais en pensant que j’étais responsable de ce comportement dont j’étais victime. Je suis restée aussi longtemps parce que j’étais au chômage et parce que ce travail m’intéressait. J’ai subi des tentatives de rapprochement physique constants, des frôlements insistants et lourds et des regards gênants.

Ces agissements avaient souvent lieu devant des témoins qui avaient tendance à considérer ce type de comportement comme exemplaire. »

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«Ces agissements avaient souvent lieu devant des témoins»

Alison Novic

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11.04.2008 / 12h33


étonnant, mais pas forcément surprenant quand on y pense. Ca peut vite déraper, même si on est conscient de ce qui se passe a cote de nous on peut laisser faire

11.04.2008 / 13h32


ce qui me frappe C la phrase de cette femme (la trentaine) qui affirme que les gens au boulot voient les remarques graveleuses, les regards lourds, les blagues à deux balles, peut être les mains balladeuses, et qui considéèrent ce type de comportement comme exmplaire. Je suis sur que C vrai. Dans mon entreprise, les mecs tiennent des dsicours de cul qui franchement me gêne et je suis juste pas cool qui je rentre pas dans ce jeu. Alors je dis rien ou je souris

14.04.2008 / 16h24

visiteur

Il y a un problème au niveau de la communication physiologique dès l'enfance.
L'urbanisation amplifie le divorse entre les gens.
Il faut construire une nouvelle communication,sans tabou§

15.04.2008 / 02h40


bientot on aura plus le droit de regarder une fille dans la rue, ou de lui parler, sans etre traiter de violeur potientiel ou de pervers sexuel. On est pour la liberté sexuelle des femmes, mais celle des hommes là s'est moins sûr

15.04.2008 / 02h44


En meme temps, si "une mains au fèsse" vous appelez ca un viol, ca frise le ridicule.

17.04.2008 / 07h30


Il faudrait que l'auteur de cette enquête détaille la méthodologie utilisée afin que l'on puisse au minimum la comparer avec celles utilisées par les autres enquêtes sur une thématique comparable. La pertinence des résultats en dépend.

07.05.2008 / 15h35

visiteur

vraiment super votre journal et cette nouvelle journaliste Alison, j'adore ses articles. ciao delph di parma

16.05.2008 / 12h54

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