Centre Bruxellois d'Action Interculturelle
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Janvier 2007, n° 249

Aux pays des Alévis

Tentez l’expérience : demandez parmi votre entourage qui connaît un Alévi. Je suis prête à parier mon bonnet et mes moufles que vous ne recevrez que peu, voire pas de réponse positive.
L’alévisme est un syncrétisme étonnant et complexe composé de multiples branches. Il puise ses racines dans l’hindouisme, le chamanisme, le zoroastrisme, l’islam chiite, le soufisme mystique, le christianisme. Le mot a une double origine. Il est à la fois la traduction turque de l'arabe « alaoui », qui signifie partisan d'Ali et inhérent à la racine « alev », le feu, en référence aux anciennes religions perses dont les rites étaient liés au feu et à la lumière. Croyance mais aussi mode de vie, l’alévisme prône la pureté du cœur et de l’esprit, et défend un humanisme universel. Provenant de l’Anatolie rurale (centrale et orientale), ses membres ont participé aux exodes vers les grandes villes et aux migrations des travailleurs vers l’Europe. Ils représentent au moins 15 % de la population turque, ce qui les place au deuxième rang des communautés religieuses, après les musulmans sunnites. Selon leurs propres estimations, un million d’entre eux vivraient en Europe, dont la moitié rien qu’en Allemagne et quelque 35 000 en Belgique. Et pourtant, nous les ignorons ou méconnaissons […]

SOMMAIRE

Entre diversité et recomposition

Pierre Vanrie

Les Alévis de Turquie épousent la diversité de la riche mosaïque ethnolinguistique anatolienne. Au-delà précisément de leur diversité ethnique, régionale ou linguistique, les Alévis ont tendance à d’abord se définir en tant que tels. L’appartenance à l’alévisme prime ainsi souvent sur tout autre forme d’identité.

Les Alévis au grand jour

Nathalie Caprioli

Après l’attentat de Sivas en 1993 perpétré par des fondamentalistes, les Alévis de Turquie semblent avoir dépassé leurs peurs : ils s’organisent en association, font circuler des pétitions, manifestent en rue pour défendre leurs droits et leur identité cultuelle et culturelle.

Boum associatif en Belgique

Nathalie Caprioli

Les Alévis sont arrivés en Belgique suite à la convention bilatérale relative à l’occupation des travailleurs turcs signée le 16 juillet 1964 par la Belgique et la Turquie. Ils étaient embauchés pour la plupart dans nos mines de charbon. Aujourd’hui, ils sont entre 35 et 38 000 répartis dans tous le pays, et organisés depuis peu en associations dont la diversité reflète les multiples branches de cette croyance.

Frère de l’Au-delà

Irène Mélikoff

Irène Mélikoff est l’une des spécialistes avérées de la communauté alévie qu’elle a étudiée pendant quelque quarante années. Avec son aimable autorisation ainsi que l’accord de la maison d’édition Isis à Istanbul, nous reproduisons des extraits de sa recherche sur la coutume du Musahip ou « Frères de l’Au-delà », un rituel très ancien qui puise ses racines dans les sociétés nomades d’Asie centrale avant d’être repris par les Alévis.

Chanter, c’est prier

N.C.

Les Alévis et la musique, c’est une longue histoire d’amour. Ils ont d’ailleurs choisi le saz comme signe de ralliement identitaire. Pas un djem (rituel religieux de l’islam alévi) ni un festival ne pourrait avoir lieu sans un saz ! Deux artistes d’Ankara et de Bruxelles nous racontent la substance de leur musique.

Trois Nevruz à Tunceli !

N.C.

Le Nevruz est aujourd’hui vidé de son sens car on s’en sert plus qu’on n’y croit. Mais s’il n’y avait pas les enjeux politiques antagonistes, cette fête aux racines anciennes aurait-elle pu faire un tel retour en force ? Peut-être traverse-t-elle une étape avant de regagner sa signification première harmonisée au monde moderne…

Dédés adoubés

N.C.

Dédé - grand-père en turc - est le titre porté par les guides spirituels des Alévis. On est dédé de père en fils. Mais suite aux exodes ruraux et aux migrations qui ont modifié la structure de la communauté et parfois provoqué des ruptures culturelles, ses membres ont instauré des élections de dédés, où la prérogative masculine perd quelque peu du terrain.

Sivas en scène

Entretien avec Paul Pourveur

Paul Pourveur est dramaturge et scénariste belge, un des rares écrivant en flamand et en français, entre autres « Décontamination », pièce déchirante sur la guerre en ex-Yougoslavie. Il termine juste une commande pour un metteur en scène hollandais d’origine turque sur le drame de Sivas. Un drame qui ouvre des questions complexes sur la reconnaissance des Alévis dans la société, sur le fondamentalisme, sur les relations entre l’Europe et la Turquie.

De la Haute Asie au Plat Pays

Marc André

Il existe aujourd’hui en Belgique une communauté Bektashi fort peu connue d’environ trois mille personnes. Proches des Alévis, ils tiennent néanmoins à s’en distinguer, en insistant sur leur doctrine spécifique et leur histoire qui passe par les Balkans.

Alaouites ou Noussayris

Gülay Kimyongur

Groupe ethnique fort peu connu, les Alaouites de Turquie vivent dans la province du Hatay, à la frontière avec la Syrie. Beaucoup confondent les Alévis avec les Alaouites. Il est vrai que de nombreuses ressemblances existent entre ces deux croyances, même si leurs origines et leurs évolutions sont différentes. De quelle religion sont-ils issus ? Sont-ils réellement musulmans comme ils le revendiquent haut et fort ? Sont-ils des chrétiens convertis ? Ou des bouddhistes d’une forme nouvelle ?

Rencontre

Niet, niet, niet. Trois fois niet !

Ne demandez pas à Gaston Kelman s’il est franco-camerounais, il vous rétorquera, péremptoire : « Je suis Français tout court ». Tour à tour facétieux et provoquant, l’auteur entre autres de « Je suis noir et je n’aime pas le manioc » se définit comme un écrivain de la migration.

Bon tuyau

La Cohésion sociale en 317 projets

Il est carré (ou presque), carrément beau, il fleure encore l’encre fraîche, et compte 386 pages... C’est le Répertoire des projets Cohésion sociale en Région bruxelloise.

Festival cinéma méditerranéen à Bruxelles

Le palmarès

Le festival du cinéma méditerranéen à Bruxelles qui s’est tenu du 23 novembre au 2 décembre « Une merveilleuse nuit à Split » a remporté le Grand Prix et, par là même, le montant de 5 000 euros sous forme d’aide à la distribution. Le film entrecroise les destins de trois couples placés dans des situations extrêmes, au cours d’une nuit de réveillon. Pour son premier long métrage, Arsen Anton Ostojic, a adopté une forme audacieuse et un ton sombre, violent, désespéré.

Actions du mois

Dire oui…

Les apprenantes de la Maison de quartier d’Helmet nous invitent à partager un bout de leur histoire, un pan de leur culture. « Dire oui… Lettre à ma mère, lettre à ma fille » s’ouvre ainsi sur la correspondance de femmes d’ici et d’ailleurs, entre 18 et 62 ans, autour du mariage.

Citizen X

Remède

Très recommandé en cas d’indigestion de discours socio-vertueux, d’éthique nombriliste, de blabla techno-professionnel et d’oraisons stratégiquement émotionnelles ! Quelques gorgées d’un élixir amer, à base de lucidité, d’un soupçon de mélancolie et d’un zeste d’ironie.

Du neuf dans nos rayons

Catherine Harris

L’obsession du retour : les républicains espagnols 1939-1975 - Florence Guilhem, Toulouse, Presses universitaires du Mirail, 2005.
La globalisation de l’ethnicité ?, revue Autrepart - sous la dir. de Laurence Quinty, 38/2006, Paris, Armand Colin.
Étrangers à la carte : l’administration de l’immigration en France (1945-1975) - Alexis Spire, Paris, Grasset et Fasquelle, 2005.
Reines d’Afrique et héroïnes de la diaspora noire - Sylvia Serbin, Saint-Maur-des-Fossés, Sépia, 2004.
La mort de Maliba l’hippopotame : au temps des colonies - Aboubacar Eros Sissoko, Achères, Monde Global, 2006.

Du côté des revues

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