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Jouer plus pour travailler moins
Jeux vidéo. Sélection de petites douceurs en ligne, dangereusement addictives.
ERWAN CARIO
QUOTIDIEN : samedi 10 novembre 2007

Tout a commencé début 2004 avec un yéti et un manchot. Le premier devant envoyer le second le plus loin possible d’un coup de massue bien senti. Un seul bouton à cliquer, et une distance en guise de score. Rien de plus. Mais Yetisports devient un phénomène. L’adresse passe de mail en mail, investit les bureaux et, partout, des compétitions s’organisent. Des fausses versions, modifiées pour multiplier par cinq les distances, voient même le jour (la distance maximale officielle étant de 323,5 mètres).

Avant 2004, on trouvait déjà quelques petits jeux sur le Web. Mais le phénomène yéti, et ses millions d’heures de travail productif envolées, a ouvert les vannes d’une production ludique, faite pour les navigateurs Web. Des sites comme Armor Games, Crazy Monkey ou, plus récemment, Kongregate sont aujourd’hui les endroits incontournables quand on a quelques minutes (ou plus) à tuer face à son ordinateur.

Ces petits jeux, généralement développés à partir de la technologie Flash, ont d’abord été très basiques. Mais ils sont devenus, après seulement trois ou quatre ans, un vivier de créativité qui n’est pas sans rappeler les débuts du jeu vidéo, à l’époque où un type pouvait de chez lui produire un jeu de A à Z. On y trouve des concepts d’une efficacité redoutable, mais aussi, de plus en plus, des productions ludiques vraiment ambitieuses, qui n’ont plus grand-chose à envier à leurs aînées sur console. Voici une sélection qui a demandé plusieurs dizaines d’heures de recherche et d’étude approfondie. Retrouvez toutes les adresses sur Ecrans.fr.

Fancy Pants Adventure. Quand le petit personnage de Fancy a débarqué, on a su que les jeux Web avaient franchi un cap. Doté d’une animation parfaite, d’un design crayonné très séduisant et surtout d’une prise en main immédiate, FPA est un jeu de plateforme très réussi. Un deuxième épisode est en préparation, avec deux niveaux déjà jouables.

3D Logic. Un cube, des cases colorées, mais rien à voir avec le Rubik’s Cube. Il s’agit d’un puzzle où il faut relier les cases de même couleur entre elles. On joue avec trois faces du cube, qu’on manipule en 3D. Les premiers niveaux sont évidents, mais on finit toujours par être bloqué de longues minutes, persuadé qu’un niveau est tout bonnement insoluble.

5 differences. Il faut juste trouver cinq différences entre deux images. Design très réussi, images subtilement animées, il n’en faut pas plus pour avoir envie d’aller plus loin et de découvrir les niveaux suivants.

Splash Back. Des bulles de gélatine sont disposées sur une grille. Il faut les faire grossir et exploser pour déclencher une réaction en chaîne. Splash Back appartient à la grande famille des «Allez ! Juste une partie de plus», capables d’anéantir une demi-journée de travail sans qu’on s’en aperçoive.

Desktop Tower Defense. Ici, des bestioles traversent l’écran et il faut les empêcher d’atteindre l’autre bord en plaçant des tourelles de défense. Chaque ennemi abattu rapporte de l’argent, nécessaire pour acheter des tours plus puissantes. Sans doute le plus gros succès de ces derniers mois. D’innombrables jeux reprenant le même principe ont d’ailleurs vu le jour depuis.

Endless Zombie Rampage. Le titre, déjà, «massacre de zombis sans fin» en français, est une invitation en soi. De niveau en niveau, on gagne de plus gros flingues pour dessouder des zombis plus balèzes. Le but, défendre une base, est secondaire. On s’attachera plutôt à retapisser le sol de cervelles mortes vivantes.

Gravity Pods. Il faut placer des points de gravité et des points de répulsion pour qu’une balle tirée d’un canon atteigne une boule violette. «Le jeu a pris deux semaines de programmation à temps partiel, Une semaine pour créer les niveaux et une semaine d’ajustements pour que tout fonctionne», raconte le créateur. Pour les joueurs, ce sont de longues heures à ajuster des tirs au dixième de millimètre.

Ball Revamped. Une balle tombe. Il faut qu’elle atteigne un carré sur l’écran. Grâce aux flèches, le joueur peut lui faire prendre d’autres directions, mais il faut doser finement, au risque de toucher les parois. Ce qui amuse ici, c’est surtout la rapidité du jeu, du passage d’un niveau à un autre. Après un échec, on a à peine le temps de cligner des yeux que c’est déjà reparti.

Hoshi Saga. 36 niveaux, c’est 36 étoiles à faire apparaître. Et aucun mode d’emploi. A chaque fois, il faut donc trouver les actions possibles et se débrouiller pour trouver ou se cache l’étoile. Pas vraiment un jeu, mais une compilation de trouvailles à l’inventivité réjouissante.

Manifold. Le petit personnage de Manifold doit manipuler des «anomalies de gravité» pour atteindre les sorties des niveaux. On peut les récupérer et en lancer avec la souris, en indiquant la direction voulue. Les niveaux deviennent vite très tordus, mais le concept et la réalisation valent le détour.

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