Revenir à la page précédente : cliquer L'Armée Polonaise à Coëtquidan : 12/09/1939 - 18/06/1940
Mise à jour : 30 avril 2007
Le 1er septembre 1939, Varsovie est bombardée et les Panzerdivisonen (Divisions blindées allemandes) entrent en Pologne. Le 3 septembre, la France déclare la guerre à l'Allemagne et la mobilisation générale est décrétée. Trois semaines plus tard, la Pologne capitule. Le pays est partagé entre la Russie et l'Allemagne. Le gouvernement et l'armée fuient et se réfugient dans toute l'europe, notamment en Roumanie.

Il y avait en France en 1939, environ 500.000 polonais à avoir gardé leur nationalité; 130.000 étaient mobilisables, 50.000 le furent réellement. Le 30 septembre 1939, W. Raczkiewcz nouveau président Polonais, prête serment à l'ambassade polonaise à Paris. Il nomme le général W. Sikorski, généralissime de l'armée polonaise.

Le 9 septembre 1939, l'ambassadeur de Pologne J. Lukasiewicz et le ministre des affaires étrangères français G. Bonnet, avaient signé une entente sur la formation d'une division polonaise en france ; entente corroborée par un décret d'application du 21 septembre 1939.

Le camp de Coëtquidan en 1939 ; au premier plan l'actuel quartier Donatien Bellion qui, une fois reconstruit devint, de
1955 à 1967, la "zone vie" des élèves Saint-Cyriens

Le camp de Coëtquidan en 1939, au premier plan l`actuel quartier Donatien Bellion, anciennement îlot T
Le camp de Coëtquidan, libre à l'époque, a été remis aux autorités polonaises le 12 septembre 1939 pour former cette première division. Il fut commandé d'abord par le général J. Ferek-Bleszinski, puis par le général B. Duch qui commanda la première division de Grenadiers, et le général S. Maczeck qui y forma la dixième brigade de cavalerie Blindée.

Initialement prévu pour la formation d'une division, le camp de Coëtquidan vit bientôt affluer de très nombreux polonais. Les premiers groupes de volontaires arrivent le 20 septembre 1939. Ils atteignent le chiffre impressionnant de 22.000 au mois de mars 1940.

Bientôt le camp ne fut pas assez grand pour accueillir toutes ces unités. Fin novembre, cinq régiments ont été répartis dans la région ; Guer, Plélan le grand, Mauron, Beignon -artillerie légère-, Augan -artillerie lourde-, Comblessac. La deuxième division, elle, partit pour la région de Parthenay.

Les polonais arrivent en nombre à Coëtquidan
Septembre 1939, les soldats polonais accueillis par la population, arrivent à Coëtquidan. Ici l'entrée de Bellevue.
Un rassemblement matinal au camp de Coëtquidan

L'armée polonaise, reformée à Cöetquidan, a largement participé à la défense de la France.

La première fut la Brigade Autonome de Chasseurs de Podhale sous les ordres du général Z. Szyszko-Bogusz ; la deuxième a été la 1e Division de Grenadiers, son chef était le général B. Duch ; puis la 2e Division de chasseurs à pied commandée par le général B. Prugar-Ketling ; la 3e Division d'infanterie et enfin la 10e Brigade de Cavalerie Blindée du général Maczeck.

Ci-contre : rassemblement matinal

Toutes ces unités furent dissoutes après l'invasion allemande. La ville de Rennes fut occupée le 18 juin 1940, et le camp de Coëtquidan peu après. Les soldats polonais ont rejoint la Grande-Bretagne, via l'Afrique du Nord ; où d'autres unités furent reconstituées. Elles participèrent au débarquement en Normandie.
Nettoyage de l`armement devant les batiments en briques Scéance de tir sur la lande
Formation des soldats Polonais, ici l'instruction du tir.
Défilé de troupes polonaises à Coëtquidan
Défilé des troupes polonaises dans le camp de Coëtquidan
Photos N&B : B. WYSOCKI, dont le père Kazimierz Wisocki fut incorporé à Coëtquidan en décembre 1939

L'aigle Polonais au sommet du monument Le monument commémoratif à l`entrée du bivouac du Bois du loup
Le monument, orné de l'aigle Polonais, sur le site du Bois du Loup
Un monument commémoratif a été érigé à l'entrée de la zone de bivouac du Bois du Loup. Inauguré le jeudi 15 mai 1997, il rappelle l'ouverture en 1939 du camp mobilisateur de l'armée polonaise.
W COËTQUIDAN Plaque commémorative, en Français et en Polonais située sur la monument, au bois du loup
DWUKROTNIE FORMOWALY SIE
WIELKIE JEDNOSTKI
WOJSKA POLSKIEGO
W LATACH 1917-1918 | 1939-1940
CHWALA ZOLNIERZOM POLSKIM
WALCZACYM | GINACYM
ZA WOLNOSC
FRANCJI | POLSKI
Ci-dessus, le texte (en polonais), gravé sur la plaque Détail de la plaque de fonte, scellée sur la monument
Le général MACZEK à la tête de la 1re Division Blindée Polonaise

Les forces militaires polonaises n'ont pas seulement participé à la défense de la France en 1940, mais également à sa Libération en 1944. La plus célèbre unité, alors, fut la 1e Division Blindée du Général Maczek (photo ci-contre).

Formée en Ecosse sur ordre du Généralissime le 25.02.1942, elle a débarqué en Normandie le 29.07.1944 à Arromanches et Courseulles-sur-Mer. Elle faisait partie du 2e Corps d'Armée Canadien.

La Division comptait environ 15.000 soldats, et dans la bataille de Falaise, terminée le 22.08.1944 elle avait perdu 2.327 soldats mais pris 5.700 prisonniers allemands. Après la bataille, le maréchal Montgomery a dit : Les Allemands ont été poussés dans une bouteille à laquelle vous avez mis le bouchon”.

La 1re Division Blindée a ensuite prit part à la libération des villes en Belgique et Hollande, notamment de la ville hollandaise de Breda. Le Général est mort en Ecosse le 11.12.1994 à l'âge de 102 ans, et a été inhumé à Breda auprès de ses soldats.


Nous l'avons vu, les polonais étaient si nombreux à Coëtquidan que le camp ne pouvait pas tous les accueillir et nombre d'entre eux avaient été répartis dans les communes alentours.

Une de ces unités : la 11e compagnie d'Elèves Officiers Polonais, était stationnée à Comblessac, en Ille et Vilaine, à 4 km de Guer.
Celle-ci, bien intégrée, s'est particulièrement distinguée en réalisant un tableau représentant la Vierge noire de Czestokowa (reproduction de celui se trouvant sur la montagne de JASNA GORA en Pologne).

Tableau peint par Stanislas MIKOLA
Cette compagnie polonaise, comptait dans ses rangs un peintre spécialisé dans l'art religieux qui s'appelait Stanislas MIKOLA. Ce dernier eut la grande idée de réaliser et d'offrir au village de Comblessac une belle icône toute "étincellante de perles, de diamants, de rubis et d'émeraudes..."
Cette peinture, encore en place dans le choeur de l'église de Comblessac, fut apportée solennellement par toute la compagnie en février 1940. Elle est toujours l'objet d'une grande vénération ; notamment des polonais venant à Ploërmel à l'occasion des échanges bilatéraux. Cette ville est en effet jumelée avec la ville polonaise de Kolbuszowa située dans les basses carpates.
Vierge noire de Czestokowa, peinte par un militaire polonais : Stanislas MIKOLA, en 1939.
Voici le texte -traduit en français-, écrit en polonais par Ksawery PRUSZENSKI, au revers du tableau :

“ En l'an de grâce 1939, quand la Pologne toujours fidèle à ses engagements, ses alliés et son honneur, fut broyée dans une lutte inégale par l'envahisseur allemand, en France une armée polonaise se reconstitua.

Au printemps 1940, avant de partir pour le front, elle offrit à Comblessac une image de la Vierge de Czestochowa, reine et protectrice de la pologne, peinte par l'un des siens pour témoigner aux habitants toute leur gratitude et pour que la Vierge vous garde ”.

Détail du tableau : aigle polonais Détail du tableau
L'aigle polonais est représenté sous la première lettre K.
REINE COURONNÉE DE LA POLOGNE
PRIEZ POUR NOUS