Le retour du Chevalier Farès

Le retour du Chevalier Farès

La « Palestine peut tout à fait être perçue comme un modèle réduit du monde » soumis à la guerre que se livrent des forces antagonistes. C’est pourquoi le conflit qui la déchire est beaucoup plus qu’une guerre civile entre deux communautés. De son issu découlera sans doute le modèle de la société de demain. Soit les hommes vivront en harmonie, libres et égaux. Soit ils seront à jamais soumis au marquage de l’origine raciale, tribale, ethnique, religieuse, ou sociale. Et cela ne peut être admis.

Pour nous le rappeler, un petit garçon de treize ans, dans la banlieue de Gaza, s’est dressé, seul, face au Golitah des Temps Modernes : un char Maetsva.
Farès Ouda a été immortalisé par le photographe d’Associated Press, Laurent Rebours. « Farès le téméraire, celui qui a jeté des pierres contre le monstre blindé avec la grâce de saint Georges, le saint vénéré en Palestine. » Avec l’innocence d’un ange, l’enfant a défié le géant d’acier de Tsahal sans la moindre peur. Fier d’être lui. En âme et conscience certain d’être dans son droit en défendant sa terre face à l’envahisseur. Puisque « les Palestiniens sont les authentiques descendants de l’Israël biblique, du peuple indigène qui a embrassé la foi du Christ ou celle de Mahomet, et qui est demeurée à jamais sur la Terre sainte. »

Un acte de bravoure digne des plus grands, un acte de candeur dans la lignée des cœurs purs et des combattants pour la liberté : Farès, le partisan, le petit Che Guevara des Palestiniens, s’est illustré le 29 octobre 2000.
Le 8 novembre, un sniper l’assassina froidement, abattant l’enfant en pleine rue alors qu’il rentrait chez lui après l’école.

Le Chevalier Farès est ainsi devenu un héros, une icône, un nom à évoquer ; une légende … Tel le petit Gavroche, ce brave petit rebelle des barricades de Paris, Farès symbolise l’esprit invincible de l’homme. La force de la volonté de celui qui est prêt à mourir pour défendre sa cause.
Les héros de sont pas cantonnés dans la mythologie ou dans les romans de gare. Les héros sont des gens ordinaires que l’on côtoie sans le savoir, ne le savent-ils même pas eux-mêmes, jusqu’au jour où …
Et comme les légendes aiment la symbolique, Farès Ouda a un prénom qui renvoie au mot « Chevalier »et un nom de famille qui évoque le « Retour ». Ainsi, l’image de l’enfant évoque « le retour des preux chevaliers d’antan ». Et non celle, issu d’un schéma élégiaque, du petit Mohammed Dureh, mourant recroquevillé dans les bras de son père, épié par la caméra du journal télévisé ; ou celle de la misérable petite Vietnamienne courant nue de toutes ses forces pour échapper à l’enfer des bombardements au napalm. Car Farès est le symbole de la bravoure, de la fierté du combattant, de la liberté qu’il faut défendre à tout prix.

« L’image du retour du Chevalier Farès Ouda appartient à un registre différent : cet enfant est un héros emblématique. Il faudrait l’afficher (…) dans une église à côté de son compatriote, saint Georges. Après tout, le saint martyr a été enterré en terre de Palestine, non loin de Farès, dans la crypte de l’antique église byzantine de Lydda. »
Et c’est pour cela que les médias se sont employés à détruire l’image du jeune garçon, et le message qu’elle véhiculait. Dans nos sociétés de l’information, l’image, et ce qu’elle évoque, ce qu’elle transporte comme symbole, comme émotion, est toujours plus forte qu’une arme. Après le scandale que le poème de Darwich (« vous qui passez parmi les paroles passagères », écrit pour dénoncer les répressions violentes de Tsahal à l’encontre des enfants de l’Intifada), causa, dans les années 80, à la société civile israélienne au point que le premier ministre de l’époque l’évoqua à la Knesset pour le condamner ; voici qu’un petit garçon fait trembler tout le concept idéologique et politique d’Israël au point que le Wasinghton Post se doit d’envoyer un journaliste pour tenter, avec des articles fallacieux, de démonter le mythe qui est en train de naître.
Dans l’odieux les médias américains n’ont rien à envier à personne. Lee Hockstader s’employa donc à inventer, à dénigrer, à calomnier, allant jusqu’à écrire que Farès Ouda était une « tête brûlée qui ne rêvait que de se faire abattre. Un tireur d’élite juif compréhensif lui a tout simplement permis de réaliser son rêve. » Odieux ! Il précise « qu’il a été abattu alors qu’il se préparait à jeter une pierre et donc il fallait bien l’abattre » (sic). Ce genre de prose se passe de commentaire.

« Les Palestiniens sont des agriculteurs et des citadins plutôt pacifiques. (…) [Ils] écrivent des poèmes et vénèrent les tombeaux de leurs saints. Ce ne sont pas des guerriers, encore moins des tueurs. (…) Pourtant ces simples paysans sont encore capables de nous donner à tous une leçon d’héroïsme, chaque fois qu’un ennemi cherche à s’emparer de leur terre. » Mais cette guerre de basse intensité ne peut plus durer. Sauf à satisfaire les basses intentions de quelques politiques ou hommes d’affaire crapuleux. L’appel de Genève n’aboutira pas, comme Oslo il est mort-né car dépassé par la politique même qu’il est censé incarner, et l’idéologie qu’il représente.
L’idée de partition est désormais erronée : les colonies sont trop nombreuses, les vies imbriquées les unes aux autres, la géographie tout simplement trop petite pour avoir deux états en forme de gruyère reliés par des routes protégées. Même les langues se ressemblent : « l’hébreu moderne que [parlent les israéliens] a vu le jour en intégrant des centaines de mots palestiniens. » Il faut donc faire confiance en l’homme. Et s’appuyer sur ce qui a déjà été réalisé avec succès par le passé. Prenons l’Afrique du Sud comme modèle de réorganisation d’une société qui était le degré zéro de l’humanité et qui, désormais, offre un système démocratique comparable au nôtre : un homme, une voix.

J’appelle de tous mes vœux la solution proposée par la congrégation juive orthodoxe de Neturei Karta, les fils de la communauté juive pré-sioniste de la Terre sainte. Ces sages aux grands chapeaux noirs ont déclaré que le nœud du problème est l’existence même de l’état « juif ». Le seul espoir réaliste pour une paix durable, selon eux, est que les Nations Unies aident au démantèlement de l’état d’Israël et rendent la terre aux Gentils pour y créer un seul grand état démocratique.
« Il faudrait simplement que nous leur demandions pardon [nous dit Israël Shami], que nous les prenions dans nos bras tels des frères que nous croyions perdus depuis longtemps, et que nous les laissions nous enseigner ce qu’ils savent. C’est là le seul rayon d’espoir qui parviendrait à percer les ténèbres actuels. »

S’il y a quelqu’un là-haut, un dieu, une force supérieure, quiconque, quoi ce que soit, qu’elle/il se manifeste, car cela n’a que trop duré …

PS -
Tous les passages présentés entre guillemets sont extraits des articles rassemblés dans
L’autre visage d’Israël
d’Israël Adam SHAMIR
éditions Balland / éditions Blanche, 2003
415 pages ; 20 €

Israël Shamir est juif israélien d’origine russe. Journaliste, écrivain et traducteur, il lutte avec courage pour faire entendre la voix des Israéliens qui refusent l’effroyable logique dans laquelle se fourvoient ses gouvernements successifs et croit fermement à la coexistence pacifique des différentes communautés sur la terre sacrée de Palestine grâce à la mise en place d’un seul état démocratique et laïc.

le 10/11/2003

12 Messages de forum

  • Bonjour,
    Pour ceux qui veulent éviter le blabla : http://www.phdn.org/antisem/antisio...
    Note : J’ai lu la plupart des articles de Shamir. Et le bouquin.
    Blabla : Israel Shamir surgit en 2001 sur Internet et rencontre immédiatement un succès foudroyant auprès des « antisionistes ». Cependant, tout « Juif israélien » qu’il soit (ou qu’il se dise), Israel Shamir n’est pas un pro-palestinien sincère. C’est avant tout un antisémite hystérique. Pas parce qu’il critique Israel, mais bien parce qu’il reprend, *sous prétexte* de critique « antisioniste », tous les poncifs de l’antisémitisme à travers les âges : les Juifs assassins du Christ, complôteurs pour dominer le monde, virus de l’humanité, etc. Shamir a été dénoncé comme antisémite par Dominique Vidal, Rédacteur en chef adjoint du Monde diplomatique, peu connu pour sa complaisance envers Israel, par Ilan Halevi, conseiller du président Yasser Arafat, représentant de l’OLP et du Fatah auprès de l’Internationale socialiste, ou par des militants arabes pro-palestiniens tels que Ali Abunimah et Hussein Ibish. Balland a récemment décidé le retrait de l’ouvrage cité tant certains passages étaient violemment antisémites. François Xavier n’en continue pas moins de faire la publicité des textes de Shamir un peu partout sur le net.
    Pour en savoir plus sur Shamir, voir : http://www.phdn.org/antisem/antisio...
    Gilles Karmasyn
    P.S : remplacer « worldnet » par « tiscali » dans mon email.

    Voir en ligne : Shamir, un antisémite

    Répondre à ce message

    • > Karmasyn est aussi un hystérique chronique !! 18 novembre 2003 14:20, par François Xavier
      Qui n’entend qu’un son n’entend qu’une cloche … et je me retiens de penser que vous êtes un sot. Mais je vois que vous ne lisez que ce qui vous arrange dans ce livre (que j’ai lu, moi aussi) ; vous oubliez de citer les passages où Shamir prône une déclaration d’amour entre arabes et juifs. Ce que vous retenez n’est que le côté sensationnel, et citer des arabes qui le dénoncent ne rime à rien puisqu’ils sont tenus de le faire pour ne pas perdre le « dialogue » entretenu avec Sharon ; enfin vous réfléchissez un peu parfois ? !
      Ne vous basez pas sur des noms sortis d’un chapeau pour étayre votre thèse à deux sous ! Dominique Vidal et consors sont des hommes de pouvoir, donc des hommes tenus à se démarquer des libres agitateurs et de ceux qui parlent haut.
      Comment voulez-vous que les Palestiniens soutiennent Shamir face à un Sharon qui est honnis par le même Shamir, et réciproquement ?
      Tout d’abord Shamir est juif, fils de déporté, vivant sur en Israël. Il est donc mieux placé qui quiconque pour parler. En sus il se taisait jusqu’à présent et les débordements de l’Intifada l’ont révolté … il a parlé, il a dit tout haut ce que d’autres pensent tout bas, il a été licencié de Haertz, journal dit de gauche.
      Enfin quoi, dire que le Washington Post ou le New York Times est un journal sioniste est un crime ? Mais c’est vrai même si cela vous dérange dans votre petite conscience d’autruche … Levez le nez et assumez donc le monde dans lequel vous vivez. Nous vivons dans la paranoïa et le remords, nous tirons le boulet de cent ans de bêtises ; alors assumons-le. Nous vivons entouré de juifs, de chrétiens et de musulmans. Certains sont à des postes clefs de la société, en quoi cela est un crime de le dire ? Par contre que Strauss-Khan, ministre en exercice ose dire que tous les matins il se demande comment aider de son mieux Israël en est un ! C’est de la trahison ! Il est français et ministre, mais sans doute le corporatisme l’emporte sur son éthique puisqu’il est juif avant tout. Personne n’a rien dit ! Faîtes l’inverse en Israël, vous allez au cachot ! Dénoncez ces pratiques d’un autre âge n’est pas de l’antisémitisme car s’il avait dit la même chose pour un autre pays d’une autre religion cela aurait été tout aussi choquant, et là on l’aurait mis au cachot mais comme il est juif soudain tout se fige et personne ne pipe mot ; cela est intolérable. Il n’y a personne au-dessus de l’Autre sous prétexte qu’il est « Quelque chose » de différent. La démocratie c’est d’abord l’égalité entre les hommes !
      Nommez quelqu’un ou quelque chose n’est pas de l’antisémitisme. Quand on nommait les Africains du Sud de salopards sous l’apartheid vous trouviez cela injuste ? Alors pourquoi ne peut-on le faire avec les colons israéliens ?
      Dire qu’il est inadmissible qu’un Polonais qui débarque devienne Israélien en 48 heures et propriétaire d’une terre arrachée à l’Arabe qui y vivait depuis des siècles de générations en générations est un acte « antisémite » ? Alors je suis « antisémite », comme Shamir, oui. Et je dénoncerais le totalitarisme sioniste.
      Mais au fait, vous êtes déjà allé en Palestine-Israël ? Vous avez vécu ce que vivent les Palestiniens ? Vous avez compris ce qui se passe là-bas ?
      La terre sainte, la Palestine, quelque soit le nom que vous lui donnez, n’est pas juive, loin s’en faut. Et les plus grands intellectuels juifs le disent, de Steiner à Leibovitch … Cette terre doit être « déjudaïsée « comme elle doit être « démusulmanisée » et « déchrétienisée » ; elle doit être une terre ouverte au monde et aux peuples, sans distinction de race ou de religion.
      Est-ce assez clair ? ? !

      Répondre à ce message

      • > Shamir demeure un antisémite 18 novembre 2003 16:18, par Gilles Karmasyn
        Ce qui est clair, M. François Xavier, c’est que citer des passages de Shamir que vous ne trouvez pas antisémites afin de prouver que Shamir n’est pas antisémite relève de la gaminerie. Il n’est pas nécessaire d’être *tout le temps* antisémite, pour être antisémite. Les ignominies antisémites de Shamir sont indentifiées et ce que vous présentez n’a que peu de rapport avec l’accumulation par Shamir de poncifs antisémites : http://www.phdn.org/antisem/antisio... http://www.phdn.org/antisem/antisio...
        Quand Shamir compare les Juifs à un virus c’est de l’antisémitisme.
        Ce qui est clair aussi, c’est que vous vous permettez d’insulter votre interlocuteur dans le titre de votre réponse, tant vous est douloureux le constat inévitable de l’antisémitisme de Shamir. La cause pro-palestinienne ne mérite pas d’être instrumentalisée par des Shamir. Pourquoi tenir tant à légitimer la parole d’un antisémite ?
        Je ne discute pas du bien fondé de la critique de la politique d’Israel. Libre à vous de vous exprimer sur ce sujet. Je ne suis pas là pour défendre la politique de cet état, mais pour dénoncer une escroquerie antisémite.
        Hélas, vous tombez de toute évidence dans le raisonnement pervers qui consiste à prétendre que quelqu’un qui critique Israel ne peut en aucun cas être antisémite (s’il critique Israel, c’est un type bien, donc pas un antisémite !). Apparemment, il ne vous est pas venu à l’idée qu’à coté des pro-palestiniens sincères, il y a des antisémites qui se sont faits une joie de sauter dans le train « antisioniste », mais qui demeurent motivés par l’antisémitisme. Malheureusement pour vous, et votre crédibilité, Shamir ne se contente pas de critiquer Israel — je ne me serais même pas intéressé à son cas — mais aligne les pires ignominies antisémites. Des militants pro-palestiniens et arabes l’ont constaté. Vos remarques sur « l’obligation » de militants arabes de dénoncer Shamir pour cause de maintien de dialogue avec Sharon est pire que risible : pathétique. Les militants arabes en question, notamment Ali Abunimah et Hussein Ibish étaient hostiles aux accords d’Oslo, suggérer qu’ils seraient partisans ou « prisonniers » du dialogue avec Sharon (des traîtres à vos yeux ?) relève de l’ignorance crasse de la réalité et de l’insinuation conspirationniste...
        Encore une fois, seuls les aveugles et les antisémites refuseront de faire le constat de l’antisémitisme de Shamir : http://www.phdn.org/antisem/antisio... http://www.phdn.org/antisem/antisio...
        Etes vous aveugle ?
        Gilles Karmasyn P.S : remplacer « worldnet » par « tiscali » dans mon email.

        Voir en ligne : Shamir, un antisémite

        Répondre à ce message

        • > Karmasyn dénature le discours 18 novembre 2003 17:03, par François Xavier
          Olalala ! mais vous êtes un petit malin vous !
          Figurez-vous que j’ai été l’un des premiers à dénoncer Oslo avec M. Darwich, mais cela est une autre histoire.
          Je viens de voir votre site www.phdn.org dont, au hasard, je relève une belle boulette qui ne me donne plus du tout envie d’aller plus loin ; et qui démontre votre ambiguïté et votre dérive sémantique :
          vous stigmatisez Shamir car, selon vous, il ose porter « l’accusation de déicide (les Juifs en assassins du Christ ) » sur les Juifs. Mais soit vous êtes inculte soit vous nous prenez pour des cons ? !
          Qui a tué le Christ sinon les Juifs ? ALORS QUOI ? ! Le Christ était juif que je sache, c’est bien le grand prêtre qui l’a livré pour continuer à gouverner tranquille … Vous êtes si nul en histoire ? Je ne crois pas, je pense que vous œuvrez à discréditer ceux qui ne pensent pas dans la bonne lignée de la pensée officielle juive. Et heureusement qu’il y a d’autres juifs, de mes amis, qui sont à votre opposé, et qui œuvrent pour le bien de la culture juive loin de ce politiquement correct que vous semblez rechercher à tout prix.
          Votre démarche est bonne dans le fond mais nuisible dans la forme car instrumentalisée ; vous dénaturez la vérité, vous polluez les esprits ; vous devez être de ceux qui, comme ce sale type d’Elie Weisel, mange dans la main des néoconservateurs à la solde de Bush. Le Bien contre le Mal. Vous truquez le discours : je suppose que comme Weisel vous ne tolérez pas que l’on emploie le mot « génocide » autre que pour l’Holocauste ?
          Tout ne tourne pas autour de votre nombril monsieur-le-juif. Il y a d’autres choses dans le monde. Et si Shamir est antisémite (ce qui est difficile pour un juif quand même, vous connaissez des gens qui se tire une balle dans le pied ?), vous mettez aussi Broman et les autres dans le même sac ?
          Votre manière à vous d’être négationniste et d’endoctriner les foules est insupportable. Ne faîtes pas comme Tsahal qui utilise les manuels SS pour étudier comment mâter les ghettos, ne jouez pas à votre petit Gobbels, c’est indigne !

          Répondre à ce message

          • Dérapage incontrôlé de M. François Xavier. 30 novembre 2003 23:05, par Gilles Karmasyn
            Je dois dire que le présent échange est particulièrement intéressant. Le sujet est l’antisémitisme de Shamir. François Xavier s’en fait le chantre (de Shamir, pas de l’antisémitisme de ce dernier, qu’il nie) au point d’avoir mis plusieurs articles de Shamir sur son propre site. Dès mon premier message j’ai donné les adresses des pages qui permettent d’établir le caractère avant tout antisémite de la posture de Shamir.
            François Xavier a-t-il pris acte ou même discuté du contenu de ces pages ? Pratiquement pas. Il a choisi d’insulter son interlocuteur dans le titre de sa première réponse (il recommencera avec la seconde). Il a tenté de disqualifier les militants pro-palestiniens qui avaient dénoncé l’antisémitisme de Shamir en prétendant qu’ils étaient prisonniers de la négociation avec Sharon. Une pure invention. Puis il a tenté de s’appuyer sur le fait que Shamir ne pouvait être antisémite puisqu’il critiquait Israel et que cette critique était fondée. Jamais, dans mon constat de l’antisémitisme de Shamir, je n’aborde sa critique d’Israel. J’ai tenté de souligner le caractère erroné du syllogisme de François Xavier (Critique d’Israel => pas d’antisémitisme possible), mais François Xavier refuse obstinément d’en discuter.
            A l’évidente réfutation que je fais de son argument sur les militants « prisonniers » de la négociation avec Sharon — à savoir que Ali Abunimah et Hussein Ibish ne sauraient être qualifiés de prisonniers de quoi que ce soit, notamment parce qu’ils étaient déjà opposés aux accords d’Oslo —, François Xavier répond que lui aussi était opposé aux accords d’Oslo. Et c’est tout. Et alors ? François Xavier ne répond pas sur le fond : l’avis de Ali Abunimah et Hussein Ibish, militants arabes pro-palestiniens irréprochables, sur l’antisémitisme de Shamir, ne saurait être balayé d’un revers d’argumentaire spécieux. François utilise la technique rhétorique du Sniper : je tire et je me tire. A chaque fois il change de terrain et ne discute pas du fond : la réalité de l’antisémitisme de Shamir. Enfin presque à chaque fois, comme on va le voir.
            Ce qui est assez drôle c’est que sa première réponse, François Xavier n’avait *PAS* lu les pages sur Shamir auxquelles je faisais référence, puisque dans sa deuxième réponse il confesse qu’il « vient de voir [mon] site », où il aurait relevé une « boulette », concernant Shamir, déclare-t-il. Il faut donc souligner que François Xavier n’a pas cherché à s’informer pour faire sa première réponse. Il a des préjugés favorables à Shamir. Pas question d’en démordre. Inutile d’aller voir les documents incriminants. François Xavier est peut-être sincère, mais on peut douter de sa bonne foi...
            Dans sa deuxième réponse, par contre il a lu. Et il a « relevé une boulette ». C’est à ce moment que François Xavier dérape... La seule affirmation des pages sur Shamir qu’il décide de discuter, c’est le constat que Shamir accuse les Juifs d’avoir tué Jésus, accusation martelée par Shamir qui y voit un motif fondé à l’errance juive (voir les pages déjà mentionnées). Il s’agit évidemment d’un poncif antisémite assénné pendant des siècles par l’Eglise qui a cessé ce décliner cette affirmation à la suite de Vatican II. Or qu’écrit François Xavier ? Il écrit, et même il s’écrie : « Qui a tué le Christ sinon les Juifs ? » Notez bien le « LES Juifs ». « C’est bien le grand prêtre qui l’a livré » ajoute-t-il avant de me demander si je suis « si nul en histoire ». Suis-je nul en histoire ? Peut-être. Pourquoi pas. Mais les évangiles, la source principale de ce que l’on sait sur Jésus ne relèvent pas de l’histoire. Si la réalité de la personne de Jésus ne saurait raisonnablement être mise en doute — un prédicateur juif a probablem ent donné un enseignement extrêmement original, voire révolutionnaire dans la province romaine de Judée et a fini crucifié par les Romains, mode d’exécution infâmant (on ne voit donc pas les premiers chrétiens en faire la pub si elle n’était pas authentique) dévolu aux agitateurs politiques —, si cette réalité, donc, ne saurait être mise en doute, le récit des évangiles (souvent contradictoires) relève de la théologie et non de l’histoire. Ils ont été écrits non dans un esprit historien, mais dans un objectif théologique. La résurection de Jésus est un évènement religieux, non historique. Tout comme les autres aspects des récits néotestamentaires. Il faut d’ailleurs souligner que le dérapage de François Xavier est ici double. Il écrit que Jésus a été tué par LES Juifs. L’illustration, tirée des évangiles, étant le rôle du grand prêtre. Du rôle (non établi historiquement) d’UN Juif (dans la livraison de Jésus aux Romains, et non dans son exécution) François Xavier passe à la culpabilité DES Juifs dans la mort de Jésus. Il s’agit ni plus ni moins que d’une rhétorique antisémite, accompagnée chez Shamir du motif de la transmission de cette culpabilité à tous les Juifs depuis 2000 ans. Pas de commentaire de François Xavier sur ce point... Y adhère-t-il également ?
            Il n’est point nécessaire de connaître l’exégèse néo-testamentaire pour savoir que ce sont les Romains qui ont tué Jésus, qu’ils étaient les seuls à pouvoir en prendre la décision et les seuls à pouvoir l’exécuter. Ce que l’exégèse néo-testamentaire apporte c’est que les récits évangéliques ne sont pas des récits historiques, et que très probablement leurs auteurs ont voulu charger les Juifs et alléger la responsabilité des Romains (auxquels étaient principalement et très probablement destinés les évangiles). La littérature sur le sujet est extrêmement abondante, aussi ne renverrais-je le lecteur que vers un seul ouvrage, celui de Jean-Marc Varaut, Le procès de Jésus, crucifié sous Ponce Pilate, Plon, 1997. Varaut note, page 88 : "Pilate porte [...] devant l’histoire la responsabilité de la condamnation à mort de Jésus". On en peut pas faire plus clair. Pour information, Jean-Marc Varaut est un avocat brillant, très conservateur, très à droite, qui a assuré la défense de Maurice Papon...
            Passons à la suite de la diatribe de M. François Xavier. Il écrit :
            "je pense que vous ?uvrez à discréditer ceux qui ne pensent pas dans la bonne lignée de la pensée officielle juive. Et heureusement qu’il y a d’autres juifs, de mes amis, qui sont à votre opposé, et qui ?uvrent pour le bien de la culture juive loin de ce politiquement correct que vous semblez rechercher à tout prix."

            Il faut le voir pour le croire. PHDN, site dont je suis responsable, vise principalement à la lutte contre le négationnisme, et également, dans une moindre mesure, contre l’antisémitisme. Je me contente en l’occurrence de relever le caractère antisémite de Shamir et M. François Xavier interprète cette double action comme une œuvre de subversion contre "ceux qui ne pensent pas dans la bonne lignée de la pensée officielle juive« . »Pensée officielle juive", cette seule expression démontre que M. François Xavier nage en plein fantasme antisémite. Le « mission » qu’il me prête est évidemment risible. Je ne connais point la pensée qu’il évoque et n’agis qu’en tant que citoyen, totalement indépendant. D’habitude on traite plutôt d’« agent sioniste »... François Xavier poursuit en relevant qu’« heureusement il y a d’AUTRES juifs, de ses amis, etc. » Primo : d’où François Xavier tient-il que je fusse juif ? Par quel étrange réflexe se voit-on classé, catalogué, tamponné, étoilejaunisé « juif » dès que l’on combat l’antisémitis me, mais pas arabe lorsqu’on combat le racisme anti-arabes (c’est mon cas) ou arménien lorsqu’on lutte contre la négation du génocide des Arméniens (c’est mon cas aussi) ? Il s’agit évidemment d’un réflexe antisémite, sans la moindre ambiguité. On relèvera également la légèreté avec laquelle François Xavier introduit le fait qu’il a des « amis juifs ». Cela en devient risible. Sur le « politiquement correct » que je semble rechercher « à tout prix », François Xavier ne s’étend pas. Il le dit en passant, histoire de charger la barque de mon indignité rhétorique. BIen évidemment pas la plus petite illustration, pas le plus petit argument. C’est tout simplement de l’attaque ad hominem gratuite.
            C’est à se demander en quoi ma démarche peut être « bonne dans le fond » comme l’avance ensuite (sans plus d’explication) François Xavier, dont on peine à distinguer la démarcher argumentative. Mais cette concession n’a pour mission que d’introduire des accusations très graves. François Xavier écrit :
            « vous dénaturez la vérité, vous polluez les esprits ; vous devez être de ceux qui, comme ce sale type d’Elie Weisel, mange dans la main des néoconservateurs à la solde de Bush. »

            Quelle vérité je dénature, on ne le saura pas, car nul exemple concret n’est fourni. L’accusation de « pollution des esprits » relève d’un vocabulaire et d’une rhétorique totalitaire. Pour faire bonne mesure, me voici associé aux néoconservateurs, me voici déclaré « à la solde de Bush ». Et comme chacun sait « Bush=Hitler »... Trêve de plaisanteries. De la politique de Bush, je n’ai jamais parlé. De mes idées en politique, François Xavier ignore tout. Mais le fer que je porte dans la plaie shamirienne rend François Xavier si furieux et si frustré qu’il est prêt à user de n’importe quel accusation pour me discréditer. Que les motifs de ce discrédit n’est pas le moindre rapport avec la réalité importe peu. Il faut me diaboliser pour qu’on ne prenne pas mes accusations (argumentées) d’antisémitisme contre Shamir au sérieux. Or le diable, c’est Bush. Donc je suis à « la solde de Bush ». CQFD. La réthorique ad hominem est tellement lamentable qu’elle en devient comique.
            François Xavier poursuit :
            « Vous truquez le discours : je suppose que comme Weisel vous ne tolérez pas que l’on emploie le mot « génocide » autre que pour l’Holocauste ? »

            Apparemment François Xavier est trop rapidement passé sur le site web dont je suis responsable. Il a apparemment manqué la section consacrée au GENOCIDE des Arméniens. Que François Xavier recoure au procès d’intention ne surprendra personne. Il a décidé d’accumuler les techniques d’attaques ad hominem.
            François Xavier poursuit (la mise en majuscules qui suit est de moi) :
            « Tout ne tourne pas autour de votre nombril MONSIEUR-LE-JUIF. Il y a d’autres choses dans le monde. »

            Faut-il relever à quel point l’interpellation par François Xavier d’un interlocuteur, qui ne parle pas de ce qu’il est ou n’est pas, sous l’apostrophe de « Monsieur-le-juif » est un réflexe antisémite ? L’interpellation et les tirets montrent bien à quel point, pour François Xavier, une fois « identifié », croit-il, son interlocuteur, comme « juif », celui-ci n’est plus déterminé que cette judéité fantasmée. Sans compter qu’on se demande d’où François Xavier tire que je fusse juif... Si ce n’est de sa propre hargne à défendre Shamir de l’accusation, largement étayée que je porte contre lui, à savoir qu’il est un antisémite hystérique. Le dernier « argument » le seul qu’il serra parvenu à élaborer c’est que je serais juif. D’où il ressortirait par une magie qui m’est étrangère que Shamir ne pourrait donc pas être antisémite. Le fait de décider que celui qui dénonce l’antisémitisme est nécessairement juif, et de l’apostropher sur cela, quelque soit la réalité donc François Xavier n’a que faire, ni à propos de son interlocuteur (comme le prouvent les attaques ad hominem infondées analysées plus haut), ni à propos de Shamir, est clairement une attitude antisémite. Faurisson, négationniste et antisémite notoire, qui n’apprécie pas ma prose, n’a pu s’empêcher de me demander un certificat d’aryanité. François Xavier est plus expéditif, il me le refuse d’office.
            François Xavier poursuit :
            « Et si Shamir est antisémite (ce qui est difficile pour un juif quand même, vous connaissez des gens qui se tire une balle dans le pied ?), vous mettez aussi Broman et les autres dans le même sac ? »

            Shamir est antisémite. Je l’ai largement prouvé. Là : http://www.phdn.org/antisem/antisio...
            Otto Weiniger fut un écrivain juif de talent, et un antisémite pathologique. Je connais des noirs racistes à l’encontre des noirs et des femmes mysogines (c’était le cas de George Sand). L’origine de quelqu’un ne l’empêchera jamais d’élaborer des préjugés haineux à l’encontre de la communauté dont il est prétendument issu.
            Quant à Brauman (et non Broman), je ne vois pas ce qu’il vient faire dans l’affaire. Il n’est pas le moins du monde antisémite à ma connaissance. Et je ne vois pas pourquoi il le serait. Shamir est antisémite parce qu’il multiplie les ignomonies antisémites. Brauman n’a rien à voir avec cet individu. Et Françoic Xavier s’emmêle dans sa colère.
            Tout entier à sa colère, François Xavier termine par un paragraphe ignoble :
            « Votre manière à vous d’être négationniste et d’endoctriner les foules est insupportable. Ne faîtes pas comme Tsahal qui utilise les manuels SS pour étudier comment mâter les ghettos, ne jouez pas à votre petit Gobbels, c’est indigne ! »

            Il me traite pêle-mêle (clairement bien rhétoriquement) de négationniste, de SS, de Goebbels. Ce qui est indigne, c’est d’en arriver à de telles extrêmités, pour lesquelles François Xavier n’aura pas su fournir le moindre exemple concret, le seul motif de son hystérie — c’est le mot qui convient — progessive étant la démonstration que je fais de l’antisémitisme de Shamir, démonstration dont il aura été incapable de réfuter le moindre élément, sinon dans une tentative pathétique de justification d’un poncif antisémite chrétien éculé.
            Shamir est bien un antisémite.
            Nous venons d’avoir une démonstration, par François Xavier en personne, qu’il était lui-même un antisémite. Il n’est pas surprenant qu’il nie l’antisémitisme de Shamir.
            La violence gratuite des attaques personnelles de François Xavier illustre la vacuité de son argumentaire.
            Pathétique.
            Gilles Karmasyn P.S : changer « worldnet » en « tiscali » dans mon email.

            Voir en ligne : Shamir est un antisémite

            Répondre à ce message

            • > délire sans fondement(s) ! 2 décembre 2003 12:39, par François Xavier
              Sacré Vous !
              On peut dire que vous êtes un drôle, monsieur le Gentil ! (donc si vous n’êtes pas juif, vous vous comportez comme un hystérique du Likoud, ou un néo-conservateur, ou un chrétien-sioniste, toute cette raquaille que dénonce Shamir).
              Vous avez bien fait rire mon amie Rachel, qui ne riait plus depuis longtemps, surtout depuis que ses parents ne sont pas revenus d’Auschwitz, en me traitant d’antisémite, et c’est déjà pas mal, je ne vous en veux pas trop, alors …
              Que dire devant tant de bêtises sinon que vous êtes un sot ?
              Toute votre machination soit-disant réfléchie se révèle dans l’épisode de la mort du Christ car elle démontre votre logique à deux sous qui ploie sous le nombre de mots pour ne rien dire ! De là à faire un site pour étaler votre incurie il n’y avait qu’un pas …
              Ma soit disant « rhétorique antisémite » sur la mort du Christ, prophète ou envoyé de Dieu, là n’est pas le problème, montre votre aveuglement à nier l’évidence. C’est le peuple juif qui a condamné Jésus, et non un seul juif, et même si ce sont les Romains qui l’ont tué, les Juifs portent encore aujourd’hui, et oui, cette culpabilité. Je trouve cela idiot car cela remonte à + 2000 ans mais c’est ainsi. Il ne sert à rien de parler de « l’exégèse néo-testamentaire » et autre noms ronflants pour faire genre, lisez « l’homme qui devint Dieu », de Gérald Méssadié, le tome2, les sources. Il n’y a pas de religion et/ou d’histoire, il y a des faits !
              Et tout est ainsi fait dans votre raisonnement comme dans votre site. J’ai certains textes de Shamir sur mon site et j’en suis fier car ils sont rigoureusement exacts (par exemple à propos des Protocoles, il faut aussi parler de la version de Soljenitsine, non ?) ; et dîtes-moi pourquoi Micheal Warschawski n’est pas antisémite à vos yeux quand il dénonce le manichéisme de l’Holocauste pour servir les ambitions sionistes ? tout comme Shamir ?
              Je vous renvoie au dernier texte de Shamir (que vous traitez d’antisémite depuis qu’il s’est converti chrétien, c’est cela ?) : L’histoire définitive du sionisme d’après le livre de David Hirst : The Gun and the Olive Branch [Le Fusil et le rameau d’olivier].
              David Hirst, brillant journaliste britannique, passa plusieurs années de sa vie dans la région. Il écrivait pour le quotidien The Guardian, depuis Beyrouth et Jérusalem. Toujours extrêmement scrupuleux, et évitant toute exagération, il n’était pas homme à baisser pavillon lorsqu’il s’agissait d’énoncer une vérité dérangeante. Hirst affirme que les raisons du conflit judéo-palestinien et judéo-arabe sont enracinées dans le désir irrémissible des sionistes de s’emparer du territoire de la Palestine, d’en expulser les populations autochtones et, enfin, d’imposer leur domination à la région. Le tableau qu’il dresse de la tragédie palestinienne en cours est équilibrée et convaincante.
              Pour tout le reste je vous laisse dans votre inculture crasse et n’est pas de temps à perdre. Car, voyez-vous, je hais le sionisme (qui n’est rien d’autre qu’une doctrine xénophobe). Je hais Israël en l’état (un ersatz d’état démocratique qui pratique l’apartheid et la fanatisme), comme tout état qui est basé sur la seule religion comme étalon de sa conduite, comme l’Arabie Saoudite et d’autres pays sympathiques … Je pourrais tolérer Israël quand une paix juste et équitable sera instaurée, sur les bases de l’Initiative de Genève signée hier.
              J’aime la culture juive et la tradition qu’elle véhicule, et non la xénophobie qu’elle engendre parfois ...
              Pour tout le reste je vous laisse à votre diarrhée verbale …

              Répondre à ce message

              • > anathèmes et délires mystiques 5 décembre 2003 15:48, par stirner
                j’ignore si ce crétin de Shamir est un antisémite (j ’ai encore quelques doutes) mais j’ai depuis la lecture de cet etretient la certitude que François Xavier est un peu louche...
                il jète l’anathème sur son intrelocuteur et se déplasse le problème de la légitimité d’un peuple à disposer de sa terre sur un terrain religieux... Que signifie l’idée d’un seul Etat pour deux peuples ?

                Répondre à ce message

                • > anathèmes et délires mystiques 5 décembre 2003 18:09, par François Xavier
                  l’idée d’un seul état pour deux peuples signifie tolérer l’idée du sionisme et englober Israël-Palestine en un seul pays (ce qui à la vue de la géographie locale est la seule solution) laïc dans lequel TOUS les citoyens auraient les mêmes droits (ce qui n’est pas le cas actuellement).
                  en gros c’est l’idée de Genève mais fondu en un seul grand état au lieu de deux petits ...

                  Répondre à ce message

              • François Xavier continue sa démonstration... 12 décembre 2003 19:45, par Gilles Karmasyn
                François Xavier est un écrivain, sans doute un grand écrivain. Aussi ne se sent-il pas tenu de répondre à son interlocuteur sur ce que celui-ci écrit et se contente-t-il de continuer dans le pamphlet, l’invective et le hors sujet.
                De l’antisémitisme de Shamir, François Xavier ne veut décidément pas discuter. Il préfère me prêter, sans la moindre démonstration factuelle, des « origines », des opinions politiques, des procédés rhétoriques, qui n’ont certes aucun lien avec la réalité, mais qui d’un point de vue polémique, servent François Xavier : tout critique ne peut être que du coté du mal (Bush/Sharon/les Nazis). Voir ma réponse précédente que François Xavier élude.
                François Xavier ne justifie ni n’explique pourquoi il m’a déclaré juif, et interpellé comme tel, dans son précédent message. Il ne s’excuse pas de m’avoir implicitement assimilé à Goebbels. Il ne prend pas acte du fait qu’il s’agit d’une rhétorique antisémite. Mais il continue sur le même registre.
                Si je ne suis pas juif, je suis un « Gentil » (notez que pour François Xavier il faut toujours se déterminer en fonction d’une judéité) et donc « comme un hystérique du Likoud ou un néo-conservateur, ou un chrétien-sioniste, toute cette raquaille [SIC] que dénonce Shamir ». Ce qui sidère, c’est que dès mon premier message je soulignais que l’antisémitisme de Shamir avait été dénoncé par des militants pro-palestiniens arabes (euh... des « chrétiens-sionistes » camouflés ?), par des militants de l’OLP (des « hystériques du Likoud » ?) ou des journalistes comme Dominique Vidal, du Monde Diplomatique (un « néo-conservateur » ?). François Xavier a balayé ces constats d’un revers méprisant. L’antisémitisme de Shamir est pour lui impossible et il est inutile d’examiner les faits : http://www.phdn.org/antisem/antisio...
                Dans mon précédent article, j’ai analysé la rhétorique de François Xavier, sa façon d’attaquer son interlocuteur en le ramenant à une judéité (fantasmée) essentialisante ou en l’insultant, en le nazifiant, en lui prêtant des opinions inventées, pour le seul tort d’avoir fait le constat de l’antisémitisme de Shamir. Une rhétorique antisémite.
                Il paraît que j’ai bien fait rire son amie Rachel. Je ne croyais pas que François Xavier irait jusqu’à sortir le poncif de l’amie-juive-dont-les-parents-sont-morts-à-Auschwitz-et-qui-le-connait-si-bien-et-qui-sait-combien-il-n’est-pas-antisémite. Gageons que François Xavier lui a conté *certaines parties* de notre échange et s’est abstenu de le lui faire lire dans son intégralité. Gageons que François Xavier ne lu a pas parlé du soutient apporté par Shamir à Le Pen, de ses comparaisons des Juifs avec un virus, de son appel à collaborer avec des néo-nazis américains, de ses éloges des Protocoles des Sages de Sion. Gageons que Rachel aurait peut-être moins ri en découvrant la hargne antisémite de Shamir et la hargne de François Xavier à nier (sans argumenter) la réalité de cet antisémitisme.
                François Xavier prétend que j’écris des bêtises et que je suis un sot. Mais il s’est furieusement abstenu de tout échange factuel. Il demeure incapable de dépasser le stade d’une frustration (découlant d’une vacuité argumentative ?) qui se transforme en invectives.
                Le caractère surréaliste du discours de François Xavier se déploie lorsqu’il parle de la mort de Jésus. Il convient de citer un long passage :
                « C’est le peuple juif qui a condamné Jésus, et non un seul juif, et même si ce sont les Romains qui l’ont tué, les Juifs portent encore aujourd’hui, et oui, cette culpabilité. Je trouve cela idiot car cela remonte à + 2000 ans mais c’est ainsi. »

                Apparemment, les disciples de Jésus n’était pas Juifs, et on se demande pourquoi les italiens d’aujourd’hui ne sont pas autant que les Juifs d’aujourd’hui responsables de la mort de Jésus. François Xavier n’a pas entendu parler de Vatican II. La citation que je donne du travail de Jean Marc Varaut, avocat de Papon, passe par pertes et profits. Rappel. Dans Le procès de Jésus, crucifié sous Ponce Pilate, Plon, 1997, Varaut note, page 88 : « Pilate porte [...] devant l’histoire la responsabilité de la condamnation à mort de Jésus ». François Xavier renvoie à un ouvrage, mais sans citer le moindre passage. De l’esbroufe au service d’une thèse antisémite (culpabilité collective, continuée sur 2000 ans, basée sur un discours religieux, sans rapport avec la réalité historique).
                François Xavier se dit fier de mettre des textes de Shamir sur son site. Il insiste sur le fait que ces textes sont « rigoureusement exacts ». A-t-il donc vérifié ? Je rappelle que je n’ai jamais écrit que tout ce qu’écrivait Shamir était faux. Ce serait stupide. Je relève simplement qu’il faut avoir à l’esprit que Shamir est un antisémite hystérique. François Xavier aura beau se débattre, m’insulter, il n’a su qu’éviter (c’est déjà sa troisième réponse...) de prendre acte des faits qui sont exposés là : http://www.phdn.org/antisem/antisio...
                Je passe sur les allusions aux Protocoles des Sages de Sion. Shamir semble admettre qu’il s’agisse d’un faux, mais s’appuie sur Soljenitsine pour prétendre qu’ils sont quand même « véridiques ». Une rhétorique classique des antisémites qui n’osent prétendre que les Protocoles sont authentiques. Sur les Protocoles, voir : http://www.phdn.org/antisem/origine...
                Si François Xavier adhère à la position de Shamir vis à vis des Protocoles, son cas est encore plus grave que ce que je pensais. Mais lui seul le sait. Je lui conseille d’en parler à « son amie Rachel ».
                François Xavier me demande pourquoi Michel Warschawski ne serait « pas antisémite à mes yeux quand il dénonce le manichéisme de l’Holocauste pour servir les ambitions sionistes ? tout comme Shamir ? ». Ma réponse est en plusieurs volets. Je ne sais pas ce que François Xavier appelle « manichéisme de l’Holocauste ». Sur la critique des « ambitions sionistes », expression dont je suppose qu’elle signifie « politique d’Israël », j’ai déjà écrit, et répété, que Shamir n’était pas antisémite à cause de sa critique d’Israël, mais parce qu’il alignait, par ailleurs, les pires poncifs antisémites. J’en donne de multiples exemples sur la page web dont décidément, François Xavier est incapable de prendre acte. N’ayant pas lu Warschawski, je n’ai aucune raison de penser qu’il est antisémite, et ce n’est certes pas une critique de la politique d’Israël qui me pousserait à porter une accusation aussi grave.
                On aura noté que je fais l’effort de répondre à François Xavier malgré le caractère obscur et alambiqué de ses formulations.
                François Xavier enchaîne ensuite en me renvoyant à une critique du sionisme. Il fait dans le hors sujet, tel un candidat bachelier à l’oral de philo auquel on aurait demandé de parler de Sartre, mais qui ayant séché ce thème là, chercherait à parler de Camus. Sur l’antisémitisme de Shamir, rien, sinon, implicitement encore et encore le même raisonnement vicié de François Xavier : regardez comme Shamir critique bien le sionisme ; il ne peut donc pas être antisémite...
                François Xavier conclut en déclarant qu’il me laisse à mon « inculture crasse » (il aura fait preuve lui, d’une culture encyclopédique...). Il écrit encore qu’il hait le sionisme. Et alors ? François Xavier hait le sionisme DONC Shamir n’est pas antisémite ? Si c’est cela, c’est désolant. Si la haine du sionisme rend aveugle à l’antisémitisme, c’est que cette haine s’est transformée en antisémitisme. La déclaration d’amour finale de François Xavier envers « la culture juive et la tradition qu’elle véhicule » ne laisse pas de me laisser froid.
                La question de l’antisémitisme de Shamir aura été soigneusement évitée, à coup d’insultes, et de procès d’intention.
                Je ne résiste pas à la tentation de conseiller aux lecteurs de systématiquement relire tous les messages de François Xavier à la lumière de la présentation de ce dernier qui est donnée en haut à gauche de la présente page :
                « il [François Xavier] se consacre à la forme d’une prosodie humaine et noble qui résume le dialogue pour la paix, l’amour et le respect de l’autre. »

                En effet...
                Gilles Karmasyn
                P.S : remplacer « worldnet » par « tiscali » dans mon email

                Voir en ligne : Shamir, un antisémite

                Répondre à ce message

                • Warscharwski est l’auteur d’un livre sur la situation en Israel suite aux accords d’Oslo... qui s’intitule « A tombeau ouvert » que je vous conseil et qui m’a permis de voir les choses différement et de comprendre un peu plus les enjeux d’Israel... Dire comme vous le dites dans votre site que les responsabilités sont partagés entre Israel et l’Autorité Palestienne, c’est faux et non modér(lisez le livre de Tanya Reinhart, Détruire La Palestine ou comment terminer la guerre de 1948)qui explique les objectifs des gouvernements sionistes ( annexion de la cisjordanie et destruction de l’AP quelques soit les compromis en cours...) Mais rions un peu ... Israel Shamir a quelle autorité pour proposer un plan de paix incluant un Etat pour deux peuples ? Quid de la place des réfugiés palestiniens dans telles perseptives ? Que pensent François Xavier des rufsniks ?
                  Je sais peu de chose de Shamir mais ce que je sais m’inquiète et je trouve étrange que son défenseur transporte le conflit sur un terrain religieux (transcendant et tous le bordel, c’est la mode...)de plus, un texte de Shamir traduit en français a été censuré par Indymédia Paris, il parlait de « philosémitisme »...

                  Répondre à ce message

                • Plus on vous lit monsieur Karmasyn, plus vous nous faites vomir

                  Répondre à ce message

            • D’ accord avec vous M.Gilles Karmasyn, le texte de M. François Xavier est ignominieux. S. Cohen

              Répondre à ce message

Une première en Egypte et dans le monde arabe ! Une femme s’exprime publiquement sur la sexualité. Dans le respect strict de l’éthique musulmane. Dans sa promotion du « hallal sex », elle ose parler de tout. De ce qui est haram (interdit) : la masturbation, la sodomie, (...)
Si par hasard sur le pont du Gard, un vent printanier vous invite à jardiner vos corps et vos esprits à nu. Dans ce cas : prenez du terreau des arts, des mots, du soleil, arrosez copieusement de sons et d’images, vous obtiendrez le premier festival de toutes les expressions du nu (...)
La nouvelle du cambriolage réalisé au domicile de Julien Enthoven, frère cadet du précédent mari de Carla Bruni-Sarkozy est parue dans la presse dans la matinée. Des photographies de la première dame de France y ont été dérobées samedi, mais il ne s’agirait pas d’un banal (...)
Les États-Unis mènent de nouvelles recherches sur une souche inconnue d’influenza porcine qui a infecté au moins 8 personnes en territoire américain ces dernières semaines. Elle pourrait être identique à celle qui a tué 16 personnes au Mexique. Les informations connues à l’heure (...)
François Xavier

est un voleur de feu. Spécialiste de l’Orient, on lui doit la seule étude en langue française sur l’œuvre de Mahmoud Darwich. A (...)