Où est sa sépulture ?

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Où est donc enterré Christophe Colomb ?

[English translation]

Mais où Christophe Colomb est-il enterré ? Aussi surprenant que cela puisse paraître, le doute subsiste. Sans cesse déplacée, la dépouille de l’explorateur pourrait se trouver à Séville ou à Saint-Domingue… Des analyses d’ADN en cours devraient éclairer laffaire.

Où se trouve la dépouille de Christophe Colomb ? A Séville ou à Saint-Domingue ? Depuis environ un siècle la controverse subsiste. Pour clore le débat, des chercheurs espagnols ont obtenu l’autorisation de procéder à une exhumation partielle à Séville en vue de comparer l’ADN supposé de Colomb avec celui authentifié de son fils Hernando. L’exhumation a eu lieu en juin 2003 et les résultats des analyses effectuées à l’université de Grenade devraient être connus d’ici peu. Mais pourquoi ces doutes ? C’est que la dépouille de l’explorateur a connu bien des vicissitudes.

Les pérégrinations du corps de Colomb

Christophe Colomb meurt à Valladolid (Espagne) le 20 mai 1506. Ses obsèques sont célébrées à la cathédrale Santa Maria Antigua et, bien qu’il ait demandé par testament à être enterré aux Amériques, il est d’abord inhumé dans la crypte du couvent de l’Observance, à Valladolid. 

La solution se veut provisoire : les vœux du défunt doivent être respectés, mais il n’existe encore aux Amériques aucune église digne de l’accueillir. En 1513, à la demande de sa belle-fille Marie de Tolède, épouse de son fils aîné Diego, la dépouille de l’amiral est transférée, sur édit royal, à la cathédrale de Séville. A l’issue d’une cérémonie, le corps est déposé au couvent des Chartreux de Santa Maria de las Cuevas, situé sur la rive droite du Guadalquivir, en face de Séville, où le rejoindra en 1526 celui de Diego Colomb.

Le 2 juin 1537, à nouveau à la demande de Maria de Tolède, un décret royal autorise le corps de Christophe Colomb à traverser l’Atlantique pour être enfin inhumé en Amérique, à Saint-Domingue. Là, il est déposé dans la cathédrale récemment construite, à droite de l’autel. 

Longtemps, personne ne se souciera plus de cette sépulture. Mais le périple reprend en 1795, lorsque les Espagnols doivent évacuer le territoire dominicain, cédé par le traité de Bâle à la France. Le 21 décembre 1795, au cours d’une cérémonie officielle, on procède au transfert des ossements du navire français La Découverte au vaisseau espagnol San Lorenzo.

Colomb, deux cent quatre-vingt-dix ans après sa mort, reçoit pour la première fois les honneurs officiels de la marine espagnole ; la France s’y est associée, souhaitant rendre hommage à un marin célèbre. Contrairement à ce qui a parfois été affirmé, la dépouille de Colomb n’a donc pas été transférée à la hâte pour la soustraire à l’occupation des Français. Prochaine étape : La Havane.

Le cercueil arrive à Cuba le 15 janvier 1796. Quatre jours plus tard, il est placé dans la cathédrale de La Havane, près du grand autel. Il y reste un siècle. Le 26 septembre 1898, après la guerre hispano-américaine et avec l’indépendance de Cuba, il doit être une dernière fois déplacé.

C’est ainsi qu’en 1899 la dépouille présumée de Colomb revient à Séville. Dans la cathédrale, un monument dédié au grand homme est édifié en 1902 ; les ossements y sont conservés dans un petit coffre. Tout porte donc à croire que les restes du navigateur se trouvent bien à Séville.

Dès lors, pourquoi contester l’authenticité de ces ossements ? Parce qu’en 1877, des ouvriers travaillant dans la cathédrale de Saint-Domingue ont fait une étrange découverte : une boîte de plomb contenant 13 os et 28 osselets, portant l’inscription : “ Grand homme illustre, don Cristobal Colon ” (3). Les autorités de la République dominicaine en déduisent aussitôt qu’il s’agit des véritables reliques de Colomb, et que les Espagnols ont exhumé en 1795 d’autres ossements.

Depuis cette date, la controverse fait rage. En 1992, les reliques de Saint-Domingue sont officiellement transférées dans un gigantesque monument, le “ Phare de Colomb ”, construit pour l’occasion ; l’édifice en forme de croix, qui a coûté plusieurs millions de dollars, commémore le cinq-centième anniversaire de la découverte des Amériques par le célèbre marin.

Pour ne pas laisser s’éterniser ce doute, une analyse des ossements conservés à Séville a donc été lancée, afin d’en comparer l’ADN à celui du second fils de Colomb, Hernando, ecclésiastique dont le corps n’a pas quitté la cathédrale de Séville.

Les prélèvements ont été effectués début juin 2003 sous la direction du professeur José Antonio Lorente, directeur du laboratoire d’identification génétique de l’université de Grenade, en présence d’experts de différentes nationalités, de deux descendants de Christophe Colomb – Jaime et Anunciada Colon de Carvajal, et même de représentants du FBI.

La draperie couvrant le tombeau de Colomb cache une porte en forme d’écu, derrière laquelle se trouve un coffret portant l’inscription : “ Voici les os de Christophe Colomb, premier amiral du Nouveau Monde. ” Les premiers examens ont confirmé certains doutes : le squelette a été abîmé par ses nombreux voyages, et semble incomplet : peut-être certains ossements sont restés à Saint-Domingue… ou ailleurs.......

Des auteurs ont même envisagé que le corps de Colomb n’avait jamais quitté le couvent de Valladolid, à l’emplacement duquel s’élève aujourd’hui une auberge. (1)

 

Notes :

Cet article a été publié dans le magazine "LHistoire"  pages 20 et  21, du numéro 286, davril 2004.  Il est référencé par la "Biblioteca de la Universidad Complutense de Madrid Ciudad Universitaria" - 28040 Madrid.

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Documentation

Notes

[1]

Les franciscains possédaient le cadavre du découvreur du nouveau monde. Celui-la même qui était venu mourir chez eux et qui avait aussi choisi d’endosser leur habit. Allaient-ils laisser partir vers ces contrées encore à peine civilisées le corps de ce mystique qui s’était voué à Dieu et à la vierge Marie ? Certains historiens espagnols pensent que dans le contexte de l’époque, les franciscains ont peut-être décidé de conserver chez-eux le cadavre de Cristobal Colon. Ils auraient donné un autre corps. Bien sur, la preuve n’existe pas. Ce sont les arguments de Gianni Granzotto, dans "Cristoforo Colombo",  Mondadori,  Milano, 1984.

[2] Maria Alvarez de Toledo y Rojas (Roxas), fille de Fernando Alvarez de Toledo, nièce du plus grand des "Grands dEspagne", le Duc dAlbe, épouse de Diego Colomb, fils aîné de l’Amiral de la Mer Océane.

[3]

Per. Ate.
(abreviation de Primer almirante).

Illtre. y Esdo. Varón Dn. Cristóval Colón

(Ilustre y Esclarecido Varón don Cristóbal Colón).

Sermón autógrafo que predicó el arzobispo de Santo Domingo en 1795 al exhumarse en aquella catedral, para ser trasladados a la de la Habana, los restos de Cristóbal Colón.

Ouvrage de référence (entre autres)

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Colomb, Fernand : "Histoire de la vie et des découvertes de Christophe Colomb". Traduction française par Eugène Muller, sur le texte primitif et annoté. Édité à Paris chez Maurice Dreyfous, 1879.

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Cuartero y herta, Baltasar, "La prueba plena",  Documentos inéditos, demonstrativos de la autenticidad de los restos de Cristóbal Colón. Revisión histórica, Madrid: Instituto Gonzalo Fernández de Oviedo, C.S.I.C., 1963.

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Gianni Granzotto,  "Cristoforo Colombo",  Mondadori,   Milano, 1984 Publié en français sous le titre «Christophe Colomb», chez Jean-Claude Lattès, Paris,1985.

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Roselly de Lorgues, "Vie et voyages de Christophe Colomb, d’après des documents authentiques tirés d’Espagne et d’Italie" Paris, Morizot, Libraire-Editeur, 1862, page 504.

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Contenson, capitaine baron G. de, : "Les restes de Christophe Colomb", Paris : [s.n., s.a.] (E. Martinet).

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