Le
fabuleux destin de la famille Hériot

La famille est originaire d'Essoyes, en Champagne, au pied du plateau de Langres, où Nicolas Hériot exerçait, au début du XVIIIe siècle, la modeste profession de cloutier. Avec son épouse, Marguerite Favier, il eut deux fils: L'aîné, Nicolas, qui épousa Anne Amiot (1761) et devint vigneron, tandis que son cadet, Charles (1732-1806) suivit la voie paternelle, devenant marchand ferrailleur.
Joseph Hériot (1766-1849), Claude Hériot (1802-1855), respectivement fils et petit-fils de Nicolas, perpétuèrent la tradition vigneronne jusque vers 1830, lorsque Claude et sa femme Virginie Bertrand s'installèrent à St-Mandé, près de Paris pour y pratiquer le négoce du vin.
Leur fils aîné, Charles Auguste (1826-1879) né à Essoyes, alla travailler à Paris comme vendeur. A partir de 1855, sous la tutelle des frères Péreire, avec deux associés dont Alfred Chauchard, ils louent le rez-de chaussée d'un hôtel flambant neuf rue de Rivoli, l'Hôtel du Louvre et fondent une société Les Galeries du Louvre. Premier exemple de ce type de commerce à Paris, le bâtiment abrite l'Hôtel et les "Galeries" lui servent de galerie marchande. L'affaire est un succès et les associés s'enrichissent : en 1875 ils seront propriétaires de l'hôtel. La dynastie Hériot est née.
En 1874, Auguste Hériot fait l'acquisition au Vésinet de l'ancienne demeure de Rosine Stoltz (1815-1903) cantatrice distinguée, attachée à l'Opéra de Paris, la Villa Stoltz, avenue Centrale (actuelle av. Georges Clemenceau).
En 1879, à la mort de son frère, le second fils de Claude Hériot, Zacharie Olympe (1833-1899), hérite de la fortune et prend la tête de la Société devenue les Grands Magazins du Louvre en compagnie de Chauchard, puis seul à partir de 1885. Officier, sorti de l'école de Saint-Cyr, Hériot a commencé une carrière militaire qui l'a mené jusqu'au grade de chef de bataillon. A quarante-six ans, il l'interrompt pour succéder à son frère.


Les Grands Magazins du Louvre vers 1895

Le "Commandant Hériot" fonde en 1886 sur le terrain de sa propriété de La Boissière, près de Rambouillet, une école classée "Ecole militaire préparatoire" en février 1887, devenue "Ecole enfantine Hériot" en 1917, transférée à l'Education Nationale en 1966. Etablissement géré par le Conseil Régional d'Ile-de-France, elle est toujours en activité.

En 1882, le Commandant Hériot fait construire sur le terrain de la villa Stoltz, une nouvelle maison, la "Villa Hériot", aussi vaste disait-on que l'Hôtel de Ville de Versailles. La villa Stoltz sera transformée plus tard, puis démolie.

La Villa Hériot  

La Villa Hériot était située 90, rue Centrale.
Elle fut elle-même démolie avant la première guerre mondiale et le terrain morcelé. Une allée du quartier, d'abord dédiée à la Villa Stoltz puis en 1890, à la Villa Hériot, en perpétue le souvenir.
A la même époque, Olympe Hériot faisait don à la ville d'un kiosque à musique, également disparu.

A peine terminée elle est délaissée au profit d'un Château qu'Hériot fait édifier entre 1890 et 1892 à Essoyes, berceau de la famille.
Des troubles de santé obligent Olympe Hériot à abandonner sa fonction de directeur des GML en 1888. Il s'éteint en 1899 à La Boissière où il est inhumé. Marié en seconde noces à Anne Marie Cyprienne Dubernet (1857-1945), il en aura quatre enfants:

  • Auguste-Olympe, dit Auguste II, (1886-1951) auquel on connait une brève liaison avec Colette (elle se rend avec lui à Naples en novembre 1910, à Nice en février 1911) fit, bien que sorti du rang, une brillante carrière militaire. Plusieurs fois marié, il n'aura pas de descendance.
  • Olympe-Charles dit Olympe II (1887-1953), marié trois fois, passionné de chasse à courre, il fut l'amant de la comédienne et chanteuse Jeanne Aubert, ce qui le ramena au Vésinet. Il est mort au domicile de la chanteuse, lui aussi sans descendance.
  • Virginie Hériot(1890-1932), navigatrice prestigieuse, qui épousa François Haincque de St-Senock (1910).
  • Jean (1897-1899), mort en bas âge.

Virginie seule aura un enfant, un fils, Hubert né en 1913, un esthète homosexuel, ami de Jean Cocteau, avec qui se terminera la dynastie en 1983.

En savoir plus : Le livre de Bernard Pharisien, historien d'Essoyes et de la famille Hériot: "L'exceptionnelle famille Hériot" - Editions Némont, 2001.

© Société d'Histoire du Vésinet, 2003 – http://www.histoire-vesinet.org