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Interview : Alain Robak [page 2]

Par Arnaud Mangin - publié le 09 août 2004 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h08 - 0 commentaire(s)
Comment avez-vous pu avoir les participations de Jean-Yves Lafesse, Alain Chabat, ou Jacques Audiard?
En leur demandant, tout simplement. Chabat n'avait pas encore fait de cinéma, et le fait de se faire tuer dans un film l'a amusé. Il aime le cinoche, c'est évident, il a passé une nuit avec nous sans rien demander en contrepartie. Audiard, c'est la même chose, il a accepté parce que c'est un ami de Jean Luc Boivin qui a fait Baxter, d'ailleurs le chien lui-même est dans le film. Je n'ai eu aucun refus.


En général dans ce genre de film, les créatures sont suggérées, après l'avoir caché pendant la quasi-totalité du film, vous décider de montrer votre monstre quitte à démystifier ce qui se cache derrière cette petite voix.
On a franchement hésité, mais finalement il s'est avéré plus sympa de le montrer, pour un film gore il aurait été dommage de ne pas voir le monstre. D'ailleurs Baby blood n'est pas un film de suggestion censé faire peur, on a accentué le gore et le sang pour un certain délire, le film part gentiment en sucette, par exemple le final avec le chauffeur qui se retrouve avec les gros tentacules sur la tête, c'est du n'importe quoi. La suggestion est efficace sur un film comme Massacre à la tronçonneuse qui fait peur justement parce qu'il n'y a pas de sang. Et puis le monstre en lui-même n'était pas le but premier du film, c'était surtout une finalité logique de l'histoire.

Vous présentez votre film au festival d'Avoriaz en 1990, un festival supposé récompenser les films d'horreur et gores, pourtant les organisateurs présentent votre film hors compétition, pourquoi ?
J'aimerais bien le savoir ! Disons qu'ils avaient décidé cette année là d'être propres sur eux, en mettant en avant le coté merveilleux du cinéma fantastique, et honnêtement, le festival ressemblait plus a Pierre et Vacances qu'à une remise de prix de films d'horreur. Ils ont donc viré de la compétition les deux films jugés trop gores, Baby Blood et Shocker de Wes Craven, sauf que Wes Craven faisait partie du jury, ce qui a excusé le retrait de son film de la compétition. Par contre il s'est passé un truc formidable, c'est que le jury a été voir mon film et lui a offert un prix du jury. De toute l'histoire du Festival d'Avoriaz, c'est la première fois qu'un film hors compétition est récompensé par le jury, le genre de chose qui n'est pas donné a tout le monde. Suite à ça, Wes Craven m'a même proposé de tourner La colline a des yeux numéro 3 que j'ai d'ailleurs refusé parce que j'ai trouvé le scénario mauvais.


En parlant de Baby Blood Alain Chabat a dit qu'aux états unis les anciens artisans du cinéma gore étaient aujourd'hui les champions du box-office, tout cela ne vous donne-t-il pas envie?
Bien entendu, je n'ai pas envie d'en rester là. D'ailleurs mon prochain film est produit par Mathieu Kassovitz, un film avec un budget confortable qu'on tournera aux états unis. J'achève actuellement le scénario de ce qui s'appellera The Cure, que je résumerai grosso modo à ces deux mots : Cauchemar et génétique. Tout ce que je peut vous dire c'est que ce sera un film très fort, assez barge, un grand grand truc. Matthieu est d'ailleurs très exigeant avec le scénario, c'est lui qui est venu me chercher, préférant quelqu'un dont il a aimé le film plutôt que de choisir quelqu'un qui améliorerait des enjeux financiers, et c'est son véritable amour pour le cinéma de genre qui garantie un film de qualité. Pour répondre à votre question, je bascule donc d'un film à 3 francs 50 vers une production bien plus importante, mais réalisée avec la même passion.


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