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Ahmed Benyahia ou l'art de l'Anticonformisme

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Par Abdelhamid Lemili

«Le porteur de cette lettre est… Algérien et sculpteur, je le connais depuis trois ans, et il a été dès l’origine parmi les élèves qui sont venus me chercher pour être leur professeur aux Beaux-Arts. C’est un garçon extrêmement doué, il possède une maîtrise et une connaissance technique approfondie de tous les matériaux et moyens d’expression sculpturale. Il est très rare de rencontrer chez un garçon de cet âge-là une dureté et une intransigeance, une autodiscipline aussi forte dès qu’il s’agit de son œuvre. Je vous demande de l’aider à se réaliser, car il le mérite.» C’est ainsi que le grand César Baldaccini, sculpteur français (1921-1998) et créateur du trophée en bronze de la cérémonie des Césars du cinéma français, écrivit à Fernand Pouillon. Il s’agit surtout de recommander un certain Ahmed Benyahia, Constantinois atypique qui n’a jamais laissé personne indifférent autant par sa dégaine, son look, ses prises de position controversées mais assumées dans tout ce qui touche à sa ville.Ami des écrivains, des cinéastes, comédiens, acteurs d’ici et de là-bas, proche de Kateb Yacine dont il immortalisera la très engagée pièce théâtrale Mohamed prends ta valise à travers une toile qu’il garde dans son atelier, refusant de s’en séparer malgré des offres plus intéressantes les unes que les autres. En Algérie et à l’étranger. Enfant de la Vieille ville, Ahmed Benyahia s’enorgueillit à «mort» d’être celui d’Arbaine Chérif qui demeure à ses yeux «… le Quartier latin de la ville, lumineux point de convergence, passage obligé depuis le début du XXe siècle de tout illustre visiteur de Constantine». Sa vocation, il la doit à un camarade de classe qui s’extasiera sur le dessin d’une pomme croquée à la fin des années 1940 sur la demande de l’institutrice. Dès lors, lui est découvert un don d’artiste qui sera encore encouragé à l’école Jules-Ferry par un autre instit en l’occurrence M. Yalaoui. «Au lendemain de l’indépendance j’entre au conservatoire des Beaux-Arts de Constantine et enfin l’Ecole nationale à Alger, j’avais mon atelier au grenier du TRC. Ensuite, ce sera le départ en France où j’aurais pu m’établir compte tenu des opportunités et surtout d’un environnement propice à toute expression artistique. J’ai quand même choisi de rentrer au pays, parce qu’il n’y a pas plus beau à mon sens que toutes les beautés qu’il recèle : l’architecture, les femmes, le climat, l’humanité des gens», résumera-t-il.
Il est un peu comme Sisyphe, sa quête de la perfection il ne l’atteindra que dans les actions, les engagements qu’il assume directement grâce à sa seule conviction et comme disait César sa «… dureté, intransigeance, autodiscipline» et par voie de conséquence de ses seules et propres capacités qui peuvent hélas être brouillées par toute interférence extérieure ! Cette réputation l’a, à chaque fois désigné, comme l’un des interlocuteurs incontournables de chaque nouveau wali désigné à Constantine. Toutefois, si un wali montre de réelles prédispositions à aller dans le sens de ses propositions, ce qui est un peu le cas de celui en exercice, il n’en demeure pas moins qu’à chaque fois ces propositions sont altérées par des considérations ou pesanteurs administratives qui font qu’Ahmed B. préfère retirer ses billes et ne pas se compromettre dans un projet où sa marge de manœuvre (de puriste) est réduite.Que ne s’est-il pas battu contre la réhabilitation tronquée de la Vieille-ville, du palais du Bey, de la construction du hideux parking à étages, du risque de démolition d’un haut lieu de mémoire qu’est la prison civile de la ville au motif de réalisation du parcours du tramway. Que n’a-t-il pas été scandalisé de l’absence de paysagistes dans les grands projets «d’embellissement de Constantine, d’artisans, des vrais (céramistes, décorateurs, dinandiers, plâtriers) pour restituer à d’autres lieux leur cachet arabo-mauresque. «Tant que j’en aurais la force et tant que Dieu me prêtera vie, je me battrais pour cette Cité pour tout ce qu’elle m’a donné.» Ahmed Benyahia reste sans nul doute à Constantine, voire en Algérie sur le plan intellectuel, artistique même et surtout physique le seul personnage anachronique tant il est avantageusement décalé de réalités trop implacables. Un confrère disait récemment qu’on pouvait ne pas être d’accord avec lui mais «toute ville qui a du respect pour elle-même a besoin d’homme exceptionnel comme lui».
A. L.
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