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  Histoire Richard de Coudenhove-Kalergi (1894 -1972)
   
 

L'homme et son action

Richard Coudenhove-KalergiTour à tour, éditeur, directeur de revue, animateur de mouvement et organisateur de congrès, Richard de Coudenhove-Kalergi se distingue par son dynamisme en faveur de l'Europe pendant l'entre-deux guerres.
Fils de diplomate, il grandit dans un milieu cosmopolite. D'ascendance eurasienne, son père étant austro-hongrois et sa mère japonaise, il naît à Tokyo en 1894. Il passe son enfance dans le château familial de Bohême, puis entre au Thérésanium de Vienne, le collège le plus réputé de l'Empire, où il côtoie des personnes de toutes nationalités. Il s'y passionne pour la philosophie et poursuit ses études à l'Université de Vienne où il obtient le titre de docteur en 1917. Il prend la nationalité tchèque en 1919 et est naturalisé français en 1939. Il fuit l'Autriche en 1938, suite à l'invasion du pays par l'armée allemande pour se réfugier en Suisse, puis aux États-Unis où il enseigne à la New York University. A la fin de la guerre, il s'installe en Suisse, d'abord à Gstaad, puis à Bâle et à Zurich.

A la fin de la Première Guerre Mondiale, il se détourne de la philosophie pour commencer à publier des articles sur les conditions et les nécessités d'un nouvel ordre européen. Son engagement en faveur de l'Europe débute par la proclamation "Paneuropa, ein vorschlag" (Paneurope, un projet), publiée simultanément dans la Neue Freie Presse de Vienne et dans la Vossische Zeitung de Berlin, en novembre 1922.
Alors de nationalité tchécoslovaque, il suggère à Masaryk, Président de la République, un projet d'union de l'Europe sur le modèle de la "Petite Entente", constituée par la Tchécoslovaquie, la Roumanie et la Yougoslavie. Mais ce dernier se décourage devant l'ampleur de la tâche. Coudenhove, quant à lui, rédige un livre-manifeste intitulé "Pan Europa", édité par sa propre maison d'édition en 1923.

L'année suivante, il lance le mouvement Paneuropa, dont les idées sont diffusées par une revue mensuelle du même nom. Son projet d'Union paneuropéenne, en rupture avec la vague nationaliste de l'époque, s'appuie sur un plan de rééquilibrage planétaire. L'objectif de Coudenhove est d'unir l'Europe afin que celle-ci conserve un rôle important face aux grands États que sont les États-Unis, l'URSS et le Royaume-Uni qui constitue à lui seul un grand ensemble régional grâce à son Empire. Exclus, les Britanniques ne sont d'ailleurs guère intéressés par ce projet, contrairement aux pays de la Mitteleuropa dans lesquels des comités nationaux se constituent : Autriche, Allemagne, Tchécoslovaquie.

Il prévoit une réalisation par étapes de l'Union Paneuropéenne en faisant de la réconciliation franco-allemande, nécessaire au maintien de la paix, le pilier de cette organisation. Dans ce contexte, il suggère de réunir le charbon allemand et le minerai français dans le but de créer une industrie sidérurgique paneuropéenne, idée dont s'inspirera ultérieurement Robert Schuman lorsqu'il proposera la création de la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (CECA).

La première étape consiste en la réunion d'une conférence paneuropéenne pour favoriser la coopération intergouvernementale, notamment, en matière de douane, de culture et d'arbitrage. Il s'agit alors d'une organisation sur un modèle confédéral. Elle doit être suivie, dans une deuxième étape, de la signature d'un Traité pour généraliser l'arbitrage et d'accords de garanties mutuelles qui lieraient les États les uns aux autres. L'aboutissement serait la création d'une union douanière pour faire de l'Europe un territoire économique homogène. Ainsi la constitution des États-Unis d'Europe serait possible.

Il tente de convaincre les classes dirigeantes, notamment des parlementaires et des hommes d'affaires. Ainsi, en octobre 1926, le premier Congrès de l'Union paneuropéenne réunit à Vienne plus de 2000 participants venus de 24 pays, qui votent les statuts du mouvement et élisent Coudenhove à la présidence du Conseil central. A ce congrès est jouée l'Ode à la joie tirée de la IXème symphonie de Beethoven que Coudenhove propose d'adopter comme hymne européen. En 1930, il émet l'idée de célébrer annuellement dans tous les États une Journée de l'Europe.

Le projet de Pan Europe se fonde sur un système parlementaire bicaméral: une Chambre des Peuples, constituée d'un député pour un million d'habitants et une Chambre des États avec les représentants des gouvernements de chaque État membre, Coudenhove étant très attaché au principe d'égalité entre les nations, qu'elles soient petites ou grandes. La guerre contraint l'Union Paneuropéenne à cesser ses activités. Reconstituée en 1954, elle n'aura plus la même influence.

En 1946, de retour en Suisse après son exil américain, il y rencontre Winston Churchill. Ils discutent de la création d'une nouvelle organisation, United Europe Movement, qui voit le jour en 1947 avec Churchill à sa tête et à laquelle, finalement, Coudenhove ne participe pas.

De son côté, Coudenhove crée l'Union parlementaire européenne en 1947, afin d'élaborer une Constitution pour l'Europe. Il demande à 4000 parlementaires de 13 États européens de se prononcer pour ou contre une Fédération européenne dans le cadre des Nations-unies. Sa proposition rencontre un grand succès. Ce projet est cependant critiqué, d'une part, par Denis de Rougemont, membre de l'Union européenne des fédéralistes et partisan d'un fédéralisme intégral. D'autre part, Duncan Sandys, gendre de Churchill et son successeur à la tête de United Europe Movement, souhaite une Europe fondée sur une coopération intergouvernementale sans délégation de souveraineté.

Au congrès de La Haye, en mai 1948, qui réunissait les divers mouvements européens, Coudenhove réussit toutefois à imposer l'idée d'une assemblée européenne élue par les Parlements nationaux. A l'issue du Congrès, le Mouvement Européen est créé, regroupant les diverses organisations européennes. Coudenhove refuse d'abord d'y adhérer, mais en 1952, il le rejoint et en devient président d'honneur. Un projet de Constitution européenne est votée lors du deuxième congrès de l'Union parlementaire européenne. Mais en septembre 1948, les parlementaires britanniques, scandinaves et néerlandais s'y opposent si vivement que le projet est abandonné.

Le 18 mai 1950, Coudenhove est le premier à recevoir le prix Charlemagne pour sa contribution à l'idéal européen. Mais il est désormais en retrait et ne participe pas pleinement aux efforts de relance communautaire de Jean Monnet ou de Paul-Henri Spaak, qui conduisent à la création de la Communauté européenne du charbon et de l'acier.

C'est à cette époque qu'il se rapproche alors du général de Gaulle avec lequel il entretenait depuis 1943 une correspondance régulière et dont il partage la préférence pour une Europe fondée sur une Union de nations plutôt que l'approche supranationale de Jean Monnet.

Il quitte le Mouvement Européen de manière spectaculaire suite à la campagne présidentielle de 1965, au cours de laquelle le Mouvement Européen soutient François Mitterrand contre De Gaulle.

Coudenhove poursuit alors son action au sein de l'Union Paneuropéenne internationale jusqu'à sa mort en 1972, à Schruns en Autriche. Il est enterré à Gruben, près de Gstaad, dans l'Oberland bernois.

Les idées

"Est-il possible que sur la petite presqu'île européenne, 25 États vivent côte à côte dans l'anarchie internationale, sans qu'un pareil état de choses conduise à la plus terrible catastrophe politique, économique et culturelle ?… Une Europe divisée conduit à la guerre, à l'oppression, à la misère, une Europe unie à la paix, à la prospérité."
Manifeste paneuropéen - 1923

"La Paneurope refuse catégoriquement l'hégémonie d'un peuple ou d'un État européen. Une Paneurope ne saurait se concevoir que comme une libre association d'États: une confédération et non une fédération intégrée. On appellera cette confédération "États-Unis d'Europe" ou "Union douanière européenne", ou "Paneurope", le nom importe peu, mais la condition essentielle en est qu'aucun État, aucun peuple ne sacrifie sa souveraineté sur l'autel européen. La nouvelle Europe devra naître de la coopération organique de nombreux États et de nombreux peuples."
Extrait du discours prononcé par Richard Coudenhove-Kalergi en octobre 1926, à Vienne, lors du premier congrès du Mouvement paneuropéen, repris dans son dernier ouvrage paru en 1972 : Europe, puissance mondiale.


Éléments de bibliographie

Richard de Coudenhove-Kalergi - Pan-Europe - 1923
Pan Europe Suisse et Fondation Coudenhove-Kalergi - Genève - 1997
Non distribué en librairie, mais disponible auprès de l'Union Paneuropéenne de France
Richard de Coudenhove-Kalergi - J'ai choisi l'Europe - Plon, Paris - 1952
Richard de Coudenhove-Kalergi - Europe, puissance mondiale - Stock, Paris - 1972
Alain Peyrefitte - C'était De Gaulle - Tome I - Éditions de Fallois - Fayard - 1994
Coudenhove-Kalergi - De Gaulle, une certaine idée de l'Europe
Cahiers de la Fondation Charles de Gaulle : Actes du Colloque de Nancy - novembre 1998

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