Réduction des risques attribuables aux métaux : Impacts environnementaux des anciennes mines d'or

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Les répercussions environnementales des premières activités de production d'or au Canada n'étaient pas réglementées. Puisqu'on contrôlait peu le rejet des résidus miniers, de nombreux sites miniers abandonnés sont aujourd'hui contaminés par des métaux et d'autres substances potentiellement dangereuses. De récentes études dans la Nouvelle-Écosse menées par Ressources naturelles Canada (RNCan) et ses partenaires aident à définir les dangers que représentent ces anciens résidus miniers pour l'environnement et la santé de la population.

Les chercheurs échantillonnent les résidus d'une mine d'or le long d'un sentier public à Caribou Gold Mines, en Nouvelle-Écosse.

Les chercheurs échantillonnent les résidus d'une mine d'or le long d'un sentier public à Caribou Gold Mines, en Nouvelle-Écosse.

Parmi les partenaires de ce projet, on compte le ministère des Ressources naturelles de la Nouvelle-Écosse, Environnement Canada, Pêches et Océans Canada et cinq universités (l'Université Queen's, l'Université d'Ottawa, le Collège militaire royal du Canada, l'Université Dalhousie et l'Université de la Saskatchewan).

Les résultats des travaux de recherche sont utilisés pour évaluer les risques associés à ces sites contaminés et pour prendre des décisions éclairées en matière de gestion des terres. Ces études nous permettront de mieux connaître la quantité d'origine naturelle ou la concentration de fond de l'arsenic et du mercure présents dans les anciennes mines d'or situées dans la portion continentale de la Nouvelle-Écosse, leurs formes chimiques, leur mobilité et leur absorption biologique.



Source des contaminants

Au Canada, la majorité de l'or extrait entre 1861 et le milieu des années 1940 était récupérée grâce au bocardage et à l'amalgamation au mercure. Durant ce procédé, le minerai était broyé jusqu'à la taille d'un grain de sable ou de limon. Pour récupérer les fragments d'or ainsi libérés, on les dissolvait dans du mercure liquide, puis par un procédé de distillation, on épurait l'or. Le reste de la matière broyée, appelée résidu, était souvent rejeté directement dans les rivières locales, les marécages, les lacs et les océans. En général, entre 10 et 25 % du mercure utilisé pour l'amalgamation se retrouvait dans les résidus. De plus, puisque l'arsenic se retrouve naturellement dans le minerai d'or et dans le substrat rocheux qui l'entoure, on en retrouve généralement de fortes concentrations dans les résidus miniers.

Les registres historiques de production montrent que, entre les années 1860 et les années 1940, plus de 3 000 000 de tonnes de résidus miniers ont été produits dans les divers districts de la Nouvelle-Écosse. La majorité des sites d'extraction minière possèdent au moins un dépôt de résidus miniers, où l'on note généralement des concentrations élevées d'arsenic et de mercure. Depuis la fermeture des mines, les risques que la population se trouve exposée à ces résidus miniers ont augmenté en raison de l'expansion domiciliaire, de la construction industrielle et des activités de loisir (p. ex. le VTT, la moto hors route et les courses de 4X4) qui ont toujours cours en ces lieux. Dans certains cas, il peut être nécessaire de confiner ou d'isoler ces résidus, afin que personne n'entre en contact avec eux.

L'arsénopyrite est un minéral composé d'arsenic (FeAsS) qu'on retrouve fréquemment dans la roche mère et dans les filons de quartz situés près des gisements d'or de la Nouvelle-Écosse.

L'arsénopyrite est un minéral composé d'arsenic (FeAsS) qu'on retrouve fréquemment dans la roche mère et dans les filons de quartz situés près des gisements d'or de la Nouvelle-Écosse.

Principales constatations

  1. La majorité des mines d'or abandonnées de la Nouvelle-Écosse contiennent de grandes quantités de résidus miniers. À certains endroits, les résidus miniers ont été transportés sur de grandes distances (>2 km) par les rivières et les cours d'eau environnants.
  2. Les résidus miniers et sédiments fluviatiles situés aux abords de ces mines présentent des concentrations moyennes d'arsenic et de mercure qui sont respectivement environ de 340 et 140 fois supérieures aux concentrations normales dans le sol.
  3. Les concentrations d'arsenic dissous dans les eaux qui se coullent dans des résidus miniers dépassent largement les recommandations pour la qualité de l'eau potable et pour la protection de la vie aquatique.
  4. Dans certaines zones de résidus miniers, les poissons, les mollusques et les crustacés ont accumulé du mercure et de l'arsenic, ce qui peut constituer un danger pour la santé de la population.

Avec les années, plus de 1 000 000 oz d'or ont été extraites de ces gisements. Cette carte géologique simplifiée du substratum rocheux montre le lien entre l'or et les roches métasédimentaires (en brun) dans le sud de la Nouvelle-Écosse.

Avec les années, plus de 1 000 000 oz d'or ont été extraites de ces gisements. Cette carte géologique simplifiée du substratum rocheux montre le lien entre l'or et les roches métasédimentaires (en brun) dans le sud de la Nouvelle-Écosse.

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Une contribution significative

En réponse aux principales conclusions de cette étude (voir l'encadré), le gouvernement de la Nouvelle-Écosse a mis sur pied le Comité consultatif sur les anciennes mines d'or (CCAMO) en avril 2005. Ce comité compte des représentants de cinq ministères provinciaux et de cinq ministères fédéraux, y compris de RNCan. Il a pour mandat d'évaluer les risques que représentent les mines d'or de la Nouvelle-Écosse pour l'environnement et la santé humaine et de formuler des recommandations pour la gestion future des résidus de ces mines. Pour l'instant, il a émis deux communiqués pour avertir les Néo-Écossais des risques que représentent ces mines pour leur santé. Des panneaux de mise en garde contre les risques pour la santé ont été apposés dans les districts de Montague et de Goldenville pour limiter l'accès de ces sites aux amateurs de véhicules tout-terrain et aux résidents locaux. Pêches et Océans Canada a également interdit la pêche, à titre préventif, dans les zones coquillières de Seal Harbour et de Isaacs Harbour, situées sur la côte est de la Nouvelle-Écosse, en raison des niveaux élevés d'arsenic qu'on a récemment trouvé dans les palourdes et les sédiments marins à proximité d'anciens sites aurifères.

Le Secteur des sciences de la Terre (SST) continue de chercher et de faire le bilan des résidus de mines d'or, et collabore avec des membres du CCAMO pour recueillir de solides données scientifiques qui serviront à prendre des décisions adéquates en matière de gestion des terres. Ces études font partie du Programme environnement et santé du SST, qui vise à produire de nouvelles connaissances géoscientifiques au profit de la protection de l'environnement et de la santé de la population.