Interview : à la découverte de Sayaconcept

SayaconceptMina et Daii à Japan Expo Centre Photo Damien Bandrac


Présents lors de Japan Expo Centre pour un showcase et une séance de dédicaces, le groupe Sayaconcept était une des plus jolies découvertes du week-end.

Nous avons pu rencontrer lors de la convention Daii et Mina, tous deux franco-japonais, qui nous ont parlés un peu plus du groupe, qui se prépare à sortir son premier album chez l'éditeur Bishi Bishi.

Q : Pouvez-vous vous présenter ?

Mina : Nous sommes le groupe Sayaconcept, nous mélangeons de la musique traditionnelle japonaise et électronique. Le groupe est composé de Daii, qui s'occupe de la musique électronique et de moi, Mina, qui m'occupe du chant.

Daii : On est également multi-instrumentistes, donc Mina joue aussi du sanshin et du violon tandis que moi je joue du taiko à l'occasion, en plus du piano. On a une formation purement classique à la base.

Q : Comment êtes-vous passés de la formation classique à la musique électronique ?

Daii : En écoutant, en aimant plein d'artistes.

Q : Lesquels particulièrement ?

Mina : Nous, c'est plutôt Bjork. On aime aussi beaucoup Emilie Simon.

Daii : Mais aussi DJ Krush et le Professeur Sakamoto...

Mina : Puis niveau chanson japonaise, c'est vrai que j'aime également beaucoup la chanteuse Utada Hikaru. Sa voix est juste incroyable et elle m'inspire énormément pour écrire les textes.

SayaconceptAkumu, Mina et Daii Photo Bishi Bishi

Q : Comment s'est faite la rencontre entre les différents membres du groupe ?

Mina : J'habitais à Okinawa il y a quelques années, c'est une île du Japon. Là-bas, j'ai découvert leur musique traditionnelle, qui m'a beaucoup fascinée. Et quand je suis revenue en Europe, j'ai rencontré Daii, qui était un artiste électronique. On a alors commencé à écrire des morceaux ensemble, à mélanger nos deux styles.

Daii : Puis notre première chanson a été jouée sur France Musique, ça nous a permis d'être reconnu. Tout ceci a déclenché l'album, qui va bientôt sortir. C'était une longue période d'écriture et c'est musicalement très... pointu.

Q : Comment décririez-vous votre musique ?

Mina : C'est une musique qui invite au voyage. C'est très atmosphérique.

Daii : Oui, c'est une sorte de musique très crossover. On essaie de respecter tout ce qui est musique traditionnelle.

Mina : Il y'a quelque chose de plus universel dans notre musique. Au lieu de se cantonner à un genre musical bien précis, on s'inspire de plusieurs différents, lié à nos origines et nos inspirations. Par exemple, je pense que j'apporte quelque chose de nostalgique. Par les mélodies, le chant japonais.

Daii : Alors que moi c'est le coté actuel. J'essaye toujours d'être à l'heure de la musique électronique en terme de tendances, de sons. Puis après, je m'amuse avec la voix de Mina, qui est vraiment douce. On essaye ainsi de jouer sur les contrastes. Moi par exemple j'ai un coté très dark...

Q : À votre avis, quel est le meilleur contexte pour écouter votre musique ?

Daii : Ça dépend si on comprend les textes ou pas. Parce que Mina a fait des très gros efforts là-dessus. Par exemple, quand on joue au Japon, les gens sont touchés différemment parce qu'ils comprennent de quoi ça parle. Puis comme ce sont des chansons traditionnelles, c'est vraiment une autre perception. En Europe, ça a un autre impact.

Mina : Oui, voilà, en Europe c'est plutôt l'impact de la musique, des sons. Parfois ça peut faire penser à des musiques de film, c'est complétement atmosphérique, donc je pense que quand on est dans un moment plutôt calme, attentif, on a plus de plaisir à écouter.

Daii : C'est plus une musique qui s'écoute qu'une musique de type clubbing. Parce que l'électro on associe toujours ça aux clubs...

Mina : Ce n'est pas une musique qui s'écoute en boîte ! Il faut plutôt prendre le temps, en fait.

Daii: Comme on est de formation classique, on prend le temps de penser les morceaux, donc il y'a toute une écriture, une démarche derrière.

SayaconceptPhoto Bishi Bishi

Q : Pour l'anecdote, d'où vient le nom "Sayaconcept" ?

Mina : J'aimais beaucoup le prénom japonais "Saya." Surtout son son. Du coup, comme on a décidé de faire un "concept" de fusion de traditionnel et d'électronique, ça collait bien. Saya, à l'origine, désignait le fourreau d'un sabre. C'est une référence à l'histoire, aux samouraïs.

Q: Quelle est l'actualité du groupe ?

Mina : On a la sortie de notre premier single, Kurozumi, prochainement chez Bishi Bishi. On a déjà travaillé sur tous les morceaux de l'album donc on est dans l'attente de sa sortie.

Daii : Oui, on va vraiment commencer la promotion avec Japan Expo Centre, puis Belgium. Donc il y a ce premier single, il va sans doute sortir dans deux semaines-un mois, puis avant la sortie de l'album il y aura trois ou quatre autres singles. On essaye de "ménager", de garder une sorte d'activité, de suspense. En plus comme chaque morceau se prête à un voyage différent... C'est comme ça qu'on compte faire, pas sortir l'album tout de suite.

Q: D'ailleurs dans cet album, vous faites quelques featurings avec d'autres artistes comme Aural Vampire, comment s'est passée la rencontre avec ces artistes ?

Daii : C'est grâce à notre major, Bishi Bishi, que ça s'est fait. On a une musique proche de leur univers, donc voilà.

Pour en apprendre plus :

Damien "Amo" Bandrac