Collections
Jeanne Hersch (1910 – 2000)
Timbre-poste de la poste suisse édité à l'occasion du centenaire de la naissance de J. Hersch (post.ch)

Fonds spéciaux

La Bibliothèque a intégré dans ses fonds des collections, achetées ou reçues en dons, qui l'ont enrichie de façon significative. Parmi les ensembles les plus remarquables quelques-uns entrés au cours des dernières années sont présentés ici.

La collection Corvey en microfiches et e-books

Le château de Corvey est situé en Westphalie, sur la Weser, à deux kilomètres au nord de la ville d’Höxter. L’abbaye bénédictine de Corvey a été fondée vers 820 par l’empereur Louis le Pieux. Les premiers moines venaient de Corbie, en France, d’où le nom de Corvey. Les bâtiments originaux ont été en grande partie détruits au cours de la Guerre de Trente ans et par la suite l’abbaye a été reconstruite dans le style baroque. L’abbaye était réputée pour sa bibliothèque exceptionnelle de 150'000 volumes rassemblés par les Bénédictins. C’est là que furent trouvés en 1517 les cinq premiers livres des Annales de Tacite. Malheureusement une grande partie de cette bibliothèque initiale fut aussi détruite ou dispersée.

En 1803, le château et le reste de l’abbaye ont été sécularisés, remis à l’Etat de Prusse et utilisés comme résidence par la noblesse prussienne. C’est là que le prince souverain du Hessen-Rotenburg Victor Amadeus (1779-1834) et son épouse ont constitué pendant la première moitié du 19e siècle une des plus importantes bibliothèques littéraires privées, composée notamment de littérature allemande, anglaise et française. Elle compte au total plus de 74'000 volumes. Ce n’est que dans la seconde moitié du 20e siècle que les chercheurs ont redécouvert cette bibliothèque exceptionnelle.

Dès 1987, la section littéraire de la bibliothèque fut microfilmée par l'entreprise Belser wissenschaftlicher Dienst qui a commercialisé ce fonds en différents volets. L’Université de Sheffield Hallam acquit la littérature de langue anglaise et lança un projet de recherche sur la littérature romantique féminine. D’autres projets basés sur les fonds Corvey furent entrepris dans les universités de Paderborn (Allemagne), d’Innsbruck et de Cardiff. L’Université du Nebraska s‘est penchée dès 1999 sur les romans contenus dans l’Edition Corvey. De nombreuses publications scientifiques, notamment sur la littérature romantique, ont pu être réalisées sur la base de cette collection d’une rare homogénéité.

En Suisse, après concertation entre institutions, la Zentralbibliothek de Zurich a choisi d’acquérir les microfiches correspondant à la littérature germanophone et anglophone, alors que la Bibliothèque de Genève s'est concentrée sur les fonds français en général et la littérature féminine des fonds anglais et allemand.

Depuis 2003, les ouvrages de la collection Corvey sont progressivement disponibles sous forme de livres électroniques (e-books). La BGE acquiert peu à peu les titres en langue française, partiellement accessibles sur le serveur ReroDoc.

La Bibliothèque palatine en microfiches

Cette collection célébrissime, appelée parfois "Mère des bibliothèques allemandes", a été constituée par les princes d'Heidelberg, notamment Ludwig III, avant d'être transférée en 1622 à Rome, comme butin au terme de la Guerre de Trente ans. Une caravane de deux cents mules portant 196 caisses de manuscrits et imprimés transporta ce trésor, qui enrichit la Bibliothèque Vaticane.

La Bibliothèque palatine est composée de 2'000 manuscrits latins, 430 manuscrits grecs et 8'000 imprimés. L’essentiel des documents concerne la théologie. Cette collection a été publiée sous forme de microfiches (21'103), entre 1989 et 1999, par l'éditeur K.G. Saur.
Toutes les microfiches ne sont pas cataloguées individuellement. Les ouvrages publiés à Genève ont été particulièrement retenus. Pour accéder au reste de la collection, des registres (par titres, auteurs, imprimeurs, lieux et années) sont à disposition.

Voir aussi

> Bibliographie des manuscrits d’Allemagne du Sud conservés à la « Bibliothèque Palatine

Jeanne Hersch

La philosophe Jeanne Hersch (1910-2000) a enseigné aux Etats-Unis et à l’Université de Genève pendant vingt ans. Sa ligne de pensée est proche de celle de Karl Jaspers dont elle fut l’assistante. Chercheuse de réputation internationale, elle a participé à de nombreux débats de société dans notre pays et à l’étranger. Elle s’est violemment opposée au sociologue genevois Jean Ziegler, bien qu'ils soient tous deux membres du Parti socialiste.

Par testament, Jeanne Hersch a légué ses manuscrits et archives personnelles à la Zentralbibliothek de Zurich et une bibliothèque de près de 10'000 volumes à la Bibliothèque de Genève, provenant de sa villa de l’Ermitage à Grange-Canal.
Une grande partie de ces livres concerne la philosophie et complète dans ce domaine les achats de la bibliothèque. Un autre apport est constitué par une importante documentation sur les phénomènes de société des années 1970, notamment liés à la jeunesse (drogue, révoltes estudiantines, terrorisme, etc.).
De nombreuses brochures et publications marginales et rares sont ainsi conservées, pour servir de sources aux historiens du futur.

Milorad M. Drachkovitch

Milorad M. Drachkovitch (1921-1996) est né à Belgrade. Son père, entrepreneur, banquier et ministre, fut assassiné par les communistes en 1921. Au cours de ses études Drachkovitch a défendu avec force la démocratie libérale face aux factions communistes. A l’occasion de l’invasion de la Yougoslavie par les armées nazies, il rejoint les résistants du colonel Mihailovich et devient commandant d’une unité combattante. A la fin de la guerre, en raison de la prise du pouvoir par les communistes, il fuit la Yougoslavie et recommence des études à Genève.

En 1949, il obtient une licence, puis un doctorat en sciences politiques à l'Institut des hautes études internationales (HEI). Il enseigne à Bruges au Collège de l’Europe, puis les sciences politiques à Berkeley et Harvard aux Etats-Unis où il émigre en 1958 au plus fort de la guerre froide. En 1961 il entre comme chercheur à la Hoover Institution (Université de Stanford), puis y deviendra archiviste en 1974. Cette institution possède une des plus importantes collections au monde d’ouvrages sur la guerre, la révolution et la paix. Il meurt à Palo Alto (Californie) en 1996.

En 2000, en souvenir de sa période genevoise et des amis qu’il y a toujours conservés, sa veuve a fait don de sa bibliothèque personnelle à la Bibliothèque de Genève. Les documents rédigés en français et en anglais sont introduits dans la base Rero, ceux en russe et en serbo-croate le sont progressivement. Un ex-libris créé par la bibliothèque rappelle leur ancien propriétaire.

Voir aussi

Liste bibliographique sommaire

Jean-Georges Lossier

Jean-Georges Lossier (1911-2004) a légué à la BGE sa bibliothèque personnelle. Né à Genève où il a fait ses études universitaires en lettres et en sociologie, il a été enseignant à Genève, mais rejoint le CICR lorsqu’éclate la deuxième Guerre Mondiale. Après le conflit, il dirige la Revue internationale de la Croix-Rouge.

L’écrivain partagea ses activités entre la poésie, les essais et la critique. Il publia plusieurs ouvrages de philosophie sociale notamment Les civilisations et le service du prochain. Un hommage substantiel lui a été rendu en 2001 dans la Revue des belles-lettres.

Outre sa bibliothèque, Jean-Georges Lossier a légué ses archives familiales des 19e et 20e siècles, des papiers personnels, scientifiques et littéraires au Département des manuscrits. Ce fonds contient également des correspondances, quelques tapuscrits et manuscrits de tiers, ainsi que des photographies.

Voir aussi

La plume de Jean-Georges Lossier au service de la Croix-Rouge. Revue internationale de la Croix-Rouge, 2004, n. 854, p. 439-4440
http://www.icrc.org/Web/fre/sitefre0.nsf/html/635BAQ

Jean-Georges Lossier. Cultur@ctif http://www.culturactif.ch/ecrivains/lossier.htm

Jean-Georges Lossier. Répertoire. Ecrivaines et écrivains suisses d'aujourd'hui
http://repertoire.a-d-s.ch/edit/detail_a.php?id_autor=1087

Nicolas Bouvier

Auguste Bouvier, père de Nicolas Bouvier, fut directeur de la BGE (alors Bibliothèque publique et universitaire). Il était donc prévisible que Nicolas (1929-1998) approche la Bibliothèque de son père pour y accueillir ses manuscrits. Il lui donna également sa bibliothèque professionnelle qu’il conservait dans son atelier des tours de Carouge. Elle est composée d’ouvrages, courants et inattendus, destinés à l’aider dans son travail d’iconographe.

La BGE tient à jour la bibliographie exhaustive de l’écrivain genevois: son oeuvre (éditions originales, rééditions, traductions, articles, ses travaux de photographe et d’iconographe), ainsi que tous les articles et travaux consacrés à l’écrivain­voyageur. Ces références sont librement consultables dans le catalogue Rero.

Voir aussi

Nicolas Bouvier, Wikipedia (renvoie à d'autres sites Web consacrés à Nicolas Bouvier).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Bouvier

Collège et Ecole de commerce Nicolas Bouvier (Genève)
http://www.edu.ge.ch/po/bouvier/nb/biogra.html