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Standblog

Tristan Nitot sur les standards du Web, les navigateurs et la technologie

Sortie de Thunderbird 1.5

jeudi 12 janvier 2006 21:25

Mozilla-Europe

Voilà, les communiqués de presse anglais, français et allemands sont partis, Slashdot en a parlé, le site Web est à jour des deux cotés de l'atlantique. Ah, zut, le Standblog, j'ai oublié d'en parler sur le Standblog !

Thunderbird 1.5 est sorti, donc :-) et il a plein de nouvelles fonctionnalités ! (le truc que j'attendais depuis longtemps : la possibilité de supprimer une pièce jointe, et un filtre anti-phishing, pour détecter le mal à la source !)

DADVSI, en quoi est-ce incompatible avec le logiciel Libre ? (1ere partie)

jeudi 12 janvier 2006 21:14

Politique

S'il est parfois pénible de devoir modérer les commentaires, on tombe de temps en temps sur une perle qui mérite d'être "remontée" sur la page d'accueil. En voici une, le commentaire de Bernard Lang sur l'incompatibilité de DADVSI avec le logiciel Libre.

On y trouve un lien très intéressant sur le site du Ministère, à savoir une liste de Questions / Réponses portant sur Droits d'auteurs, droits voisins dans la société de l'information (et voici la version avec frames).

Les mesures de protection n'empêchent pas l’utilisation de logiciels libres pour écouter de la musique ou regarder un film, la diffusion du code source de la partie du logiciel (plug-in) qui décode l'oeuvre sera par contre limitée.

On le comprend bien, le coup du plug-in propriétaire dans le code source Libre, ça fait bien un logiciel non-Libre. (C'est même tordant comme conceptn quand on y pense : "C'est du logiciel Libre, mais sauf le truc essentiel" !).

Plus sérieusement, dans certains cas (je pense à Mandriva et aux autres distributions payantes), l'utilisation de plug-ins propriétaire dans du logiciel Libre, c'est dans le domaine du possible. Il faut un éditeur qui passe un contrat pour garder secret le code et ne le distribue que la partie binaire (ce qui est complètement à l'encontre du principe du Libre). Par contre, pour des distribution comme Debian, Ubuntu et la majorité des autres, c'est fichu : l'ordinateur ne peut pas lire l'oeuvre, de la même façon qu'il ne peut pas lire les DVD actuellement, pour cause de DeCSS, ni même de MP3 (pour manque de licence MP3 pour les logiciels Libres).

Pour la peine, je prends la précaution de mettre ci-dessous une copie d'écran du site du Ministère :

copie d'écran d'un document du ministère de la culture

Bernard Lang revient aussi sur le problème essentiel de la copie privée. En substance, la loi oblige les majors à permettre la copie privée dans leurs contenus protégés par DRM / MTP... mais sans fixer le nombre minimal de copie autorisées, qui pourrait bien être... ZERO ! (donc, de fait, pas de copie privée !)

Je coupe dans le vif (Bernard Lang répond aux propos de Cyril Fievet) pour citer l'essentiel :

Pour la copie privée, il y a mieux que citer le ministre : citer son projet de loi (dû en fait à Aillagon), et en particulier son article 8 qui insère un article L. 331-6 dans le code de la propriété intellectuelle, stipulant en son deuxième alinéa :

"Les titulaires de droits ont la faculté de prendre des mesures permettant de limiter le nombre de copies."

Avoir le droit de limiter un nombre, sans qu'il y ait de borne inférieure à cette limite, cela veut dire avoir le droit de le limiter à zéro. Je ne sais si zéro copie privée, c'est encore de la copie privée : je laisse ce débat aux philosophes.

Il est bien sûr évident que je suis mal intentionné. Mais il se trouve que M. Vanneste, rapporteur UMP de la loi et donc un expert (bien intentionné) de son interprétation, en a la même lecture car, avec l'aide de la Commission des Lois, il propose un amendement, l'amendement N° 30 Rectifié, qui précise - fort généreusement - que "lorsque ces mesures permettent de contrôler le nombre de copies, ce nombre doit être au moins égal à un (...)"

Pour ceux qui aiment les explications avec un peu plus de panache, je vous encourage à lire la totalité du commentaire de Bernard Lang et sa réponse à Cyril Fievet, en attendant que le projet de loi aboutisse pour lever ce qui sont, à mon avis, les deux plus gros problèmes dans l'état actuel des choses, à savoir l'incompatibilité avec le logiciel Libre d'une part, et la restriction de fait de la copie privée.

En vrac

jeudi 12 janvier 2006 17:38

En vrac

Décodons MacWorld

jeudi 12 janvier 2006 15:48

Technologie

Quelques liens qu'Apple souhaiterait que vous ne lisiez pas...

Browser usage on Heise.de

jeudi 12 janvier 2006 14:32

en

I've seen on SpreadFirefox.com that Heise.de has just published new browser market share numbers as measured on their Web site. The numbers are amazing, with Firefox reaching 44% (26.9% for IE6). When cumulating all Gecko-based browser, Gecko is reaching 50.2%!!!

Of course, Heise.de is an IT-related site, so the visitors are more likely to be interested in modern browsers than on other Web sites with a different audience. But still, it's an amazing achievement. I can safely say that Heise.de readers rock!

For those who want to read more about this, I suggest to head to the Heise.de browser trends page, which has some interesting older data.

Marketing 101

jeudi 12 janvier 2006 14:27

en

Let's consider the following facts:

  1. Sex sells;
  2. Firefox is hot;
  3. Google offers 1$ to webmasters every time a visitor clicks on a Firefox/Google button and installs Firefox with the Google Toolbar;

What about creating a Web site where a good-looking blonde would undress herself on video, but the video would stop itself unless a sufficient number of people install Firefox? The more people install Firefox, the more the young women gets undressed.

The lady would make money out of this, the Webmaster too, Firefox would be installed on more PCs, the Google Toolbar too.

Sounds crazy, right? But actually, such a Website is online at Fire-Mary.com. For now, it's still (relatively) worksafe :-) and yes, I wonder if that's the kind of things that Mozilla Corporation envisionned when launching Firefox Flicks!

Roger Rapeau, le lapin mal élevé qui file la pêche

jeudi 12 janvier 2006 09:19

Humour

Suite à sa mésaventure de Noël qui a coïncidé avec sa découverte du problème des DRM, mon fils Robin vient de recevoir (gratuitement) par la poste un CD 6 Titres du groupe de ska Roger Rapeau intitulé "Le cri du lapin". (Merci au membre du groupe qui, en plus d'être lecteur du Standblog, est bourré de bonnes intentions).

Pendant que j'écris ce billet, l'immeuble vibre de toutes ses briques avec la chaîne Hifi à fond qui hurle "C'est une emmerdeuse née, on ne s'arrange pas en vieillissant", issu de ''Vermeil Touch" (qui, d'après Robin, est sa préférée). C'est drôle et bigrement péchu. En plus, les titres sont librement téléchargeables au format Libre Ogg Vorbis sur le site Roger Rapeau.

Bref, pour qui aime les cuivres qui délirent, la musique qui donne la pêche et fait danser le sourire au lèvres, le tout dans un emballage un poil rustique, c'est un must. Dans le pire des cas, vous aurez gâché un peu de bande passante... Dans le meilleur, vous aurez de la musique gratuite et une féroce envie d'aller les voir en concert (Damned, le groupe vient d'annoncer sa dissolution ! Le CD de Robin est donc un collector d'une valeur inestimable !)

Mais quand même, avec un groupe qui donne sa musique gratuitement comme ça, qui dit du mal d'une petite vieille ("Vermeil Touch") et se moque de la télévision (dans la chanson "Le Million"), j'ai bien peur qu'on se retrouve avec une jeunesse qui ne respecte plus rien !

Je te préviens Roger Rapeau, si mon fils se met à chanter "qui veut gagner des millions, qui veut passer pour un con" à tue-tête, je vais vous coller un procès pour avoir instillé rebellion et bonne humeur dans la belle jeunesse de notre beau pays !

Grimace de Tristan Nitot avec la couverture du CD de Roger Rapeau

DADVSI : pourquoi l'interopérabilité et l'absence de DRM sont essentielles pour la pérennité de la culture

mercredi 11 janvier 2006 20:32

Politique

Dans un billet intitulé Loi, numérisation et histoire, l'ami Luc Saint-Elie pose les questions qui fâchent, en l'occurrence la pérennité des données numériques et surtout les oeuvres numérisées, qui vont survivre bien au delà de la durée du support. Voici un extrait assez largement caviardé pour se focaliser sur l'essence du texte (que Luc me précise, je suis à sa disposition pour retablir les passages supprimés s'il le désire) :

Contrairement à ce que semblent croire les défenseurs de ce projet de loi (...), les données numériques ne sont pas des éléments fixes mais des éléments nomades, destinés à errer de support à support jusqu'au jour (que je ne verrais probablement pas) ou la notion de stockage aura disparu parce que les réseaux ou quelque entité qui leur succédera intègreront la pérennité de ces données dans leur fonctionnement.

La musique ça n'est pas qu'une marchandise c'est aussi un héritage culturel personnel. J'ai dans ma cave de vieux disques qui appartenaient à mon père, j'ai dans mes étagères des bouquins qui appartenaient à mes grands parents. Mes petits-enfants, nos petits-enfants ne sauront pas à quoi nous ressemblions (parce que le jour ou. peut-être se poseront-ils la question, les quelques fichiers numériques sur lesquels nous avons un jour figuré auront été perdu mille fois dans divers plantages). Nos petits-enfants donc ne sauront pas à quoi nous ressemblons, il serait regrettable, ais-je la faiblesse de penser, de leur interdire également l'accès à notre musique, à notre littérature et à notre cinéma. (...)

Aux termes de ce projet de loi, les bouquinistes de quartier sont des voleurs, les marchands de disques d'occasion d'infâmes pirates, les cinémathèques des repaires de terroristes. Les objets qu'ils vendent ont 10, 20, 50 ans voire plus pour les livres. L'informatique en a à peine une vingtaine et déjà des palanquées de données sont difficiles à lire (essayez de trouver un lecteur Syquest, le Syquest était le support de stockage standard dans la PAO dans les années 90) et ça sans verrouillage informatique, imaginez ce qu'il en serait si ces données difficilement lisibles parce qu'elles n'ont pas bénéficié d'une migration régulière de support, était verrouillées par des dispositifs créés il y a dix ou vingt ans par des éditeurs aujourd'hui disparus, verrous ouvrables sur des machines obsolètes et perdues dans les limbes de l'histoire du bit.

Dans le même genre, on notera que Mozilla Europe a co-signé le communiqué de presse de l'AFUL, Aux députés qui défendent la création, les créateurs et le public contre la monopolisation de la culture.