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vendredi 17 novembre 2006

1997:37 juive

Fin janvier 1997. Il fait déjà nuit quand je rentre à la maison et il fait froid. Mais hourra ! une lettre dans ma boîte, une vraie je veux dire, j'en reçois (trop) rarement. Je m'installe confortablement pour la lire.

Il n'y a pas d'adresse au dos de l'enveloppe mais on reconnaît tout de suite l'écriture d'une personne âgée. Ça ne peut être qu'elle et ça fait deux mois que j'attends un signe. Deux mois depuis que je lui ai parlé au téléphone. La lettre est courte, pas même le temps d'allumer la cigarette que j'ai glissée entre mes lèvres.

Je ne vous appelerai pas. C'est trop difficile malgré toutes ces années. En 1943 j'ai été atteinte d'une salpingite ; j'en suis restée stérile. Votre naissance a été pour moi une douleur, encore si vive que je ne puis vous rencontrer. J'espère que vous me pardonnerez. Si un jour je m'en sens capable je vous écrirai.

J'ai attendu d'abord pendant deux mois un appel téléphonique. J'attends maintenant depuis dix ans une lettre dont je sais qu'elle n'arrivera plus mais que je ne peux m'empêcher de guetter malgré tout. J'ai je crois le moyen de savoir où elle habite (si toutefois elle vit encore, ce qui devient de moins en moins probable compte tenu de l'âge qu'elle aurait...) ou du moins de lui faire transmettre un courrier via la caisse de reversion de la Vénérable Entreprise (puisque). Je devrais certainement a minima m'assurer de sa vie ou de sa mort. Je ne sais pas très bien pourquoi je ne le fais pas. Pour ne pas briser le lien ténu ? Pour ne pas savoir qu'elle est morte sans laisser à quiconque le soin de me faire parvenir un dernier signe ? C'est un peu confus et je renonce à y aller fouiller.

A l'existence doublement impardonnable d'enfant illégitime et d'enfant unique de mon père, s'ajoute que cette stérilité est survenue alors que mon père et elle vivaient sous de fausses identités, à ce moment hâtivement et encore mal fagotées, parce qu'ils pensaient que l'étoile jaune leur irait mal au teint. Ma mère m'en avait parlé depuis longtemps, cette lettre m'en fit mesurer plus encore le poids. Mon père aurait-il accepté la grossesse de ma mère s'il avait eu des enfants avec sa femme ? Si oui, et s'ils avaient eu des enfants auparavant, aurais-je connu les pleurs de Samantdi ou les bras (semble-t-il) ouverts de la famille Mitterrand pour Mazarine ?

Il arrive qu'on me demande pourquoi malgré mon agnosticisme (ou athéisme, ça dépend des jours...) je me sens parfois juive. L'une des raisons se trouve ici : je suis juive par la femme de mon père (et névrosée par autogenèse ;).

Compte rendu de la quatrième assemblée du Club des Vieux Cons

Avec le sens du devoir qu'on leur connaît, les Vieux Cons furent donc du rendez-vous lancé par les Jamais Rassasiés au bar « La Gueuze » mercredi soir afin de tester si ce lieu pouvait devenir celui des rencontres mensuelles des Paris-Carnet.

Evacuons tout d'abord discrètement le coup porté à ma crédibilité : je n'ai pas offert la tournée générale promise. Nous avions pourtant prévu Gilda et moi d'associer nos deux bourses, mais les arrivées et départs continuels au long de la soirée n'ont pas offert d'occasion de le faire. Je n'y pense que maintenant mais nous aurions dû demander aux serveurs de nous réserver l'addition d'une boisson par personne. C'est donc partie remise mais la promesse sera tenue !

Cette contrition faite, revenons au cœur du sujet : alors la Gueuze, ça colle ? OUF, non ! Mais on a eu chaud : le quartier est plutôt agréable, l'établissement plutôt vaste, la carte des bières variée et on peut y manger. Ben alors quoi ?

  • Situation : bien placé certes, et pour mon compte personnel assez idéalement sur ma ligne d'autobus, avec un retour possible à pieds si l'heure de Cendripolitain est passée. Cependant le quartier n'est pas desservi par le métro mais par le RER uniquement, ce qui en rend l'accès moins aisé.
  • Espace : nettement plus vaste que le désopilant Bottle Shop qui n'a pas fini de nous faire rire, la salle me semble pouvoir accueillir tout au plus une quarantaine de personnes, un peu juste pour la désormais soixantaine habituelle.
  • Circulation : le lieu ne s'y prête guère : les tables sont très rapprochées et la station debout ou le passage de l'une à l'autre n'en est pas facilité. La soirée de mercredi (à laquelle nous étions une grosse vingtaine de personnes) ne permit de parler à d'autres que ceux placés dans la même section que la réunion de tables où nous nous tenions que lorsque notre nombre diminua. Ah si, les fumeurs se sont retrouvés à plusieurs reprises rassemblés dans une autre partie du bar, entraînant derrière eux les non-fumeurs avec lesquels ils poursuivaient une discussion.
  • Aération : très comparable au O'Cantina : la salle est au fond de l'établissement, moins haute de plafond mais cela est compensé par le fait qu'elle est non-fumeurs.
  • Restauration : très possible, trop possible, presque obligatoire : les tables sont dressées pour y manger. Or intuitivement je dirais qu'environ la moitié seulement d'entre nous mangent aux Paris-Carnet. Les patrons accepteraient-ils facilement de bloquer une salle sans l'assurance du nombre de couverts correspondant ? Je n'en suis pas sûre. Qualité de la bouffe : correcte.
  • Tarifs : nettement plus élevés qu'au O'Cantina. J'ai oublié de les noter, mais si mes co-clubiens l'ont fait qu'ils n'hésitent pas à en donner des exemples dans ces commentaires.

Mon avis conclusif : quoique La Gueuze offre quelques aspects séduisants, le O'Cantina reste un meilleur choix. Nous autres Vieux Cons ne nous en plaindrons pas, notre commission conserve son hoc, nous laissant ainsi l'occasion de nous réunir ad à nouveau.

Longue vie aux Vieux Cons !

P.S. – Samantdi, sais-tu que grâce à Monsieur Ka tu fus un peu avec nous mercredi soir ? ;)

jeudi 16 novembre 2006

1998:38 projection

Septembre 1998. Marion entre dans notre chambre le premier dimanche matin après la rentrée scolaire. « Maman, on est l'année prochaine et j'ai toujours envie de faire de la flûte. »

Hein ? Mais de quoi parle-t-elle ? Il me faut un moment pour reconnecter les synapses du souvenir : il y a quelques mois, vers le début de l'année scolaire précédente, elle avait fait part de son envie d'apprendre la musique. Moui, lui avais-je répondu, et dans trois semaines tu voudras faire du karaté, dans trois mois du théâtre. On verra l'année prochaine si tu en as toujours envie. Elle était repartie jouer dans sa chambre sans plus jamais en reparler et j'avais oublié. Mais pas elle. Impressionnée par sa pugnacité, j'entreprends avec ardeur les jours suivants de me renseigner auprès de l'école de musique de la commune tout en poursuivant mes discussions avec elle. A cette époque, je n'appréciais pas beaucoup la flûte (depuis, j'ai appris...) mais j'ai envie de sauter partout comme un cabri à l'idée qu'un de mes enfants est attiré par l'apprentissage d'un instrument. Mmm de la flûte traversière ? Dis, tu es sûre que c'est de cet instrument que tu veux apprendre à jouer ? Ben, j'ai hésité avec l'accordéon et la harpe, mais finalement non je préfère vraiment la flûte. Et euh... tu n'aimerais pas apprendre le violoncelle ? C'est bôôô le violoncelle, c'est mon instrument préféré. J'aimerais tellement savoir en jouer. La confiance qu'elle place en moi, le désir qu'elle a toujours de me plaire la font hésiter, elle soupèse, je vois bien qu'elle est très embêtée par cette suggestion et qu'elle s'apprête peut-être à accepter. Et je me collerais des baffes. Non non, c'est stupide ce que je viens de dire, je vais te trouver des cours de flûte, c'est promis. C'est très bien aussi la flûte et c'est pratique pour emporter en vacances.

Kozlimaman ou les pièges de la projection. Si le vernis est plus smart quand on parle du choix d'un instrument de musique ou d'orientation professionnelle, quelle différence au fond avec les enfants poussés à devenir la miss monde que maman aurait voulu devenir ou le gardien de but qui fit rêver papa, tous comportements parentaux qui font pousser des cris d'orfraie aux parents-zintelligents ?

Comment faire la juste place à la transmission des valeurs sans passer par la case de l'instinct reproducteur au sens le plus littéral ?

On peut aussi projeter l'autre. Quelques années auparavant, ma mère m'avait acheté pour mon anniversaire une montre à suspendre autour du cou. C'est moi qui avais manifesté l'envie d'en avoir une. Elle portait - elle porte encore, elle est là dans le tiroir du bureau depuis lequel je rédige ce billet - sur le couvercle une sculpture de tête de cheval. J'étais en train de me dire qu'elle avait dû avoir du mal à trouver ce type de montre et se résoudre à prendre un modèle aussi peu ressemblant à mes goûts, quand elle m'annonça toute fière qu'elle était siiiii contente d'avoir réussi à dégoter celle-ci, toi qui aimes tant les chevaux. Gni ? Je devais faire une mine passablement éberluée : Ah non ? Pourtant Fred [mon père] les adorait ![1] C'est une réaction un peu exagérée sans doute, mais j'avais vraiment envie de hurler : mais merdeuuuuuh, je suis MOI, moi tout court, pas une extension de mon père !

Et on projette aussi bien sûr, dans le rejet : tu ne peux pas être comme ça car je ne veux pas/j'ai peur de l'être est un excellent point de départ pour refuser à l'autre d'être ce qu'il est. Finalement bien peu différent de tu veux faire du violoncelle puisque c'est ce que j'aimerais, moi, faire/avoir fait.

(Post-rédaction : je vois là des bribes qui s'enchevêtrent entre mes trois-quatre derniers billets chronegologiques et celui-ci. On est toujours dans le droit à l'être-soi non ? ça serait-y pas comme un thème kozlikien récurrent ? je m'interpelloge.)

Notes

[1] Du même tonneau, j'ai l'honneur de vous apprendre que j'ai le don des langues (si si, yaka voir) ! (Je pense d'ailleurs que c'est de là que provient l'adage Si ce n'est toi, c'est donc ton père...)

mercredi 15 novembre 2006

Allô, Toulouse ?

Avis aux Toulousaines et Toulousains : je serai dans vos contrées du 30 novembre au 3 décembre et j'aimerais bien avoir à cette occasion le plaisir de vous (re)voir. Le vendredi soir (1er décembre) ça serait parfait pour une deuxième édition des carnets roses, si ça vous fait envie ?

mardi 14 novembre 2006

1999:39 cinéma

C'est la fête : l'épisode I (dans la chronologie de l'histoire), quatrième film tourné après le paquet de trois de mes seize ans, de Star Wars vient de sortir. Evidemment, j'y vais. Cet événement planétaire en cache un autre : Kozlika est allée au cinéma. Je n'y vais que très rarement et quasiment uniquement pour des séries B ou autres grands films d'aventure. Jamais plus jamais pour de « vrais » films, de ceux qui vous font réfléchir ou créent une émotion autre que ludique.

Il fut un temps où j'y suis beaucoup allée : quand ma grande sœur m'emmenait avec elle. Les films qu'on va voir à dix-douze ans ne sont pas les mêmes que quand on a le double, mais que n'aurais-je fait pour entrer dans le cercle des grands ! Alors j'ai vu Family Life et Orange mécanique à dix ans, Le Dernier Tango à Paris et Lacombe Lucien à onze, Dersu Ouzala et Les Valseuses à treize, etc.

Une longue suite de cauchemars dont je revivais les épisodes au milieu de mes nuits pendant des semaines entières d'angoisse, d'autant que je suis affligée du mal d'être très bonne éponge. On dit « bon public » je crois. Et toutes ces choses que je ne comprenais pas et qui semblaient si empruntes de malaise. Family Life, notamment, me bouleversa au point que trente ans après j'y pense encore.

Alors je ne suis plus allée au cinéma, je me suis mise à détester les salles obscures, pièges maléfiques qui vous emprisonnent de leurs menaces fantômes, et je ne suis plus retournée dans les fauteuils de velours que pour Star Wars, Crocodile Dundee et autres Coup de foudre à Notting Hill, tant pis pour ma culture ;) Ah si, une fois, avec un homme qui tenait absolument à m'y emmener. Il y avait deux salles côte à côte, on y jouait Le Mur et 2046. Evidemment il a voulu voir Le Mur, mais ça c'est une autre histoire...

Et heureusement, ma frangine n'a pas fait que m'emmener voir des films affreux, elle m'a aussi appris à danser le twist et le madison !

C'est ma tournée

Avis aux amateurs : si d'aventure vos pas vous menaient du côté de La Geuze, 19 rue Soufflot, dans le cinquième arrondissement de Paris demain soir, mercredi 15 novembre, à partir de 19h30, j'offrirai une tournée générale aux Jeunes et Vieux Cons présents.

Et j'espère que Gilda sera là paske aujourd'hui c'est son anniversaire ! Naniv Gilda !

lundi 13 novembre 2006

2000:40 placard

Juin 2000. Dernier jour de CM2 pour ma cadette, que je suis venue chercher mais qui m'a lâchée aussi sec pour filer chez une amie. Sur la place piétonne je me suis installée au soleil pour un café. J'aperçois de loin Billy, son instituteur et l'appelle pour qu'il me rejoigne. C'est sa première année dans cette école et nous sommes devenus amis rapidement. Il va plusieurs fois par mois à l'opéra, quand nous le pouvons nous faisons coïncider les dates pour nous y retrouver et allons dîner au restaurant ensemble. Ou on se retrouve comme aujourd'hui pour un thé à la menthe ou un café. Il me pousse souvent à me proposer comme parent accompagnant pour les sorties de classe. Bref, on s'entend comme larrons en foire.

Très vite, j'ai pensé qu'il était homo (je me vante d'être infaillible en ce domaine). Quand nous nous sommes mieux connus, que nous avons partagé quelques pizzas et quelques fous rires, je me débrouille pour lui poser la question indirectement, ma gay-friendlytude ayant été maintes fois « prouvée ». Arf, mon flair infaillible m'a donc fait défaut, 100% hétéro me répond-il, enfin sait-on jamais hein ! Ah tiens, c'est bien la première fois que je me sens d'emblée si à l'aise avec un hétéro. Ah oui, me répond-il, d'ailleurs à l'école ça commence à jaser. Et ton mec, il ne se pose pas de questions ? Bah non, « mon mec » il est bien content de pouvoir rester à la maison sans que j'essaye de le traîner ici ou là, quant au reste, pas le genre à s'affoler sur des hypothèses et je ne serais pas bonne menteuse.

En ce dernier jour tout plein de soleil, on déguste notre café sur la terrasse, Billy et moi. On discute du programme de l'année suivante à l'Opéra de Paris. En avril nous avons aligné nos dates d'abonnement, ça va être chouette l'année prochaine.

« Tu n'auras plus l'occasion de venir à l'école.
– Eh non, ça sera le collège maintenant, d'ailleurs elle n'aimait pas trop que je traîne à l'école comme si elle avait besoin de sa maman !
– J'ai un truc à te dire.
– ...
– Je suis homo. »

Et puis tout sort pêle-mêle : la peur que ça se sache, les parents qui voient des pédophiles partout, l'amalgame pédé-pédophile, qu'il s'est un peu servi de toi pardon mais tu m'avais dit que tu n'aurais pas de problème avec ton mec en couverture auprès de ses collègues ou en tout cas ne démentait rien. L'amour du métier, surtout ne pas prendre le risque de ne plus pouvoir l'exercer, j'y tiens trop. Choisir d'habiter loin pour pouvoir fréquenter des garçons sans croiser les habitants d'ici, raconter aux hommes qu'il rencontre qu'il exerce je ne sais plus quel métier pour éviter les recoupements, l'impossibilité de faire confiance, même à toi pardon.

Je me prends la porte du placard en pleine face.

Mentir sur une opinion, ça demande de la maîtrise de soi. Mentir sur ce qu'on est, ça détruit. Comme d'autres, il a cloisonné sa vie en parties étanches entre le très petit nombre de ceux qui savent et tous les autres qui ne doivent pas savoir. Il ne se comporte pas de la même façon, n'a pas les mêmes gestes, pas les mêmes intonations.

Les histoires de coming-out me mettent toujours les tripes à l'air, même quand ça se passe bien. C'est de devoir le faire qui est insupportable, qu'on puisse situer le avant et le après, qu'on doive s'interroger sur comment et à qui le dire, s'inquiéter des réactions. Qu'on se prenne les pieds dans le tapis entre le choix d'un métier et le choix d'être soi.

Elles me rappellent mon enfance aussi, d'une certaine manière, évidemment beaucoup moins grave, quand on me demandait pourquoi je ne portais pas le nom de mon père. Alors voilà, papa et maman étaient mariés, mais pas ensemble vous voyez, et maman ne pouvait pas vraiment me donner son nom car sinon ç'aurait été le nom de son mari et papa n'avait pas le droit de dire qu'il était mon papa puisqu'il n'était pas marié avec maman et donc on m'a donné un nom provisoire, le nom de ma maman quand elle n'était pas mariée, mais c'est pas pas encore mon vrai nom. Alors souvent je répondais oui. Pour éviter les regards apitoyés sur moi et réprobateurs sur ma mère.

C'est à Billy que j'ai pensé aussi lorsque Garfieldd a été placé sous les feux de l'actualité. Je me rappelle avoir songé - et peut-être écrit ? - que le vrai combat contre l'homophobie sera gagné quand un prof pourra venir le bras autour du cou de son amoureux à la kermesse de son établissement sans que personne n'y fasse attention.

Mais oh, hé, n'empêche : in-fail-lible !

Merci

Je n'ai pas trop le temps de faire un vrai billet mais je profite de la pause de midi pour un rapide message : je remercie sincèrement et chaleureusement tous ceux qui ont publié des billets sur leur blog en ce jour un peu particulier pour moi, forcément, mais sans aucun sens pour les autres (ah si : môman aussi). De grosses bises à Vroumette et Droop pour l'organisation, à eux aussi merci.

J'adore les coups montés. Mais pour en avoir organisé je sais que certains détestent participer à ce type d'initiative ou n'y participent que pour ne pas jouer le rôle du trouble-fête. Pardon donc à ceux qui se seront sentis obligés d'écrire un billet par gentillesse pour les commanditaires, ou pour moi, ou parce que je leur ai donné un coup de main un jour ou l'autre pour leur blog.

Pardon surtout à ceux qui vont se ramasser x billets dans leur agrégateur aujourd'hui sans avoir rien demandé ! On peut stopper là pour les billets, dites ? un commentaire sur mon blog au moins ça ne dérange que mes lecteurs ;)

Proposition de modification du code du travail

Je viens d'avoir une idée formidable, s'il y a un ou deux législateurs qui passent par là : on devrait ajouter un article au code du travail autorisant une arrivée différée sur le lieu de travail de trois heures le jour de son anniversaire. Et si la modif pouvait avoir une application rétroactive à partir du 13 novembre 2006, ça serait tip top.

C't'une bonne idée hein ? Non, parce que je viens de me réveiller là... (et en plus je fais un détour par ici, indécrottable, mais nous ne sommes plus à dix minutes près, n'est-ce pas ?).

Mais c'est pas de ma faute m'dame, c'est mon réveil qu'il a pas sonné et que mes parents enfants ne m'ont pas réveillée. Oui, oui, je me dépêche, j'arrive, commencez sans moi !

dimanche 12 novembre 2006

La la la, la la la...

... tada, tada, pouet, la vie est behehêhéllllleuh, tibidi houa.

Qu'est-ce qu'elle fait la Koz ce soir, hein, hein ? (Nandediou c'est quand même une super bonne idée que j'ai eue d'ouvrir un blog, je vous ai déjà dit que je vous aime ?)

Des blogueurs sous le sapin

Les enfants, c'est pas tout ça mais c'est bientôt Noël. Y échapper totalement étant tout bonnement impossible, je vous ai dressé une petite liste de livres coup-double : faire plaisir à un(e) ami(e) et étendre la renommée d'un chouette blogueur.

  • La Maladie Bleue est un ouvrage d'Alain Korkos, alias Ka. Sa parution n'est pas récente (2000) et vous n'y trouverez pas de décryptage d'images. C'est un roman-mosaïque autobiographique très émouvant que j'ai lu en emprunt et que je viens de me commander. (Dédicace à France-Inter par là, brève critique ici, interviouve , mais il y en a plein d'autres.) A commander sur Fnac, Alapage, Amazon ou chez votre libraire. L'asticot ayant publié beaucoup d'ouvrages pour enfants, vous pourrez en outre profiter de la commande pour alimenter tous les mômes de votre entourage en cadeaux.
  • Bloug !, autopublication de M. Le Chieur sous le pseudonyme de M. Le Chieur, ce qui témoigne de son imagination débordante. Notons également son sens aigü du marketing : « "Bloug !" n'est rien d'autre qu'une sélection de billets issus du blog de M. LeChieur. Autant dire qu'acheter ce livre n'a absolument aucun intérêt, puisque son contenu est visible gratuitement sur internet. » Commandé aujourd'hui aussi et le mail de confirmation de commande vaut son pesant de cahuètes. (Au fait, tentez les commandes groupées parce que la livraison est plus chère que le bouquin. [1])
  • La Chambre d'Albert Camus et autres nouvelles reprise de billets et textes inédits de Ron l'infirmier, à paraître le 7 décembre 2006, et que j'ai tout autant hésité à acheter que le dernier dévédé de Natalie Dessay[2] à cause du battage autour qui m'agace, mais que j'ai trop envie d'avoir quand même.

Evidemment, tant que vous y êtes, commandez-les également pour vous !

Notes

[1] Vous pouvez vous organiser ici si vous voulez.

[2] Je l'ai ! je l'ai !, merci Garf ! Je vous en cause bientôt.

samedi 11 novembre 2006

2001:41 faute

Le 2 janvier 2001, mes collègues et moi arrosons d'une bouteille de cidre l'entrée dans le vingt-et-unième siècle, vu qu'on n'est pas la moitié d'un con et que le vingt-et-unième siècle n'a pas commencé le 1er janvier 2000, non-non-non.

La fin de l'année 1999 et toute l'année 2000 je ne compte plus le nombre de discussions autour de ce grave sujet. Alors certes, c'est en effet en 2001 que commença le XXIe. Il m'est arrivé de prendre le temps de l'expliquer si on me le demandait ou d'en plaisanter avec des fêtards qui le savaient bien mais pour lesquels toutes occasions sont bonnes y compris le doublé 2000&2001, mais j'ai soupé des regards condescendants de ceux qui savaient à l'égard des pauvres incultes éblouis par le nombre de zéros. Je n'aime pas beaucoup non plus qu'on reprenne les gens sur leur orthographe ou sur l'emploi erronné (hi hi) d'alternative, de coupe sombre et autres autant pour moi[1] Enfin c'est comme le reste, ça dépend de quand comment et à qui.

Face à un prétentieux, c'est plutôt jouissif. Je me souviens de Fûûlion il y a deux ans mouchant un fat au restaurant à Lyon. Le type nous gavait de son professorat à l'université, tapotait sur l'épaule de Fûûlion pour la féliciter d'acquérir quelques bases culturelles en faisant son stage à l'opéra, nous a traînés dans un restaurant à 30 ou 40 euros la tête de pioche sans se soucier de savoir si nous pouvions débourser une telle somme. Malgré son peu d'engouement pour le personnage et quoique très occupée à un rapport d'expérience concernant les kebbabs avec un fin gourmet ma fille, invitée à raconter sa journée, s'enthousiasmait et se pâmait pour Chabrier. « Chabrier ? C'est qui ? », l'interrogea notre homme, prêt à lui enjoindre de ne pas parler de ses tuteurs de stage en omettant d'utiliser leur titre de civilité. « Tu ne sais pas qui est Chabrier ? Houlala, mais tu es complètement inculte alors ?! » se prit le gars dans les gencives, ce qui le tint prudemment éloigné de la donzelle pour le reste de la soirée.

Voué alors ça j'aime bien :) Ce que j'aime moins c'est que souvent ces corrections sont hors sujet (le nombre de fois où j'ai lu quelqu'un exprimant une opinion contraire se faire rembarrer sur une faute d'orthographe ou de syntaxe...) et paralysantes.[2] Je ne me soucie des fautes des autres que lorsque ma compréhension en est gênée ou quand l'écart entre la prétention du locuteur et la faiblesse de son langage mérite d'être relevé.

Je veux dire : je ne m'en soucie guère en dehors des heures de travail.

Depuis l'enfance, j'avais ce qu'on appelle une bonne orthographe spontanée. Rien que sur cette expression il y en aurait des kilomètres à écrire car le moins qu'on puisse dire c'est que l'orthographe est tout sauf spontannée (ho ho) mais bref. Histoire d'apporter ma pierre à la Révolution en marche, on m'assigna la tâche de relire les articles de notre journal. Je trouvai ça follement ludique ; ça m'amusait beaucoup de débusquer les coquilles, genre Sherlock Holmes voyez. Et puis une fois le bac en poche il me tardait de gagner ma vie et d'être autonome (les moins de 20 30 ans n'ont pas idée de la valeur que ma génération accordait à ce mot !) J'ai donc cherché comment joindre l'utile à l'agréable et c'est ainsi que débuta ma carrière d'orthommerdante. Dans l'édition d'abord, en presse ensuite, dans une vénérable institution aujourd'hui.

Ayant rompu tout contact direct avec mon père depuis la fin de l'année de la première jusque deux ou trois ans plus tard, nous fumes aussi surpris l'un que l'autre d'apprendre lui que j'étais correctrice, moi qu'il l'avait été lui-même de 1937 à 1939. Et si je vous disais que c'est dans l'entreprise même où je gagne mon pain aujourd'hui qu'il travailla le plus souvent durant sa brève incursion dans ce métier...

Je corrige les fautes là où mon père qui fauta avec ma mère en fit autant auparavant... Ce que c'est que le destin ma bonne dame.

Notes

[1] J'en profite si je ne l'ai déjà fait pour vous recommander chaudement la lecture de cette page.

[2] Mes enfants ont eu la chance de fréquenter une école primaire ouverte aux contributions parentales (ou plutôt c'est moi qui ai eu de la chance !). Je me suis ainsi proposée pour animer quelques ateliers d'écriture. A chaque début d'année, les enfants réunis dans la classe s'inquiétaient : « Vaut mieux pas que je vienne m'dame, je fais plein de fautes d'orthographe. » Et chaque début d'année je disais que ça n'avait aucune importance, qu'on ne s'en occuperait pas. En réalité, pour faire des acrostiches ou des méthodes S + 7, on s'en occupe bien un peu beaucoup, mais on ne corrige pas des fautes et ça change la donne, et ceux qui n'osaient pas écrire s'y lancent sans appréhension.

Quelques cerises ?

Les Kozeries sont toujours sous DotClear 1, mais ça n'empêche pas de jouer avec Aoraki en attendant la sortie de la version stable. Voici donc deux thèmes pour DotClear 2, Hermione et Papageno, prêts à servir.

capture d'écran du thème Hermione pour DC2

capture d'écran du thème Papageno pour DC2

(Cliquez sur l'image pour voir le thème in situ.) Informations et liens de téléchargements sur le billet consacré à chaque thème sur mon blog de démo.

Et non, Hermione ne fait pas référence à Harry Potter, non mais sans blagues. Que des noms d'opéra on vous dit.

vendredi 10 novembre 2006

Veinarde !

La môme Extatic était à la représentation de la Sonnambula hier soir à Lyon, avec Natalie Dessay. Ça se lit sur ses Pêcheurs de perles, il y a même un billet spécial séance de dédicaces.

Sa performance a été magistrale, me coûtant quelques sueurs aux yeux à différents moments et une véritable hémorragie oculaire sur sa scène finale.
Comme le disait un spectateur à sa femme , « j’espère que tu en as bien profité, des prestations de cette qualité, tu n’en reverras pas avant longtemps ».

Si vous entendez parler du décès brutal de quelqu'un qui avait prévu de se rendre dimanche soir au Théâtre des Champs-Elysées, renseignez-vous auprès de la police pour savoir s'il a toujours son billet. Et s'il ne l'a pas, vous saurez que c'est moi qui l'ai aidé à passer de vie à trépas.

Bouhouhou je suis trop malheureuuuuuuuuuseuh !

2002:42 le moins pire

Evidemment, 21 avril 2002. La télé allumée vers 19h30, nous n'avons pas besoin d'attendre l'heure officielle de l'annonce des résultats du premier tour des présidentielles ; les expressions des journalistes et des invités sur le plateau parlent d'elles-mêmes et ne cherchent pas à dissimuler. Le traditionnel « jeu de la surprise » des scrutins précédents (où chacun arborait un visage mormoréen derrière lequel se cachait le plaisir du délit d'initié) se mue en « j'peux rien dire mais c'est affreux et j'y suis pour rien moi d'abord ».

On fonce chez Raoul, à la librairie de la rue Gabriel-Péri. En fait nous sommes quelques dizaines à avoir eu cette idée. Il y a des gens qui pleurent. A 20 heures plus d'espoir qu'on nous ait fait une bonne blague : le deuxième tour se jouera entre Chirac et Le Pen. Première réaction de Besancenot, visiblement atterré et triste. A la question « Qu'allez-vous voter au deuxième tour ? » il répond sans la moindre hésitation et fermement : « Chirac évidemment ! » La reprise en main des jours suivants aboutira à un artistique et flouteux « pas de consigne de vote, mais faut voter » en guise de position officielle de la LCR. Ça m'énerve et nous aurons des discussions houleuses avec ma collègue qui y milite et tente d'expliquer que « mais si c'est clair !». Notre petit groupe qui se retrouve tous les midis à la cantine mange dans un silence glacial entre ceux qui nous reprochent de ne pas avoir voté Jospin dès le premier tour (j'ai voté Taubira), ceux qui n'iront pas voter le 11 mai, ceux qui voteront Chirac mais ne veulent pas le dire, ceux qui calculent savamment au-delà de quel pourcentage Chirac ne pourra que reconnaître qu'il n'a pas de vraie légitimité que celle du moins pire.

Et quoi d'autre ? J'ai toujours participé à toutes les élections, je n'ai jamais voté pour un autre candidat que le moins pire. Sauf peut-être pour Mitterand au deuxième tour de 1981, et encore. Disons que l'aspect Vite, de l'air de l'air ! dominait sur Mitterrand pabo mais moinmoche.

Ma mère m'appelle : « Putain de saloperie de bordel de merde, dire qu'il faudra qu'à 77 ans passés je vote pour la première fois de ma vie à droite ! » Bon en fait elle n'a pas dit exactement ça parce qu'elle ne dit jamais de gros mot mais je vous assure que c'était quand même ça qu'il fallait comprendre. Ben tu sais maman, même à 41 ans, ça fait tout drôle...

Du meilleur au moins pire, c'est le chemin qu'a suivi le couple que je forme depuis près de vingt-cinq ans avec mon compagnon. Cela fait maintenant quelques mois que ça ne va vraiment plus du tout, des années que nous nous raccrochons l'un à l'autre parce que c'est moins pire que d'être seuls. Et cela fait quelques semaines que je sais que je dois prononcer les mots définitifs et ça me fiche une peur bleue. Et si je n'arrivais pas à faire face à la vie toute seule ? Et si je ne rencontrais plus jamais personne ? Et si ma vie sexuelle finissait là ? Je n'arrive pas à poser le choix autrement qu'en ces termes. Choisir de rester seule jusqu'à la fin de ma vie ou continuer « mal accompagnée ».

Entre les deux tours, le 22 avril, je choisis le moins pire. Il n'est pas étonné, mais je lui pose un sacré souci d'organisation : il avait prévu ça pour dans quatre ans, ça collait pile-poil avec sa préretraite. Je suis décidément vraiment une emmerdeuse. Nous décidons d'annoncer la nouvelle aux enfants à leur retour de vacances. « Les enfants on a à vous parler. » Echange de regards entre eux, on n'a pas le temps d'en placer une : « Alors ça y est, vous vous séparez ? On pourra voir Papa aussi souvent qu'on veut ? »

Ils ont l'air... soulagés. C'est clair : pour eux c'est le moins pire.